Egyptiens. Le temple proprement dit
ou la cella, était de forme carrée ou carré long; c’est là qu’habitait le dieu, représente par son symbole vivant, que des esprits légers ou superstitieux ont pris pour la divinité même. Les rites religieux avaient réglé dans tous ses détails l’ordre du service des prêtres auprès de ces animaux sacrés, choisis et désignés d’après les signes extérieurs réglés par le rituel , et qui étaient embaumés après leur mort. La cella, partie principale du temple, en est toujours la plus ancienne, et porte le nom du Pharaon qui l’a fait cons truire et dédiée. Les plans des divers tem pies de l’Égypte, figurés dans la Description
42 MONUMENTS D’ARCIIITECTURE.
de cette contrée, rédigée par les savants fran. çais de l’expédition, montrent une grande diversité dans leur ensemble, mais prouvent une certaine uniformité dans les parties principales. La description suivante du temple voisin du palais de Louqsor, à Thèbes, donne une idée suffisante de ce genre de construction chez les Égyptiens.
39. Temple de Louqsor. Un pylône, ou porte flanquée de deux espèces de tours carrées et en talus, long de 25 mètres, conduit dans une cour ornée d’un portique sur trois côtés, et formant un rectangle dont la longueur est exactement le double de la largeur. Des piliers cariatides soutiennent le plafond du portique; des deux côtés, les galeries latérales ont 8 pieds 9 pouces de largeur; le portique du fond est formé aussi par quatre cariatides, mais placées en avant de quatre colonnes. La porte qui est percée dans ce mur est couronnée d’une corniche ornée d un globe ailé au-dessous duquel se montre la tôle du serpent Urœus; celte porte conduit a un second portique , soutenu par deux rangées de colonnes, dont les chapiteaux ont la forme d un bouton de lotus tronqué. Quel-
des temples.
aues sophites sont percés de trous carrés Liés en forme d’entonnoir renverse ; c es
■rés
;.,.éscn forme d'enlomiou- rare.*, ^est „ 'là que la lumière pénètre dans ce second portique. Un petit avant-corps ligure sur le ,|„ fond , la façade d'un temple; nue porte y est pratiquée , et donne entree dans un sanctuaire de 8 mètres 1/3 de profondeur, slir 14 mètres de largeur, et qui est éclairé parties soupiraux ouverts dans la partie supérieure; au fond, est un petit corps avancé, où Ton a pratiqué une niclie qui servait à renfermer l’animal sacré, symbole du dieu adoré dans le temple. Sur les côtés, deux couloirs communiquaient avec ce sanctuaire, et 1 escalier pratiqué dans l’un des deux mène sur la plate-forme du temple. Il a dans son ensemble 160 pieds de longueur sur 76 de large, et ses murs sont entièrement couverts de sculpture en bas-relief dans le creux et coloriées. Ces dimensions sont à peu près celles des grands temples de l’Égypte; mais il en est plusieurs de proportions colossales, et celui-ci n’est qu’une partie du grand palais de Louqsor, dans un quartier de Thèbes.^
40. Grand temple du sud à hamac. 1 01,1 donner au lecteur une idée approximatif e< e
ce qu’entreprenait la munificence des Égyp.
tiens, et de leur piété envers les dieux, nous plaçons ici une description sommaire du grand temple, au sud des ruines de Karnac autre partie de l’ancienne capitale de la Thébaïde et de l’Égypte.
Une allée de sphinx accroupis sur leur piédestal, au nombre de 600 environ de chaque côté , conduisait , par une avenue de 2000 mètres, pavée en dalles, du palais de Louqsor au temple de Karnac; qu'on se figure l’avenue des Champs-Élysées , à Paris, depuis l’Arc de Triomphe jusqu’à la place Louis XV, décorée, de chaque côté de la route , d’une rangée de 600 sphinx placés sur des piédestaux de 16 pieds et demi de long sur 4 pieds 7 pouces de large. Une autre avenue, ornée de béliers placés de même sur des piédestaux, prolongeait la première sur une longueur de 165 mètres, ayant 58 de ces monolithes de chaque côté. La tête d’un bélier a 4 pieds et tiers de longueur, et le reste du corps est taillé sur cette proportion. Des arbres ombrageaient les abords du temple; une porte triomphale, isolée, se présentait d’abord; le mur d’enceinte s’appuie sur
des temples.
