‹ Traité élémentaire d'archéologie ...T. 2Chapitre 11 sur 79 · On a vu (§ i er ) les usages divers que · texte numérisé non relu

On a vu (§ i er ) les usages divers que

les anciens firent des pierres gravées , soit intailles , soit camées. Ils les employèrent aussi à l’ornement des plus précieux ouvra, ges de l’art et des ustensiles religieux. Une inscription grecque, publiée par Chandler, et qui est l’inventaire public du trésor déposé dans TOpistodome du Parthénon à Athènes, indique clairement que des pierres gravées en faisaient partie. Une corne d’abondanee en or et ornée de pareilles pierres, fut donnée par Auguste au temple de la Concorde, à Rome ; et l’éloquence de Cicéron contre Verrès a rendu célèbre un candélabre orné.^d’intailles ouUle camées , destiné par le roi Antiochus au temple de Jupiter- Capitolin. Au dire de Pline et de Suétone , César et Marcellus consacrèrent inème des collections de pierres gravées aux temples de Vénus et d’Apollon , à Rome.

Une autre collection , formée par le roi Mithridate , était célèbre par sa magnificence, dans l’antiquité meme. Enfin Pompée et Scaurus avaient aussi de riches collections à Rome. Dans le Bas-Empire, les pierres gravées et les pierres précieuses étaient répandues à profusion dans les vêtemens des prin-

ces, des femmes et des riches particuliers; au moyen âge , elles étaient encore très recherchées, quand tous les autres monumens antiques étaient méprisés ou inconnus. Le sceau du roi Pépin était une pierre antique portant la figure d’un Bacchus , et celui de Charlemagne, un Sérapis. On en orna aussi les bijoux des églises , les reliquaires , les châsses des Saints , la reliure des livres lithurgiques ; et ces monumens tout profanes, dont le sujet n’était bien souvent rien moins que pieux , concouraient à la splendeur du culte chrétien. On doit à cet usage la conservation d’un grand nombre de pierres gravées et des plus belles ; car lorsque la barbarie eut anéanti les traces du goût et de la pratique du bel art, les pierres gravées furent oubliées jusqu’en des temps meilleurs, bien qu’assez tard on eût fabriqué en Orient des camées et des intailles en pierres fines ou en pâtes , représentant des sujets chrétiens tirés de F Ancien et du Nouveau Testament , et portant quelquefois de longues inscriptions grecques. Mais ces ouvrages ont ous les défauts qui caractérisent cette époque d agonie pour l’esprit humain. Au XV e

siècle , on tenta quelques essais en Occident pour restaurer la glyptique ; mais il f a ll a ; t un mouvement plus général dans les esprit, pour raviver la source du savoir et les ef.

forts de l’intelligence. Les Turcs nous ren.

dirent ce grand service,, sans y penserai la glyptique , qu’on n’avait pas tout-à-fait oubliée à Constantinople, passa avec les let. très en Italie, où les Médicis les accueillirent avec une munificence qui est leur plus beau titre à la reconnaissance des hommes. Il s montrèrent un penchant particulier pour les pierres gravées , et les courtisans propage* rent ce goût, tout en ne songeant qu’à fiai* ter celui de leurs maîtres. Jean et Dominique excellèrent dans la pratique d’un art qui était l’objet des plus grands encouragemens; 1 le premier grava en creux , le second en relief, tous deux avec un tel succès, qu’ils ne sont connus dans l’histoire que sous la dénomination de Jean des Cornalines et fiowii- . nique des Camées.

17. La gravure en pierres fines , qui renaquit en Italie au XV e siècle, y fleurit surtout dans le XVI e , déclina dans le XVII e , et refleurit dans le siècle suivant. Cet art fut

importé en France par Matteo del Nassaro, qui y vint à la suite de François I fil , et Caldoré se distingua le premier- parmi les artistes français en ce genre , dès le règne de Louis XIII. Mais la France nous semble pouvoir revendiquer avec toute raison une famille d’artistes nés français, à Figeac(Lot), celle des Siriés, qui se sont succédés de père en fils , comme graveurs de la galerie et à l’école des beaux-arts de Florence; ils y existent encore , et le talent de Louis Siriés est sur-tout loué par Giulianelli , comme ayant réussi à renfermer un grand nombre de figures dans un petit espace. D’autres artistes français se sont distingués dans la glyptique, par le mérite de leurs ouvrages :

Julien de Fontenay, que l’on croit être le même que Caldoré ; Maurice, originaire du Milanais, mort en ; Barrier , mort en

1746 ; Jacques Guay, de Marseille , et M.

Jeuffroy , membre de l’Institut. Cet art reprend , depuis quelques années , un nouvel essor , au moyen des grands prix fondés par la munificence royale et décernés chaque année par l’académie royale des beaux-arts.

En Allemagne , la gravure en pierres fines

Si 8 PIERRES GRAVÉES.

remonte au XVI e siècle, et les artistes de ce pays prétendent au premier rang après l es Italiens. Ils font encore beaucoup d’armoi.

ries sur pierres dures. L’Angleterre cite aussi quelques bons graveurs ; au premier rang,' Thomas Simon , qui grava le portrait de Cromwell, et quelques artistes vivans y donnent aujourd’hui des preuves d’un nié.

rite réel.

§ VIII. Artistes anciens.

1 8. Après cette légère esquisse de l’histoire de la glyptique jusqu’à nos jours, nous devons revenir au sujet principal de ce Résumé , la Glyptographie des anciens. Le nombre des artistes de cette époque, qui ont signé leurs ouvrages, est assez considérable, et nous en donnons ici une nomenclature abrégée, par époque. Elle est d’une utilité cerlaine, autant pour l’histoire de l’art que pour l’étude des monumens memes , sur-tout par l’indication des principaux ouvrages de chaque artiste et de leurs marques particulières. On pourra par-là reconnaître les copies anciennes ou modernes de leurs produc-

AUTISTES AJVCIEJVS. 2 9

tions. On n’a recueilli le nom d'aucun des artistes égyptiens ou étrusques. La liste s’ouvre I par les artistes grecs, et l’histoire écrite place en tête Théodore de Samos, qui avait gravé j l’anneau de Polycrate. Pline le considère ; comme l’inventeur du tour; mais on peut remarquer à cet égard que les ouvrages égyptiens exigeant les mêmes procédés, c’est ; encore à ce peuple qu’une pratique antérieure doit faire rapporter la découverte de tous ces moyens mécaniques. Afin de donner à la liste qui suit toute son utilité , nous marquerons d’une astérisque * les noms des graveurs dont aucun ouvrage ne nous est parvenu.

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