ÉTRUSQUES
as anciens. On en connaît onze différentes de type et de poids. La plus intéressante, parce qu’elle est la seule qui porte une inscription, est celle qui a un pégase avec le mot roh.vnom à la face, et un aigle avec la foudre au revers. On voit sur les autres : un élépliant, au revers une truie; le trident et le caducée; un poignard et son fourreau ; deux dauphins et deux tridents; un bouclier à la face et un autre au revers; un bœuf de chaque côté; un bœufetune espèce de palme; une palme ou branche d’arbre de chaque côté; une palme et deux dauphins. Ces trois dernières paraisscntètre les plus ancienncsde toutes.
H8. Ce qui vient d’être dit en général sur les médailles de celle partie de l’Étrurie s’applique aux médailles de l’Étrurie inférieure ou cainpanienne et de l’Étrurie circumpadane (sur le Pô). On comprend dans l’Étrurie campanienne les médailles des Samniles, des Osques, Volsques, Marses, Sabins, Lucaniens, Brutiens, et de tout le territoire de l’ancienne Grande Grèce. Quelques-unes sont en caractères latins. Les médailles de l’Etrurie circumpadane sont celles des Piceni et des Umbri, et les principales villes
MÉDAILLES
furent Hatri, Arimno, Pesaro (pis. pour légende) et Icuvium ( Gubbios avec ikvvini). On diffère aussi d’opinion sur le temps,, relativement à Rome, auquel on peut rap- j porter les monnaies de ces deux portions de j rÉtrurie, et aucun caractère authentique ne permet de trancher ces difficultés. Cette circonstance ne diminue nullement l’intérêt de la numismatique étrusque. Ces monuments?
se rapportent sans aucun doute au plus ancien état des sociétés policées en Europe, dont les monuments nous aient conservé des témoignages.
§ IY. Gaulois el Espagnols.
149. Les médailles gauloises ont un intérêt: tout particulier pour notre histoire nationale, J mais elles ne lui fournissent que peu de renseignements propres à éclaircir les doutesqui existent sur l’état réel de la civilisation dans les Gaules. Pour les monnaies comme pour les inscriptions, on nomme gauloises i 1 celles même qui n’ont été frappées qu’aprèsl’invasion des Romains, mais qui portent' t encore les noms des chefs gaulois ou des vil- i I
les existantes à lépoque de cette invasion. Il y a néanmoins des médailles d’or, d’argent et de bronze antérieures à cet événement, et l’on pourrait ainsi reconnaître des médailles gauloises autonomes et des médailles galloromaines. Les premières se distinguent par l’imperfection de l’art à peine sorti de son enfance : c’est une tète dont les traits grossiers manquent de toute proportion, et au revers un cheval libre au galop, ou autres quadrupèdes également mal dessinés; une étoile ou quelques lettres sont dans le champ. On a cru reconnaître dans celles qui offrent un cavalier ou un cheval libre, des imitations des philippes de Macédoine; mais l’établissement de la monnaie en Italie étant antérieur à ce prince, et les relations de la Gaule avec les nations transalpines ne pouvant lui laisser ignorer cet usage si nécessaire, les princes et les magistrats qui gouvernaient les provinces ou les villes gauloises tirent aussi frapper delà monnaie avec les trois métaux. On y voit leur nom et leur tête ou celle de quelque divinité, et au revers le nom de la ville ou de la cité, et pour symbole topographique, un animal, tel (pie le sanglier ou
MEDAILLES
verrai, nui était aussi sur leurs enseignes. I Eckliel reconnaît ces monnaies comme antérieures à l’invasion romaine. On pourrait aussi considérer comme ayant le caractère ; de cette antériorité, les pièces qui portentdes noms ou des mots dont la terminaison n’est: pas latine. Une ville grecque comme Marseille dut exercer quelque influence sur le jl système monétaire des Gaulois; aussi trouve- | l-on surles médailles gauloises, outre le cheval et le sanglier, et le pentagone considéré comme symbole de l’immortalité de l’âme, dont les Druides professaient le dogme, la , tète de Pallas casquée , empruntée peut-être des derniers consulaires romains. Les pro- i grès de l’art monétaire dans la Gaule autonome furent hâtés par l’introduction des' monnaies grecques; quelques pièces gauloises sont d’un travail soigné, mais la plus grande partie d’entre elles est bien éloignée: de cette perfection.
