SECTION SECONDE
Glyptographie des divers peuples anciens,
2 6. Après les principes généraux de la glyptographie , il est utile d’entrer dans
Cryptographie des égyptiens. 49 quelques détails particuliers sur les productions de cet art, qui nous sont parvenues de chacun des peuples anciens considérés comme formant l’antiquité classique et Pensera - Me des origines pour notre occident. On trouvera donc dans les paragraphes de cette section , des notions spéciales sur les pierres gravées , égyptiennes , étrusques , grecques et romaines , les particularités qu’on y doit essentiellement remarquer afin de ne point se méprendre sur leur authenticité, la véritable expression du sujet, les caractères du travail, et leur classification. Nous ne pouvons point parler de la glyptographie des Gaulois : aucun monument de ce genre ne nous est parvenu de ce peuple célèbre, et l’histoire écrite ne nous dit pas qu il ait connu ou pratiqué Part dont ces monuinens sont le produit.
§ I er Glypto graphie égyptienne .
2 7‘ La forme la plus générale des pier-
res gravées égyptiennes est celle du sca -
ra bée posé sur une base ovale applatie , et
c e $tla surface extérieure de cette base qu*
PIERRES GRAVEES.
a reçu la gravure. Celte base est percé, dans le sens de sa longueur. L’insecte en plus ou moins détaché , selon que 1 ouvrag, est plus ou moins soigné, quelquefois i n’y tient que par l’extrémité de ses pattes plus souvent il adhère entièrement à la qui n’est alors qu’indiquée par un creusé sur le contour de la pierre. Par disposition , les scarabées égyptiens tout à la fois intailles et camées ; et il esté remarquer que souvent l’exécution en i de la figure de l’insecte, est d’une perfectiu, qui ne laisse rien à désirer , c’est le portrait accompli de l’individu vivant , le scanhit . 1 sacré , tel que M. Cailliaud l’a rapporté le la Nubie. Les élytres , ou ailes supérieurs!
du scarabée en pierre , sont ordinairement unies , et quelquefois striées.
28. La gravure proprement dite a été exécutée selon divers procédés qu il est utile de remarquer et de distinguer avec pu cision; ils sont très soigneusement décrit dans l’ouvrage publié sous le titre de Ch »
de pierres gravées antiques égyptiennes et pu
sanes (Paris 1817 , in- 4 °)> P ar M - L - J J Dubois , qui porte dans la reproduction
GLYPTOGRAPHIE DES EGYPTIENS. 5l
I des monumens de l’antiquité par le dessin , une fidélité malheureusement trop rare et qui ne peut être que le fruit des plus sérieuses études. Onne saurait avoir un meilleur guide et nous le suivons ici dans l’exposé des divers procédés que pratiquèrent les graveurs égyptiens. i° Gravure linéaire ; c’est une ligne peu profonde qui forme le J contour de l’objet représenté ; 2° gravure J en creux; elle consiste dans renfoncement à I plat de tout l’espace contenu entre les J contours d’une figure quelconque ; 3° I gravure en relief , c’est la gravure ordinaire Ida camée, mais les égyptiens lui donnaient en général peu de relief; 4° gra - I vure en relief dans le creux , la figure del’ob- , jet est gravée en relief très bas , dans la profondeur d’un creux pris sur une surface f Ilnie > sans enlever le champ de cette sur- ? ce °I l n le dépasse ainsi fort peu en éléval0n J gravure de cachet , c’est le procédé maire pour les intailles ou gravures en Cfeux > P°nr reproduire le sens vrai de l'objet P^une empreinte en relief.On doit observer de ce cinquième procédé, que les Cr, ption$ hiéroglyphiques s’écrivant éga-
pierres gravées.
lement île droite à gauche et de gauche j droite , Y intaille et son empreinte sont éga lement lisibles dans les deux sens; la gravi» de cachet ne s’appliquera donc , à l’égard des égyptiens, qu’aux inscriptions en ciractères hiératiques ou démotiques , qui s’é* crivaient invariablement de droite à gauche, et dans le sens continue sur les cachots destinés à les reproduire dans leur tracé régulier par leurs empreintes. M. Dubois s publié , au frontispice de l’ouvrage précité, un amulette qui porte une inscription démotique ; mais on ne connaît pas jusqu ici de cachet égyptien, proprement dit, portant , en sens inverse , une inscription hiéra-
tique ou démotique.
