DES NERFS
Lorsqu’on veut préparer le diaphragme, on incise l’abdomen en croix pour 1 ouvrir, et on retire les viscères en ne conservant que le rectum et la vessie. Les muscles de la partie postérieure du tronc ne peuvent être bien prépares qu’autant que le cadavre, couche sur le ventre ,les bras étendus, est supporte par un liillot de bois placé sous la poitrine, fmi fait que la léte se trouve pendante.
Nous terminerons ce que nous nous proposions de dire sur la mjotomie, par quelques réflexions concernant la maniéré de préparer les aponét^roses communes dont on a iusqu’à présent trop négligé l’etucle. Pour découvrir ces membranes, il sufbt d enlever lesligamens; mais il faut avoir soin de les mettre à découvert dans toute leur étendue iiour en prendre une idée exacte , de bien marquer les endroits où elles s’atUaclient aux os , et d’examiner avec attention les prolongemens quelles envoient dans les interstices des couches musculaires.
IV. Dissection des nerfs. Pour suivre le trajet de tous les nerfs qui se portent dans l’orbite, il est nécessaire de pratiquer la meme coupe que pour disséquer les musc ts
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oculaires; mais il est difficile de faire con naître la terminaison de ces nerfs , commei celle des autres branches nerveuses, san.‘:s faire usage du procédé ingénieux de M. Bo- gros : nous allons l’exposer ici en peu de ■ mots. On se sert d’un long tube de verre,’, coudé à son extrémité inférieure , à lacpiellee est adapté un autre petit tube susceptible ■ d’étre effilé, .à la flamme d’une bougie, er i une pointe capillaire. Une fois que l’appai-; reil ainsi construit est rempli de mercure*, on introduit la pointe capillaire dans un filet; et, à peine est-elle parvenue dans l’in térieur du canal nerveux , que l’injection le parcourt avec une rapidité égale à cellte qu’elle met à parcourir un vaisseau lympha-itique; cependant, après que le liquide in-tjecté a cheminé dans l’étendue de quelque; > pouces, dans un ou plusieurs canaux, h» force qui le meut n’est plus suffisante poui ' le faire pénétrer plus avant, et il est aloris nécessaire d’exercer sur la paroi de légères frictions pour faire avancer V injection. C’es ‘ à l’aide de ces précautions qu’on parvien : à injecter des ramifications nerveuses d’uni ; extrême ténuité.
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La dissection du maxillaire inférieur est Drt difficile : on enlève d’abord toute la ortion des os du crâne qui couvre le trajet e ce nerf, depuis le trou ovale jusqu à la )sse zygomatique, après avoir détaché l’inîrtion supérieure du muscle temporal , et snversé en dedans l’arcade zygomatique vec le masseter; ensuite on scie le col du ondyle de la mâchoire , et on le tire en ehors avec la portion correspondante du mscle ptérygoïdien externe; enfin, on râpe os de la mâchoire, pour détruire la paroi iterne du canal dentaire. Quant au nerf \axillaire supérieur, il faut enlever la poron du sphénoïde qui le recouvre depuis )n entrée dans le trou maxillaire supérieur isqu’â la fosse ptérygo-maxillaire ; on oure ensuite les canaux vidien et carotidien, els sont les nerfs dont la dissection offre ; plus de difficultés : on suit facilement les utres cordons.
Lorsqu’il est question de découvrir la loelle épinière, on débarrasse les gouttières ertéhrales et sacrées de toutes les parties lolles qu’elles contiennent , puis on coupe c chaque côté les lames des apophyses
nissîîCTiox
traiisverses, des vertèl)res el du sacrum , d ( meme que la partie du cr;\iie, dans uni section qui ouvre le tiers postérieur d trou occipital, eu pieuant garde d’iutére; ■ sériés trous latéraux qui laissent sortir le nerfs spinaux.
Pour préparer les nerfs ganglionaireson commence par mettre à découvert 1 muscle droit antérieur sur lequel se troux le ganglion cervical supérieur, qu’on do i disséquer avec tout le soin nécessaire, ])ot . ménager les rameaux nombreux qui e émanent et dont on suit la distribution l’iin d'eux conduit au ganglion moyen puis <i l’inférieur.