ses côtés; elle a 17* pieds 3 pouces d’ouverture, 38 P ieds 3 P ouces de P rofondeur ’ 64 pieds 7 pouces d’élévation , dont 44 pieds
sous la plate-bande. Elle est en grès : sa corniche est ornée du globe ailé avec l'Urœus; le reste de sa surface à l’extérieur, à l’intérieur et au plafond , est couvert de sculptures coloriées et d’inscriptions hiéroglyphiques; l’enfoncement même où venaient se loger les battants de la porte, en est également orné. A 43 mètres de distance, on arrive au pylône ou entrée principale du temple; des béliers sur leurs piédestaux ornent encore cette avenue. Le devant de ce pylône avait, de chaque côté , quatre mâts d'une grande élévation et portant des banderoles ; sa longueur est de 98 pieds; sa largeur de 31,
et sa hauteur de 55. Il paraît que deux statues colossales décoraient cette entrée qui introduit dans une cour découverte, entourée d’un double rang de colonnes ; leurs
chapiteaux, en forme de lotus tronqués, sont surmontés de dés assez élevés qui portent l’entablement. Vient ensuite une salle hy-
postyle ornée de 140 colonnes de proportions colossales. Trois portes sont pratiquées dan-
le mur du fond ; celle du milieu conduit à un sanctuaire isolé, et les deux autres à de t )e . tites salles dépendantes du temple. Une autre salle est aussi derrière le sanctuaire h une porte conduisait encore à d’autres dépendances. Les murs et les. colonnes sont chargés de sculptures coloriées; rien n’égale ailleurs cette profusion, il n’est pas extraordinaire d’en mesurer 30,000 pieds carrés dans un temple égyptien.
Des obélisques ornaient l’entrée des temples, et portaient le nom des princes qui avaient élevé, réparé ou augmenté ces édifices; car il ne faut pas perdre de vue que les grands monuments de l’architecture égyptienne sont le fruit du temps et de la piété de plusieurs rois qui ajoutaient de nouvelles salles, de nouvelles cours, des portiques, d’autres ornements ou des murs d'enceinte a des temples commencés par d’autres rois:
ainsi, pour le temple de Karnac, dont nous venons de parler, le sanctuaire porte le nom d’un des rois de la XVIID dynastie , et la porte triomphale est du règne d’un Ptolomée, dont le nom et celui de sa femme Bérénice sont plusieurs lois répétés sur ce magnifique
DES TEMPLES
monument : or, plus de douze siècles séparent
ces deux époques. ..
Ce qui sert à caractériser particulièrement l’art égyptien appliqué à la construction des temples, c’est la richesse et l’abondance des sculptures; aucune place ne restait inoccupée, ni à l’intérieur , ni à l’extérieur. Les mandes actions des rois y étaient représentées dans un style grandiose; leurs guerres, leur triomphe, l’hommage qu’ils font aux dieux des fruits de leurs conquêtes. L’his-
toire étrangère à l’Égypte puise dans ces tableaux de précieuses notions ; les peuples de l’Asie et de l’Afrique, avec leurs noms, leurs
costumes et leur physionomie , y ligurent tour à tour sur ces peintures. C’est parmi les représentations historiques de ce même palais de Karnac qu’on a reconnu le roi de Juda, Jéroboam, emmené prisonnier par le Pharaon Sésonchis, indication toute conforme à ce qui est raconté dans la Bible , au chapitre xiv du III e livre des Rois, sur ce môme Pharaon Sésonchis qui prit Jérusalem, pilla le temple de Salomon, enleva les bouclieis d’or, et emmena le roi de Juda prisonniei.
L’histoire ancienne ne trouve nulle paît de
48 MONUMENTS DAKCHITECTÜRE.
documents plus authentiques, plus dignes de confiance que ne le sont les tableaux et les k scriptions qui couvrent toutes les faces des édifices de l’Égypte.
41. Grecs. Les temples, en Gkce, étaient très-nombreux ; les villes en élevaient;» leurs divinités tutélaires : Athènes à Minerve Éphèse à Diane, Delphes à Apollon , etc., et les habitants des campagnes, aux divinités champêtres. Les temples des Grecs n’égalèrent, jamais l’étendue de ceux de l’Égypte: tel ne fut pas le goût de ce peuple; mais les arts qu’il perfectionna se montraient avec toute leur ricbessedans leurs monuments religieux.