29. L’usage, chez les Égyptiens, despierres gravées en scarabées est jusqu ici fort incertain, et mon frère promet sur ce sujet un travail qui éclaircira un point encore obscur et important de l’archéologie de ce peuple célèbre. Le nombre des pierres gravées de ce genre est si considérable, elles sont exécutées sur des matières si différentes , si précieuses ou si communes , que ^ difficulté semble se compliquer en p l ' 0 p c:
cryptographie des égyptiens. 53 lion. Un fait certain, cest que les égyptiens portèrent des scarabées en bague ; on en connaît déjà plusieurs montés sur or pour cet usage , et l’anneau traverse l’épaisseur de la base du scarabée , de manière à le laisser tourner sur cette espèce d’axe. Mais quoique tous les petits scarabées soient ainsi percés, ils peuvent avoir été employés à d’autres usages que le temps nous fera connaître, et notamment aux colliers des vivans et des morts.
3o. La grandeur des scarabées varie de quelques lignes à deux ou trois pouces , et l’on verra plus bas que la diversité de ces dimensions, sert à établir plusieurs classes de scarabées considérés par rapport à leur usage. Les Egyptiens y employèrent , outre les pierres fines et les matières dures , outre le bois et l’ivoire , des substances communes plus ou moins travaillées : i° une argile blanche ou grisâtre , seulement séchée au soleil ^ ou cuite; 2 ° Fargile blanche très ® ne » cuite, ’et diaprée d’une couverte grise , 'violette , brune , verte , blanche , ou bleu de tur quoise i c’est ce qu’on appelle général enî °ut terre émaillée ou porcelaine cg}P^ en "
5/j. PIERRES GRAVEES.
ne; 3° des argiles colorées dans leur masse cuites et grayées ensuite comme les pierres fines ; 4° des verres de diverses couleurs,!
Les scarabées de ce genre étaient poussés au moule, termines avant detie seches ou cuits , au moyen de l’ébauclioir , ou seule, ment ébarbés ; enfin la gravure en creux a été quelquefois remplie soigneusement d’u n mastic noir qui dessine ainsi les objets en silhouette dans le champ du scarabée, resté blanc. On connaît des scarabées de matières diverses qui ont été dorés avec un soin tel, que la trace des traits les plus déliés des signes et figures conserve toute sa vigueur, 3 1 . L’usage des scarabées appartient à toutes les époques de l'histoire de l’Egypte; l’étude et l’explication de leurs inscriptions, au moyen de l’alphabet des hiéroglyphes, ont fait reconnaître les noms des rois de très anciennes dynasties égyptiennes , remontant même à dix siècles avant la guerre de Troie; on y a retrouvé auSsi les noms des Ptolémées qui régnèrent en Egypte, comme héritiers d’Alexandre ; enfin les noms des empereurs romains, jusqu’à Commode inclusivement. L’usage des scarabées subsista donc
G l,yPXOGK.\PHIE DES ÉGYPTIENS. 55 t ,mt que vécut la nation égyptienne; les conquérans qui s’y succédèrent , se firent uU devoir de respecter sa religion et ses usages; leur politique s’enorgueillit peut-être d’une tolérance qui ne fut au fond qu une nécessité. 11 est donc possible d’établir un ordre chronologique dans la classification des scarabées de ce genre , et c’est déjà une utile ressource dans l’étude de monmnens aussi nombreux. Il existe aussi un autre mode de classification fondé entièçejwent sur
les dimensions des scarabées.
32 . Les grands et les petits scarabées forment en effet deux classes spéciales , déterminées p v ir l’usage même qu’on fît des uns
• etdes autres. On classe parmi les grands, ceux qui ont depuis environ un pouce jusqu’à trois de longueur , et l’on a reconnu par la comparaison de ces monumens et 1 étude de leurs inscriptions , que les grands scarabées étaient funéraires ; on voit meme sur des papyrus tirés des momies, la figure
• de ces grands scarabées parmi les divers objets tracés sur ces rituels* mortuaires.