150. Les légendes des médailles sont en lettres grecques ou latines, c’est-à-dire que la communauté primitive du même alphabet donne celte similitude pour les médailles des* trois peuples. On n’y trouve, en général,
([ne dos noms d’hommes ou de lieux, et s’il y avait quelque autre espèce de mots, l’ignorance de la langue gauloise ne permettrait pas d'en donner une interprétation certaine. Pour les monnaies des villes d’origine grecque, comme Marseille, Antibes, Béziers, etc., les légendes sont purement grecques, c’est-àdire en lettres et en langue grecques. A leur arrivée dans les Gaules, les Romains y trouvèrent plusieurs fabriques de monnaies; ils les conservèrent et en établirent trois nouvelles : à Arles, Lyon et Trêves. Mais il parait que ces villes cessèrent de frapper des monnaies sous Auguste; Tibère ne voulut tolérer que les monnaies romaines, et l’on ne trouve que des monnaies d’Auguste sorties des ateliers de Lyon et de Nîmes. 11 parait que, du temps de César, l’émission des monnaies d’argent fut considérable dans les Gaules : plusieurs chefs connus par les écrits de ce grand capitaine se trouvent sur ces monnaies. J’ai publié en 1820 (Recherches sur Uxellodunum) la médaille de Durât, commandant gaulois des Pictones pour Jules César, médaille qu’on avait faussement attribuée à la ville de Julio-Bonna. On voit par
MÉDAILLES
cette pièce d’une date certaine, quel était à cette époque l’état de l’art monétaire dans les Gaules. Mais les noms des chefs assez nombreux qui sont nommés dans ces médailles, sont pour la plupart inconnus. Enlin l'irrégularité des flans est aussi un caractère des médailles gauloises; ils sont ronds, carrés, triangulaires ou polygones irréguliers. Le flan de la médaille en bronze de Nîmes, d’Auguste et Agrippa, a même été allongé de ! manière à avoir la figure de la cuisse d’uni quadrupède.
151. On distingue donc d’abord, parmi les médailles gauloises autonomes, ou antérieures aux Romains : 1° celles des villes et despeuples d’origine gauloise, qui sont : Avaricum (Bourges), Petrocorii (Périgueux), Sîmtones (Saintes), Turones (Tours), Segusia ; (Suze), Nemausus (Nîmes), Volcæ-Areco- j mici (environs de Nîmes), Aballo (Avalon), Andecavi (Angers), Aulerci-Eburones (Evreux), Cabellodunum (Clmlons - sur- Saône), Catalaunum (Chîdons-sur-Marne), Remos (Reims), Ratumacos (Rouen), Sequani (rives de la Saône), Eburones (paysde Liège), Mediomatrici (Metz), Durnaco
(Tournai), Virodunum (Verdun); 2° celles des villes ou des peuples qui eurent des monnaies comme colonies romaines : Cabellio (Cavaillon) , Nemausus (Nîmes), Ruscino (le Roussillon), Vienna (Vienne), Lugdunum Copia (Lyon), Agrippina (Cologne); 3° les peuples et les villes d’origine grecque : Antipolis (Antibes), Avenio (Avignon), Betarra (Béziers), Massalietôn (Marseille), Rliodanusia (Roses?); 4° les chefs gaulois, dont les noms en général très-abrégés ou avec des terminaisons gauloises, présentent beaucoup de diflicultés, l’histoire écrite n’en ayant pas parlé. Nous dirons, pour ces noms, que leur terminaison en us, comme Avnbaclus , Durnacus , etc. peut faire supposer que déjà l’influence romaine s’exerçait dans les Gaules. Les médailles gauloises sans légendes forment aussi une classe très-nombreuse, et on leur donne cette origine à cause du travail et des types, analogues à ceux des médailles de ces provinces, qui ne sont pas incertaines.