On donna le nom d eüiéron à la totalité de l’enceinte sacrée qui renfermait le temple proprement dit, les habitations des prêtres, et des terrains quelquefois considérables. Le naos , cclla ou temple proprement dit, avait ordinairement la forme d’un carré long; quelquefois une cour, entourée d’un portique ou d’une colonnade, le précédait, connue au temple d’fsis à Pompeï, au temple de Sérapis à Pouzzoles, et au temple de Jupiter olympien a Athènes, lia portique , area, entourait la cella, et celui-ci était plus ou
DES TEMPLES
moins vaste , selon la destination du monument. C’est là que le peuple s’assemblait, les mètres seuls ayant le droit d’entrer dans le temple ; le peribolos ou cour entourée d’un mur, qui la séparait du reste des terrains sacrés’ ajoutait encore à l’étendue de l’espace; il était ordinairement orné de statues , d’autels et autres monuments , même de quelques petits temples. Ceux des divinités tutélaires étaient, en général, sur le point le plus élevé de la ville; ceux de Mercure, sur les marchés; enfin les temples de Mars, de Vénus, de Vulcain, d’Esculape, en dehors et près des portes; mais en cela on consultait d’abord les localités, et quelquefois les ordres des oracles ou les présages divins. En général, l’entrée des temples regardait l’occident, afin que ceux qui venaient faire des sacrifices fussent tournés vers l’orient, d’où la statue du dieu paraissait venir. La partie antérieure, en avant de l’entrée de la cella, ; s’appelait le pronaos , et la partie postérieure, s’il y en avait, le posticuni ou opisthodome. Au-dessus de l’entablement des colonnes, s’élevait, aux deux façades, un fronton en triangle obtus, nommé œlos et œtoma pat
50 MONUMENTS d’AKCHITECTUHk.
les Grecs. La façade était toujours ornée (T nombre pair de colonnes , c’est-à-dire d^î (temple tetrastyle), de G (hexastyle )^ u (i octastijîe ), et de 10 ( décastyle ). Sur lescô.
tés, ces colonnes étaient ordinairement ei nombre impair, et comme la longueur du temple était communément le double defe largeur, il y avait 13 colonnes de côté pour la façade de G, 17 pour celle de 8, en contp.
tant deux fois les colonnes des angles. C’est ce que l’on remarque au petit temple é Pæstum, à celui de la Concorde à Agrigente et au Parthénon d’Athènes ; des escalien intérieurs conduisaient aux parties supérieures de l’édifice. La statue du dieu auquel il était consacré, en était l’objet le plus sacré, et l’ouvrage des plus habiles artistes. Les particuliers pouvaient placer à leurs dépens, soit dans 1 e naos, soit dans le promu, des statues d’autres dieux ou de héros. Ûi leur faisait également des sacrifices, et te autels étaient dédiés, par la piété des Grecs,
à la divinité principale, et aux autres dieus adorés dans le même temple , geois sïmaoi- L’autel des sacrifices était placé devant li statue de la divinité principale; quelquefois
des temples.
. «tours autels se voyaient dans la même ' t es m urs intérieurs étaient chargés de Lires représentant le mythe du dieu ou w actions (les héros et des anciens rots. En- L on déposait dans le trésor du temple, '«vent placé dans Yopisthodome, les riches offrandes, les dépouilles enlevées sur 1 ennemi , qui étaient consacrées aux dieux par les rois, les villes, les généraux et les particuliers. Quelquefois aussi le trésor public était déposé dans le temple. Ces monuments présentaient les plus beaux modèles de l’architecture antique : l’ordre toscan et l’ordre dorique caractérisent les plus anciens, et l’ordre corinthien les plus élégants.
42. Etrusques ou Toscans. D’après ce que dit Vitruve du temple de Gérés, construit à Rome, auprès du grand cirque, par le dictateur A. Posthumius, l’an 260 de Rome, (494 e avant J.-C.), et qui fut démoli sous Auguste, les temples toscans ou étrusques avaient une ligure oblongue; la surface était divisée en deux parties dans le sens de la longueur; celle de devant était pour le poiique, et l’autre pour le temple proprement partagé en trois celles , celle du milieu
poui Jupiter, ayant a droite celle de ju cure, et celle de J unon à gauche. Mer '
Gaulois. Malgré l’opinion de q ue i qU(1 archéologues, qui ont cru reconnaître d a ' des constructions antiques des restes de t e m pies gaulois, il ne paraît pas que ces peuple, en aient construit primitivement; il est vrai que des champs, entourés de grosses pierre!
brutes, iichées en terre , ont été considéré! comme des temples de ce peuple; tel est l’ensemble circulaire de Carnac en Basse- Bretagne. Les pierres qui le décrivent sont remarquables par leur volume, et l’ensemble de l’ouvrage annonce une intention manifeste et le travail de l’homme; mais l’on est encore fort divisé sur la nature et la destination de ce monument, et de quelques autres de formes analogues qui subsistent en divers lieux delà France.
H. Romains. Rome, disciple de la Grèce, l’imita, en général , dans la construction de ses temples, et ce qui vient d’être dit des temples des Grecs s’applique presque entièrement a ceux des Romains. Il ne faut pas oublier d ailleurs l’enseignement qui nous est donné par Horace, qui rappelle que la Grèce
des temples.
« après avoir subi son farouche vainïntroduisit les arts dans le Latium en-
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germes du goût pour
Toutefois les temples romains différaient es-