MURS EX MURAILLES
j employait plutôt le bois que les pierres, du moins pour les murs de défense préparés à la hâte. Cependant l’histoire de quelques sièges fait supposer que les villes ou places fortes qui les soutenaient , étaient défendues à la fois par le courage patriotique des Gaulois et par des murailles. Celles de Marseille étonnèrent César même par leur élévation ; mais Marseille était une ville grecque. Uxellodunum, ville gauloise dont j’ai retrouvé le véritable emplacement à Capdenac (Loi), conserve encore des ruines de murs bâtis audessus de larges fossés taillés profondément dans le rocher qui porte la ville; ces restes de murs se lient très-bien avec une porte antique qui subsiste encore entière; mais ces constructions peuvent être l’ouvrage des Romains, maîtres d’une place qu’ils durent vouloir conserver et fortifier. On ne peut donc rien dire de spécial sur les constructions gauloises.
32. Romains. Ils imitèrent d’abord les Étrusques, leurs maîtres, et adoptèrent ensuite deux systèmes particuliers de construction : l 'incertum ou anliquum, qui consistait a employer les pierres telles qu’on les tirait des
MONUMENTS d’ARCHITECTURE.
carrières, et qu’on adaptait les unes aux autres aussi bien qu’on le pouvait; et le reticnlatum, composé de pierres taillées et carrées, mais assemblées de manière que la ligne des jointures formait une diagonale, ce qui donnait aux murs l’apparence d’un réseau. Yitruve assure que celte manière de bâtir était de son temps la plus commune; il en reste encore des exemples. Les Grecs lui donnaient le nom de dictyotheton , analogue à réseau; ils communiquèrent aussi aux Romains leur emplecton. On a remaquédans les murailles romaines de Cularo, ancien nom de Grenoble, construites du temps de Dioclétien, qu’on employa à remplir l’intervalle des deux faces, des cippes funéraires, des autels et des sarcophages renversés. Les Romains employaient quelquefois la pierre et les briques simultanément, et avec une symétrie qui suppose l’intention d’orner les murs construits avec ce mélange. Ils connurent aussi l’emploi de l’argile ou pisé, qu’ils imitèrent des Carthaginois; enfin ils employèrent partout, pour l’intérieur des édifices, lecliar- -penlagc, dont les vides étaient remplis de maçonnerie en pierres ou en briques.