‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 335 sur 351 · REGION DU COUDE · texte numérisé non relu

REGION DU COUDE

Le coude est la région formée par l'articulation humérocubitale; il commence un travers de doigt au-dessus de L épitrochlée, et s'étend jusqu’à deux au-dessous.

Éléments. La base de cette région est formée par l’articulation huméro-cubitale, sur laquelle appuient tous les autres éléments ; quatre ligaments contribuent à la fortifier. La manière dont l'articulation a lieu entre les os, ne permet que des mouvements de flexion et d'extension. Considérés isolément, le cubitus ne peut être porté que dans la flexion ou dans l’extension, tandis que le radius pourrait rouler circulairement sur l’humérus, et même s’incliner latéralement, s’il n’était retenu par le cubitus. Les organes moteurs que l’on rencontre au coude, sont le triceps, le biceps, le brachial antérieur, tous les muscles externes, et les superficiels postérieurs de l’avant-bras , insérés à l’épicondyle et au bord externe de l’humérus, tous les muscles superficiels antérieurs de laméme région attachés à l’épitrochlée. Ces organes w’appartiennent que peu au coude, excepté l’anconé, qui s’y trouve presque entièrement. L’aponévrose de cette région adhère intimement aux tubérosités humérales et olécränienne, et se prolonge entre les muscles auxquels elle fournit des points d'insertion ; en haut-et en avant, sur le tendon du biceps, l’aponévrose du bras se continue avec celle du coude, en s’infléchissant presqu’entièrement vers le faisceau interne des muscles anti-brachiaux, tandis qu’elle n’envoie que quelques fibres sur l’externe. Dans ce lieu existent deux trous, l’un par lequel sort le nerf cutané externe, pour se placer bientôt dans la gaîne mince de la veine it , et l’autre un peu au-dessous, qui contient un rameau veineux anasto-

motique des veines superficielles et profondes. L’aponévrose

du coude est fortifiée en bas par deux expansions : l’une plus forte, se porte en baset en dedans, l’autre, plus faible, née du bord externe du tendon du brachial antérieur, se dirige en dehors. Au niveau du creux du coude, l’aponévrose envoie de sa face interne vers la partie antérieure du tendon du brachial antérieur, une lame qui laisse en dehors le biceps , et qui forme avec l’expansion indiquée du brachial

MEMBRES THOPRACIQUES, — RÉGION DU COUDE. 16% antérieur , une gaîne pour le tendon bicipital. L’artère brachiale se termine dans cette région, dans laquelle commencént aussi les artères radiale et cubitale, La radiale se sépare de la brachiale, suivant le trajet d’une ligne supposée tirée du milieu du coude, vers l’apophyse styloïde du radius ; la cubitale, suivant celui d’une autre ligne, tirée du même point à la réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de l’avant-bras. Ces vaisseaux laissent dans la région quatre branches, qui portent le nom de récurrentes externes et internes, radiales et cubitales. Deux en-dedans sont fournies par l’artère cubitale, deux autres en dehors sont données , l’antérieure par la radiale, la postérieure par linter-osseuse dorsale, Les grandes et petites musculaires du bras, l’artère du nerf cubital se terminent encore dans cette région, en $’anastomosant avec les premières, de manière à former autour de l’épicondyle et de l’épitrochlée des cercles artériels très importants pour la circulation collatérale. Les veines du coude sont superficielles ou profondes. Les superficielles sont nombreuses et placées en avant ; dans l’état régulier, elles se réunissent en quatre troncs : un tronc externe est formé par la fin de la veine radiale superficielle; un et souvent plusieurs internes, appartiennent aux veines cubitales superficielles, antérieures et postérieures ; deux moyens, énfin , sont constitués par les veines médiane basilique et médiane céphalique , qui résultent de la bifurcation de la petite veine médiane de l’avant-bras, et sont anastomosées à leur origine avec les veines radiales profondes. En avant et superficiellement, les vaisseaux lymphatiques sont fort nombreux; profondément, ils forment un petit faisceau sur chacune des artères ; tous se rendent dans les ganglions axillaires, Quelquefois on trouve au fond du coude, sur V’artère brachiale, un ou deux petits ganglions.