Ou en a trouvé aussi sur les momies, soit au centre de leurs colliers , soit attachés sur
r y fi PIERRES GRAVEES.
leur poitrine, ou enfin occupant le milieu I des figures hiéroglyphiques formées par desP émaux de diverses couleurs , sur l’espèceB de tablier en treillis d’émail qui couvre l e $| plus riches. C/est ce qui explique pourquoi I on trouve de grands scarabées dont le haut!
de la base se prolonge, ou qui sont percés!
d’un ou plusieurs trous qui les traversent!
en long, en large ou dans l’épaisseur de la pierre ; ces trous, servaient à les attacher par des fils ou cordons , au col, au collier, ou bien à les lier avec le treillis des tabliers en émail. Leurs inscriptions sont une légende funéraire ou uneprière pour le défunt, , telles qu’on Ta tracée , figurée ou répétée sur les momies, les papyrus, les figurines et au* 1 très objets relatifs au culte des morts ; il n’y a le plus souvent que les noms propres de changés , car ces légendes contiennent ordinairement ceux du défunt et sa filiation; quelquefois un cartouche royal en donne le* poque, mais les grands scarabées qui portent cette date sont rares , et ils doivent pour cela être plus recherchés que ceux qui ne la j portent pas. Pour les uns et pour les autres, la grandeur , la matière et le travail doivent
ce
géographie des égyptiens. 57
toujours être pris en considération pour apprécier leur valeur. Enfin on trouve beaucoup de scarabées de ce genre qui n’ont pas recula gravure et ne paraissent pas avoir jervi comme amulette funéraire; quelquesuns aussi ont du blanc dans Inscription ; c’est la place des noms du défunt , qui manquent dans la légende, ce qui prouve d’abord l’universalité de l’usage des scarabées pour les morts, et de plus qu’ils étaient préparés d’avance par des ouvriers d’après un type consacré: on ajoutait ensuite les noms du mort auquel le scarabée était destiné. Quelques uns de ces grands scarabées sont très finement terminés ; il y en a dont les élytres de l’insecte sont ornées de figures, quelquefois le corselet en a aussi ; enfin ,1a tête du scarabée a été remplacée par une tête humaine. Ce sont des singularités assez rares et qui donnent plus de prix à la pierre antique.
33. Les petits scarabées sont incomparablement plus nombreux que les grands, et plus intéressants aussi pour l’étude de l’ancienne Egypte; ils sont des documens très préaux pou r les annales et la chronologie; la
matière des scarabées de ce genre , n e nti pour rien dans la considération de leur u lité ou de leur prix. On y trouve la rep r , sentation des divinités égyptiennes son leurs trois formes ( V. Tom. , p agl i 32 , § io 5 à ii 2), des symboles religi euXi des légendes , des inscriptions et des e blêmes sacrés ou civils , des noms de ron de reines et de simples particuliers , des 01 nemens variés , des animaux et des plantei enfin 011 a reconnu quelquefois des dates des nombres exprimés en chiffres dans leui inscriptions. La diversité des sujets i naturellement la classification des petits sq rabées; elle les distingue en scarabées m; thologiques , pour tons les sujets, figures 01 inscriptions qui se rapportent à la religion scarabées historiques , tous ceux qui tenl des cartouches ou noms royaux, noms de simples particuliers , ou des figii' res relatives aux usages civils ; scarabéi physio graphiques , ceux où l’on a gravé ai animaux ou des plantes qui ne font pal partie de la nomenclature des symboli consacrés ; scarabées variés , ou portai seulement des ornemens dont la critiqui
ÜlYVTO G R A P H I K DES EGYPTIENS. 5q géologique ne donne encore aucune interprétation fondée.
