Reme d'Anthropologie, 1881, p
le bord postérieur de la lame, de façon que le couteau laisse une trace facilement reconnaissable sur le péricràne et sur l'os (Broca), ou encore enfoncer h travers les téguments un poinçon qui pénétre dans le crâne (Féré). Lorsqu'on a enlevé les parties molles, il ne reste plus qu'à mesurer avec un compas-glissière la distance qui sépare la ligne transversale ou le poinçon du bregma cràniométrique. De l'ensemble de ces recherches, il résulte qu'eu moyenne le hregma céphalométrique est de 9 millimètres en avant du hregma cràniométrique ; mais cette moyenne est impropre à donner un point de repère pratique, et il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir chez l'adulte une différence de prés de 3 centimètres dans la position du bregma céphalométrique par rapport au bregma cràniométrique ; il en résulte une importante cause d'erreur dans la détermination des rapports des circonvolutions cérébrales sur le vivant. Ces différences tiennent aux variations de l'épaisseur des téguments qui recouvrent l'épine nasale et de la forme de la sous-cloison qui font plus ou moins incliner l'équerre en avant. Dans la pratique, il faut reculer d'un centimètre environ le bregma obtenu par l'équerre flexible auriculaire et, toutes les fois qu'on le peut, s'assurer d'un point de repère fixe en recherchant une irrégularité osseuse au niveau du bregma.
Chez les enfants, en raison du peu de développement de la face, le bregma cràniométrique se trouve porté très en avant par rapport à la position qu'il occupe chez l'adulte : c'est seulement vers 6 ou 7 ans que s'établit l'équilibre entre les parties antérieure et postérieure du crâne. C'est aussi en grande partie au défaut de parallélisme dans le développement des os du crâne que sons dues les différences des rapports cérébro-crâniens aux différentsâges.Nous sommes entré ailleurs(l) dans Je détail de cette étude ; nous n'y reviendrons pas ici.
1. Ch. Féré, Nouvelks recherches, etc., 'J\qv. d'anlhrop., 1881, p. 479).
§ 3. — Constitution des circonvolutions.
Les circonvolutions cérébrales sont constituées par une partie grise qui est disposée sous forme d'un revêtement qui
s'étend à toute la surface d e l'hémisphère et par une partie blanche sous-jacente. Malgré leurs connexions intimes, ces deux parties peuvent être séparées dans certaines conditions pathologiques ; c'est ainsi que dans quelques cas de périencéphalite chronique diffuse, Is substance grise peut être détachée, au moins dans une certaine étendue, et laisser à nu le squelette blanc des circonvolutions.
Lorsque, àl' exemple de M. Baillarger, on place entre deux lames de verre une coupe mince d'une circonvolution cérébrale, on voit que la substance grise peut être divisée en plusieurs couches.
Les éléments qui constituentlasubslancegrise des circonvolutions sont
Fig. 30. Cellules pyramidalex de técorcc grise du cnrveaxc ; — corps cellulaire contenant un noyau et un nucléole ; — b, prolongement axilc.
disposés en couches superposées : ce sont principalement des
cellules nerveuses disposées dans une gangue conjonctive, la névroglie. Les cellules nerveuses ont pour la plupart une forme pyramidale, rarement fusiformes. Les cellules pyramidales varient considérablement par leurs dimensions; les plus petites n'ont guère que 10 à 15 millièmes de millimètres, tandis que les grandes peuvent atteindre 90, 100 et 120 millièmes de millimètres, c'està-dire qu'elles sont presque visdjles à l'œil nu. Toutes ces cellules, qu'elles soient petites, raoj ennes ou géantes, ont pour caractères communs :
1° leur direction, qui est telle que le sommet regarde la périphérie, tandis que la base est toui-née vers la substance blanche ; 2' elles n'ont pas de paroi propre, et elles présentent des prolongements multiples et ramifiés, qui s'anastomosent avec ceux des cellules voisines, de manière à constituer un réseau cellulaire qui comprend toute l'étendue du manteau de l'hémisphère ; 3" en outre de ces prolongements ramifiés qui naissent
rif/. '.][ (<ruprî's .Meyncrt). Les nilini'ros 1, 2,3,4, 5 désigiicnl le» couche» (le l'ccorco gn»o; m, la subslanco iiicVliilliiire.
