‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 8 sur 98 · DES MAISONS · texte numérisé non relu

DES MAISONS

trades, el les jours y étaient pris plutôt que sur les côtés de la maison. (On peut voir le plan d’une maison grecque, dans l’Atlas du ployage d! Anacharsis , et dans le plan des ruines de Pompeï, levé dans tous leurs détails, par M. Bibenl, architecte.)

36. Les Romains , qui vivaient dans un appartement commun avec leurs femmes, adoptèrent aussi pour leur maison une distribution différente de celle des Grecs. La porte conduisait dans Y atrium , espèce de porche construit en carré long, d’après les proportions des différents ordres, et plus ou moins orné, selon la dépense qu’on y faisait; les appartements étaient situés sur les deux côtés longs; au fond était le tablinum ou les archives : en le traversant on arrivait dans la cour entourée d’un portique, et où se trouvaient les salles à manger, à recevoir les visites, la bibliothèque, la galerie des tableaux et les bains ; les ornements en marbre n’y étaient pas épargnés. La maison de Lépide était la plus belle de Rome; les seuils des portes étaient en marbre de Numidie : à Athènes, les maisons de Thémistocle, celle d’Aristide, différaient peu de celle du plus pauvre ci-

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toyen. Les Romains donnèrent plusieurs «'Mages à leurs maisons, et, pour prévenir l’insalubrité qui on résultait, Auguste borna leur hauteur à soixante-dix pieds, que Trnjan réduisit même à soixanle. Du reste , on comprend très-bien que l’on ne peut donner ici que des généralités sur des constructions où la variété des goûts et des fortunes dut en introduire beaucoup dans le plan, l’étendue, la richesse et la commodité des maisons. Ce fut dans leur villa ou maison de campagne que les Romains déployèrent un luxe sans bornes; les objets d’art et les productions des peuples les plus éloignés ajoutaient à la profusion des autres ornements, et à l’élégance des mosaïques , des stucs et des peintures: c’est dans la villa des empereurs ou des citoyens les plus riches, qu’ont été retrouvées les plus belles productions des arts de l’antiquité.

SECTION III

Des temples.

37. Les temples élaienl des édilices sacrés destinés au culte de la divinité: tous les peuples en ont élevé , et la piété qui les fonda

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hata les progrès de l’architecture, par le désir de rendre ces édifices plus dignes de leur destination. Les Égyptiens, si religieux et si lidèles aux dogmes fondamentaux et au culte primitif institué par leurs ancêtres, ont surpassé tous les peuples dans l’étendue et la magnificence de ces monuments publics; ils en avaient déjà d’anciens, quand l’oracle de Delphes n’habitait qu’une cabane de lauriers, et que le Jupiter de Dodone n’avait qu’un vieux chêne pour demeure.

38. Egyptiens. Le temple proprement dit, ou la cella, était de forme carrée ou carré long; c’est là qu’habitait le dieu, représenté par son symbole vivant, qqe des esprits légers ou superstitieux ont pris pour la divinité même. Les rites religieux avaient réglé dans tous ses détails l’ordre du service des prêtres auprès de ces animaux sacrés, choisis et désignés d’après les signes extérieurs réglés par le rituel , et qui étaient embaumés après leur mort. La cella, partie principale du temple, en est toujours la plus ancienne, et porte le nom du Pharaon qui l’a fait construire et dédiée. Les plans des divers temples de l’Égypte, figurés dans la Description

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de celle contrée, rédigée par les savants français de l’expédition, montrent une grande diversité dans leur ensemble, mais prouvent une certaine uniformité dans les parties principales. La description suivante du temple voisin du palais de Louqsor, à Thèbes, donne une idée suffisante de ce genre de construction chez les Égyptiens.

