‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 76 sur 98 · Il faut du reste un certain exercice · texte numérisé non relu

Il faut du reste un certain exercice

MEDAILLES

des yeux pour discerner avec certitude les I qualités diverses du style propre à chaque pays et à chaque époque. Il faut ajouter à cet ! examen celui des inscriptions, de la composi- | lion des types, des symboles consacrés par | l'usage, du métal et des altérations qu’il a |j subies, de la, conformation des médailles et i du genre de leur fabrication ; on arrive ainsi 11 a reconnaître certains caractères évidents qui | indiquent que la médaille a été frappée en I Égypte, en Sicile, etc.; si elle est d’ancien \ style ou d’une époque plus récente; et l’on ne ! saurait réunir en soi , par l’expérience, trop de signes sommaires de reconnaissance, lors- S qu’il s’agit d’une élude aussi compliquée que [i l’est celle des médailles, dont le nombre a été I approximativement estimé à 70,000 de types I différents. On les place sur des cartons dou- i blés plus ou moins grands et recouverts de 'il papier ou d’étoffe; au moyen d’un emporte- |j| pièce, on a pratiqué sur le carton supérieur j des trous ronds de la grandeur des médailles ; chaque carton est une tablette qui se met dans une armoire qu’on appelle médaillier; j le luxe du propriétaire peut se montrer dans i la matière et les ornements de ce meuble;

mais pour être commode il doit avoir peu de profondeur, 18 pouces au plus. Ou place sous chaque médaille une étiquelte ronde qui en donne une courte description; il est bon aussi de laisser quelques trous vides à chaque carton, pour y faire plus facilement les insertions ; enlin, pour qu’une série ne présente pas trop de lacunes, on y admet des imitations des médailles qui manquent, soit en plomb ou en soufre, soit en plâtre ou en verre. On a publié des catalogues des plus célèbres cabinets de l’Europe. L’étude des ouvrages de ce genre, et surtout des planches qui les accompagnent , est un très-grand moyen pour faire des progrès dans la science des médailles ( par l’habitude qu’on y prend des types , des légendes et des portraits ). Rien n’est plus favorable pour reconnaître une médaille fruste , c’est-à-dire plus ou moins effacée. On doit se garder, pour mieux étudier une médaille, de loucher à la •patine, belle et brillante couleur verte ou brune qui recouvre les bronzes et qui ajoute tant à leur prix. On peut enlever sur les médailles de bronze la terre et autres matières hétérogènes qui les déparent , mais sans attaquer

la patine; quelques amateurs frottent ces- 1 médailles avec un morceau de drap légère— Il ment imbibé d’huile, et ce procédé fort sim- I pie leur donne plus d’éclat. Au contraire, lesmédailles d’or et d'argent doivent être soi — ( gneusement appropriées , soit avec du blanci de céruse détrempé, soit avec toute autre substance qui n’attaque pas le métal.

128. Les médailles fausses font le désespoir des amateurs, tant l’art de les fabrique! | lit des progrès dès son origine. On ne rejette 1 pas avec le même empressement les monnaie?! altérées , fabriquées par des faussaires dans! l’antiquité même; ce sont toujours des 1110 — ;J nuinents anciens, et quelquefois on ne con-:!>| liait que par ces imitations clandestines, des-jl types très-intéressants pour l’histoire : on 3 j déjà vu qu’elles ne sont que dorées ou ar— j gentées, au lieu d’être d’or ou d’argent. C’est- j comme médailles, et pour les vendre au> | amateurs, que d’habiles artistes composèrent j j des pièces d’aspect antique, dès que cegoûtl J se fut répandu, et l’on est forcé de convenir i qu’ils donnèrent, par ces fraudes, des preu ji ves de connaissances profondes dans l’iiistoin et les arts des anciens. Jean-Joseph Cauvin ||

de Padoue, plus connu sous la dénomination du Padouan, Michel Desrieu, de Florence, Cogoniel et Casteron, sont les plus célèbres faussaires en ce genre, et l’on voit au Cabinet du roi, à Paris, une belle suite de coins gravés par le premier. Bauvais a étudié leurs ouvrages avec un soin particulier; il a donné quelques observations qui peuvent les l'aire reconnaître et qui s’appliquent aux médailles fausses en général. Nous en présentons ici les points principaux.

129. Les grands bronzes du Padouan sont d’un Ilan moins épais que celui des antiques, et ne sont ni usés ni rognés ; les bords sont limés, quelquefois très-fortement; ils sont presque parfaitement ronds, et une médaille antique ne l’est presque jamais. Les lettres sont grêles; très-bien alignées , de formes modernes, et la patine est noire, grasse, luisante, et s’enlève facilement avec une pointe. On a ensuite surmoulé ces médailles fausses: le flan du nouveau moule a plus d’épaisseur, les cavités sont bouchées avec du mastic, un vernis recouvre le tout, mais la médaille est très-légère, parce que le métal a été employé chaud. Cette différence de poids se fait sur-

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tout relttBfqûer dans les pièces d’or ou d’argeht.