de tous les points des cellules, il en existe un autre analogue à celui que Deiters a décrit dans ces grandes cellules des cornes antérieures de la moelle : c'est le prolongement basai de Meynert, qui naît de la base de la cellule et qui d'après les recherches de Koschewnikoff se continue avec le cylindre-axe des fibres blanches sous-jacenten ; 4° elles présentent un noyau volumineux, elliptique, dont le grand axe est dirigé dans le même sens que celui de la cellule, 5° il existe autour de ce noyau un certain nombre de granulations pigmentaires, auxquelles est due la coloration de la substance grise; 6° elles présentent une striation longitudinale d'apparence fibrillaire, qui existerait au moins dans les grandes cellules. Ces cellules sont réunies par une gangue conjonctive, la ném^oglie. Nous reviendrons sur sa structure à propos de la moelle.
Ces divers éléments sont disposés dans la substance grise de la manière suivante : 1° superficiellement, existe une couche mince qui se montre sur la coupe sous l'aspect d'une ligne claire. Elle est constituée à peu prés exclusivement de matière amorphe et de noyaux ou myèlocj^tes : sauf pourtant quelques fibrilles de nature nerveuse décrites par Kolliker au voisinage de la surface ; 2° la deuxième couche se présente sur la coupe sous la forme d'une bande plus foncée : elle est constituée par de petites cellules pyramidales disposées par couches régulières ; 3° la troisième couche offre deux lignes superposées : l'une superficielle, assez claire ; l'autre profonde, plus sombre : cet aspect est diî à ce que les grandes cellules pyramidales qui constituent cette couche sont plus serrées sur la face profonde que sur la face superficielle ; 4° la quatrième couche offre les mêmes caractères que la première : elle est aussi à peu près exclusivement constituée par les
éléments de la névrogiie; 5° La cinquième couche, foncée comme la troisième, est constituée en grande partie par les cellules fusiformes à prolongements ramifiés, désignées par Ch. Robin sous Je nom de cellules- de la volition. Dans les diflerentes couches, les cellules sont soutenues par la névrogiie ; et les couches qui sont constituées principalément par la névrôglie contiennent un certain nombre de cellules éparses, qui sont susceptibles de se développer dans- certaines conditions. Telle est en général la structure de la plus grande étendue du manteau de riiémisphère. Cependant il faut noter quelques particularités suivant les régions : M. Betz a fait remarquer que les cellules pyramidales les plus volumineuses se rencontrent dans la région dite psycho-motrice sur laquelle nous reviendrons ; les grosses cellules de la volition se voient surtout dans l'écorce grise de l'insula. Ce ne sont pas là toutefois des modifications profondes du type structural dit à cinq couches ; au contraire dans la région comprise en arriére de la scissure occipitale et sur la face inférieure du lobe occipito-temporal, la substance grise corticale est séparée en deux couches par une lamelle blanchâtre qui, sur une coupe, se présente sous la forme d'un ruban, ruban de Vicq d'Azyr. Cet aspect est dû à ce que dans cette zone claire les cellules pyramidales, quoique volumineuses, sont peu abondantes et remplacées par une plus grande proportion de névrogiie. Nous avons déjà signalé plus haut quelques particularités propres à la corne d'Ammon (p. 94).
La substance grise des circonvolutions est irriguée par de nombreux vaisseaux, dont la disposition spéciale mérite une description particulière.
Quant à la substance blanche, elle est constituée principalement comme celle du centre ovale, de tubes nerveux qui, partis de la base des cellules corticales à l'état de cylindresaxes, se recouvrent d'une gaine de myéline.