152. On peut considérer comme un complément des médailles gauloises les médailles de l’Espagne ancienne, qui comprenait aussi le Portugal. On les distingue en deux
MEDAILLES
classes, déterminées par la différence des alphabets de leur legende : 1° les médailles de l’Espagne orientale et septentrionale, où l’on reconnaît des lettres qui ont la plus grande analogie avec l’alphabet grec ancien, qui parait avoir été commun d’abord à toutes les nations policées de l’Europe; qui conserva dans cette partie de l’Espagne ses formes antiques; enfin qui ne subit que des modifications locales, indépendantes de celles qu’il éprouva dans la Grèce et l’Italie successivement : 2° les médailles de l’Espagne méridionale, dont les légendes sont formées de lettres très-analogues aux alphabets punique et phénicien; elles paraissent être venues de l’Afrique. Il est du reste assez difficile de reconnaître parmi les médailles d’Espagne de ces deux classes, leur antériorité relative. Quelques auteurs les croient contemporaines, et considèrent comme les plus modernes celles où les deux alphabets sont mêlés dans les légendes. Leur ensemble appartient aussi, comme les médailles gauloises, aux peuples, aux villes et à des chefs également inconnus dans l’histoire, à l’Espague autonome et à l’Espagne soumise aux Carthaginois ou aux Romains. On trouvera aux planches 111 et IV , n° 7,
HUMAINS
la médaille de Durât; n° 8, une autre médaille gauloise d’un travail grossier; n° 9, celle de Coceslius, autre chef gaulois; n° 10, la médaille d’Emporiæ, l’Ampurias actuel d’Espagne; et comme termes de comparaison de l’art, n° il, une méaille du vieux style grec; n° 12, la médaille étrusque de feeatpi (Velletri); et comme le modèle de toutes les perfections de l’art, la médaille de Syracuse, n° 13.
§ V. Romains.
153. La numismatique romaine comprend trois classes spéciales de médailles : 1° les as ou première monnaie de la république, tous en bronze et remarquables tant par leur ancienneté que par la variété des types; 2° les médailles des familles romaines consulaires du temps de la république, en or, en argent et en bronze; 3° les médailles impériales , ou des empereurs, des impératrices, des césars et de ces souverains éphémères nommés tyrans, depuis le grand Pompée jusqu’au dernier des Paléologues, chassé de Constantinople par les Turcs. Ainsi la numismatique romaine embrasse un espace de
MÉDAILLES
dix-huit siècles, et c’est la période de temps la plus féconde en événements mémorables pour les sociétés modernes. Les médailles de cette origine sont aussi les plus communes, celles qu’on découvre le plus ordinairement en Europe, et les plus abondantes dans les cabinets des amateurs.
154. Les as sont de plusieurs sortes : le decussis (marqué X), 4 pouces de diamètre, le quadrassis, de forme carré-long, 6 ponces sur 3; le tripondius (III), 2 pouces 5 lignes; le dupondius . (II), 1 pouce 3 lignes; enfin l’as (I) proprement dit, du module du grand bronze, qui fut ensuite subdivisé (voy. suprà n° 121; page 232). Les as romains et leurs subdivisions portent souvent des noms de familles; il semble assez naturel de les classer dans les monnaies mêmes de ces familles. On comprend aussi parmi les as romains les as appelés italiques, et qui sont de véritables monnaies des villes de l’ancienne Italie, avec des légendes en étrusque; c’est encore aux médailles deces villes qu’il faut les rapporter. Enfin les as de la Rome primitive ne seraient aussi que des médailles de villes, comme ceux des autres cités de celle contrée, si la
HUMAINS
puissance de Rome n’en avait Tait les premières monnaies d’un grand empire.