- Les nerfs sont sous-cutanés et sous-aponévrotiques; les premiers sont les filets du cutané interne, le tronc du cutané externe, le rameau cutané du nerf cubital, et ceux du radial. Les seconds sontle médian, le cubital et le radial, qui se divise ici en deux branches, dont l’une contourne le col du radius au-dessous du court supinateur, tandis que l'autre continue le trajet du tronc.

En, avant, le tissu cellulaire est abondant, dans les autres

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points, + est rare. On trouve de la graisse dans lc creux du coude, autour des vaisseaux , et dans le fond des cavités olécrânienne et coronoïdienne. La peau est d’une finesse remarquable. | Rapports. La peau entoure toute la région. En arrière, le tissu cellulaire est très lâche; au niveau AAA ef humérales., il est dense et nongraïisseux ; en avant, 1l est d’une densité médiocre; cette couche contient partout des vaisseaux lymphatiques et des veines. Les nerfs sous-cutanés postérieurs sont des rameaux du radial et du cutané cubital : les antérieurs appartiennent aux cutanés ‘externe et interne ; le cutané externe passe indivis derrière la veine médiane céphalique, à laquelle il n'est pas immédiatement accolé, comme le prétendent les auteurs; les trois rameaux du cutané interne, après s’être divisés, enlacent , au contraire, la veine médiane basilique, placés immédiatement sur elle. Ces deux veines elles-mêmes se portent obliquement en dedans, ou en dehors, pour se réunir avec les radiale et cubitale superficielles, qui sont placées plus antérieurement. L’aponévrose qui vient ensuite, entoure la région comme la peau. L’aponévrose enlevée, on distingue : 1° En avant, un espace triangulaire, limité en dehors, par la masse charnue des muscles supinateurs et radiaux externes; cette masse est maintenue par une gaine où se trouve le nerf radial et un vaisseau artériel. En dedans, l’espace triangulaire est borné par le faisceau des muscles épitrochléens ,.et principalément par le rond pronateur bifide en haut, le grand et le petit palmaire , antérieurement placés , et le fléchisseur sublime au-dessous; ces muscles sont retenus par une gaine qui renferme une anse artérielle. Le fond de l’espace triangulaire est formé par le brachial antérieur en haut, :le fléchisseur profond etle court supinateur en bas. Le tendon du biceps sépare ce creux du coude en deux portions, l’une externe, qui comprend le nerf radial et l’anse artérielle de l’épicondyle, logés dans la gaîne indiquée, l’autre interne, qui renferme l’anse artérielle de l’épitrochlée, le nerf médian en dedans, l’artère brachiale-en dehors. Cette artère. ainsi que le nerf médian , ne sont séparés dans un point de la veine médiane basilique, que par l'expansion aponévrotique du biceps; en descendant dans le creux du coude, ils s’en-

MEMBRES THORACIQUES. — DES DOIGTS. 767 foncent en arrière, et s’éloignent par conséquent beaucoup de la veine. 2° En arrière, on trouve le tendon du triceps , l’olécrâne » intimement uni à l’aponévrose , et l’extrémité supérieure des muscles anconé , cubital postérieur, exten seur propre du petit doigt, et extenseur commun des doigts; au-dessous du triceps , lhumérus et le ligament postérieur de l'articulation ; au-dessous des quatre muscles de l’avant-bras x l’extrémité supérieure du radius et du cubitus, et leur articulation rotatoire supérieure; en-dedans ,on rencontre x1°la dépression limitée par l’épitrochlée et l’olécrâne : partie auxquelles adhère intimement l’aponévrose, l’arcade qui en résulte, donne attache à l’extrémité supérieure du muscle cubital postérieur; 2° au-dessous de cette arcade tendineuse, le nerf cubital et l’anse postérieure de lépitrochlée, puis le ligament rayonné latéral interne. En dehors, existe la masse charnue, formée de dehors en dedans par le long supinateur, le premier radial externe, le second et le cours supinateur sous lequel on découvre une branche du nerf radial, dirigée obliquement en bas et en arrière.

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