‹ Traité élémentaire d'archéologie ... T. 1Chapitre 23 sur 37 · ÉTRUSQUES, GRECS ET ROMAINS · texte numérisé non relu

ÉTRUSQUES, GRECS ET ROMAINS

Linture avant les Grecs, et Pline attribue L premiers un certain degré de perfection, avant que les Grecs eussent échappé à renfonce de l’art. De très-anciennes peintures, à Urdée en Étrurie, et à Lanuvium, avaient encore, du temps de Pline, toute leur fraîcheur primitive; on voyait aussi, selon Pline, des peintures plus anciennes à Céré, autre | v uie de l’Étrurie, et l’écrivain romain les loue encore très-particulièrement. On voit de nos jours, aux environs de Tarquinia, près de 2000 grottes ayant servi de tombeaux aux Étrusques; les pilastres sont chargés d’arabesques, et une frise qui règne autour des grottes est composée de figures peintes, de deux à trois palmes de hauteur, drapées, ailées, armées, combattant ou traînées dans des chars attelés de chevaux. Ces scènes peintes sont très-variées; on y retrouve les idées des Étrusques sur l’état de l’âme après la mort, des combats de guerrier à guerrier, des combats plus nombreux, un roi qui survient dans la mêlée, des danseuses, etc. Les Étrusques peignirent aussi les bas-reliefs, les statues, et employèrent l’application du blanc de céruse, sur lequel le contom de

ligures est tracé en noir, et où les autres couleurs ont été disposées. Ce que nous avons dit des caractères du style étrusque se retrouve dans leurs peintures ; le style est le premier guide dans les études archéologiques, et les peintures des grottes de Tarquinia, gravées dans l’ouvrage du savant Micali, sont des exemples du style étrusque, très-bons à étudier pour s’en faire une idée, et l’appliquera d’autres monuments du même peuple.

137. Les Grecs portèrent la peinture au plus haut degré de perfection. Leurs premiers essais furent très-postérieurs à ceux des Égyptiens; ils ne datent pas même de l’époque du siège de Troie, et Pline a remarqué qu’Homère ne parle nulle part de la peinture. Les Grecs cultivèrent toujours la sculpture de préférence; Pausanias ne cite que 88 tableaux et 43 portraits; il décrit au contraire 2827 statues. Celles-ci étaient en elFet un ornement plus convenable aux lieux publics, et les dieux étaient toujours représentés dans les temples par la sculpture. Les Grecs passèrent par tous les degrés d’épreuves qu’exigeait le perfectionnement successif de la pein-

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e’esl du moins ce que dit rhisloire do urt dans la Grèce, quoiqu'on puisse relue,- que, plusieurs siècles avant la guerre , Troie, les colonies égyptiennes ont pu L faire connaître la peinture proprement oui décorait des monuments bien autels à l'époque de la migration de ces côtoies. On indique toutefois de grands tatact, tels que la bataille des Magnésiens .,1 .die, par Bularclius, comme peints de s la piade, au commencement du septième lie ait l’ère chrétienne. La Grece eut, depuis , un grand nombre de peintres ce e lues, qui traitèrent tous les genres, 1 «cl . lecture, le paysage, V histoire, les eurs, , fruits, le portrait, l’allégor.e, le burle^q et la caricature. Ils avaient des tableau ^ petites dimensions , et transporta * es lieu dans un autre; il paraît aussi qu rhasius peignit la miniature.

138. La peinture était communemen ployée chez les Grecs dans la docoi a l0 | temples et des liabitntions- lis en (dlj, les murs en détrempe, soit à f) es< ï l ' e ’ n( j ils étaient fraîchement recrépis, s ils étaient secs. Tout ce qu’on a ccr.t

les peintures (THerculanum et de Pompé,

donne une idée générale de la variété des

sujets que l’imagination des Grecs créa dans cet art.

139. Les auteurs anciens parlent aussi de la peinture à V encaustique, ainsi nommée parce qu’on employait le feu pour étendre et fixer les couleurs au moyen de la cire. Ceux qui ont tenté de retrouver ce procédé ont obtenu des résultats divers, et l’on ignore encore si ces procédés ressemblent à ceux des Grecs. On croit qu’aucun de leurs ouvrages en ce genre ne nous est parvenu. On a cependant découvert, il y a quelques années, dans les environs de Rome, un portrait de la reine Cléopâtre, peinte en buste à l’encaustique, de grandeur naturelle, et sur une ardoise. Cet ouvrage a été apporté à Paris, et les opinions des savants ont été très-partagées sur son époque; les uns le considéraient comme un tableau réellement antique et un exemple précieux de la peinture à l’encaustique, ce que la fidélité du costume égyptogrec semblait contirmer; d’autres n’hésitaient pas à l’attribuer à un artiste du siècle de la renaissance des arts en Europe; enfin

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m Allemand a prétendu tout récemment que ce portrait est l’ouvrage de Timomachus de Byzance , contemporain de la reine d’Egypte, pe ces sentiments si opposés , la critique tirera peut-être un jour d’autres lumières et quelques certitudes.

140. Il n’est pas nécessaire de s etendre ici sur les diverses écoles de peinture en Grèce, il y en eut plusieurs, parce qu’il y eut beaucoup de bons maîtres. Mais leurs ouvrages étant perdus, la connaissance des caractères particuliers à chaque école serait aujourcl hui très-oiseuse. Il suffit donc au but qu’on se propose ici, des notions générales qui se rapportent a la peinture. Les anciens altiste., ajoutaient très-souvent le nom à la figure (lu personnage qu’ils représentaient; ils - e <- 1S tinguaient surtout par la correction du c es sin , le sentiment, l’expression et la pose (es figures, et l’idéal donts ils les annnaien Quant au coloris, la détrempe ne loin o rai pas les ressources des couleurs à 1 1U1 peut-être aussi que l’inobservation u c obscur, le défaut de l’extrême haï nrom naît de la dégradation des nuances, a f s quelque chose à désirer à l'égarr

parfaite illusion qui fait le charme et le prix des ouvrages modernes. Les artistes anciens couvraient leurs tableaux d’un vernis appelé atramenlum ; on en reconnaît encore quelques traces sur les peintures d’Herculanumet de Pompéï. On remarque enfin que les Grecs mirent peu de figures dans leurs compositions, mais ils en soignèrent très-particulièrement l’expression. Ce qui nous en reste ne doit point servir à asseoir notre jugement sur le degré de perfection où l’art était parvenu; ce sont, en général, des travaux d’artistes médiocres, de décorateurs de bâtiments, et l’iiistoire nous donne une opinion plus avantageuse des travaux des Grecs en peinture; elle en raconte même des merveilles. Ce que nous dirons des vases peints, dans la section suivante, confirmera en quelque sorte ces récits.

141. 1 ^es Romains connurent, la peinture par les Étrusques, leurs ancêtres et leurs voisins. La tradition leur attribue les premiers ouvrages qui servirent à l'ornement des temples de Rome, et selon Pline, on n’y accorda jamais beaucoup de considération ni à l’art ni aux artistes. Fabius, le premier des

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