39. Temple de Louqsor. Un pylône, ou porte flanquée de deux espèces de tours carrées et en talus, long de 25 mètres, conduit dans une cour ornée d’un portique sur trois côtés, et formant un rectangle dont la longueur est exactement le double de la largeur. Des piliers cariatides soutiennent le plafond du portique; des deux côtés, les galeries latérales ont 8 pieds 9 pouces de largeur ; le portique du fond est formé aussi par quatre cariatides, mais placées en avant de quatre colonnes. La porte qui est percée dans ce mur est couronnée d’une corniche ornée d’un globe ailé au-dessous duquel se montre la tête du serpent Urœus; cette porte conduit à un second portique , soutenu par deux rangées de colonnes, dont les chapiteaux ont la forme d’un bouton de lotus tronqué. Quel-

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ques sophites sont percés de trous carrés évasés en forme d’entonnoir renversé ; c’est par là que la lumière pénètre dans ce second portique. Un petit avant-corps ligure, sur le mur du fond, la façade d’un temple; une porte y est pratiquée , et donne entrée dans un sanctuaire de 8 mètres 1/3 de profondeur, sur 14 mètres de largeur, et qui est éclairé par des soupiraux ouverts dans la partie supérieure ; au fond, est un petit corps avancé, où l’on a pratiqué une niche qui servait à renfermer l’animal sacré, symbole du dieu adoré dans le temple. Sur les côtés , deux couloirs communiquaient avec ce sanctuaire, et l’escalier pratiqué dans l’un des deux mène sur la plate-forme du temple. Il a dans son ensemble 160 pieds de longueur sur 76 de large, et ses murs sont entièrement couverts de sculpture en bas-relief dans le creux et coloriées. Ces dimensions sont à peu près celles des grands temples de l’Égypte; mais il en est plusieurs de proportions colossales, et celui-ci n'est qu’une partie du grand palais de Louqsor, dans un quartier de Thèbes.

40. Grand temple du sud à Karnac. Pour donner an lecteur une idée approximative de

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ce qu’entreprenait la munificence des Égyptiens, et de leur piété envers les dieux, nous plaçons ici une description sommaire du grand temple, au sud des ruines de Karnac, autre partie de l’ancienne capitale de laThébaïde et de l’Égypte.

Une allée de sphinx accroupis sur leur piédestal, au nombre de 600 environ de chaque côté , conduisait , par une avenue de 2000 mètres , pavée en dalles , du palais de Louqsor au temple de Karnac; qu'on se figure l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, depuis l’Arc de Triomphe jusqu’à la place Louis XV, décorée, de chaque côté de la roule , d’une rangée de 600 sphinx placés sur des piédestaux de 16 pieds et demi de long sur 4 pieds 7 pouces de large. Une autre avenue, ornée de béliers placés de même sur des piédestaux, prolongeait la première sur une longueur de 165 mètres, ayant 58 de ces monolithes de chaque côté. La tête d’un bélier a 4 pieds et tiers de longueur, et le reste du corps est taillé sur cette proportion. Des arbres ombrageaient les abords du temple; une porte triomphale, isolée, se présentait d’abord; le mur d’enceinte s'appuie sur

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ses côtés; elle a 17 pieds 3 pouces d’ouverture , 36 pieds 3 pouces de profondeur, 64 pieds 7 pouces d’élévation, dont 44 pieds, sous la plate-bande. Elle est en grès : sa corniche est ornée du globe ailé avec l’Urœus; le reste de sa surface à l’extérieur, à l’intérieur et au plafond , est couvert de sculptures coloriées et d’inscriptions hiéroglyphiques; l’enfoncement même où venaient se loger les battants de la porte, en est également orné. A 43 mètres de distance, on arrive au pylône ou entrée principale du temple; des béliers sur leurs piédestaux ornent encore celte avenue. Le devant de ce pylône avait, de chaque côté, quatre mâts d'une grande élévation et portant des banderoles ; sa longueur est de 98 pieds; sa largeur de 31, et sa hâuleur de 55. Il paraît que deux statues colossales décoraient cette entrée qui introduit dans une cour découverte, entourée d’un double rang de colonnes ; leurs chapiteaux, en forme de lotus tronqués, sont surmontés de dés assez élevés qui portent l’entablement. Vient ensuite une salle hypostyle ornée de 140 colonnes de proportions colossales. Trois portes sont pratiquées dans

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le mur du fond; celle du milieu conduit à un sanctuaire isolé, et les deux autres à de petites salles dépendantes du temple. Une autre salle est aussi derrière le sanctuaire, et une porte conduisait encore à d’autres dépendances. Les murs et les colonnes sont chargés de sculptures coloriées; rien n’égale ailleurs cette profusion, il n’est pas extraordinaire d’en mesurer 30,000 pieds carrés dans un temple égyptien.