Les circonvolutions cérébrales peuvent être le siège des diverses formes cl'encéphalile aiguë. L'encéphalite sedéveloppe surtout dans les méningites aiguës et, en particulier, dans les méningites infectieuses : la surface des circonvolutions prend une coloration rouge plus ou moins foncée {ramollissement rouge inflammaloire de Rostan et Andral) ; on ne peut enlever la pie-mére qu'avec une couche de substance cérébrale ramollie formant une sorte de bouillie, offrant des colorations variant du jaune au rouge, et contenant des corps granuleux, du pus, des éléments sanguins et nerveux plus ou moins déformés. L'inflammation peut déterminer la formation d'abcès, plus ou moins volumineux et capables de produire des phénomènes de compression. L'encéphalite peut encore se développer au voisinage des tumeurs. D'après M. Bouchard et M. Hayem, dans le ramollissement inflammatoire il existerait une prolifération des éléments cellulaires et de la uévrog'ie; mais MM. Coruil et Ranvier admettent comme probable qu'une partie des éléments cellulaires nouveaux sont des globules blancs sortis des vaisseaux.
Les diÔerentes formes cl' encéphalite chronique affectent de préférence les circonvolutions: il en est surtout ainsi dans la périencéphalite chronique diffuse. L'encéphalite chronique partielle congénitale porte aussi souvent sur l'écorce comme l'encéphalite atrophique lobaire. Les circonvolutions peuvent encore être le siège de différentes formes de sclérose tubéreuse (Bourneville et Brissaud, Pozzi, etc.); enfin la sclérose en plaques s'y montre fréquemment.
On peut rencontrer dans l'épaisseur des circonvolutions des sarcomes névrogliques ou angiolithiques, des tubercules, des gommes, etc.
§ 4, — Localisations fonctionnelles dans Vécorce grise du
cerveau.
A la suite des travaux de Flourens, l'inexcitabilité de la substance corticale s'était établie comme une sorte de dogme : aussi la tentative de localisation faite par Gall n'était même plus livrée à la discussion. La découverte de Broca (1862) n'avait pas réussi à entamer l'opinion, on peut dire universellement répandue, de la diffusion des fonctions dans toute l'étendue du cerveau. Même après que MM. Fritsch et Hilzig eurent démontré l'irritabilité de la substance grise corticale du cerveau; après que MM. Ferrier, Carville et Duret et leurs successeurs eurent établi expérimentalement l'existence de centres d'excitabilité spéciaux pour certains groupes de muscles, tous les doutes n'étaient pas levés ; il restait à fair^j sur l'homme la preuve des localisations fonctionnelles acceptées par un grand nombre de physiologistes, mais non encore par tous. Cette preuve ne pouvait être faite que par la méthode anatomo-clinique, mise en œuvre par M. Charcot et ses élèves. Cette méthode est toute empirique : elle consiste à mettre en regard des troubles fonctionnels, observés pendant la vie, les lésions localisées constatées à l'autopsie, et à ne tirer une conclusion des faits acquis que lorsqu'ils sont assez nombreux pour constituer des groupes homogènes. Cette méthode promettait d'être féconde, car c'était elle qui avait déjà servi à Broca pour découvrir la localisation, aujourd'hui définitivement établie, des troubles de l'articulation des mots ; elle avait servi encore à Tùrck et à M. Charcot à établir une localisation dans la capsule interne, et elle devait servir encore à M. Pitres à en reconnaître dans le centre ovale.
M. Charcot n'a fait entrer en ligne de compte que les lésions destructives en foyer et principalement les ramollisseme.nts
corticaux caractérisés par des plaques jaunes, rejetant les cas de compression parles tumeurs, dans lesquels il est difficile de faire la part de l'irritation de la compression et de la destruction, laissant aussi de côté pour des raisons analogues les lésions inflammatoires et les lésions traumatiques. C'est ainsi que la doctrine des localisations cérébrales, fondée par l'initiative de Broca, pourra se compléter.