ün s’est avisé aussi de mouler les médailles antiques, et de couler dans ces moules du métal antique alin d’en conserver le titre; celles-ci sont plus difficiles à reconnaître, si ce n’est aux lettres qui sont plus épatées, et1 il des cavités dans le champ occasionnées pari le sable des moules. On a aussi changé la nature d’une médaille en la travaillant avec le burin : Pertinax est devenu un Marc-Aurèle;1 J ou bien le revers, avec quelques retouches- 1 sur les lettres; s’est trouvé singulier ou uni— I que. En sciant des médailles antiques dans j l’épaisseur, on a soudé la tête de l’une avec le revers de l’autre, et composé ainsi des piè* cés inconnues ou embarrassantes pour l’histoire; on est allé jusqu’à imiter les accidents j du monnayage, les éclats et les fentes du liai! . sous le coin, le déplacement du coin qui nY ! laissé qu’une partie de son empreinte , etc. enfin on a mêmoajouté des contre-marques-! au poinçon , à ces pièces ainsi fabriquées Mais comme toutes ces manœuvres ne s’appliquent qu’à des médailles d'un grand prix par leur rareté, on s’entoure ordinairemen: j

de tous les moyens d’examen avant d’en faire l’acquisition.

130. Une médaille qui résistera à toutes les épreuves qu'exigent les notions qui précèdent, pourra passer pour authentique. La forme des lettres est un des moyens les plus utiles dans cet examen ; mais l’on ne doit pas rejeter une médaille parce qu’elle présentera sous ce rapport ou sous loul autre quelque imperfection. Si une médaille est bien antique, ces imperfections sont au contraire des singularités qui lui donnent de la valeur : les anciens monnayeurs commettaient des erreurs, eL le père Frœlich en a fait le sujet d’un livre curieux et utile. Il y a des fautes d’orthographe, des lettres omises, des tôles sur les deux côtés, au lieu de la tète et du revers, etc.; et quant aux lettres et aux inégalités dans leur arrangement, on a cru pouvoir en conclure que les anciens les poussaient d’abord en creux l'une après l'autre avec un poinçon en relief sur le coin ayant qu’il fût trempé, et qu’ainsi ellesontpu n’êtrepasloujours bien en ligne , être mises l’une pour l’autre et quelques-unes être oubliées. C’est une doctrine nouvelle qui appelle encore

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l’examen des savants numismalistes, et rien ne formera pins sûrement l'amateur à la connaissance d’une science aussi vaste que l’est celle des médailles, que la vue attentive d’un grand nombre de pièces de tous les temps et de tous les métaux ; ce ne sera pas sans en retirer quelques fruits qu’il comparera les pièces fausses avec les pièces vraies; des amateurs ont fait dans ce but une collection des premières, et l’on doit pleinement les approuver.

131. Après ces généralités sur l’élude de la numismatique, il nous reste à présenter quelques notions spéciales sur les médailles par- ! liculières aux peuples classiques dont nous l nous occupons dans ce Résumé. Ces notions seront nécessairement très-sommaires : les listes des villes, des peuples et des rois dont il nous reste des médailles, la nomenclature de celles qu’on nomme romaines et qui comprennent les consulaires et les impériales, dépasseraient à elles seules les bornes qui nous sont prescrites. Que serait-ce encore s’il fallait énumérer la variété des types, variété qui est telle, que sur un nombre de médailles du même prince, semblables par le sujet,

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on n’en reconnaît pas deux qui paraissent être sorties du môme coin! Le système monétaire des anciens explique en partie cette singularité : le revers des monnaies était fréquemment changé, varié même pour chaque année, tandis que, chez les modernes, une uniformité, exigée, dit-on, par l'intérêt du commerce et les relations à l’extérieur, ne met entre toutes les monnaies frappées durant le règne entier d’un souverain, que la différence du millésime de ce règne. On comprend par là que les monnaies modernes ne seront jamais des monuments pour l’histoire, et c’est ainsi qu’on a été conduit à la distinction nécessaire entre les médaillés et les monnaies des époques modernes.

§ I. Egyptiens.

132. La numismatique de l’Égypte embrasse quatre époques , correspondant aux variations successives qu’éprouva le gouvernement de celte contrée.

1° Sous les Pharaons. Il ne reste aucune pièce de monnaie qu’on puisse attribuer à cette première époque ; le système monétaire de ces rois est encore inconnu; on ignore

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s’il y eut de lou r temps île la monnaie proprement dite, on si elle ne lu t pas remplacée par quelques signes de convention dont la valeur intrinsèque n’était point en rapport avec la valeur nominale; c'est une difficulté historique dont la solution nous sera peut-être fournie par les monuments nombreux recueillis dans cette ancienne patrie des arts et des institutions sociales.

2° Sous les Perses. Cambyse fit la conquête de l’Égypte en 525 avant Jésus-Christ; son successeur Darius Ier y introduisit l’usage des monnaies persanes en or, nommées doriques (de Darius) ; le gouverneur que Cambyse avait donné à cette province, Aryandès, . y fit frapper des monnaies d'argent qu’on appela de son nom aryandiques, et ce gouverneur paya de sa vie cette innovation que ; Darius traita de rébellion. Ces monnaies d’or et d’argent sont du métal le plus pur; lespremières sont assez rares, les secondes le sont un peu moins.