Des obélisques ornaient l’entrée des temples, et portaient le nom des princes qui avaient élevé, réparé ou augmenté ces édifices; car il ne faut pas perdre de vue que les grands monuments de l’architecture égyptienne sont le fruit du temps et de la piété de plusieurs rois qui ajoutaient de nouvelles salles, de nouvelles cours, des portiques, d’autres ornements ou des murs d’enceinte à des temples commencés par d’autres rois: ainsi, pour le temple de Karnac, dont nous venons de parler, le sanctuaire porte le nom d’un des rois de la XVIII' dynastie , et la porte triomphale est du règne d’un Ptolomée, dont le nom cl celui de sa femme Bérénice sont plusieurs fois répétés sur ce magnifique

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monument : or, plus de douze siècles séparent ces deux époques.

Ce qui sert à caractériser particulièrement l’art égyptien appliqué à la construction des temples, c’est la richesse et l’abondance des sculptures; aucune place ne restait inoccupée, ni à l’intérieur , ni à l’extérieur. Les grandes actions des rois y étaient représentées dans un style grandiose; leurs guerres, leur triomphe, l’hommage qu’ils font aux dieux des fruits de leurs conquêtes. L’histoire étrangère à l’Égypte puise dans ces tableaux de précieuses notions; les peuples de l'Asie et de l’Afrique, avec leurs noms, leurs costumes et leur physionomie , y figurent tour à tour sur ces peintures. C’est parmi les représentations historiques de ce même palais de Ivarnac qu’on a reconnu le roi de Juda, Jéroboam, emmené prisonnier par le Pharaon Sésonchis, indication toute conforme à ce qui est raconté dans la Bible, au chapitre xiv du IIIe livre des Rois, sur ce môme Pharaon Sésonchis qui prit Jérusalem, pilla le temple de Salomon , enleva les boucliers d’or, et emmena le roi de Juda prisonnier. L’histoire ancienne ne trouve nulle part de

MONUMENTS D’AHCUITECTUKE.

documents plus authentiques, plus digues de confiance que ne le sont les tableaux et les inscriptions qui couvrent toutes les faces des édifices de l’Égypte.

li. Grecs. Les temples, en Grèce, étaient très-nombreux; les villes en élevaient à leurs divinités tutélaires : Athènes à Minerve, Éphôse à Diane, Delphes à Apollon, etc., et les habitants des campagnes, aux divinités champêtres. Les temples des Grecs n’égalèrent jamais l’étendue de ceux de l’Égypte : tel ne fut pas le gpût de ce peuple; mais les arts qu’il perfectionna se montraient avec toute leur richessedans leurs monuments religieux. On donna le nom de Iliéron à la totalité de l’enceinte sacrée qui renfermait le temple proprement dit, les habitations des prêtres, et des terrains quelquefois considérables. Le naos , celta ou temple proprement dit, avait ordinairement la forme d’un carré long; quelquefois une cour, entourée d’un portique ou d’une colonnade, le précédait, comme au temple d’Isis à Pompeï, au temple de Sérapis à Pouzzoles, et au temple de Jupiter olympien à Athènes. Un portique , area , entourait la cella, et celui-ci était plus ou

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moins vaste , selon la destination du monument. C’est, la que le peuple s’assemblait, les prêtres seuls«ayant le droit d’entrer dans le temple; le peribolos ou cour entourée d’un mur, qui la séparait du reste des terrains sacrés, ajoutait encore à l’étendue de l’espace; il était ordinairement orné de statues, d’autels et autres monuments , même de quelques petits temples. Ceux des divinités tutélaires étaient, en général, sur le point le plus élevé de la ville; ceux de Mercure, sur les marchés; enlîn les temples de Mars, de Vénus, de Vulcain, d’Esculape, en dehors el prés des portes; mais en cela on consultait d’abord les localités, et quelquefois les ordres des oracles ou les présages divins. En général, l’entrcc des temples regardait l’occident, j afin que ceux qui venaient faire des sacrifices fussent tournés vers l’orient, d’où la statue du dieu paraissait venir. La partie antérieure, en avant de l’entrée de la cella, s’appelait le pronaos, et la partie postérieure, s’il y en avait, le posticum ou opisthodome. Au-dessus de l’entablement des colonnes, s’élevait, aux deux façades, un fronton en triangle obtus, nommé' œfos et œtoma par