La localisation établie par Broca est celle de V aphasie motrice, des troubles de l'articulation des mots. Mais depuis ces premières recherches, l'étude des troubles de l'expression et de la perception des signes a été fort avancée (1) par les travaux de MM. Kussmaul, Wernicke, Charcot (2), etc. ; à côté de l'aphasie motrice de Broca, il existe d'autres troubles de l'expression, consistant dans la perte de l'usage des signes écrits, et des signes mimiques; et il faut distinguer en outre des troubles de la perception, consistant dans la perte de l'audition des mots, la perte de la vision des signes écrits ; l'ensemble de ces troubles, aphasie proprement dite, agraphie, surdité verbale, cécité verbale, ne peut plus être compris sous le nom d'aphasie, ou de troubles de la parole (Kussmaul) ; il est préférable de comprendre ce groupe sous la dénomination plus générale de troubles de V usage des signes, qui s'applique mieux à la généralité des phénomènes (3).
Aux troubles fonctionnels spécialisés de l'expression et delà perception des signes correspondent des lésions anatomiques limitées de l'écorce cérébrale.
La localisation la plus ancienne, nous nous plaisons à le répéter, car c'est une découverte toute française, est celle de la
1. D. Bernard, De l'aphasie el de ses diverses formes, Th. 1885.
2. J. Charcot, Lerons sur les maladies du système nerveux. T. III, 1886.
3. Ch. Féré, Des Irouhles de. l'usaoe des si'/nes [Revue philosophique, juin, 1884).
lésion de l'aphasie, et c'est encore le point le mieux établi de la doctrine des localisations cérébrales. Quelle que soit la nature delà lésion, elle occupe, on peut dire, constamment la partie postérieure delà troisième circonvolution frontale, la région de Broca, comprise entre le cap et la partie inférieure de la frontale ascendante, ou la région voisine de l'insula de Reil. Ordinairement c'est à gauche que siège la lésion de l'aphasie ; quand, par exception, on la rencontre du côté droit, c'est presque toujours qu'il s'agissait d'un gaucher. Ces exceptions rares nous indiquent que l'hémisphère droit peut, dans certaines conditions, présider aux mouvements du langage articulé et nous font comprendre comment, malgré la persistance d'une lésion à gauche, l'aphasie peut guérir en grande partie, l'hémisphère droit étant capable d'apprendre k suppléer son congénère.
La localisation de la lésion de Vagraphie est encore mal établie ; cependant M. Exner (1) a trouvé un rapport entre ce trouble et les altérations de la partie postérieure de la deuxième circonvolution frontale du côté gauche. Il est bon de remarquer que le centre de l'aphasie motrice et celui de l'agraphie sont situés immédiatement en avant des centres moteurs de la face et membres supérieurs, qui sont le plus intimement liés avec l'expression mimique. Ces derniers sont du reste en rapport en arrière avec les centres de réception des signes. La surdité verbale ou perte de l'audition spécialisée des mots, on effet, paraît coïncider avec une lésion de la partie postérieure de la première circonvolution temporo-sphénoïdale gauche. Quanta la cécité verbale^ ou perte de la vision spécialisée des mots, elle a pu être mise en rapport avec une lésion du lobule pariétal inférieur gauche.
Il n'est pas sans intérêt de remarquer que c'est aussi dans
1. Exner, Unlermchunf/en iiher die Localisation der Functionen der Groskirnrinde des Mentchen, Wien. 1881.
le lobule pariétal inférieur que paraît siéger la lésion dans les cas d'hémianopsie {].), ou perte unilatérale de la vision binoculaire ; et il est bon de signaler la coïncidence -fréquente en clinique de ce trouble de la A^ision et de la cécité verbale. La combinaison des deux symptômes s'explique par le voisinage des deux centres cérébraux qui peuvent se trouver lésés en même temps.