3° Sous les Ptolémée. Alexandre, maître de l’Égypte en 32! avant l’ère chrétienne (selon la manière de compter les années^ avant Jésus-Christ adoptée par les chronolo-

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gisles), y mit en usage la monnaie grecque de son temps, et les Ptolémée, qui succédèreni au conquérant macédonien, firent battre ensuite une monnaie particulière. Elle existe encore en grand nombre dans les cabinets, et dans les trois métaux, or, argent et bronze. Vaillant a publié, en 1701, l’histoire des Ptolémée d’Égypte par les médailles; mais des recherches récentes ont montré l’insuffisance de ses classifications. Il distribue les médailles connues à quatorze princes seulement, donnant quatorze règnes, et j’ai fait voir dans mes Annales des Lagides , ou Chronologie des rois grecs d'Égyple successeurs d’Alexandre, que les Ptolémée formèrent 4 branchesqui fournirent IG souverains et 21 règnes successifs. C’est donc sur ces nouveaux éléments que la numismatique des Ptolémée doit être classée. Ils portèrent tous un surnom officiel, mais ce surnom ne se trouve que sur les médailles de quatre d’entre eux, Soler I^r, Philopalor, Philométor, et Evergèle II. On n’a pas, pour se guider, l’emploi d’une ère commune à la dynastie des Lagides, et à laquelle chaque prince aurait rapporté les années de son règne; les dates

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de leurs monnaies ne sont prises que de ces règnes, et le double emploi d’une année, qui était comptée comme la dernière d’un règne et la première du règne suivant, jette quelque confusion sur l’expression vraie des dates de ces monnaies. Pour les classer avec quelque certitude, il faut: 1° reconnaître celles qui portent un surnom; il n’y a point de doute qu’elles n’appartiennent au prince à qui ce surnom fut particulier; 2° considérer les dates, puisque l’année 20, par exemple, ne peut s’appliquer qu’à un roi qui régna au moins 20 ans; 3° avec celte dernière indication, rapprocher les têtes pour reconnaître celles du même prince qui, quoique accompagnées de dates, peuvent convenir à plusieurs d’entre eux, mais que la différence des traits ou de l’âge fait suflisammentdiscerner; 4° celles qui ne portent pas de dates , et que la tête ou portrait permet d’attribuer à l’un des | Ptolémée : il en est de même des reines, plusieurs d’entre elles ayant porté le même nom.

C’est sur les médailles des Ptolémée qu’on trouve pour la première fois les lettres grecques employées avec une valeur numérale: la

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plus ancienne est de l’an 19 du règne de Ptolémée Soter ; aucune date antérieure n’existe sur les monnaies de ce prince, et on peut considérer cette date de l’an 19 comme le plus ancien exemple de l’emploi des lettres grecques comme chiffres dans les monuments. C’est ce que j’ai annoncé le premier et comme un nouveau moyen de critique des dates des inscriptions et des médailles, dans mon Introduction à la Paléographie universellei, que j’ai publiée en 4 volumes grand in-folio et terminée en l’année 1841. Il est vrai qu’il existe des médailles d’Alexandre le Grand, avec les dates des années lre à 32e; mais ce sont des médailles restituées , c’està-dire frappées après la mort de ce prince, et dans lesquelles on a rappelé les 32 années qui furent la durée de sa vie : car toute médaille qui porte une date en lettres grecqueschiffres, est certainement postérieure à la mort d’Alexandre le Grand, c’est-à-dire à l’an 324 avant Jésus-Christ.

133. Le type des médailles des Ptolémée étant uniforme et sur les trois métaux , la tète du roi ou de la reine à la face, au revers l’aigle en pied pour les rois et la corne

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d'abondance pour les reines, il n’y a que peu de particularités qui puissent ajouter au prix de leurs médailles. Les bronzes avec les surnoms sont plus recherchés, et les pièces d’or ou d’argent , selon leur conservation et la beauté du travail. Les singularités résultant des- dates en augmentent le prix , et voici quelques remarques essentielles à ce sujet:

1° Plolémée Soter ne s’étant déclaré roi que dix-neuf ans après la mort d’Alexandre, la date de la 19e année de son règne est la plus ancienne sur ses médailles. On ne doit ni en chercher ni en trouver d’une date antérieure, si ce n’est des médailles restituées, comme il en existe d’Alexandre le Grand.

2° On connaît une médaille de Soter avec la double date 29 et 15; ce dernier chiffre semble se rapporter à la mort de Roxane et Alexandre son fils, le dernier héritier d’Alexandre le Grand, mort survenue l’an 14 du règne de Soter, et qui le laissa sans compétiteur légitime pour le trône d’Égypte.

3° La dernière année de Soter qu’on trouve sur ses monnaies est la 39e; on n’en connaît pas de la 40e, et une médaille avec cette date serait d’un grand intérêt pour l’histoire. On

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va voir pourquoi. Ptolémée Pliiladelphe, fils île Soter, fui placé sur le trône par la volonté de son père, qui le quitta après 39 ans de règne. Pliiladelphe continuant en quelque sorte le règne de son père, continua aussi l’usage de Père depuis la mort d’Alexandre, et c’est pourquoi, dans les médailles de Philadelphe, la première année de son règne était marquée du chiffre tO, la seconde du chiffre tl , et ainsi de suite jusques et y compris le nombre 50, répondant à la dix -septième année du règne réel de ce prince. Alors il se met à compter par les années même de ce règne, et après la date 56 vient immédiatement celle de la dix-huitième année. Il faut donc avoir égard à cette différence de dates, qui s’expliqqe par ce qui vjent d’être dit; mais la médaille avec la date de l'an iO manquant jusqu’ici, on ne sait pas si elle est de Soter ou de Pliiladelphe : les probabilités sont pour ce dernier.