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les Grecs. La façade élait toujours ornée d’un nombre pair de colonnes , c’est-à-dire de 4- (temple tetrastyle ), de 6 ( hexastyle ), de 8 ( octastyle ), et de 10 ( décaslyle ). Sur les côtés, ces colonnes étaient ordinairement en nombre impair, et comme la longueur du temple était communément le double de la largeur, il y avait 13 colonnes de côté pour la façade de 0, 17 pour celle de 8, en comptant deux fois les colonnes des angles. C’est ce que l’on remarque au petit temple de Pæstum, à celui de la Concorde à Agrigenle, et au Parlhénon d’Athènes ; des escaliers intérieurs conduisaient aux parties supérieures de l’édifice.. La statue du dieu auquel il était consacré, en était l’objet le plus sacré, et l’ouvrage des plus habiles artistes. Les particuliers pouvaient placer à leurs dépens, soit dans 1 a naos, soit dans 1 e pronaos, des statues d’autres dieux ou de héros. On leur faisait également des sacrifices, et les autels étaient dédiés, par la piété des Grecs, à la divinité principale, et aux autres dieux adorés dans le même temple, oeoiï ïïnnaoi. L’autel des sacrifices était placé, devant la statue de la divinité principale; quelquefois

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plusieurs autels se voyaient dans la même cella. Les murs intérieurs étaient chargés de peintures représentant le mythe du dieu, ou les actions des héros et des anciens rois. Enlin, on déposait dans le trésor du temple, souvent placé dans l 'opisthoilome, les riches offrandes, les dépouilles enlevées sur l’eunemi, qui étaient consacrées aux dieux par les rois, les villes, les généraux et les particuliers. Quelquefois aussi le trésor public était déposé dans le temple. Ces monuments présentaient les plus beaux modèles de l’architecture antique : l’ordre toscan et l’ordre dorique caractérisent les plus anciens, et l’ordre corinthien les plus élégants.

42. Etrusques ou Toscans. D’après ce que dit Vitruve du temple de Cérès, construit à Rome, auprès du grand cirque, par le dictateur A. Posthumius, l’an 260 de Rome, (494e avant J.-C.), et qui fut démoli sous Auguste, les temples toscans ou étrusques avaient une ligure oblongue; la surface était divisée en deux parties dans le sens de la longueur; celle de devant était pour le portique, et l’autre pour le temple proprement dit, partagé en trois cellœ , celle du milieu

MONUMENTS d’auCHITECXURK.

pour Jupiter, ayant à droite celle de Mercure, et celle de Junon à gauche.

43. Gaulois. Malgré l’opinion de quelques archéologues, qui ont cru reconnaître dans des constructions antiques des restes de temples gaulois, i! ne paraît pas que ces peuples en aient construit primitivement; il est vrai que des champs, entourés de grosses pierres brutes, fichées en terre, ont été considérés comme des temples de ce peuple; tel est l’ensemble circulaire de Carnac en Basse- Bretagne. Les pierres qui le décrivent sont remarquables par leur volume, et l’ensemble de l’ouvrage annonce une intention manifeste elle travail de l’homme; mais l’on est encore fort divisé sur la nature et la destination de ce monument, et de quelques autres de formes analogues qui subsistent en divers lieux de la France.

44. Romains. Rome, disciple de la Grèce, l’imita, en général , dans la construction de ses temples, et ce qui vient d’ôlre dit des temples des Grecs s’applique presque entièrement à ceux des Romains. Il ne faut pas oublier d’ailleurs l’enseignement qui nous est donné par Horace, qui rappelle que la Grèce