Il existe donc dans l'écorce cérébrale des centres distincts anatomiquement et physiologiquement, formant une sorte de confédération d'organes, qui constitue l'appareil de la mémoire des mots, et qui tous se prêtent un mutuel appui dans leur fonctionnement normal. La distribution des artères du cerveau nous fera comprendre comment ces centres peuvent être affectés tantôt isolément et donner lieu à un trouble de l'expression ou de la réception des signes, tantôt simultanément, et produire une aphasie complexe.
Nous avons vu que les lésions en rapport avec les troubles moteurs afférents à la faculté des signes (facultas signatrix de Kant) sont situés au voisinage du sillon de Rolande et en avant de lui : MM. Charcot et Pitres (2) ont établi que les lésions en rapport avec les troubles moteurs des membres sont aussi dans cette région désignée sous le nom de régionpsychomotrice ; c'est ainsi que, d'après ces auteurs, le centre des mouvements de la partie intérieure de la face peut être localisé à la partie inférieure des deux circonvolutions ascendantes ; le centre moteur des membres supérieurs a son siège sur la partie moyenne de la frontale ascendante, au niveau du pied de la deuxième frontale, c'est-à-dire immédiatement en arrière du
1. Ch. Féi'é, Contribulionà l'étude des troubles fonctionnels de la vision par
l(<sions cdrëbrnle.i, 1F>^2.
t. Charcot et Piti-es, Etude critique et clinique de la doctrine des localisation!! motrices dans l'écorce des liémisphùres cérébraux de l'homme. [Revue de Médecine, 1883.)
centre des mouvements de la main adaptés à l'écriture. La partie supérieure des deux circonvolutions ascendantes et la partie moyenne de la pariétale ascendante seraient en rapport
1, scissure de Sylvius; — 2, sillon de Rolando ; — 3, scissure interpariélale ;
— 4, scissure parallèle; — 5, scissure perpendiculaire externe.
Fl, première circonvolution frontale; — F2, deuxième circonvolution frontale; F3, troisième circonvolution frontale; — Fa, circonvolution frontale ascendante ;
— Pa, circonvolution pariétale ascendante ; — Ps, lobule pariétal supérieur; — Pi, lobule pariétal inférieur; — lobule du pli courbe; — Tl, première circonvolution temporale; — T2, deuxième circonvolution temporale; T3, troisième circonvolution temporale; — 01,premièrecirconvolulionoccipitale; — 02, deuxième circonvolution occipitale; — 03, troisième circonvolution ociùpitale.
I, aphasie motrice (type Bouillaud-Broca) ; — II, centre de la face; — 111, asfraphie; — 1\'. centre du bras; — V, centre de la jambe; — VI, surdité verbale ; — VU, cécité verbale ; — Vlll, mouvement des yeux, facial supérieur (?J
— IX, hémianopsie.
avec les fonctions des deux membres et en particulier avec celles du membre inférieur.
Il faut remarquer que les lésions qui entraînent la paralysie de la langue et de la partie inférieure de la face déterminent souvent, en même temps, des troubles moteurs du pharynx et du larynx ; lorsqu'une lésion de ce genre vient à se produire, soit simultanément, soit successivement, dans les deux hémisphères cérébraux, il en résulte un complexus symptomalique
connu sous lè nom de paralysie lahio-glosso-laryngée d'origine cérébrale rappelant la paralysie produite par l'atrophie des noyaux bulbaires de l'hypoglosse (Lépine, Féré, Bern^ hardt, etc.).
En somme, nous voyons que les centres moteurs sont
Fig. 34.