jj On trouve de petits scarabées faits de toûte matière ; on doit rechercher principalement ceux qui portent des cartouches nencadremens elliptiques occupés par des hiéroglyphes qui sont toujours le nom d’un roi ou d’une reine, soit le prénom symbolique clu roi, dont le premier signe est pour tous le disque du soleil , soit le nom propre du roi ou de la reine , et quelquefois la circonférence elliptique de la pierre forme elle même le cartouche. Ce sont ces noms
rovaux qui donnent tant d’intérêt aux petits scarabées ; on y en trouve qui sont ceux de quelques Pharaons dont l’époque historique remonte au de-là de celle des plus anciens monumens connus de l’archif tecture égyptienne ; les scarabées ayant multiplié les cartouches de leurs noms , ces noms ont pu échapper plus facilement à toutes les causes de destruction , et la dure té des matières a pu concourir aussi à i eu r conservation dans les décombres d où °n les retire aujourd’hui. Les plus anciens scarabées sont presque tous de matières
fio PIERRES GRAVEES.
très communes , et les hiéroglyphes ^ exécutés sans finesse. Le nom qui se ^ contre le plus fréquemment sur ceux ( poque postérieure à l’invasion des Pasteu.
est celui du grand roi Mœris de la XVlj dynastie ( il régnadansle XVII e siècle aval J.-C.), et dont le prénom royal se comp 0
de trois signes seulement : le disque du sole]
un mur crénelé et la figure du scarabée, peut donc avec une collection de scarabée former une série chronologique des non des rois d’Egypte, depuis la plus haute; tiquité jusqu’au second siècle de l’ère chré tienne. La suite des travaux de mon frères les monumens hiéroglyphiques , et mes recherches sur leur chronologie, mettronlbientôt les élémens complets de cette étude et de la classification des scarabées selon l’hisl toire, entre les mains des archéologues des amateurs éclairés ; ces élémens résulte] ront des Lettres à M. le duc de Blacas ) re!a-| tives au musée de Turin, (i) Nous termine rons cet article par un vœu : que les possesl
mJ
fi) La première et la seconde Lettre comprennent lara zième dynastie et les suivantes, jusques et y compris la vingtl deuxième. [Paris, chez Firmin Didol, in-S°, avec 16 planches.] La troisième lettre complétera ce travail jusqu’aux Romains.
r . ïPT OGfiAPHJE DES ÉTRUSQUES. 6l J e collections de scarabées veuillent S les publier par la gravure ou la litliohie- c’est un service qu’ils ne doivent ïefaer 4 l'archéologie égyptienne. M. de Lbüchel, conservateur du tnusee intperial à Vienne, a donné à cet égard un exera-. Je nui trouvera sans doute des imitateurs (i). ^touche du roi Mccris, PL M, Fig. a et /,.)
§ IL Glyptographie étrusque.
35 . La glyptique des étrusques éprouva les mêmes vicissitudes que tous les autres arts du dessin chez cette ancienne nation Italienne ; et ce qui a été dit plus haut
(tom. I er , page 122, § 97, ) sur les caractères particuliers de son style , s applique ega lement aux pierres gravées qui sont son ouvrage. On les reconnaît encore a deux autres marques distinctives, à la forme de scarabée , qui leur est assez ordinaire , 2 0 à un grainetis , formé de points en ci eux qui cernent le cliamp de la pierre. L opinion
(i) Scarabées égyptiens figurés, du musée S. M. 1 empereur. Vienne, Strauss, in ’4 9 contenant 5ig sujets.
des antiques <I e avec 4 planches
commune est que les étrusques imitèr des égyptiens cette forme du scarabée, et qtf la connurent , soit par leurs relations ay ec Sicile où les ouvrages égyptiens parvins de très bonne heure, soit par Pytha qui avait visité l’Egypte et étudié ses m tutions , ou par ses élèves qui lui succédl rent dans la partie méridionale de ritalieoi cet illustre philosophe avait fondé son éco!
et l’on a déjà vu que l’usage des pierres j| ce genre , remonte en Égypte à plusieu siècles avant le plus ancien ouvrage étru que connu. D’ailleurs les pierres de ce de; nier peuple n’ont pas toutes la forme duscarabée.