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soumise, après avoir subi son farouche vainqueur, introduisit les arls clans le Latium eucore barbare. Les principaux monuments de Rome furent en effet l’ouvrage des Grecs, et les dépouilles opimes de la Grèce, transportées à Rome, y introduisirent les premiers germes dugoîll pour Inculture clés beaux-arts. Toutefois les temples romains différaient essentiellement de ceux des Grecs clans la disposition des colonnes placées sur les côtés; les Romains, en effet, comptaient, non les colonnes, mais les enlre-colonnemenls, et Vitruve assure qu’on en donnait à chaque côté deux fois autant qu’en avait la façade, de de sorte qu’un temple romain qui avait 6 ou 8 colonnes sur le devant, en avait 11 ou 15 sur chaque côte. Le temple de la Fortune virile à Rome avait 4- colonnes de front et 7 sur les côtés; ainsi le nombre des entre-colonnemcnts des côtés était double de ! celui de la façade. Maison trouve des exceptions à toutes ces règles. La statue du dieu i était aussi l’objet principal du temple; un autel s’élevait devant elle; on voyait aussi clans quelques temples plusieurs statues et pin— 1 sieurs autels; les temples des Romains étaient

aussi ornés de peintures; l’an 450 de Rome (304 avant J. C.), Fabius en décora le temple de la déesse Sains , ce qui lui lit donner le surnom de Piclor, conservé par ses descendants. Des peintures enlevées aux temples de la Grèce furent placées quelquefois dans ceux de Rome.

45. Les Grecs et les Romains bàtirentaussi des temples de forme circulaire , si du moins on considère comme des temples certains édifices de celle forme qui sont dans la baie de Pouzzoles; celle invention ne remonte pas très-liaut dans l’histoire de l’art : ces monuments étaient couverts d’une coupole dont la hauteur égalait à peu près le demi-diamètre de l’édifice entier. Les temples étaient ou monoplères ou périptères, c’est-à-dire formés d’un rang circulaire de colonnes sans murs, ou bien d’un mur entouré de colonnes qui étaient distantes de ce mur de la largeur I d’une ntre-colonnement. Le Philippeion, ou rotonde de Philippe à Olympie, était périp- ; 1ère; tels étaient aussi le temple de Vesta à 1 Rome et celui de la Sibylle à Tivoli. Le Panthéon, à Rome, est monoptère, mais il i 1 offre cette singularité, que sou entrée est pré-

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cédée d’un portique à huit colonnes; on y arrive par deux marches, et ou doit remarquer qu’en général les temples des anciens étaient entourés de (/radins qui leur servaient de base.

•i6. Les temples étaient éclairés de diverses manières : les circulaires monoptères, formés de colonnes sans murs, l’étaient naturellement; les périptères, par des fenêtres prises dans le mur ou daus la voûte, quelquefois par un percé ménagé dans la coupole; on a aussi l'indication antique du mur d’un de ces temples, élevé seulement à la moitié de sa hauteur, qui est terminé par un treillis à compartiments et à jour. Les temples çuadrangulaires étaient éclairés selon leurs dimensions : les petits et les moyens, assez ordinairement par la porte seulement; mais cependant, on apercevait de dehors même la statue du dieu qui était en face; la maison carrée de Ni mes, temple de moyenne proportion , puisqu’il a 80 pieds de longueur, n’était pas éclairé autrement. Les grands temples avaient des jours de combles par des fenêtres garnies de carreaux de pierre spéculaire, d’étoffes diaphanes, de peaux, de

corne, etc. Quant aux temples à cella toute découverte, ou hypœtdn, selon l’acception ordinaire de ce mot, il n’en reste aucun exemple, et les plus doctes ne croient pas 'lu *1 y en ait jamais eu. Les édifices qui ont cette apparence n’ont jamais été achevés; tel est le temple de Jupiter Olympien à Agrigente , et Diodore de Sicile en fait connaître .les motifs.

SECTION IV

« Des aulels.

47. Leur forme est fort variée et dépend de leur destination , soit pour faire les libations, soit pour les sacrifices d’animaux vivants, soit enfin pour disposer les vases et les offrandes. Les autels votifs étaient souvent remarquables par leur simplicité, n’étant que d’une seule pierre taillée, plus ou moins ornée, et portant une inscription qui indiquait les motifs et l’époque de leur consécration, avec le nom de la< divinité, et celui du dévot qui l’avait élevé. On en trouve beaucoup laissés parles Grecs et les Romains, et il ne faut pas les confondre avec les piédestaux de statues

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