‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 36 sur 351 · MEMBRES INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

MEMBRES INFÉRIEURS

Articulation coxo-fémorale. Le préparateur détache de haut en bas, tous les muscles de cette région, en conservant le tendon courbe du droitantérieur, qui s’'épanouit sur la partie supérieure de la capsule fibreuse. Cette dissection doit étré précédée de la section de la cuisse, à l'union de son tiers moyen avec son tiers supérieur, de celle de la symphyse pubienne et de la désarticulation de l'os innominé d’avec le sacrum. Derrière la partie postérieure du psoas et de l’iliaque réunis , il existe une grande capsule synoviale , qu’on prend souvent pour la synoviale de l’articulation. Il suffit d’être prévenu pour ne pas tomber dans cette erreur, qu'on ne commet que la première fois.

Lorsque les insertions, et les rapports de la capsule articulaire ont été reconnus > on l’incise circulairement à sa partie MmoYenne, et les deux lambeaux sont renversés en sens Opposé; on fait sortir avec précaution , en bas et en dedans, la tête du fémur de la cavité oùelle était reçue; on aperçoit alors le ligament inter-articulaire ,; le igament cotyloidien ,

SYNDESMOTOMIE. -— MEMBRES INFÉRIEURS. 43 espèce de bourrelet fibreux, la membrane synoviale et un paquet cellulaire graisseux , qu’on avait long-temps regardé comme üne glande. On enlève ensuite, couche par couche, le bourrelet cotyloïdien et le lisament qui convertit en trou l’échancrure de la cavité cotyloïde.

Articulation fémoro-tibiale. Les téguménts et l’aponévrose fascia Jata étant incisés longitudinalement depuis la partie moyenne antérieure de la cuisse jusqu’à la partie moyenne du bord antérieur du tibia , on sépare transversalement la peau et les muscles superficiels dela partie postérieure de la … jambe, par une seconde incision perpendiculaire à la première, au niveau de son extrémité inférieure; on dissèque ensuite les deux lambeaux, jusqu’à ce qu’on découvre le tendon commun des extenseurs de la jambe , le prolongement fibreux qui part du tendon, et le Zigament rotulien, qui lui est continu.

On trouve facilement le /igament latéral externe, en détachant de haut eu bas le tendon du muscle biceps ; onisole aussi sans beaucoup de difficulté le Zigament latéral interne de l’aponévrose fascia lata qui le recouvre supérieurement, et de l’expansion aponévrotique des tendons des couturier, droit interne et demi-tendineux.

À la partie postérieure de l’articulation, on renverse successivement de bas en haut toutes les parties qui la recouvrent, ce qui met en évidence le ligament postérieur; on étudie la membrane synoviale, après quoi on l’incise longitudinalement sur les parties latérales de la rotule , et on renverse sur le tibia la rotule et son ligament. Cette préparation permet d’apercevoir le Zigament adipeux, prolongement de la membrane synoviale, etle peloton graisseux placé derrière le ligament rotulien.

Pour découvrir les ligaments croisés, les ligaments semilunaires et la membrane synoviale ; il ne s’agit plus que de couper les ligaments latéraux à leur partie moyenne, de fléchir la jambe, et de lui faire exécuter un mouvement de rotation en dehors.

Articulation péronéo-tibiale. On met à nu les muscles de la jambe et leurs tendons, et on les enlève l’un après l’autre. Îl importe de détacher avec soin toutes les attaches supérieurs de ces muscles, principalement celles du jambier

antérieur et du poplité; on distingue alors les ligaments tibio-péroniens supérieur antérieur et postérieur , le ligament inter-osseux et les ligaments tibio-pérontens in uférieur, antérieur et postérieur. Ces divers ligaments coupés, on écarte le péroné du tibia, pour découvrir les capsules synoviales et les ligaments inter-articulaires.