\ . Dissection des organes des sens. Elle de mande souvent une main exercée pour éti faite avec soin et avec fruit. M’eus avoi i déjà indiqué, en parlant des différentf coiqjes qu’on peut faire sur les os, la nui nière de j)ré])arer l’oreille interne. Pou l’intérieur de la caisse du tympan, elle r devient accessible à la vue qu’après avo. enlevé la jiaroi inférieure avec le ciseau , ( scié la supérieure.
Les fosses-nasales ne peuvent cire étiuliét
DES VISCÈRES. iO‘3
qu’ après avoir ouvert le crâne, puis avoir scié verticalement sa base en deux portions inégales , dont l’une montre la cloison médiane, et l’autre les anfractuosités latérales.
La dissection du globe de l’œil offre quelques difficultés : après l’avoir détaché de ses annexes , on coupe la sclérotique vers sa partie moyenne , et l’on aperçoit la choroïde; puis on coupe transversalement le globe oculaire avec des ciseaux , et 1 on découvre la rétine, ainsi que le corps vitré.
VI. Dissection des viscères. Pour étudier la forme et le rapport des viscères , il faut avoir souvent recours à quelques-uns des moyens tels que le tamponnement , Yinsti- Jlation, X ébullition. Pour examiner X estomac, il faut ouvrir le bas-ventre au moyen d’une incision longitudinale , étendue depuis 1 apopliyse jusqu’à la symphyse pubienne , et coupée à angle droit par une autre qui passe d’un col à l’autre ; on déplace alors le grand épiploon , et on brise la troisième ou quatrième dernière côte. Après avoir examine
ao
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l’organe central de la digestion , on étudit ■
les petits et gros intestins.
Pour mettre le foie à découvert, il fautit ])riser les dernières cotes le plus près possi • î)le de la colonne vertébrale. Pour connaî • tre la structure du rein, on doit le fendre h long de son Lord convexe , et pénétrer jusqu’à la scissure en déchirant son tissu : i i est facile trinsufler Vurècie pour examine) son origine.
I..orsqu’on veut examiner le péritoine, or i doit inciser verticalement l’abdomen prêts delà ligne médiane ; on )i’en doit coupei que la peau et les muscles, dont on doit: avoir soin d’écarter les dernières fibres avet' le manche du scaljDel; dès qu’on est pai venu à la membrane, on n’emploie jilus que h doigt pour l’isoler. Pour mett)-e à découvert le larynx et la trachée-artère, il faut enlever avec soi)) toutes les parties qui les couvrent au-devant du co)i.
\ n. Dissection des vaisseaux. Elle doit être faite avec beaucoup de soin. On doit commencer par les injecter. V injection, (p)i donande de grandes pi’écautions , var ie suivant l’ordre des vaisseattx qu'on injecte.
des vaisseaux lymphatiques. 3o7 Pour la préparation des lymphatiques, on Paît usage du mercure, que l’on introduit clans un point indéterminé de la surface sxtérieure du corps , dépouillé de ses te- ^umens ; pour le faire peiiéticr dans les vaisseaux lymphatiques , on aide la marche irogressive du mercure et son passage dans e plus grand nomhre, soit en le poussant a travers leur calibre par une puissance mécanique quelconque, ou bien en suspendant la partie, de manière cpie le mercure, ohéis- >ant aux lois de la pesanteur, s’introduise , par son seul poids , dans les vaisseaux ou l’on veut qu’il pénètre. Ce procédé est tièsexpéditif; et, en supposant la possibilité ou la certitude de son passage dans tous les lymphatiques voisins, on peut alors, par une dissection attentive, suivre ces vaisseaux remplis et gonfles par le métal. Les cadavres d’enfant , ceux de femme, ceux encore d’individus maigres, sont eu général les plus convenables. Les lymphatiques du 'ventre sont facilement mis à découvert et deviennent assez appareils par les injections que l’on pousse clans le ventre ; on peut en dire autant des grands 'viscères, lorsqu’ils ont été'
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plongés assez de temps dans l’eau tiède cc i lorée, pour cpie leurs Ij niphalicjues en soier ; pénétrées. Il n’en est pas de même des lyir' phaiiques des membres, cju’on ne peut bie i suivre à l’œil nu que lorsqu’ils ont été h i jectés par le mercure.