4° Philadelphe eut deux femmes nommées toutes deux Arsinoé, l’une fille de Lysimaque, et l’autre sœur de Ptolémée. J’ai donné les moyens de distinguer les médailles de l’une de celles de l’autre. La première est

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une tête très-jeune et ne peut porter que les dates de l’an 4 à l’an 8 de Philadelphe; la seconde est une tête d’un âge mûr avec les dates de l’année 23 et suivantes du règne de ce prince; les médailles d’Arsinoé jeune, la première femme de Philadelphe , sont plus rares que celles de l’autre.

5° Les dates des médailles de Philométor ne commencent qu’à l’an 9 de son règne, ce prince ayant été mineur jusqu’à cette année qui fut la 14e de son âge.

6° Les médailles d’Evergète II, avec les dates 1, 2, 3, 4, appartiennent aux quatre années durant lesquelles ce prince occupa temporairement le trône, pendant que le roi régnant était prisonnier du roi de Syrie. Les autres médailles du règne réel d’Evergète II, après la mort de Philométor, portent des surnoms et point de dates.

7° Jusqu’à Cléopâtre, la dernière des Lagides, les médailles des autres princes n’offrent pas de singularités dignes de remarque. Mais pour celte reine illustre, une de ses médailles porte une date qui a été rétablie et expliquée pour la première fois dans mes Annales desLagides; on y lit l'an 21 et l’an

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6 de la nouvelle déesse. On voit donc que, dans la 16e année de son règne, Cléopâtre institua une ère particulière qui courait concurremment avec celle de son règne; et que la 6e année de la nouvelle ère devait répondre à la 21e de son règne; Cléopâtre avait pris en effet le titre de nouvelle déesse, nouvelle /sw,dans cette 16e année: tel est le motif historique de celte double date. Les médailles qui la portent sont assez rares. On doit remarquer, sur l’ensemble de ces médailles, que le titre des métaux s’abaisse et que l’art s’y détériore à mesure que l’on se rapproche de l’époque romaine.

8° Sous les Romains. Après la conquête de l’Égypte par Auguste, on y frappa des monnaies pour tous les empereurs jusqu'à la 12*= année de Dioclétien. La langue grecque y fut conservée pour les légendes. On ne connaît aucune médaille d’or de la période romaine, à l’exception d’un médaillon de Dioclétien, acheté au prix de 3,000 francs par la Bibliothèque royale; il n'y en a pas en argent pour Auguste; celles de Tibère et de Néron sont d’un titre assez bas, et il en est ainsi jusqu’à Anlonin; l’alliage devint plus fort sous Marc-

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Aurèle, sous Commode; le potin fut adopté depuis Seplime-Sévère jusqu’à Gallieu , et les pièces de ce genre sont très-épaisses; après Gallien elles valurent moins encore, et depuis Aurclien jusqu’à Dioclétien il n’y en a plus que de cuivre. La suite des médailles romaines d’Égypte est très-nombreuse et trèsintéressante pour l’histoire. Après Dioclétien on frappa aussi des monnaies romaines à Alexandrie, mais en latin, et on croit les reconnaître à la marque ale qui se lit à l’exergue.

131. L’usage presque constant des dates , sur les médailles d’Égypte, leur donne un intérêt particulier pour la chronologie; mais ces dates sont fondées sur un principe qu’il est bon de connaître, pour ne pas se méprendre à leur expression. Auguste rendit fixa l’année civile, qui jusque-là était vague en Égypte; c’est-à-dire que de 365 jours seulement, il l’a portée à 365 j, en faisant ajouter un 366e jour à chaque 4e année, et celte année lixe égyptienne commençait toujours le 29 ou le 30 août romain. Dès le renouvellement de l’année en Égypte, on frappait la i nouvelle monnaie de l’empereur pour la nou-.

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velle année ([ni courait d’un 29 août à l’autre; dès que ce prince était mort, on frappait la monnaie de son successeur, qui était marquée année Ire; dès le 29 août qui suivait l’avénement , on frappait les monnaies marquées année 2°, et l’année précédente se trouvait ainsi comptée deux fois, comme dernière de l’empereur mort et comme première de son successeur. Il en est résulté aussi une autre singularité : on trouve des médailles de Galba avec la date de la 2e année de son règne, ei cependant il ne conserva le pouvoir impérial que durant sept mois : mais le 29 août, ou le renouvellement de l’année égyptienne, arriva dans ée court espace de temps. Les années môme du règne d’Auguste y sont marquées de l’occupation de l’Égypte et non de son avènement au troue impérial, c'est-àdire, de l’an 29 avant Jésus-Christ.

