STYLE PARTICULIER A CUAQÜE PEUPLE
pas une grossière main d’œuvre dépourvue de goiU et de règles. Nous insistons sur ce point, parce qu’il n’est pas rare d’entendre professer le contraire; et nous ajoutons que l’artiste qui a si habilement terminé le portrait d’un bélier, d’un lion, leur tête, leur corps et leurs griffes, aurait également bien terminé une main ou un pied humain, s’il l’avait voulu. Mais la statue d’un dieu, d’un roi, n’était, que comme un membre de la phrase générale qu’exprimait le temple dont elle dépendait; et quand le caractère principal de. celte expression particulière avait reçu le type essentiel, le dieu, sa forme et ses attri— butsj le roi, la ressemblance et ses insignes, le corps, les pieds et les mains importaient peu à l’intelligence de l’idée qu’ils concouraient. à manifester; l’artiste pouvait donc les négliger un peu sans rtianquer le but que l’art lui-même s’était proposé. L’élude approfondie des monuments égyptiens confirmera de plus en plus ces nouveaux aperçus; les caractères principaux de leur sculpture, exposés au commencement de cet article, suffiront pour faire reconnaître leurs ouvrages qui sont infiniment variés, et qui ont reproduit
une quantité infinie d’objets naturels. Ces caractères se retrouvent dans tous les ouvrages de l’art égyptien, à toutes ses époques, depuis la plus haute antiquité jusqu’au Bas- Empire; seulement ils se dégradent peu à peu depuis la domination des Grecs et des Romains en Égypte; mais on les reconnaît encore, quoique affaiblis, dans les derniers ouvrages; des sectes religieuses s’appliquèrent même à les conserver dans leurs talismans, dès les premiers siècles du christianisme.
98. Style étrusque. Ses caractères principaux sont aussi, d’après les plus anciens monuments de ce peuple, les lignes droites, l’attitude roide, l’ébauche imparfaite des traits de la figure , le défaut de proportions dans les membres, qui sont ordinairement si minces, qu’ils ne donnent ‘aucune idée de chair ni de muscles, de sorte que leur contour n’a aucune ondulation; la forme des têtes est un ovale rétréci vers le menton qui se termine en pointe; les yeux sont ou droits, ou relevés et toujours parallèles à l’os supérieur. Il ne reste aucun ouvrage égyptien aussi informe. Il est vrai que nous parlons ici des ouvrages