La préparation des veines diffère de cell des artères. On prend les rleux veines cs.i ves cà leur dernière ramitication , et on fa une injection séparée pour lune et j)ou . l’autre; les valvules dont sont garnies !£•■ veines, et ejui ont pour usage de faciliter 1 > cours du sang vers le cœur, en s’opposaii à son retour vers les extrémités, expliquen; la raison de cette différence. C’est .'-ur le do de la main qu’il faut injecter les veines dét membres supérieurs : pour cela, on se serr d’nn tube dont le calibre soit proportionn ; à la petitesse de la veine dans laquelle oi' rinlroduit; de cette manière, il est vrai, le , veines jugulaires, celles de la face, sont dif • ficilement gonflées par l’injection ; mais ; peine en ont-elles besoin. La grosseur de premières, dont l’origine répond an .=inu ■ du cerveau, la situation superlicielle de secondes , dispensent , jusqu’à un ccrtaii
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loint, de les injecter. Une injection, pousée en quantité suffisante dans l’une des reines du pied, remplit parfaitement toutes îs divisions de cette veine : il arrive queluefois de faire passer l’injection dans les eines par les artères.
Lorsqu’on veut mettre le cœur à découert , on fait deux coupes le long des carlages des côtes et du sternum ; on renerse le lambeau de haut en bas ; on ouvre nsulte le péricarpe; on aperçoit alors la [■osse de l’aorte et les branches qui en nanent.
Pour \ injection des artères, les sujets Infilés ou d’une trop haute stature ne con- ;ennent pas : il est rare que l’injection énètre également dans toutes les parties, litre ces premiers inconvéniens, ces cada- ’es, remplis de liquides, sont embarrassans, fficiles à disséquer, et prennent trop de mps. 11 faut donc choisir, lorsque cela est assible , un sujet maigre, jeune, depuis six, ait, douze jusqu’à dix-huit ans. Les pares , en général plus molles , plus flexibles , ermettent à la matière de l’injection de ircourir plus librement les artères princi-
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pales et leurs nombreuses divisions. Lorsqu’on veut faire une injection, on doit pLu cer liorizontalcment le sujet sur le dos; od< enlève légèrement les épaules , au moye; d’un corps solide placé en dessous, de me nière à ce que la tête puisse facilement Sn( renverser en arrière, et par là permettre Tinjeclion de parcourir les artères supérlei ' rcs ; on écarte les mendjres supérieurs cl : tronc, les inférieurs l’un de 1 autre, en poi; tant les pieds en dehors, et on se dispose injecter. On ne doit pas injecter en deu temps : ce procédé est mauvais , et présent de grands inconvéuiens. 11 faut avoir sor i d’enlever avec le ciseau et le maillet un portion du sternum, dans sa partie supi^ rieiire, dans l’étendue de ejuatre à cinn pouces sur la longueur et d’uii pouce i demi sur la largeur; on évite de porter 1 ii striimcnt trop profondément, dans la craint d’intéresser l’aorte, qui se trouve précisi meut sous la portion du sternum enle\e<' et pour ne pas couper également les arti res mammaires internes qui rampent soi les cartilages intercostaux, très-près de lei ' articulation avec le sternum. Le prenne
des vaisseaux artériels. 3ll objet qui se présente est le péricarpe qu’il faut diviser avec précaution, pour soulever ensuite l’aorte et l’ai tère pulmonaire, que leur différence de tissus et de grosseur fait aisément reconnaître ; on passe un scalpel entre ces deux artères ; on divise l’aorte , le plus près possible du cœur, dans une étendue de six îi huit lignes : c’est dans cette ouverture que doit être placé le tube sur lequel l’artère est liée et dans lequel on ajoute le canon de la seringue remplie d’injection; celle-ci est faite de matières grasses, auxquelles on ajoute quelques parties solidifiantes, telles que la colophane et toutes les espèces de résines. Voici une recette publiée par M. Duméril, qui est peu dispendieuse et facile à se procurer : suif en branche 5 parties, poix de Bourgogne 2 parties, huile d’olive ou de noix 2 parties, térébenthine liquide ou matière colorante dissoute dans’ l’huile volatile i partie. Quelquefois on délaie du noir d’ivoire dans trois ou quatre onces d’huile de térébentliine, que l’on injecte, en premier lieu, pour colorer les parois des artères; on passe ensuite l’injection bouillante à travers le linge qui a
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servi à recevoir l’iiuile de térébenthine et la matière colorante : de cette manière sa couleur, en noir, est toujours assez prononcée pour qu’on puisse suivre les divisions artérielles. Quel que suit le mode d’injection que l’on adopte et les matières qui forment la hase des injections , il faut toujours passer la liqueur houillante à travers un linge assez serré pour retenir les parties grossières, qui, poussées sans cette précaution dans les artères , arrêteraient la matière de l’injection, et causeraient souvent la rupture des vaisseaux dans lesquels elles auraient pénétré. Quand on veut faire des injections très-soignées, il faut varier les ingrédiens.
