EMPREINTES
multiplie ces empreintes , et formé des collections systématiques très-utiles pour l’étude de la glyptographie. Pikler composa une collection d’empreintes des plus belles pierres, mais il ne publia pas le catalogue raisonné qu’il devait y joindre. Lipper a porté une collection plus générale d’empreintes jusqu’à quatre mille, et le savant catalogue qu’il en a dressé est un travail très-utile pour leur étude. Après lui Tassie, à Londres, augmenta encore la série systématique des empreintes et l’éleva jusqu’à quinze mille; Raspeen a donné le catalogue, et l’illustre Heyne expose, dans son éloge de Winckelmann, toute l’utilité de ces recueils d’empreintes, si leur choix est fait avec quelque soin, si l’on se garde de mêler les ouvrages modernes avec les pierres antiques, enün si l’on indique exactement la nature de la matière, la forme et les dimensions de la pierre, et le cabinet où elle se trouve. On fait aussi des collections d’empreintes, plus ou moins nombreuses , à Rome et dans d’autres lieux d’Italie; elles sont devenues un objet de commerce, et il est rare que les voyageurs instruits quittent cette contrée classique sans emporter avec eux
HERMES GRAVEES.
quelques boîtes qui remettent journellement jl sous leurs yeux l'image fidèle de quelques- J uns des chefs-d'œuvre de l’art des anciens. |
Quelques collections royalesont été entière- j ment moulées, et répandues en Europe au jj grand avantage des études archéologiques. {, Les collections de Berlin et de Munich ont i été ainsi reproduites et envoyées en présent à la Bibliothèque royale de Paris : on moule la collection royale de Paris, qui sera envoyée en retour aux Bibliothèques étrangères.
§ XII. Classification des pierres gravées.
24. Pour, terminer ce que nous avons à dire sur les généralités de l’élude des pierres' gravées, il ne nous reste plus qu’à parler do leur classification méthodique. Comme pour toutes les autres sortes de monuments antiques , on doit avoir égard à leur origine; oni formera donc autant de grandes divisions que ces origines seront diverses par les peuples auxquels elles se rapportent, et ces grandes j divisions seront au nombre de cinq, savoir: j pierres asiatiques , pierres égyptiennes . pierres étrusques, pierres grecques et pierres romaines. C’est dans chacune de ces grandes-
CLASSIFICATION
divisions que chaque pierre doit être placée d’après un système méthodique, sur lequel des auteurs accrédités ne se sont pas accordés en tout point. Passeri est celui qui est entré dans de plus grands détails à cet égard; mais les grandes collections sont très-rares , et son plan , par son étendue, n’est applicable qu’à celles de ce genre. 11 nous a donc semblé qu’en combinant les systèmes proposés jusqu’ici , on pourrait parvenir à un résumé également convenable aux grandes comme aux petites collections. Les circonstances y apportent d’ailleurs des modifications inévitables; et comme il s’agit principalement, dans l’clude des pierres gravées, de connaître les arts et les opinions des anciens, leur histoire, leurs croyances religieuses , cl les productions variées de leur esprit et de leur imagination, la méthode qui se prêtera le plus à d’utiles comparaisons par les analogies, .à d’évidentes interprétations par des rapprochements , sera aussi celle qui nous conduira le plus sûrement à ce but important.
25. On peut donc, après avoir déterminé Iles cinq grandes divisions déjà indiquées» procéder à une classification spéciale par
T. II. j
l’IHUItKS GKAVEKS.
peuple, sans dislinclion ues intailles d’avec les camées, sans rejeter même les pâtes antiques remarquables pour le sujet ou le Ira — ; vail. Les pierres gravées asiatiques sont peu nombreuses, et peuvent être comprises sousles trois dénominations de mythologiques, Il historiques, sujets variés ou inconnus, eî j les pierres qui ne portent que des inscriptions appartiennent à l’une ou à l’autre des deux premières classes. Les pierres égyptien-! nés, sur lesquelles il n’existe encore aucun système certain de classilicalion , parce qm l’interprétation de leurs sujets ou de leur inscriptions ne pouvait pas précéder la découverte de l’alphabet des hiéroplyphes exigent plus de détail qu’il ne nous est per mis d’en présenter dans ce paragraphe; o les trouvera sous le n° 27 ci-après, qui irai tera spécialement de la glyptograpliic égyp tienne. Les pierres gravées étrusques soi aussi en petit nombre, et quelques-unes s mêlent intimement par leur sujet à l’histoii des Grecs. Mais le travail, tout à fait étrusque les range de droit parmi les ouvrages dé
anciens peuples de l’Italie, et en fait un classe à part de toutes les autres. Les pierre
CLASSIFICATION
étrusques forment donc une division particulière, etsausdislinction de la formedes pierres taillées en scarabée ou non. Les trois divisions proposées pour les pierres asiatiques, et qui se rapportent à la mythologie , à l’histoire ou bien à des sujets variés ou inconnus, suffisent à la glyptographie des Étrusques. Les pierres grecques et romaines forment deux séries caractérisées par la différence des époques, qui en établit une très-positive aussi dans les sujets, les origines et l’état de l’art. Mais les grandes analogies qui existèrent dans les systèmes religieux, les mœurs, les usages et l’état moral des deux peuples, permettent d’appliquer la même classification à la glyptographie de l’un et de l’autre. Le tableau suivant peut en renfermer au moins les éléments essentiels; à l’égard des pierres chrétiennes, il est bon de remarquer qu’elles sont l’ouvrage d’artistes grecs ou romains : l’unité dans le but exige aussi l’unité dans la classitication , et il suflit de ranger les sujets selon l’ordre chronologique.
PIERRES GRAVÉES
PIERRES GRAVÉES