OSTÉOLOGIE
OU anatomie du système osseux (^i).
L’osTÉoLOGiEest cette partie de l’anatomie qui s’occupe du squelette ou de la charpente osseuse du corps. Le système osseux est développé dans le système musculaire; il est constamment placé à son intérieur. Bichatjle premier, sentit laliaison intime qui existait entre les tissus osseux, ligamenteux et musculaire. M. de Blainville, dont les vues sont si physiologiques, nous a prouvé, dans ses savantes leçons, que ces trois tissus n’étaient égidcment qu’une modilication de l’enveloppe extérieure. Cette dernière enveloppe , pour former le système osseux, reçoit dans ses libies une certaine quantité de sels calciiires, notamment de phosphate et de carhonate de chaux. On ti'ouve quelquefois dans la vessie des calculs de forme régulièi-e, ovoïde, dont la coupe est rayonnée, et qui semblent formés de cristaux de phosphate de
(i) Eiijes P;.nnche I , fig. i,
AJXAXuMlE.
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chaux. Soustraites aux lois de la vie, les molécules de ces calculs ont pu se cristalliser comme dans le sein de la terre; tandis que cette matière minérale, quoique privée de vie, est ordinairement soustraite aux lois de la cristallisation jusqu’au temps où , abandonnée cà elle-même, elle rentre dans le domaine du règne inorganique. Dans les premiers âges, on ne trouve que le système générateur ou la trame celluleuse de laquelle tous les organes se composent. Cette trame est appelée par les anatomistes substance gélatineuse.
L’appareil osseux est symétrique. Tous les os, à la vérité, ne sont pas doubles; mais ceux qui sont simples sont si exactement placés sur la ligne médiane, que chaque moitié est la contre- épreuve de l’autre. De cette loi de conformation, non-seulement du système osseux, mais encore de tous les autres appareils de la vie animale, il devient évident que l’homme et les animaux voisins peuvent être considérés comme résultant de deux moitiés symétriques adossées l’une à l’autre par des sutures ou des commissures. iS’ous verrons que cette disposition existe
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également pour le système nerveux. Dans l’homme, le squelette occupe le centre, et les muscles sont situés autour de ce centre. Cet assemblage des parties devra déterminer les pi'oportions et les formes les plus saillantes.
Les os reçoivent la nourriture du sang que es artères y apportent, et dont le résidu est [•épris par les veines qui les accompagnent. Vlais c’est une erreur de croire que la subitancecalcab'e se renouvelle dans les pbénoaiènes de la nutrition, et les expériences que ’on a faites depuis long-temps pour constater :e renouvellement n’ont rien appris sur cet abjet. En nourrissant des animaux avec la racine de garance, on communique à leur îystème osseux la couleur de cette substance; nais ceci prouve seulement la pénétration les vaisseaux dans toutes les parties del’os où Is déposent la matière colorante, ou bien aissent voir celle dont ils sont imbus. Il est i remarquer, à cet égard, que la couleur est alus foncée sur le squelette des jeunes aninaux que sur ceux des vieux, et réciproluement sur les portions les plus vascuaires. t
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Les animaux domestiques, tels que les lapins, les pigeons , et surtout ceux dont la hlanclieur annonce un tempérament faible et liumide, seront choisis de préférence pour l’épreuve dont II s’agit. Il est reconnu que les os de ces animaux prennent plus aisément la teinte étrangère, ce que l’on doit attribuer, d’après les expériences, à l’abondance des vaisseaux qui s’y distribuent, comme au relâchement de leurs molécules. Qui ne sait avec quelle difficulté on conserve les dépouilles d’un sujet lymphatique ou scrofuleux ?
La gélatine et la substance inerte cpii remplissent les alvéoles ou les mailles du tissu primitif, forment tous les os, qu’on peut jiréscnler sous deux aspects différens : i° le tissu spongieux, dont les lames se jmrtent dans tous les sens et laissent entre elles des vacuités, des cellules d’une étendue variable et qui communiquent toutes ensemble; 2° le tissu compacte, formé par des libres du tissu cellulaire juxta- posées et tellement rapprocliées les unes des autres, qu’elles ne laissent entre elles aucun intervalle. Elles reçoivent en dépôt des rangées de
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grains calcaii’es parallèles à leur direction , et qui conservent la forme du moule qui les a reçus, après même qu’il est détruit. La connaissance de la direction des fibres osseuses de 1 os, en un mot leur texture, peut servir au zoologiste à déterminer par quel os 1 empreinte même la plus légère peut avoir été produite. Les fibres osseuses affectent différentes directions : parallèles dans le corps des os longs, divergentes et rayonnées dans les os plats en général, et se coupant dans tous les sens dans les os courts des appendices.
Les os longs, constitués par un tissu diploique assez prononcé, surtout vers leurs extrémités , ont une cavité assez grande remplie de substance médullaire.
Le périoste des os n’est autre chose que a matière gélatineuse dans laquelle il n’y 1 pas eu de matière calcaire déposée. 11 enveloppe les os dans la plus grande partie de uur étendue, excepté seulement aux suraces , ou ils s’artieulent entre eux par une ïi'GniIjrmic fî})rGusc
Le péiioste a reçu différens noms, suivant es parties où on l’observe : au crâne, c’est
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le péricrâne; sur les cartilages, c’est le péri-
chondre, etc.
Division du squelette.
Si le système osseux eût été continu , les mouvemens eussent été impossililes : il était nécessaire qu’il fut forme de différentes ]ûèces séparées par des intersections, comme le corps des insectes. On ne peut concevoir un animal vertébré, respirant par des poumons > ou par des branchies , dont les pièces ^ du i squelette soient toutes continues ; car 1 or- gane respiratoire a besoin d etre aidé jiar les mouvemens des appendices. 11 n en esti pas de même des invertébrés : les chrysalidesde plusieurs insectes sont tout-à-fait immo-biles, et n’ont pas besoin de mouvoir lesdivers segmens de leurs corps pour que leurs trachées remplissent leurs fonctions.
Le squelette se divise en partie centrale, , logeant le système nerveux ; en appendices simples, servant aux organes des sens et même à la digestion et à la respiration ; et en aj^pendices complexes ou composés modifiés pour la préhension et la locomotion.