Nous allons indiquerici très-succinctement la préparation de quelques artères. Pour préparer les carotides primitives, il faut avoir soin d’enlever la partie interne des clavicules, que l’on porte en dehors.
La maxillaire interne est , sans contredit, une artère des plus difficiles à préparer : elle exige beaucoup de patience. Les élèves doivent avoir sous les yeux une tête sèche et sa mâchoire, et même, s’il est possible.
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des têtes coupées en divers sens. Sans la connaissance des trous et conduits que parcourent les divisions de la maxillaire interne, il est très-difficile de s’en former une idée.
Pour cette préparation , on observe les précautions suivantes : sciez la mâchoire à côté de la symphyse du menton, brisez l’arcade zygomatique en arrière auprès de sa racine, en avant le long d’une ligne qui marche de l’angle supérieur à l’angle inférieur de l’os de la pommette: détachez le masseter de haut en bas, et laissez-le uni à la portion de l’arcade zygomatique à laquelle il s’insère; portez le tout en arrière, sciez alors la branche de la mâchoire audessous du col du condyle et de l’apophyse coronoïde ; détachez le muscle temporal de haut en bas, de dessus la portion des os de la face sur lesquels il repose; portez également le tout un peu en arrière, et faites enfin un lambeau osseux de toute la surface mise à découvert, dont le sommet se trouve un sphèno-palatin , et vous voyez la maxillaire interne profondément située entre le petit ptérigoïdien et la branche de la mâchoire.
3l4 DISSKCTION DES V.VISSF..VUX.
11 devient alors facile d’étudier les artères qui se perdent dans les muscles du même nom , et les temporales, qui exigent , d’une part , qu ou enlève le muscle temporal de haut eu bas, et de l’autre, que l’on lu’ise la j)ortiou de l’os de la pommette pour mettre a nu la temporale profonde intérieure.
Les nrteres palatineymidianne, ptérigo-palatlne, ne jieuveut être suivies qu’eu brisant la totalité de la mâchoire supérieure; ou voit alors chacune de ces artères jiasser dans un canal particulier dont l’ostéologie doit retracer la direction .à la mémoire.
La carotide interne exige qu’on fasse l’ouverture de la tête pour la suivre dans le cci'veau : il faut eidex'er la boîte osseuse avec précaution, et laisser jiour le moment la dure-mère intacte avec le cerveau; c’est le seul moyeu de voir la marche et la distribution de la méningée. Cela fait, ou coupe cette membrane dans la direction longitudinale supérieure; ou eu renverse les lambeaux, de manière à découvrir complètement le cerx'cau , dont ou se dispose à enlever la masse entière [lar la base du crâne: c’est de devant en arrière que l’on doit jn o-
anatomie pittoresque. JIJ
céder. A mesure que l’on renverse ainsi , on coupe d’abord les artères optiques à quelques lignes du trou du même nom, plus en arrière, le tronc des deux carotides, enfin les 'vertébrales, le plus avant possible dans le canal vertébral; alors on enlève le cerveau, que l’on renverse avec précaution sur la table. Après ce travail, il est facile de voir le grand nombre de vaisseaux qui se rendent à la base du cerveau.