36. Les Etrusques gravèrent à la fois eu intaille et en camée; leurs scarabées le de.
montrent pour eux comme pour les Égypltiens , en remarquant toutefois que les scarabées des Etrusques ont moins de relief et sont moins terminés que les scarabées égyptiens. Les pierres étrusques qui portent des inscriptions sont aussi nombreuses que celles du meme peuple qui n’en portent pas et ces inscriptions sont d’un grand secours pour authentiquer l’origine de la pierre, les
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GiyP TOGEAPHIE DES ÉTRUSQUES. 63 I ttres de l’alphabet étrusque ayant des for- Ils particulières qui ne se trouvent pas toutes L l’ancien alphabet grec , tel qu’il nous É ji connu par les ni on u mens , et étant tra- J es de droite à gauche , avec quelques exceptions à cette règle pour les ouvrages du troisième style. Les pierres étrusques sont toutes percées de part en part dans le sens de leur longueur; et Winckelmann n’osa pas décider si cette perforation des pierres prouvait quelles furent montées sur anneau pour servir de bagues, ou si elles furent seulement employées à des colliers ou comme amulettes. On a trouvé depuis , dans des tombeaux étrusques, des bagues ainsi montées; il ne reste donc plus d’incertitude sur l’emploi des pierres à cet usage , et Visconti a prouvé aussi que ces bagues servirent cie
I cachet.
1 1 37. Pour les pierres gravées comme pour . î les autres productions de l’art des Etrusques, j on a reconnu trois époques dans leur style. (Voy. t. I er , pag. 122 , § 97.) On considère fournie les plus anciennes celles de ces pierres • °ù toutes les masses d’une figure sont simpleinent indiquées par des ronds creuses au
64 PIERRES GRAVEES.
moyen de la bouterolle. Ce travail gr 085 :
annonce l’enfance de l’art ; mais les fan SS] res en ont fait de nombreuses imitationsont mis aussi sur leurs contrefaçons le g r , netis qui entoure le champ de la pierre les amateurs doivent se garantir de ces s porcheries. On a imite aussi les inscripti antiques : l’examen des pierres authentiqi et la connaissance approfondie des divi styles étrusques, sont les meilleurs présep tifs contre de pareilles fraudes.
38. Les inscriptions qui se lisent sur pierres étrusques sont toujours, comme l’a déjà dit plus haut, les noms des persoi nages figurés sur ces pierres; il n’y an] très peu d’exceptions à cette règle général et elles ne dérivent même que de l’igm rance où l’on est quelquefois sur le sensé ces inscriptions. Il est sans doute très digi de remarque que les ouvrages de la glyptiq des Étrusques ^ interprétés jusqu’ici , repri sentent pour la plupart des sujets grecs, tiri soit du système religieux , soit de Fhistoi héroïque de ces mêmes grecs, etdesévèn mens qui ont été les précurseurs ou la cou* séquence de la guerre de Troie. On coin]
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GaP TOGRAl>HlE DES ETRUSQUES. 65
j en effet qu après cette guerre ménto- P ble , les princes qui avaient perdu leurs (tits par leur longue absence , aient cherché un refuge sur les côtes de l’Italie, et inpressé les artistes de cette contrée à travailler sur les faits de l’histoire grecque ; il en résulte que c’est hors de la Grèce qu’on trouve les plus anciens monumens relatifs à son histoire , et ce fait remarquable peut servir de base à la classification des pierres ,]e travail étrusque , en les distinguant en i« Pierres étrusques, Sujets étrusques ,
2° Pierres Étrusques , Sujets grecs.
39. Celles de la première classe sont moins nombreuses que les autres; on cite comme les plus remarquables : i° une agatlie du Musée royal de Florence, où sont figurés deux hommes debout , ayant la barbe, un voile couvre leur tête et descend sur les épaules , une tunique courte est armoiriée , l’une d un cheval marin, l’autre d’un triton ; ils portent sur leur épaule droite un bâton auquel six boucliers sont suspendus : on y a reconnu deux prêtres saliens ou deux de leurs ministres; en haut on lit, en lettres étrusques, et de droite à gauclie, ALLIAS, en bas, ALCE.
l>i£lVli.£S G- il AV EK S.
