‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 73 sur 351 · DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

DES ARTICULATIONS

L’articulation est le mode d’union des os entre eux. Dans les os longselle se fait par les extrémités; dans les os larges, par les bords; et dans les os courts, par divers points de leur surface. | |

Les articulations sont divisées en trois grandes classes, la synarthrose ou l'articulation continue et immobile, la diarthrose ou larticulation contiguë et mobile, et l’amphiarthrose ou articulation mixte.

La synarthrose constitue une articulation dans laquelle les os sont unis d’une manière immobile par des bords épais dont les inégalités se reçoivent les unes dans les autres; elle est en outre maintenue par un cartilage synarthrodial, et par le périoste, qui passe de l’un à l’autre os. Ce genre d’articulation , auquel on a donné le nom desuiure, offre plusieurs variétés. On appelle suture vraie, celle dont les: os sont pourvus d’éminences et d’enfoncements qui s’engrènent mutuellement : telles sont les articulations inter-pariétale, occipito-pariétale , et fronto-pariétale. Dans d’autres cas, les bords des os présentent des rugosités qui s’adaptent réciproquement ; telle est l’articulation des os du'nez, qu’on désigne sous le nom d’articulation harmonique , d’engrenure ou de suture fausse. L’axticulation s'appelle écailleuse, lorsque les bords des os taillés en biseau s'adaptent les uns aux autres, comme ceux des coquilles bivalves: La schindylèse est une synarthrose formée par la réception de la crête d’un os dans la rainure d’un autre : telles sont les articulations du sphénoïde et de l’ethmoïde avec le yomer. Lä gomphose est

OSTÉOLOGIE ET SYNDESM:-—ARTICULATION. : 1485 une autre articulation synarthrodiale, qui résulte de la réception d’une saillie conique d’un os dans un enfoncement conique. |

L’amphiarthrose se rapproche de la synarthrose par la réunion des surfaces articulaires, au moven d’üne substance intermédiaire, et de la diarthrose, par une mobilité assez sensible. Ce genre d’articulation ne se rencontre guère que pour les vertèbres, le pubis et la partie supérieure du sternum. On lui donne souvent le nom de symphyse. Après les fractures non consolidées , on voit quelquefois se former des articulations de ce genre *.

La diarthrose'est' une articulation dans laquelle les surfices articulaires des os sont contiguës et mobiles les unes sur les autres. Ces surfaces sont en général, les unes convexes, les autres concaves. On distingüe plusieurs sortes de diarthrose. La diarthrose planiforme ‘et serrce est celle dans laquelle les surfaces sont superficielles et les mouvements obscurs et bornés au glissement : telles sont les articulations des apophvyses articulaires des vertèbres, celles des 65 du carpe ét du tarse. Elle diffère de l’arthrodie en ce qué dans celle-ci les surfaces sont moins planes et les mouvements plus étendus et plus nombreux; telle est l’articulateur temporo-maxiläire. L’énarthrose résulte de la réception d’une tête dans une cavité; telle est Particulation du fémur

avec l’os iliaque. Dans ces trois articulations, les mouvements peuvent avoir lièu dans beaucoup de sens. Dans les deux suivantes elles ne se font qu’en deux sens opposés ; la première espèce, qu’on nomme diarthrose rotatoire, permet seulement des mouvements de rotation’; on lui donne aussi le nom de ginglyne latéral; telle est articulation de la tête avec la seconde vertèbre. Dans la seconde espèce de diarthrose qu’on appelle ginglyne proprement dit, ginglyne angulaire , iln’y a que deux mouvements opposés.

Diverses parties concourent encore avec les os à former les articulations : ce sont les cartilages, les liguments ; les Jibro-cartilages et les membranes synoviales.

* M. Blandin a vu un grand nombre de fausses articulations qui étaient toutes de ce genre.

126 ANATOMIE DESCRIPTIVE« Les cartilages, distingués en synarthrodiaux et diarthro= diaux , recouvrent les surfaces par lesquelles les os se touchent dans les articulations. Ils sont d’une couleur opaline, et élastiques. Plus ils s’approchent de la circonférence, plus ils deviennent minces, de sorte qu’ils se confondent avec le périoste. Dans les cavités osseuses, ils sont moins épais au centre, tandis qu’ils le sont davantage quand ils recouvrent des éminences arrondies. Les cartilages diarthrodiaux servent à l’accroissement des os de la tête en largeur. On observe, sur certains cartilages, une membrane fibreuse analogué au périoste , à laquelle on a donné le nom de périchondre.

Les ligaments maintiennent les os ; auxquels ils se fixent par leurs deux extrémités. Dans quelques cas, ils sont placés entre les os; ils portent alors le nom de ligaments inter-osseux. Leur nature est fibreuse, leur couleur d’un blanc nacré, et leur forme variable. On trouve souvent des espèces de sacs membraneux, cylindroïdes, qui portent le nom de capsules articulaires où fibreuses.

Les fibro-cartilages articulaires participent. des ligaments et des cartilages par leur structure &£ leurs propriétés. Ils sont. plus fermes que les ligaments, mais moins durs que les cartilages, d’un blanc gris ou jaunâtre, très souples et fort élastiques. Tantôt ce sont de simples coussins, tantôt de véritables ligaments.

Les membranes synoviales ressemblent beaucoup aux membranes séreuses. On les rencontre dans toutes les surfaces diarthrodiales à surfaces contiguës. Ce sont des poches sans ouverture qui sont déployées sur les diverses parties de l'articulation ; leur face interne est lubréfiée par un liquide filant albumineux, qu’on nomme synovie, et qui a véritablement pour but d’oindre les surfaces osseuses.

Page 1