135. On a lait une classe à part de certaines médailles impériales romaines, celles des nomes ou provinces de l’Égypte, qui sont beaucoup plus rares que les types ordinaires. Ces provinces ne s’arrogèrent ou n’obtinrent ce droit que sous Trajan, et il cessa avec le règne d’Antonin. Contre l’usage des monnaies

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grecques des peuples ou des villes, qui y inscrivaient leur non?, au génitif, le nom des j nomes est au nominatif; on n’y trouve que | ce nom, la date du règne du prince dont || l’efligie est sur la face de la pièce, et des li- I gures qui se rapportent au culte particulier adopté dans le nomeselon l’ancien rileégyp- j lien. Le nombre des nomes mentionnés sur les médailles non suspectes, est de 46. Mais i la division de l’Égypte a varié sous lesdiver- I ses dominations, et ces médailles nous font j voir son état géographique pour l'époque » romaine seulement. Ces médailles sont de !| grand bronze pour Trajan, Antonin et Marc- Aurèle César; il y en a peu de ce module pour Hadrien, celles de ce prince étaient en j général de 3e ou de 4e grandeur; ce sont les j moins rares, et presque toutes sont datées de l’an xi de son règne. On regarde comme j suspectes les médailles qui portent le nom | des nomes ou villes de Pinamys, Heroopoli- i] tes, Nicopolites, Canopus et Heplanomis.

§ II. Grecs.

136. La numismatique des Grecs est d’une j telle étendue, d’une telle variété; elle se

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rapporte à tant de peuples, à tant de villes, à tant de rois, qu’il est même hors deslimi- . tes de ce Résumé d’en donner ici la nomenclature. Nous devons nous borner aux généralités de cette étude considérée dans ses applications aux monnaies des Étals que comprend la classilication géographique indiquée au 12GC paragraphe. Ces monnaies sont dans les trois métaux employés partout à leur fabrication, et se distinguent parles sujets qui occupent la face et le revers: la face, qui en est le type principal, porte ou la tète d'un dieu, ou des symboles soit religieux, soit topographiques, adoptés pour type légal, ou la tête d’un prince; le revers offre aussi des types du même genre, et ils servent avec les légendes, les inscriptions, les monogrammes qui sont dans le champ, comme des sortes de contremarques, à déterminer V attribution ! certaine ou probable de la médaille, c'est-àdire à reconnaître l’autorité qui l’a fait frapper, son époque et son lieu géographique.

1 Les dates, assez, fréquentes sur ces médailles, notamment dans les médailles des époques secondaires, se rapportent soit à l’ère ou aux ères instituées dans ces lieux, soit au règne

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du prince figuré sur la face de la médaille; ce sont, autant d’éléments divers qui concourent à son entière interprétation et à son application aux faits contemporains de l’histoire.

137. Les plus anciennes médailles grecques, celles qui forment la première époque selon Ecktael, et qui sont antérieures i Alexandre le Grand , se reconnaissent à 1S simplicité des types, à l’incorrection du dessin, à l’absence de toute légende ou inscripj lion, à l’antique forme des lettres grecque: quand elles en portent, à l’absence de typau revers, qui n’estqu’une aire et ne présent que les traces, souvent irrégulières, du coin inférieur divisé par des lignes en plusieur parties et qui servaient à contenir le flan sou le marteau. Ces médailles sont rondes, épais ses et souvent globuleuses; un grenelis ei tonrc quejquefois leur champ. Les pièces C‘ or, et surtout en argent, sont plus connut nés pour celte époque primitive que les pit jjg ces en bronze, et quand une légende n’gil compagne pas le type, on ne peut détermine: son attribution à un peuple ou à une vilh (pie si ces types sont expliqués par Thistoii

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ou par les analogies avec des médailles plus complètes. Pour les époques suivantes , le bronze devient plus commun, le dessin plus T correct, les légendes manquent rarement et sont plus étendues. Tous les arts avaient fait alors de grands progrès, et les belles médailles de Syracuse prouvent jusqu’à quel point de perfection l’art monétaire était porté.

138. On distingue dans les médailles du même peuple ou de la même ville, la diversité de leur état politique. S’ils étaient libres et se gouvernant par leurs propres lois, la médaille est autonome ; on n’y trouve l’indication d'aucun pouvoir supérieur. Cette autonomie fut quelquefois conservée aux peuples et aux villes même apres la soumission l. à un pouvoir étranger; dans ce cas, le nom du peuple ou de la ville est toujours sur la médaille, niais on y trouve aussi le nom du roi ou du peuple conquérant, et c’est ce que Eckhel a nommé autonomie officieuse. Ce droit a été très-variable pour les villes grecques, soumises, quelquefois en peu de temps, à des influences plus ou moins favorables à leur indépendance. Toutes ces circonstances

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sont autant de faits exprimés par la teneur même des légendes bien interprétées; on y trouve aussi l’indication de certains litres que les villes ou les peuples se donnaient en signe de certains droits ou de certaines suprématies, la qualification des magistrats ou de certaines autorités légalement reconnues, et une foule d’allusions aux rites, aux usages ou aux origines de la ville ou du peuple. Afin d’abréger l’exposé de toutes ces notions, nous réunissons ici toutes les circonstances importantes pour l’étude des médailles grecques, sous les mots et les formules qu’on trouve dans leurs légendes.

139. Magistratures nationales ou étrangères , prérogatives religieuses ou civiles, jeux, fêles, etc., qui se trouvent sur les médailles grecques.