Articulation tibio-tarsienne. Après avoir incisé en avant la peau jusque vers le milieu du pied, et disséqué les deux lambeaux le plus en arrière possible, on renverse de haut en bas, d’arrière en avant, les tendons des muscles jambier antérieur, extenseur propre du pros orteil, extenseur com= mun des orteils, péronier antérieur, les vaisseaux et nerfs tibiaux antérieurs, l'extrémité postérieur du muscle pidéeux, et une assez grande quantité de tissu cellulaire graisseux. Cette préparation met à découvert les deux ligaments antérieurs. On fend ensuite les gaines qui contiennent les tendons des muscles péroniers latéraux, et on enlève ces tendons; on distingue alors le ligament latéral externe. Pour trouver le ligament latéral interne, on emporte les tendons du jambier postérieur, du fléchisseur commun des orteils, | du fléchisseur propre du gros orteil, les vaisseaux, les nerfs tibiaux postérieurs, et un tissu éclate e graisseUx ba diet Cette dissection sert également à préparer les deux ligaments postérieurs.

Lorsqu'on a étudié les ligaments latéraux et le postérieur oblique, on les enlève avec soin, on scie les deux malléoles à leur partie supérieure; la disposition de la capsule reconnue, on l’ouvre en avant et en arrière, en renversant la jambe sur la face dorsale du pied.

Articulations du pied. On commence par découvrir les ligaments dorsaux tarsiens, qui se composent du scaphoïdo- astragalien , du calcanéo-cuboïdien, du scaphoïdo-cuboïidien, des trois diécoscanhe des deux cunéens transverses , et d’une bande fibreuse oblique qui unit le troisième cunéiforme au cuboïde.

On trouve plus antérieurement les sept ligaments tarsométatarsiens, au-devant desquels sont situés les trois ligaments métatarsiens supérieurs hrigés transversalement.

La meilleure manière de préparer ces divers ligaments, consiste à détacher d’arrière en avant, sur la face dorsale du

SYNDESMOTOMIE.—MEMBRES INFÉRIEURES. 45 pied , jusqu’à l'extrémité des orteils, les téguments, les’ tendons des muscles extenseurs des orteils, le muscle pédieux, les vaisseaux, les nerfs et Le tissu cellulaire de ces parties.

Lorsque les ligaments dorsaux ont été étudiés, on dissèque le ligament calcanéo-astragalien postérieur placé sous la gaîne fibreuse du fléchisseur propre du pouce ; on procède ensuite à la préparation des ligaments plantaires, en enle-

vant d’arrière en avant, et couche par couche, la peau,

laponévrose plantaire, l’adducteur du gros orteil, le court fléchisseur commun des orteils , et Pabducteur du petit or-

teil; on continue la dissection en emportant les vaisseaux . et nerfs plantaires internes , Paccessoire du long fléchisseur

commun des orteils, les tendons de ce muscle, les lombricaux , le tendon du long fléchisseur propre du pouce, et on termine par l’ablation du court fléchisseur du gros orteil, de ses abducteurs oblique et transverse, du court fléchisseur du petit orteil, des muscles inter-osseux plantaires et dorsaux, et du tissu cellulaire graisseux,-qui masque en partie les ligaments.

Cette préparation , faite avec soin, permet d’apercevoir le ligament calcanéo-cuboiden inférieur, formé de deux plans de fibres, l’un superficielet l’autre profond. Le ligament calcanéo-scaphoidien inférieur est plus en dedans; pour le mettre à nu, on emporte le tendon du jambier postérieur.

Le tissu cellulaire graisseux qui avoisine ces deux ligaments étant enlevé, on découvre une portion du calcanéoscaphoïdien externe, qu’on ne peut voir en entier qu'après

avoir luxé les articulations. On rencontre au-devant de ce ligament le scaphoïdo-cuboïdien inférieur.

Il est assez difficile de préparer les ligaments suivants ; On y parvient néanmoins en plongeant pendant quelque temps le pied dans l’eau tiède , on l’étend ensuite transversalement pour disséquer les trois ligaments cunéo-scaphotdiens inférieurs, les deux ligaments inférieurs transverses des os cunéiformes , et le cunéo-cuboïdien inférieur, qu’on débarrasse de la gaîne du tendon du long péronier latéral * et de ce tendon. Cette préparation sert aussi à faire connaître les sept ligaments tarso-métatarsiens plantaires, les trois ligaments métatarsiens plantaires, et le ligament métatarsien transverse.

