‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 84 sur 98 · N° II. POTERIE DES ANCIENS · texte numérisé non relu

N° II. POTERIE DES ANCIENS

L’origine de l’art du potier remonte à l’origine même des sociétés : l’argile, matière facile à travailler, se trouvait partout; séchée d’abord au soleil, et ensuite au feu, elle prenait la consistance nécessaire pour les vases qui en étaient composés. Successivement les formes, très-simples d’abord et imitant des objets naturels, se perfectionnèrent quand le goût se fut associé à l’industrie humaine, et les artistes s’appliquèrent alors à inventer ce qu’on appelle le galbe ou profil , qui comprend les bonnes proportions et la grâce de l’ensemble. Les Égyptiens ont trouvé les premiers de bçaux modèles; les Étrusques les connurent aussi, mais l’art des Grecs les surpassa tous.

Ces formes furent extrêmement variées et toujours très-bien appropriées à la destination

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même des vases qui servirent à tous les usages, comme dans les temps modernes. On en trouve en argile très-commune, et d’autres en argile qui est devenue très-line et trèstenace, par suite de diverses préparations et de mélanges d’autres substances solides. Les vases se faisaient au tour, comme dans nos poteries, et on les poussait aussi au moule quand leur panse était ornée de ligures en relief. C’est à feu Artaud , dont j’ai eu souvent à mentionner dans cet ouvrage le zèle et les lumières, qu’on doit les observations les plus intéressantes sur cette partie de la céramie des anciens. Il a recueilli des moules antiques, a étudié, expérimenté tous les procédés des anciens dans cet art ; il est parvenu à fabriquer dans ces mêmes moules des vases dont l’aspect ne laisse rien à désirer, et il a constaté que par la dessiccation l’argile se resserrant, le vase à bas-relief sortait tout entier du moule, la hauteur du relief étant en rapport avec la quantité du retrait causé parcelle dessiccation. Il paraît aussi, d’après les recherches du même antiquaire, que la confection des moules avait été ramenée à une opération fort simple, et qui consistait à y T- »• 20

APPENDICES

imprimer en creux, au moyen de patrons en métal, les figures qui devaient sortir en relier sur le vase; on l’enduisait ensuite d’une couverte colorante qui ajoutait quelque éclat à l'ouvrage, quand surtout il était soigné sous tous les rapports; mais les vases de poterie commune n’offrent les traces d’aucun enduit ou vernis extérieur. On les cuisait dans des tours, dont la construction variait scion les lieux eu l’habileté de celui qui était chargé d’y dispenser la chaleur. Beaucoup de vases antiques, entre ceux qu’on trouve dans les Gaules, portent le nom du potier ou du manufacturier qui les fournissait au public; ces noms méritent d’étre recueillis; ils indiquent quelquefois des manufactures impériales.

La diversité des usages auxquels on employa les vases d’argile a singulièrement multiplié leurs formes et leur grandeur; il est tout naturel que les plus grands, les plus beaux, les plus lins, les mieux ornés soient le plus recherchés des curieux; mais leur prix , en général , n’est pas très-élevé. Les conditions qui viennent d’être énumérées, et le plus ou moins d’empressement des amateurs, servent à régler ce prix. 11 n’est pas

POTEllIE DES ANCIENS.

question ici de vases peints , dont il a été spécialement traité dans le premier volume (3e div., p. 199.).

Quant aux vases en verre, ils furent également en usage chez les anciens ; l’Égypte travailla de toute antiquité cette matière; il nous est parvenu beaucoup d’objets de ce genre , des Romains : des urnes cinéraires avec leur couvercle, des vases de diverses formes et grandeur ; les plus communs sont les fioles, qui renfermaient les onguents, les huiles et les baumes odoriférants, qu’on a pris mal à propos pour des lacrymatoires. Cette opinion, trop accréditée, a été victorieusement renversée par des découvertes récentes de feu Mongcz ; rien ne permet de donner à ces vases à long col le nom de lacrymatoires, et un bas-relief de Clermont-Ferrand , qui semblait accréditer celle méprise , a été reconnu pour faux. On ne doit donc plus donner à ces vases d’autre nom que celui de lioles à huiles, à parfums, etc.

APPENDICES

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