Magistratures. On doit observer à ce sujet «pie, lorsqu’il s’agit d’une magistrature simple, elle n’est pas désignée par un nom spécial, et qu’on n’y lit (pie le nom même du magistrat, précédé ou non de la préposition Em sous, F.m geoaopoï APXtnnov, sous (le magistral) Théodore ( fils ) d 'Arvhippus. Les prépositions mo et aia sont aussi em-

URKCS.

ployées dans le même sens, ei iiapa se trouve sur une médaille d’Apamée de Plirygic. Les magistratures les plus connues sont les suivantes :

kinobovaion, la réunion de tous les ordres de l’État.

sïnapxia, la réunion de toutes les magistratures.

Bor.ui , iepa bovah, le sénat, le sacré sénat. ahmoc, iepoc AiiMoc, le peuple, le sacré peuple. rEPorsiA, le collège des anciens.

apxon , apxontes , archonte, les archontes. ïTPATuroï , ANTirrPATuroï, stratège, antistratége, magistrature militaire.

rPAMMATEtï , tpammatetûn, scribe légal, étant scribe.

E'popos, éphore, magistrat de Lacédémone; on ne trouve ce titre que sur une seule médaille de Lacédémone, pour l’éphore Timaristus.

N0M0*rAA2, garde des lois; se trouve sur une autre médaille unique de Lacédémone, pour le nomophylax Arislandre.

ripn-ANiï, prytane (modérateur), ayant diverses attributions.

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tamias, questeur, chargé des contributions publiques.

iepevs, iepeia, APXiEPErs, prêtre, prêtresse, 1 grand-pontife, magistrature sacerdotale.

asiapxhï, commandant de l’Asie; magistral qui présidait aux jeux sacrés célébrés dans I l’Asie Mineure, sous les Romains, n vNiirrpiAxns, présidant aux fêtes solennelles; j médailles d’A pâmée de Phrygie.

AniNoeETA, directeur des jeux et spectacles publics.

miNAsiAPXiis , intendant de gymnases.

emmeahths, curateur, qui prend soin.

EniïTATiis, chef du sénat, ou curateur; nié- i daille de Pergame.

svnicaiitos, le sénat AiiMos pomaiqn, le peuple romain.

inniKt, l'ordre équestre, les chevaliers.

vnAToi, les consuls.

ANTrnAToi , les proconsuls.

npESBETTor, les envoyés.

ANTisTPATiiroi , les propréteurs.

htemones , les présidents.

EniTPonoi, les procuralorcs.

iiatponi , les patrons.

GRECS

Cappadoce, Claudiopolis, Cybire, Cyzique, Ephèse *, Halicârnasse, Héraclée (on ne sait laquelle), Hiérapolis, Juliopolis, Laodicée de Phrygie, et de Syrie*, les Macédoniens, Magnésie d’Ionie, Milet, Néapolis, Néocésarée de Pont, Nicomédie, Nysa*, Perge *, Pergame, Périnlhus, Philadelphie de Lydie, Philippopolis, Sardes de Lydie, Sydæ, Smyrne, Taba, Tarse *, Théos, Thessalonique, Tonis en Mœsie, Tralles et Tripolis *.

aïtaot, ville sacrée avec droit d’asile , litre que prirent aussi les villes dont le nom, dans la nomenclature qui précède, est suivi d’un*, ainsi que les villes suivantes : Ancyre , Antioche de Cilicie, de la Décapole , de Syrie et de laPtolémaïde, Apamée, Aréthuse, Ascalon, Biblus, Césarée de Panias et de la Sammaritide, Capiloliaz, Démétria de Syrie, Diocésarée, Dora, Épidaure, Epiphanea, Eusebia, Gadarus, Gaza, Germe, Jérusalem, Larisse de Syrie, Moca, Mopsus, Nicopolis, Olba, Ptolémaïs , Raphia , R ho sus , Samosale , Sébaste , Séleucie de Syrie, Sidon, Synnada, Tyana,

iep. iepas, sacrée ,

as. asv. asyaos , droit d’asile.

MÉDAILLES

NAT. NATAP. NAYAPX1S. NAYAPXIAOS , villes ina-

rilimes avec port militaire. Ou les trouve au nombre de neuf sur les médailles de Égée Carystus, Corycus , Dora, Nicopolis d’Épire, Sébaste de Cilicie, Sidon , Torni et Tripolis de Phénicie.

140. Quelques villes grecques indiquèrent aussi sur leurs médailles leur situation sur la mer, dans le voisinage des fleuves, des bois sacrés, des fontaines, dans telle province, pour se distinguer des villes du même nom situées dans d’autres contrées, enfin leur confraternité a\ec d’autres villes ou peuples, aaeauai ou AAEA'i'.Qx. Elles ne s’épargnèrent pas non plus les épithètes honorifiques : enaosos ou enaoïotepa , illustre ou plus illustre; entimoï, honorable; edisiimoa, insigne; EseiA GEnN, maison ou demeure des dieux ; kaaaei kai MEPEGEi , belle et grande (médaille de Smyrne ) ; aamupotath , très-splendide; MErirroi APirroi, très-grands et trèsbons ( ceux de Nicée de Bithynie ) ; xemnii , vénérable; <i>iaopojiaioi, amis de Rome; enfin le mot omonoia, suivi de deux noms de peuples, exprimait leur concorde ou alliance. Les peuples et les villes mirent aussi sur leurs

GltECS.

av. avt. avtü. aïton. ATTONOMOv ; sur les médailles des villes autonomes, se gouvernant, par leurs propres lois, ou en ayant conservé le privilège sous une domination étrangère; et ce droit est marqué sur les médailles de Abila, Égée, Anazarbe, Antioche de Syrie, Apamée, Aréthuse, Capilolia, Corycus, Diocésarée, Dora, Gadara, Halicarnasse, Laodicée de Syrie, Moca, Mopsus, Samosate, Sébaste de Cilicie, Séleucie de Syrie, Termessus, Tripolis de Phénicie et Tyane.