155. Les médailles Clés familles sont nombreuses et extrêmement variées; tous les grands noms de l’histoire de la république romaine y sont rappelés, et l’on y trouve les premières monnaies d’argent frappéesàRome l’an 269 avant Jésus-Christ. On en connaît peu des trois métaux pour chaque famille, et telle d’entre elles a ses pièces en or, qui n’en a pas eu argent; le bronze est aussi de divers modules; il y en a de frappé dans les colonies. Les médailles d’argent sont aussi des deniers ou des quinaires; on connaîL encore quelques médaillons oc ce dernier métal. Il y a des suites de la même famille difficiles à réunir, et telles sont les légions d’Antoine, ou série des médailles de ce triumvir, ayant d’un côté une galère avec la légende ant. a vg. t. n. p. c. etc., de l’autre, un aigle entre deux enseignes, et pour inscription leg. i. leg. iv., et jusqu’à leg. xxx. Les médailles des familles consulaires portent beaucoup de noms propres qui, n’étant pour la plupart que les surnoms des personnages, laissent quelque doute sur la famille à la-
MÉDAILLES
quelle ils appartenaient; ainsi les Scipion étaient de la famille Cornelia. Cette notion étant Ja plus utile dans l’élude des médailles consulaires, nous donnerons ici la nomenclature des noms, surnoms, etc., inscrits sur ces médailles, avec le nom de la famille romaine à laquelle ils se rapportent; ceux-ci sont imprimés en lettres italiques.
Acisculus.
Agrippa.
Ahala.
Ahenobarbus.
Alhinus.
Antiaticus.
Aquinus.
Asiagcnes.
Alratinus.
Augurlnus.
Aviola.
lia la.
liai bus.
Barbatus. Forte?
Bassus. |
Bibulus.
Blandus.
Blasio.
Bolanus.
Brocchus.
Brutus.
Bucn.
Valeria.
Luria.
Vipsania.
Servilia.
Domilia.
Poslumia.
Mœnia.
Cœcilia.
Cornelia.
Sempronia.
Minulia.
Âcilia.
Ælia.
Acilia.
Antonia.
Atia.
Cœlia.
Cornelia .
M india.
JS'œvia.
Thoria.
Valeria.
Betiliena.
Pomponia.
Calpurnia.
Uubellia.
Cornelia.
Vettia.
Furia.
J uni a.
Æmilia .
Bursio.
Cæcianus.
Cæpio.
Cæsar
Caldus.
Calerais.
Calvinus.
Capella.
Cnpito.
Capilolinus.
Carbo.
Casca.
Calo.
Calullus.
Celer.
Celsus.
Censorinus.
Cerco.
Cestianus.
Céthégus.
Chilo, Cilo.
Cicero.
Cinna.
Codes.
Corbulo.
Cordus.
Cornu lus.
Cossus.
Costa.
.lulia.
Cas si a.
Servilia.
Julia.
Cœlia.
Fufia.
Domitia.
JSœvia.
)Fonteia.
Maria.
Oppia.
Pelillia .
Papiria.
Servilia.
Porcia.
Valeria.
Cassia.
Papia.
Mar cia.
Lu (atia.
Plœloria.
Cornelia.
Flaminia.
Tullia.
Cornelia.
Horatia.
Domitia.
Mucia.
Cœcilia.
Cornelia.
Pedania.
ROMAINS
Cotta.
Crassipes.
Crassus.
Grispiuus.
Culleo.
Dolabella.
Dossenus.
l'abatus.
Faustulus.
Faustus.
Félix.
Firmus.
Flaccus.
Florus.
Frugi.
Gab.
Galba.
Gallus.
Géra.
Gela.
Glabrio.
Grac.
Graccus.
Ilcmlc.
llispanlcnsis.
Ilypsacus.
ilalicus.
Judex.
Junianus.