La gravure en pierres lines, qui rena
PIERRES GRAVÉES
quit. en Italie au quinzième siècle, y fleurit surtout dans le seizième, déclina dans le dixseptième, et refleurit dans le siècle suivant. Cet art fut importé en France par Matteo del Nassaro, qui y vint à la suite de François Ier, et Caldoré se distingua le premier parmi les artistes français en ce genre, dès le règne de Louis XII 1. Mais la France nous semble pouvoir revendiquer avec toute raison une famille d’artistes nés français, à Figeac (Lot), celle des Siriês, qui se sont succédé de père en fils comme graveurs de la galerie et à l’école des beaux-arts de Florence; ils y existent encore, et le talent de Louis Siriés est surtout loué par Giulianelli, comme ayant réussi à renfermer un grand nombre de figures dans un petit espace. D’autres artistes français se sont distingués dans la glyptique par le mérite de leurs ouvrages : Julien de Fontenay, que l’on croit être le mèmeque Caldoré; Maurice, originaire du Milanais, mort en 1732; Barriér, mort en I7i6; Jacques Guay, de Marseille, et M. Jonffroy, membre de l’Institut. Cet art reprend, depuis quelques années, un nouvel essor, au moyen des grands prix fondés par la munificence natio-
nale et décernés chaque année par l’Académie royale des beaux-arts. En Allemagne, la gravure en pierres fines remonte au seizième siècle, el les artistes de ce pays prétendent au premier rang après les Italiens. Ils font encore beaucoup d’armoiries sur pierres dures. L’Angleterre cite aussi quelques bons graveurs; au premier rang, Thomas Simon, qui grava le portrait deCromwell, et quelques artistes vivants y donnent aujourd’hui des preuves d’un mérite réel.
§ VIII. Artistes anciens.
18. Après cette légère esquisse de l’histoire de la glyptique jusqu’à nos jours, nous devons revenir au sujet principal de ce Traité, la glyptographie des anciens. Le nombre des artistes de cette époque qui ont signé leurs ouvrages est assez considérable, et nous eu donnons ici une nomenclature abrégée, par époques. Elle est d’une utilité certaine, autant pour l’histoire de l’art que pour l’élude des monuments mômes, surtout par l’indication des principaux ouvrages de chaque artiste et de leurs marques particulières. On pourra par là reconnaître les copies an-
PIERRES GRAVÉES
ciennes ou modernes de leurs productions. On n’a recueilli le nom d’aucun des artistes égyptiens ou étrusques. La liste s’ouvre par les artistes grecs, et l’histoire écrite place en tête Théodore de Samos, qui avait gravé l’anneau de Polycrate. Pline le considère comme l’inventeur du tour; mais on peut remarquer à cet égard que les ouvrages égyptiens exigeant les mêmes procédés, c’est encore à ce peuple qu’une pratique antérieure doit faire rapporter la découverte de tous ces moyens mécaniques. Afin de donner à la liste qui suit toute son utilité, nous marquerons d’un astérisque * les noms des graveurs dont aucun ouvrage ne nous est parvenu.