EAETO. eaeysepac, sur les médailles dgs villes libres, qui lurent : Amisus, Chersonèse de Tauride , Hippo , Rhodes , Sébaste , Tarse , Séleucie de Cilicie, Thessalonique de Macédoine.

ateaei as , immunité des tribus, sur les médailles de Alebande dans la Carie.

•mahs svmmaxov, marque d'amitié et de confédération de deux peuples ou de deux villes.

MHT. M HTPOnOAEITÜN. MHTPOnOAEOS. MIITPOnO-

ais, litres de métropole que prirent les villes suivantes : Amasie, Amastris, Anazarbe, Ancyre, Antioche de Syrie, Césarée de Cappadoec, Carrhæ, Coropysus, Diocésarée, Edesse, Emise, Halicarnasse, Héraclée, Isaurus, Lamp-

•2(ii

MÉDAILLES

saque, Magnésie, Néoeésarée de Pont, Nicomédie, Nisil)e, Perge, Pergame, Petra, Philippopolis de Thrace, Pompéiopolis, Prusias, Samosate, Sardes, Sélcucie de Cilicic, Sidon, Tarse, Thessalonique , Touis, Tripolis de Phénicie, Tyr.

ni’OT. iipotiiï. nraToi. npnraN, autre titre de primauté affecté par d’autres villes, dont quelques-unes se disaient aussi métropoles. Ces villes premières furent : Amasie , Césarée, Ephèse, Laodicéc de Syrie, Mitylène, Nicée, Nicomédie , Pergame , Sagalasse , Samos , Smyrne, Tralles. D’autres villes s’intitulèrent vraisemblablement la seconde, la troisième, et on a un exemple de la septième de l' /lsie, sur les médailles de Magnésie en Ionie.

N. NE. NEQK. NEQICOPA. NEQKOPOS. NEQKOPQN ,

titre des peuples et des villes qui avaient élevé des temples ou établi des fêles et des spectacles en l’honneur des empereurs, et qualification des prêtres qui desservaient ces temples ou qui présidaient à ces fêles. Les peuples et les villes qui ont marqué sur leurs médailles celte obséquieuse institution sont les suivants : Abyla*, Acmonie, Adramytium, Égée, Amasie, Ancyrc, Attalie, Césarée de

GKECS.

médailles les noms ou la représentation des dieux ou des héros dont ils prétendaient tirer leur origine.

Ul. Les médailles des rois, comme celles des peuples et des villes, ont leurs légendes au génitif. Il y a peu d’exceptions à cette règle, qui suppose que le mot , monnaie, est sous-entendu. Mais les rois exprimèrent parfois sur les monnaies, des charges ou dignités particulières, notamment les empereurs romains , dont les légendes sur les médailles grecques ne ressemblent pas toujours à leurs légendes sur les médailles romaines, et ils ne s’épargnèrent pas non plus les qualifications honorifiques. Les principales sont les suivantes : am-I'Imaxos, combattant pour tous ; apxiepevs , grand-prêtre; apxon, chef; basiaevs baxiaean , roi des rois; — meiax, grand roi; aikaios, juste; avnaxthx, puissant; aionïïoï, Bacchus; eônapxhs, chef du peuple; eïiebhï, pieux: oeos, Dieu; ©eosebhs, pieux envers les dieux; kaaainikos, vainqueur illustre; NiKATflp , victorieux ; nike-popox , nicéphore , porte-victoire; nANAPirros, très-bon; xtrriip, sauveur; tetpapxhs, tétrarque; TonAPxos, président delà province; 4-iaeaahnos, ami des

MÉDAILLES

Grecs; «haokaixap , ami de César; 'Maokaavaios, ami de Claude; •maoiiatpjs, ami de la patrie; «maopomaios, ami de Rome.

142. Ou trouve aussi un grand nombre de fêtes, jeux, spectacles, mentionnés sur les médailles grecques, presque toujours par leur nom plus ou moins abrégé. Nous en mettons ici la liste , afin que l’interprétation de ces mots abrégés n’offre pas trop d’embarras dans les études numismatiques.

aktia , actiaques ( d’ Actium ) ; aaeïanapeia , alexandrins (d’Alexandre le Grand), antoniniana, antoniniens (des Antonins) ; askahdia, asclépiens (d’Esculape) ; attaaua et attaaeia, altaléens ( d’Attale ) ; aïtoïsteia et sebasmia , augustéens (d’Auguste); avphaia, auréliens (des Antonins) ; kaisapia , césariens (de divers empereurs romains); kauitoaïa , capitolins (de Rome, à cause du Capitole) ; kenapeiseia, cendrisiens ; kptïanoina, Chrysanthiens ; kaavaia, claudiens (de Claude) ; kopaia, coréens (en l’bonneur de Proserpine); ahmiitpia, démétriens (en l’honneur de Cérôs) ; aiaïmeia , didyméens(en l’honneur d’Apollon) ; aionvsia, diouysiens (en l’honneur deBacchus); aovïa pi a, dousariens (en l’honneur de Bacchus); ermo-

