MONUMENTS ÉGYPTIENS. H
l’arbitraire de l’artiste. Ces représentations étant ainsi réglées par la loi ou par l’usage dans tous leurs détails, celte uniformité constante est d’un très-grand secours pour l’étude de l’antiquité égyptienne figurée, puisqu’elle explique à la fois les scènes où ces dieux reparaissent, qu’elles soient figurées de ronde bosse , en relief, en creux , peintes sur toile, sur papyrus, sur bois, ou sur pierre. Les mêmes attributs indiquent toujours la même divinité, et l’alliance des attributs, celle des personnages divins, selon les idées et les croyances égyptiennes.
108. Le nombre considérable des personnages du panthéon égyptien, classés toutefois dans une hiérarchie méthodique qui était la conséquence de leur généalogie même, et émanant tous d’un premier être, multiplie beaucoup le nombre et la variété des attributs, et complique ainsi l’étude des monuments ; mais comme les divinités principales, celles du premier ordre, étaient aussi les plus honorées, et devaient être plus ordinairement figurées, il en résulte que leurs représentations furent aussi les plus nombreuses, et ce sont celles qu’on découvreje plus commune-
ment en Égypte , celles encore qui parviennent en plus grand nombre dans les collections d’Europe. Il suffira donc d’indiquer ici les caractères et les attributs de la plupart de ces divinités principales, pour satisfaire à ce qu’exigeront de nous les lecteurs de ce résumé. A lin d’être clair et précisai est nécessaire de suivre les trois divisions principales déjà énoncées (n° 105).
109. Comme caractères généraux communs à toutes les divinités, nous indiquons 1° la croix ansée (ou T surmonté d’un anneau), symbole delà vie divine, que chaque dieu tient d’une main; 2° le sceptre, de l’autre, et ce sceptre, ou bâton long, est terminé en haut par une tête de coucoupha pour les divinités mâles (symbole delà Bienfaisance ), et par un pommeau évasé pour les divinités femelles, que ces personnages soient debout ou assis. De plus, la ligure humaine d’un dieu a un appendice au menton, en forme de barbe tressée, et les déesses n’en ont jamais. Enfin, dans certaines actions les divinités occupées à une fonction particulière ont quitté ces deux premiers attributs, la croix ansée et le sceptre; mais on les recon-
naît à leur coiffure spéciale ; voici donc l’énumération des principales coiffures.
I. 110. Divinités égyptiennes, caractérisées par leurs coiffures.
1° Dieux de forme humaine pure, portant sur leur tête :
Deux longues plumes droites, le nu peint en bleu; c’est Ammon, le créateur du monde;
Idem, et de plus le membre viril trèssaillant; Ammon générateur (Mendès, Pan, Priape) ;
Un bonnet serrant fortement la tête; visage vert; le corps en gaine et appuyé contre une colonne à plusieurs chapiteaux; dans ses mains le nilomèlre : Plitlia (Ilephaïstos, Vulcain) ;
Tête nue, ou avec le même bonnet; corps d’enfant trapu et difforme, marchant, ou debout sur un crocodile; colorié en vert ou en jaune, avec ou sans membre viril : Phtha- Sokari enfant (le même Ilephaïstos, Vulcain enfant);
Deux plumes recourbées sur la tête avec deux longues cornes; le fléau avec ou saris le crochet ou pedum dans les mains : le même Phtha-Sokari (Hephaistos, Vulcain);
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Deux cornes de boue, coiffure blanche, visage vert; deux serpents urœus dressés sur les cornes, un disque rouge au milieu et deux plumes droiles surmontant le tout : Souk, (Succlius, Cronos, Saturne);
Une seule plume recourbée par le haut; coiffure rayée, visage vert, Djom ou Gom (Hercule) ;
Deux plumes séparées et droites, coiffure noire, visage vert, le corps couvert d’une longue robe rayée; Djom ou Gom (Hercule ) ;
Bonnet serré noir ou bleu, le croissant de la lune avec un disque au milieu, une mèche de cheveux tressés pendant sur l’oreille, visage vert, le corps en gaine; Pooh (le dieu Lunus) ;
Idem, avec le sceptre, le nilomètre et la croix ansée dans ses mains jointes; Pooh (le même dieu Lunus);
Idem , assis dans une barque et adoré par des cynocéphales; le môme dieu Pooh (Lunus) ;
Idem , retenant de ses deux mains un dis- ! que rouge sur sa tête, et ayant près de lui des j oiseaux à tête humaine; le même Pooh (Lu- i
bus), directeur des âmes, qui sont représentes par ces oiseaux ;
La mitre flanquée de deux appendices ecourbés par le haut, le fléau et le crochet lans les mains, corps en gaine, Osiris (roi le l’ Amenthi, ou enfer égyptien) ;
Le pschent entier, avec le lituus et le scep- ,re à la main ; le Mars égyptien ;
Corps humain monstrueux par l'exagéra- ‘ion des traits de sa figure, le volume du venre, etc. ; Typhon, le mauvais génie.
2° Déesses de forme humaine pure, portant sur leur tête :
La dépouille d’une pintade et le pschent complet (voy. au Vocabulaire des mots techniques la description de cette coiffure royale); la partie inférieure du pschent peinte en rouge, et la partie supérieure, ou la mitre, en jaune; le nu de la même couleur; JVëilh (l’Athénée ou Minerve égyptienne);
Le même pschent sans la dépouille de la pintade; à gauche une tête de vaxitour, symbole de la maternité, et couverte de la partie inférieure du pschent; à droite une tête de lion (la Force), portant les deux plumes droites, des ailes étendues et les signes des
deux sexes; Néilh génératrice (Physis, la Nature, Minerve);
Une plume seule recourbée par le haut, coiffure bleue, le nu jaune, avec ou sans ailes; Thnréï, déesse Justice et Vérité;
Une espèce d’autel évasé vers le haut ; IVephtis ;
La mitre du pschent eu jaune, flanquée de deux cornes, le nu peint en rouge; Anouké (Anucis, Estia, Vesta);
Deux grandes cornes, un disque au milieu, avec ou sans l’Uræus sur le front; Isis , sœur et femme d’Osiris;
Un diadème surmonté de feuilles de couleurs variées, le nu peint en jaune; Tpé (Uranie, la déesse du ciel);
Diverses coiffures, le corps démesurément allongé horizontalement, orné decinq disques ou d’étoiles, les bras et les jambes pendant perpendiculairement; la même Tpé (Uranie ou le Ciel) ;
Épervier avec une coiffure symbolique, la déesse ayant dans ses mains des bandelettes ou lacs; Alhôr (Aphrodite, Vénus);
La dépouille de la pintade surmontée de la figure d’une porte de temple avec des fleurs
bleues qui rayonnent autour ; la même Athôr;
Deux cornes, un disque rouge au milieu, et montrant d’une main un bourrelet pendu à son cou; la mêm e. Athôr;
La partie inférieure du pschent ornée d’un lituus ; carnation verte; Bouto (Létô, Latone, les ténèbres primordiales);
Idem , avec deux crocodiles qui vont prendre son sein; Bouto , nourrice des dieux;
Un trône; Isis.