Fig. 33 3t 34 (d'après de Boyer). — Localisations motrices résumant les expériences de Février sur les singes. — ], le meirjbre postérieur s'avance comme pour marcher; — 2, mouvements complexes de la cuisse, de la jambe et du pied ; — 3, mouvements de la queue associés à ceux du centre 2; —4, rétraction avec
abduction du bras opposé (gi-and dorsal) ; — 5, extension en avant de la main et du bras opposés : fl, b, c, cl. mouvements individuels et combinés des doij^ls et du poignet, se terminant par la fermeture du poing ; — 6, supination et flexion de lavant-bras (la nuiin se porte vers la bouche); — 7, les zygomatiques élèvent 1 angle delà bouche; — 8, élévation de l'aile du nez et de la lèvre supérieure (mouvement de défense par la canine) ; — 9, ouverture de la bouche avec extension de la langue au dehors; — 10, même mouvement do la bouche, mais avec rétraction de la langue ; — 11, rétraction de l'angle opposé de la bouche; — 12, les yeux sont grands ouverts, la pupille dilatée, les yeux et la tôle dirigés du côté opposé; — 13, les yeux so dirigent du cùté opposé avec déviation en haut; — 13, même mouvement sauf que les yeux so dévient en bas (ces deux mouvements s'accompagnent de contraction pupillairc) ; — 14, l'oro'dlc opposée se redresse, la téle et les yeux so lournent du côté opposé fpupilles très dilatées) ; — 15, torsion des lèvres et de la narine du même côté.
échelonnés le long du sillon de Rolando. Ces centres sont-ils exclusivement moteurs ? Un certain nombre d'observations
Fi'/. .35. Fig. 36.
Fif/.3l.e( .3fJ. — Cerveau du chien; — kôralisol ions sensorielles. — A, sphère 'snelle:— L'A médian .■•erait le centre delà cécité psvchiqnc (premier mémoire Mimkl ; — B, .sphère auditive ; — G, J, sphère sensible ; — D, région du memf; antérieur ; — G, région du momiire postérieur; — K, région delà tète; — F, gion des yeux ; — (i, région des oreilhîs ; — H, région du cou ; — I, région du onc; — Figures extraites du travail de Munk et reproduites par Durci (Noie sur phi/»iolof/ie des l'jca Usa lions cffriJùrales eu AUemarjne, Proijrih- mt^dical, 1879).
de Tripier et de Pétrina semblent indiquer que les centres qui président à la motilité des membres président en même temps
Fig-. 37. Fig. 38.
Fig. 37 et 38. — Cerveau de singe. — A, sphère visuelle. — G. J, sphère sensible; — D, région du membre antérieur; — IJ, région du membre postérieur; — E, région de la tête ; — F, région des yeux; — G, région des oreilles; — H, région du cou ; — J, région du tronc; — B, désigne la partie de l'écorcc qui, d"après les recherches sur les chiens, serait la sphère auditive. (Figures de .Munk, reproduites par Duret, Vi ogrùs me'd., 1879.)
à leur sensibilité ; mais c'est là un point sur lequel la lumière n'est pas complètement faite.
Les quelques localisations sensorielles qui ont pu être établies chez l'homme, sont, comme nous l'avons dit en passant, celle de la surdité verbale, sur la première circonvolution temporo-sphénoïdale; celle de la cécité verbale et de l'hémianopsie dans le lobule pariétal inférieur. Les recherches expérimentales de MM. Feriner et Munk indiquent chez le chien et le singe des localisations beaucoup plus multipliées et plus précises ; mais nous ne nous occupons ici que des faits bien établis chez l'homme, aussi nous contentons-nous de
représenter schématiquement les données de la plij^siologie expérimentale. Remarquons toutefois que les récentes éludes
l i'j. -iJ (1 après de Boyer,,. — .Sc/irma de la zone lah-nlesur la face e.ilcrnc dv l'/ii/rni sphère (régions marquées par les hachures).
anatonio-cliniques sont, en ce qui concerne l'audition et la vision, en parfait accord avec les observations faites sur les animaux, et nous voyons que la zone des lésions dites lalenles '-■ rétrécit de jour en jour, comme on peut s'en rendre compte I comparant la figure 39 qui résume l'état de la question à •poque où de Boyer a entrepris son travail et la figure 32
ma. •iO '■fl'n.pi'fis di! Boyer). — fichcma de la zone lalenle sur la face interne (le l'/mnispliére yégipns mnrqiiécs pur les haclmrcs}.
arrivera à rattacher à chaque lésion anatomique nn trouble fonctionnel spécial.