GRECS

niaeia, enmonidiens; euiahmia , pour la bonne arrivée d’un prince; e<i>ezia, épbésiens (en l’honneur de la Diane d’Éphèse ) ; EnwEiKiA , pour une victoire; topaianeia (en l’honneur de Gordien); itmnaxiapxia , du gymnase; iiaia, héliaques (du soleil); hpakaeia, héracléens (d’Hercule); HPAiA,Eréens (de Junon); iïgmia , isthmiques; ahtoeia , de Latone ; Mvrrnu, mystiques ou d’initalion; naïmakia, naumachies ou maritimes; nemeia, néméens; oiKoruENiKA , œcuméniques ou généraux; oATMniA , olympiques; nANiQNiA, panioniens, pour tous les peuples de l’Ionie ; 4>iaaaea<i>ia , philadelphiens , pour la réconciliation de Caraculla et de Géta; hpota, dans les villes qui avaient le litre de première; nvaiA , py- [ thiques ou d’Apollon ; AErEPiA, pour l’empereur | Sévère ; iqthpeia, pour le salut public ou celui du prince; ovaaepiana , pour l’empereur Valérien. Le mot aqaa avec des trophées se rapporte à la victoire remportée par les athlètes dans certains de ces jeux.

143. On vient de voir, dans les paragraphes qui précèdent, les particularités les plus dignes de remarque sur les médailles grecques. Quanl aux généralités, telles que les

MÉDAILLES

noms des rois, des peuples, des villes, les lé — il gendes des empereurs romains, etc., il est: impossible d’en donner ici la nomenclature, . I et il faut recourir pour cela aux tables dres—j séesà ce sujet par les numograpbes. Legrand I ouvrage publié par feu Mionnet sous le titreJ de Description des médailles grecques. I est le résumé général et méthodique de tonal les travaux antérieurs; chaque volume a uuci table particulière, et cet important recueil, qu I donne à la fois les légendes, inscriptions ;j monogrammes, contremarques, types, gran-l deur, état du travail, degré de rareté et pri: , de chaque médaille, est terminé par des tables générales (tome îx du supplément) qui seront d’un très-grand secours pour lerecherches à faire dans cet ouvrage, et pou 1 l’étude générale et même élémentaire de I j numismatique grecque : ces tables n’ont pt i moins de 316 pages in-8(>.

§ III. Etrusques.

144. La numismatique étrusque est la pli bornée de toutes; ce pays n’occupait qu’m portion de l’Italie; il ne fut libre qu’à ni

ÉTRDSQUES.

époque où le goùl (]es monuments était peu répandu, et où son étal économique n’exigeait pas une grande extension dans son système monétaire. Bientôt après il fut soumis par les Romains, et cette circonstance ne fut rien moins que favorable à sa durée et à l’agrandissement de ses institutions publiques. Les médailles qui nous restent des peuples étrusques se classent en trois divisions purement géographiques, c’est-à-dire Écriture moyenne, l’Élrurie inférieureoucampanienne, l’Étruric supérieure ou des rives du Pô. Les bronzes sont les plus communs; c’étaient des as ou livres de douze onces, qui se subdivisèrent, comme on l’a dit au § 124 ci-dessus, page 232, de l’as romain, et ils portèrent les mêmes marques pour indiquer la même va- P leur. Les plus anciens as çpntuji carré long dont letypeestla ligure d’un bœuf; ils sont fondus et sans revers : on leur donna ensuite la forme ovale, et enlin la forme ronde. On trouve les plus grandes analogies entre les as étrusques et les as romains, et ces deux monnaies paraissent avoir subi contemporainemcnl les mêmes variations de poids, de forme et de subdivisions. Mais l’antériorité

MÉDAILLES

de l’une à l’égard de l’autre est un sujet de graves dissidences entre des hommes également instruits, et monsignor Guarnacci veut que la plus grande partie des as étrusques soit antérieure au roi de Rome Servies Tul- : lius. On en trouve en effet des villes de Todi et de Crustumer, occupées et réduites en colonies romaines par Romulus lui-même, et ! aussi de Vetulonia, presque détruite à l’époque de Tarquin l’Ancien; mais on répond que ces villes, quoique soumises par les rois de Rome, ont pu conserver le droit de battre monnaie. Sur cette difficulté comme sur : tout ce qui se rapporte à l’état de l’ÉLrurie ! moyenne avant l’époque présumée et si incertaine de la fondation de Rome, on ne doit i pas oublier que Rome étant d’origine étrusque, et ayant acquis, postérieurement à d’autres cités de la même contrée, la pré- I pondérance qui la conduisit successivement I à la domination universelle, elle dut dès le principe de sa puissance adopter les institutions qui étaient en vogue dans la contrée dont elle n’était qu’une fraction , et c’est ce * qui rend très-naturels les rapports non contestés de l’as romain avec l’as étrusque; d’où f

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