MURS ET MURAILLES
33. Mortiers et ciments. La perfection de ceux des anciens a passé en proverbe. Les Égyptiens ne les employèrent pas dans leurs grandes constructions, mais d’autres monuments en conservent les traces; quelquesunes des pyramides furent autrefois couvertes d’un revêtement qui en suppose l’usage.
Il paraît aussi que, dans leur état primitif, leur surface inclinée était plane et sculptée, au moyen d’une assise de pierres qui s’inséraient dans les gradins aujourd’hui visibles et qui en garnissaient exactement les retraits. Au surplus, l'emploi du plâtre, de la chaux, des bitumes, etc., dans les arts est démontré par mille exemples. Les Grecs et les Étrusques les connurent aussi; on cite un réservoir de Sparte construit en cailloux cimentés , et les grottes sépulcrales de Tarquinia sont enduites d’un stuc couvert de peintures; la nécessité dut rendre l'usage du mortier et des ciments familier à tous les peuples; le temps, qui les a durcis, les fait supposer plus parfaits que ceux des moder- ' nés. L’ingénieur Vicat, qui a fait récemment de nombreuses expériences sur les ciments des anciens, prouve que tout leur mérite à
MONUMENTS d’AKCHITECTURE.
cet égard consistait dans l'art de mêler la chaux pins ou moins grasse avec un sable plus ou moins argileux. M. Vicat a dévoilé ce secret à l'architecture moderne, et ses théories chimiques ont accrédité ses découvertes, qui sont pleinement continuées par les expériences de chaque jour, et peuvent être considérées comme un des grands services rendus à l’État, tant a été grande l’économie qui eu est résultée pour les travaux publics.
SECTION II
Des maisons.
:U. Les anciens agissaient autrement que les modernes dansceLte partie essentielle des usages sociaux. Il ne paraît pas qu'ils se soient occupés d'embellir les villes par les constructions particulières : les monuments publics avaient seuls ce privilège, et les honneurs décernés aux citoyens qui les faisaient élever ou réparer à leurs dépens , tournèrent vers eux leur attention et l’emploi de leur fortune, plutôt que vers les habitations domestiques. Ou connaît par des peintures l’étal