BAS-RELIEFS
en deux parties par une cloison taillée à même dans la pierre, et qui formait deux cases pour deux urnes ; ou bien aux trous qui, à la moitié de la hauteur des parois, recevaient des barres de métal sur lesquelles le second corps reposait. L’inscription rappelle aussi les noms des deux personnes déposées dans le monument; mais le bas-relief ne représente néanmoins qu’un seul sujet.
Les couvercles des sarcophages égyptiens sont ornés de figures humaines de grandeur naturelle, et d'un très-haut relief : c’est d’ordinaire une commémoration du mort, ou la représentation de la déesse qui le protégeait dans l’Amenthi. On sait combien le moyen âge fut prodigue d’ornements en bas-relief pour ses tombeaux , quelque variée que fût leur forme.
TROISIÈME DIVISION
B 132. On trouvera dans celte section, après quelques notions générales sur les monuments de la peinture des anciens, deux chapitres particuliers sur les vases peints et sur les mosaïques. Ces vases et ces mosaïques sont en effet un produit, de la peinture; ils devaient donc trouver place dans celle troisième division.
SECTION I
Égyptiens.
133. Les Égyptiens cultivèrent la peinture dès la plus haute antiquité; les plus anciens monuments de ce peuple célèbre en rendent témoignage, et tels sont les temples, les tombeaux, les momies, les manuscrits, etc.
Ils n’employèrent que six couleurs : le j blanc, le noir, le bleu, le rouge, le jaune et ^ le vert.
Ils les appliquèrent sur les pierres les plus dures et les plus tendres, sur le bois, la toile et le papyrus.
Les sculptures des plus anciens temples i: sont coloriées; les catacombes des vieux Pharaons le sont aussi, et les procédés va- i lièrent selon la matière sur laquelle on appliquait ces couleurs.
Sim le granit, le grès et autres substances t analogues, les couleurs étaient appliquées immédiatement; on a remarqué qu’elles les pénètrent assez profondément, ce qui prouve > que les Égyptiens connaissaient un procédé chimique très-propre à les fixer, et l’analyse k a appris que presque toutes leurs couleurs étaient à base métallique. Le bleu de cobalt, qui est une découverte Bu dernier siècle, abonde jusqu’à la profusion dans les peintures égyptiennes; aussi tous les voyageurs ont-ils remarqué , non sans étonnement, qu’elles conservent encore, après deux ou 1 trois mille ans, leur éclat primitif.
Le bois est couvert d’une couche de blanc
EGYPTIENS
le céruse; le contour des ligures est tracé en loir, et leur intérieur est colorié par des eintes plates assez heureusement combinées, iur le papyrus, tout est peint, même le blanc; a dorure est quelquefois associée aux coueurs, et la feuille d’or est fixée sur le blanc le céruse.
Un autre procédé de l’art égyptien doit être ndiqué ici. En étudiant les détails du Rliamesséion ou palais de Rhamsès-Sésostris
iThèbes, [monument nommé mal à propos rlemnonium par quelques voyageurs, mon rère remarqua (en 1829) que les bas-reliefs qui couvraient le bandeau etlesjambagesdela porte d’une des principales salles, étaient d’un relief tellement bas, qu’on semblait les avoir usés pour en diminuer la saillie. Mais en faisant déblayer le bas des montants de cette porte, une inscription dédicatoire, faite au nom du roi Rhamsès, lui apprit que cette porte avait été recouverte d’or pur. Et en effet, en étudiant la surface avec plus de soin et examinant de plus près le stuc blanc et fin qui recouvrait encore quelques parties de la sculpture, il s’aperçut que ce stuc avait été étendu sur une toile appliquée sur les
tableaux, qu’on avait rétabli sur le stuc les contours des figures, et qu’on les avait ensuite dorées.
134. La variété des peintures proprement dites, ou des représentations précises d’objets pris dans la nature ou dans les arts humains, est très-considérable , et c’est dans les tombeaux que cette variété se fait surtout remarquer. Outre les scènes religieuses ou funéraires, le séjour des âmes heureuses et celui des âmes coupables, on y voit une foule de traits tirés de la vie civile, militaire ou domestique, les travaux de l’agriculture, les échanges du commerce, la pêche, la chasse, des danses, des jeux gymniques, des instruments de musique, des meubles d’une grande élégance; enfin des vues de jardins très-étendus, ornés de jets d’eau et de bosquets, et peuplés d’habitants qui se livrent à des occupations ou à des divertissements singuliers. On a recueilli aussi un plan lavé, et des peintures sur papyrus, représentant des priapées et même des caricatures spirituelles et piquantes. C’est là de la peinture proprement dite, et non pas du coloriage. Toutes les figures sont de profil; la science de
EGYPTIENS
ta dégradation des couleurs, des lumières, les ombres et de la perspective, n’y est pas très-avancée : c’est du dessin rehaussé par les couleurs; mais on ne peut pas pour cela •d'user aux Égyptiens la pratique de la pein- .ure bien antérieurement aux Grecs, quoique l’honneur du perfectionnement de l’art appartienne incontestablement à ces derniers. La fidélité dans l’imitation des couleurs des êtres naturels, a été portée par les Égyptiens jusqu’au dernier point.
135. Les momies, les figurines d’hommes ou d’animaux sont les produits de la peinture égyptienne les plus communs. On y retrouvera cette fidélité scrupuleusç dont il vient d'être parle, selon toutefois que le morceau est plus ou moins terminé. Les sculptures peintes nous donnent d'ailleurs une idée complète de la richesse et de l’élégance du costume des rois et des grands personnages, et quant aux dieux, on a déjà vu plus haut que certaines couleurs étaient consacrées par l'usage pour le nu de chacun d’eux, comme si l’Égypte n’avait rien voulu laisser à l’arbitraire des fantaisies humaines.
Un autre genre de monuments égyptiens
qui appartient aussi à la peinture, doit être i mentionné ici , quoiqu’il fût vrai peut-être de les attribuer à une influence étrangère. Des momies d’une classe particulière, au lieu d’être enfermées dans un cercueil dont le devant, taillé en forme de figure en gaine, offre un visage humain en relief dont les traits se rapprochent plus ou moins de ceux du défunt, sont seulement enveloppées de . langes, et la face du mort est peinte sur une i planchette de bois attachée au point corres- l pondant à sa tête. On connaît des momies de cette espèce qui remontent au premier siècle | de l’ère chrétienne; on attribue même un de ces portraits à un temps antérieur : maistoutes ces momies sont du temps de la domination successive des Grecs et des Romains en Égypte. Ces peintures, à l’encaustique, n’en sont pas moins très-remarquables par leur antiquité, et l’on ne connaît point de portraits antiques antérieurs à ces époques.
SECTION II
Etrusques, Grecs et Romains.