Sur la face externe de l'hémisphère il ne reste plus que l'extrémité du lobe frontal et le lobe occipital, où onn'est point
encore parvenu chez l'homme à localiser une fonction spéciale. On peut dire que sur la face interne la zone latente est encore aussi étenduequel'ontdécrite deBoyeretMM.CharcotetPitres. Il n'y a que le lobule paracentral, c'est-à-dire la partie de la face interne de l'hémisphère qui correspond à l'extrémité supérieure des deux circonvolutions ascendantes, dont les lésions aient pu être unies en rapport avec des troubles moteurs affectant presque constamment le membre inférieur.
Notons pourtant, à propos de cette face interne, la fréquence relativement assez grande des lésions de la corne d'Ammon dans l'épilepsie (1).
De ce qu'on n'a pas pu jusqu'à présent reconnaître aux zones dites latentes aucune fonction sensorielle ou motrice déterminée, il n'en découle pas qu'on soit en droit de leur attribuer des fonctions psychiques (lobe frontal) ou instinctives {lobe occipital) distinctes des fonctions motrices ou sensorielles. Rien n'autorise à voir autre chose que des organes de sensibilité ou de mouvement dans le cerveau, dont les éléments ne sont le siège que de phénomènes réflexes ou autrem.ent dit, de transformations de forces plus ou moins complexes.
Les lésions de l'écorce qui déterminent les troubles les plus localisés sont les lésions destructives, les ramollissements ; mais les mêmes troubles peuvent être la conséquence de lésions inflammatoires plus ou moins diffuses, telles que celles que l'on observe dans la périencéphalite diffuse, méningite tuberculeuse (2). Elles peuvent encore être dues à des lésions inflammatoires simples ou spécifiques des méninges ou de l'écorce, {FiQ. 41 et 42) à des tumeurs, etc.
1. Coulbaull, Des lésions de la corne cCA mmon dans l'épilepsie, Tli. 1881.
2. L;in(louzy, Conlrihulion de l'ff/.ude des paralysies liées aux méningo-cncd' phaUtes fronto-pariélales, Th. 1876.
Les troubles en rapport avec ces lésions sont tantôt des pa-
Fi- 41 Fig. 42
Fi;/. 41. — Rcpi rsciiliuilhitiu'mocoiipcdu côte giiuchc alteinl d'cncépluill c 13rciK-liymaloiiso hmilee ii la siibsliincc; ffi-ise, cl ayant (I.jlerininé des accès d e.)i- Icp-iie pai'liello suivis d'iiéiniplr-ic, du vùU': opposé du roi'ps (l).
Fi;/. 42. — Rcpi'éscnlaut la cuupp des cu'Convolulions du côte droit.
ralysies s'il y a destruction du centre moteur, tantôt des convulsions s'il y a seulement irritation de ce même centi'e.
Si des faits déjà nombreux observés sur l'homme permettent d'établir que certaines lésions deslructioes de l'écorce cérébrale déterminent des troubles paralytiques prédominants dans des groupes musculaires déterminés ; si en un mot il y a une correspondance entre la localisation des troubles fonctionnels et la localisation des lésions anatomiques, il n'est pas moins certain que la destruction d'une partie quelconque entraîne, en 9utre des phénomènes localisés, un affaiblissement de l'ensemble des fonctions psychiques. De même lorsqu'une lésion irritative localisée détermine des troubles convulsifs locali-