I n°y a:point de différence sensible pour la dissection entre les articulations des os du métatarse avec les phalanges, celles des phalanges entre elles, et les ligaments des articulations correspondantes des membres supérieurs.

Lorsqu'on veut étudier la disposition des ligaments #nterarticulaires des os du pied, et de leurs membranes synoviales, il faut couper les ligaments supérieurs et inférieurs, et écarter avec précaution les différents os de cette partie.

ARTÉRIOTOMIE.

Il existe diverses manières d’injecter les artères : le plus ordinairement néanmoins on pousse l’injection par la crosse de l'aorte, par le cœur, par l’une des carotides primitives, ou par la partie supérieure de l’artère fémorale.

Les deux premiers procédés étant le plus généralement suivis, nous allons d’abord décrire celui qu’on emploie pour découvrir l’aorte. On place le sujet sur une table inclinée'et on fait exécuter aux membres quelques mouvements de flexion et d’extension, afin de faire cesser la rigidité cadavérique. La peau qui recouvre le sternum est ensuite incisée sur le trajet de la ligne médiane, puis on sépare la partie moyenne de cet os dans une largeur d’environ six lignes, et suivant presque toute sa longueur; on achève même de le séparer supérieurement en deux parties par une section unique ; on écarte les deux bords de la solution de continuité et on les maintient dans cette situation par l’apposition d’un morceau de bois; on incise alors longitudinalement lé péricarde dans toute sa partie qui correspond aux vaisseaux ; on introduit l’indicateur de la main droite entre l'aorte ct l’artère pulmonaire, en ayant soin qu’il glisse au devant de : l'artère pulmonaire et s’engage derrière l’aorte. Lorsqu'on est parvenu à séparer ces deux vaisseaux, on passe deux cordons derrière l’aorte pour la soulever, et la fixer sur le tube

‘qu'on y introduit, après avoir pratiqué au vaisseau artériel une incision loneiruditiien à $a partie antérieure et immédiatement placée au-dessus du cœur.

Si lon injectait par ce viscère, on ferait une incision au ventricule gauche, et on porterait également les rubans sur

faorte.

ARTÉRIOTOMIE.—BAS-VENTRE. 47

Mais par quelqu’endroit qu’on fasse l'injection > il faut bien garnir l’ouverture, car il n’est pas rare qu’un gros vaisseau se rompe ; or, comme l’injection dans ce cas jaillit, qu'elle est très chaude, il pourrait en résulter des accidents qu’on évite par cette précaution, La matière des injections consiste, pour les préparations fines, dans un mélange de suif, de cire, et de résine de térébenthine, auquel on ajoute du vermillon, préalablement délayé dans du vernis à l’essence, ou du bleu de:prusse en vessie; cette addition doit se faire au moment ou l’injection est chaude ; le séjour pro- longésur le feu ternissant les couleurs, ilest même bon de faire précéder cette injection par l'introduction faite à froid de vermillon délayé dansle vernis; par ce moyen, les plus petits vaisseaux se remplissent. Dans les injections grossières, on se sert simplement de suif et de cire fondus ensemble et colorés par du noir de fumée. |

Quant aux proportions, on y parvient par le tâtonnement; en faisant tomber sur le carreau quelques gouttes d’injection , on voit si elle est convenablement colorée ou ‘consistante. f

La meilleure manière de disséquer les artères , est de préparer les muscles comme à l'ordinaire, puis de les ‘écarter; les vaisseaux se rencontrent dans leurs interstices.

Avant de parler des préparations des artères en particulier, j'insiste sur l’immense avantage qu’il y a pour les anatomistes, de conserver le rapport des parties. C’est surtout dans la dissection des artères qu’il est important de ne pas détruire les muscles, les veines, les nerfs, avant de bien connaître leurs rapports avec les artères qui sont l’objet de la préparation. NE , | a

Nous n’adopterons point, dans la description des artères ; l’ordre des autres anatomistes, mais nous nous conformerons àceluiquenousavonsconstammentsuivi dansnos dissections, devant rétablir dans l’anatomie descriptive, les tables d’origine des artères que nous aurions tronquées à dessein dañs l'indication des préparations. L

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