•j ° Un scarabée , en cornaline, du cabiudu roi de Prusse: un homme debout, l at jj couverte d’un bonnet, ayant un bâton àseï côtés , tient de la main gauche un sac ou es . pèce de vase, d’où il semble tirer les sorts derrière lui est écrit "NAT1S, etW inckelm y a vu quelqu’allusion à la famille de Nautes, compagnon d’Ænée. 3° Un guerrier moitié homme, moitié dauphin, la tête cas quée, un bouclier d’une main , la hastedt l’autre , et pour inscription MILALAS...A On a reconnu dans cette intaille un des Tyrrhéniens qui, dans le voisinage deNaxos, furent changés en dauphins par Bacchus.
JLanzi pense, au contraire, que le héros ïi»
forme est plutôt Glaucus , l’un des argonautes, métamorphosé en dieu marin. 4° La belle pierre du cabinet du roi , à Paris, souvent publiée , et représentant un homme assis sur un tabouret devant une table à trois pieds, où sont trois petits corps ronds qu’il semble mouvoir avec la main droite, tandis qu’il tient dans la gauche une tablette chargée de deux colonnes de signes , qui sont des lettres de l’alphabet étrusque. M. Orioli, de Bologne , reconnaît dans l’inscription de
la
( , L y PT OGKAF Hl fi DES ETRUSQUES. 67 la pierre, qui* lit ABCAR , le mot Abacus ec une terminaison étrusque; l’homme ass is ferait donc des calculs au moyen de flaque , et les figures de la tablette seraient des chiffres où M. Orioli voit les nombres 5oo, 100, 10, 5 o et 5 , les quatre premiers répétés sur les deux colonnes de la tablette ; il en déduit aussi le système numérique des Étrusques, et ces résultats seraient d’une haute importance pour l’étude de l’archéologie étrusque. Mais il resterait moins de doutes sur les principes avérés de cette étude, si le sens des inscriptions était plus certain, et c’est ici une des grandes difficultés que les érudits doivent s’occuper spécialement à surmonter, s’il est possible.
do. Les sujets grecs en présentent bien moins, parce que la mythologie et l’histoire héroïque de ce peuple sont plus généralement connues ; mais il est indispensable de se familiariser avec l’orthographe particulière adoptée par les artistes étrusq ues pour les noms propres grecs , et quelquefois même ces noms ne sont indiqués ( ]ue par un monogramme composé de plus icurs signes combinés* Les sujets grecs les plus connus , parmi les pierres travaillées
par les Étrusques, sont relatifs à Hercule et son nom est écrit, de dioite à gauche avec les lettres étrusques correspondante aux lettres latines HRCLE; à Persée PERSE à Tydée T VTE ; à Thésée THESE ; à PELE; à Ulysse VTVSSE (les Grecs 4 saient ODVSSES ) ; à Achille , AXELE' AXILE et AKILES ; à Ajax AIYAS , VÎ
F signe euphonique ou digamma . Dautr pierres portent des noms inconnus , et .
plus belle parmi les ouvrages étrusque celle aussi que Winckelmann considère comme un des plus anciens ouvrages de li glyptique en Occident, est la célèbre corna, line de l’ancien cabinet deStoch,aujourd'li au cabinet royal de Berlin , et qui représente un conseil tenu par cinq des héros f~ qm s’armèrent pour 1 expédition contte!
Thèbes ; trois, sans armes , sont assis, etls deux autres, armes de toutes pièces, soej debout; les noms des héros , ecnts aleuij côtés , ne laissent aucun doute sui le sujet de cette magnifique intaille ; ce sont Amj phiarée.AMPHTIARE ; Polynice.PHVIÆ
CES ; Tydée, TVTE ; Adraste, ATRESTHfi etPartliénopée, PARTHANAP AE. Ontrouw aussi quelques noms romains sur des pierrü
gl yptographie des ÉTRUSQUES. 69 attribuées aux Étrusques par le style et le travail. Une cornaline, publiée par Caylus , porte les lettres VIBIASF écrites de droite jpnche autour de la figure d’un guerrier mourant ; Lanzi y lit VIBIA SEXTI FILIA, et le guerrier mourant pourrait être le père même de Vibia, mort à l’armée, et dont la fille aurait adopté la figure pour son cachet. L’examen du travail de la pierre peut seul décider s’il appartient réellement à l’art étrusque, etsi l’inscription est de la même époque. Nous avons déjà dit que les faussaires se sont particulièrement appliqués à imiter les formes primitives des lettres ; on ne saurait donc se tenir trop en garde contre leurs frauduleuses spéculations.
4i. Nous terminerons ce résumé sur la glyptographie des Étrusques , en faisant remarquer, dans l’intérêt général de l’histoire des arts du dessin chez ce peuple , que Lanzi diffère essentiellement de l’opinion de Winckelmann, et sur l’origine de ces arts, et stir leurs époques principales en Italie. Lanzi n admet pas une école proprement étrusque, e * qui ait produit des ouvrages avant la vedes colonies grecques en Italie; il sup-
pose que les Grecs de ces colonies furent 1^ maîtres des Étrusques ; que la renommé des héros grecs pénétra en Italie avec l e , poésies d’Homère , et qu’il y eut au moin s un intervalle de trois siècles entre Homère et les premiers ouvrages étrusques, ceil][ du moins qui offrent des sujets tirés de \% toire hellénique. Lanzi considère donc les Étrusques comme les élèves des Grecs toutefois sans qu’ils se soient soumis à une imitation servile des travaux de l’école grecque , et il faut choisir entre les opinions contraires de deux hommes célèbres parleur goût et leur érudition dans les arts et dans les lettres. Mais Lanzi a trouvé aussi des contradicteurs parmi les savaus des divers pays , qui lui reprochent un enthousiasme empyrique pour les Grecs, au détriment de la gloire des anciens peuples de l’Italie. Ily a bien des choses en effet , dans les monurnens de la vieille Italie, qui ne sont pas grecques , et dans les pierres gravées en particulier, la forme du scarabée, que les Etrusques n’imitèrent pas du moins des artistes grecs qui ne l’employèrent jamais. D’ailleurs l’Italie orientale put-elle ignorer les
glY piographie des étrusques. 71 ncIs événemens qui se passèrent dans la
Grèce
^ et les guerres de llièhes , et 1<
guerre
de Troie, et les princes grecs que
cette expédition priva de leurs états , et les poètes antérieurs à Homère? Pourquoi encore les plus anciens monumens de 1 liistou c
grecque
sont'ils d’un travail reconnu pour
étrusque, et non pas grec? Beaucoup de villes de l’Étrurie sont antérieures à la fon-
dation de Rome ; Rome prit clans ces villes ses institutions toutes faites, et la fondation
de Rome, époque secondaire dans l’histoire de la civilisation des Italiens , est antérieure àla première colonie grecque venue en Italie avec Phalante ! L’autorité des faits nous induit donc à reconnaître l’Italie cultivant les arts et les lettres avant la venue des colonies grecques, une école italienne que ces colonies 11 e créèrent point, et des monumens. qui, sortis de cette école, sont parvenus jusqu’à nous. L’opinion de Winckelmann assure donc très légitimement aux Étrusques une place honorable parmi les nations oe I antiquité qui, antérieurement à l’influence des colonies grecques , complétèrent leur civih sation par la culture des arts et des lettres.
PIERRES GRAVEES.
§ III. Glyptographie des Grecs. .
42. Pline a pensé que les anneaux servant de cachet n’étaient pas connus par les Gr ecs à l’époque delà guerre de Troie, et Pl t tarque a dit le contraire , se fondant sur es que Polygnote avait peint Ulysse avecm anneau ; mais l’opinion de Polygnote n ( tranche pas la question sur un fait antérieur de sept siècles à l’époque de ce peintre; et ( ne devant pas nous occuper ici de l’origine de la glyptique chez les Grecs qui purent la connaître bien avant la guerre de Troie, par les colonies venues de l’Egypte où cet art était pratiqué depuis long-temps , nousdi.
rons seulement que la plus ancienne pierre gravée de travail grec , est la cornaline du cabinet de Berlin, où est représentée la mort du héros Spartiate Othryades, événement qui est du 6 e siècle avant l’ère chrétienne, L’inscription gravée sur le bouclier est aussi en caractères grecs tracés de droite à gauche; le travail de la pierre est très soigné, les figures ont de l’expression , mais le dessin est dur et plat , l’attitude gênée et sans grâce
OI.yPTOGRA.PHïE des GRECS. 7^
i Tipiix stvle grec. Le célèbre anneau ; s ; ;i::;o y uv4 de Théodore de Salosiqu Auguste croyait avoir retrouve un temple de la Concorde a Rome , ou 0B le montrait aux curieux , était de la même époque; la pierre de Berlin est ainsi le plus ancien modèle qui nous reste de la glyptique des Grecs , et le travail de l’anneau de Polycrate devait avoir avec elle beaucoup d’analogie: ce style est le type de l’époque. Cette pierre est gravée dans la Description du ca lin et de Stock , par Winckelmann ( p. 4°5 ).
43. La glyptique suivit , chez les Grecs , le progrès et la décadence de l’art. Le nombre
des pierres gravées grecques est très considérable, et quelques-unes sont justement célèbres pour leurs perfections. Leur epoque se déduit de leur style , dont les caractères successifs ont déjà été exposés (tome I er , p- 55.) Mais il est à remarquer que les artistes des temps postérieurs s’appliquèrent souvent à imiter les formes du style primitif, fit même le grainetis circulaire , sur-tout pour représenter les dieux :1a sévérité de ces formes, selon Démétrius de Phalère* dounar *t plus de grandeur et de gravité à ers
représentations , iis tachèrent cle 1^ jjJ dans les masses et dans les détails du M* ‘ tume , la barbe , les cheveux ordinairej 1 ^' séparés en plusieurs tresses. On cite J;!
culièrement ce procédé à l’égard des fi de Y Espérance, dont les pierres gravées J ,| sentent trois exemples. Si les pierres d’il,,, talion de l’ancien style portent une i„ st | • tion , elle est un moyen de critique JL forme des lettres et l’orthographe, et si «E; inscription est le nom du graveur, l’épi pi connue de celui-ci avertit suffisamment!,;] son travail n’est qu’imité de l’ancien stylly 44. Les pierres gravées grecques sXj en général, de forme ovale, et la pieiJL peu d’épaisseur ; le travail est dans lel de la hauteur ou de la largeur, selon l’esAjil que le sujet exige; quelquefois la sorliK | | t gravée des intailics est un peu concamjjK l’artiste y trouvant quelque facilité pour nL. courcir ses figures. Dans les camées le rép p i produisant une espèce de perspective,^ choix des pierres était quelquefois déteriiL par certains rapports de leur couleur am C( leur sujet ; pour Proserpine , les pierres noirtij^ pour Neptune et les Tritons , l’aigue mariiitl pj c j
GI/ïPTOGKAI* HfE DES GRECS. 7 * l’améthiste ; Marsyas écorché, l<- ’ , etc. : cette observation de Mil-
Sera peut-être confirmée par l’étude d’un k grand nombre de pierres antiques. Les gp CS s’appliquaient particulièrement a dollar à leurs pierres le poh gras ou mat, qui est un caractère essentiel de leurs ouvrages, et qui ne reflète pas comme le poli brillant
des modernes.
45. On a déjà dit qu’un nom gravé sur une pierre grecque doit être généralement considéré comme celui de l’artiste qui 1 a exécutée. Il en est ainsi des pierres de la belle époque de l’art en Grèce , et des piei res travaillées par les Grecs chez les Itomains. Ce nom est plus généralement au
génitif qu’au nominatif; du moins il est rare que le même artiste mette son nom tantôt au premier cas , tantôt au second , et celui quil a adopté pour un bel ouvrage , il 1 ^ conservé presque toujours dans tous ies autres. Si donc une pierre porte son nom , d n’est pas indifférent d’examiner la dcsinence rie ce nom : c’est un motif de confiance dans l’authenticité de la pierre , ou bien de suspicion. 11 n’y a qu’un exemple du nom d un
yQ PIERRES GRAVEES.
artiste grec écrit en lettres latines : c’est c qu
de Diphilus. fh