NUMISMATIQUE
se.
SECTION PREMIÈRE
Des Médailles en général.
I3 o. Res médailles furent la monnaie des anciens : on n’élève plus aucun doute sur ce fait, ^ on n’excepte de cette qualification les médaillons , pièces en tous métaux, ainsi nommées à cause de leur grandeur et Ijeur volume extraordinaires, qui les rendaient peu propres aux usages de la monnaie, et même de la perfection de leurs types, qui font supposeï des motifs particuliers à leur exécution. On peut donc étudier les médailles sous le rapport des systèmes monétaires des anciens et comme monumens de leur histoire. Le premier objet intéresse plus particulièrement l’économiste que l’antiquaire, et l’on doit s’abstenir de le traiter ici. L’histoire n’a d’ailleurs conservé que quelques souvenirs relatifs à la théorie des mon-
naies, aux rapports des métaux entre eux, à
la variation do ces rapports , et 1 on a même récemment compliqué ces difficultés , p ar i a supposition que les anciens eurent une mon.
nuis de compte , espèce de type nominal dont les pièces des divers métaux n’étaient p as une coupure exacte , et auquel on ramènent toutes les variétés , comme notre ancienne pièce de douze sols à la livre tournois. Mais l’opinion qui considère les monnaies existantes comme représentatives des dénominations que leur donnent les anciens , a prévalu sur ces vues nouvelles. Nous n’avons à considérer ici les médailles que comme monumens archéologiques.
12 1. Sous ce seul aspect, la carrière est assez vaste, puisqu’elle embrasse tout-à-lafois les deux branches fondamentales de l’histoire, la géographie, la chronologie, et de plus la mythologie , la palæographie , l’iconographie , la police des villes et des états , leurs usages, leurs opinions, et les connaissances des anciens dans les sciences naturelles et d’observation ; enfin 1 état des arts , de leurs procédés , de leurs origine, progrès et décadence, s’y trouve au-
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pjîS MÉDAILLES EN GENERAL. 2l3 Revient exprimé, d’époque en épo- ^R’intcrprétation entière des anciens f e ' . est due en grande partie à l’étude
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^ Icîailles , et la critique littéraire ne sera
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bientôt que l’heureuse et trop tardive
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aSS ° onumens. On reconnut l’importance failles dès la renaissance des lettres
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Europe au XIV e siècle ; les médailles ^ 1 • •*
riales romaines attirèrent la première
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n rechercha ensuite celles des temps anté-
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Je Rome , les médailles consulaires , sivement celles des villes et des colo-
• es j u monde romain. Malgré les recueils ubliés par Hubert Goltz, les médailles grecoccupèrent peu les numographes jus *
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la fin du XVII e siècle. Ce fut dans ce e et dans les suivans que parurent les rands ouvrages d’Occon , de Ducange , de
Hezza barba et de Vaillant sur la numismajque de l’empire romain d’Occident et d’Oient. Le docte Spanheim avait cependant donné plusieurs éditions de son traité De mstantiâ et usu numismatum antiquorum , où 1 considérait la science dans toute son éten-
„ / médailles.
due , et où les médailles grecques servaient aussi utilement que les médailles romaines à jeter ses plus solides fondernens. Mais l es travaux de Vaillant, Frœlich, Pellerin et Combe , ramenèrent bientôt tous les efforts vers les médailles grecques; en meme temps des traités nombreux sur quelques parties spéciales de la numismatique avaient été pu.
bliés dans plusieurs contrées de l’Europe; on connaissait mieux les médailles de l’Espagne, de la Sicile, de la Grande Grèce, de l’Italie supérieure et méridionale , même de quelques villes , par les ouvrages de Flora et d’Erro, de Torremuza, Magnan, Gori, Passeri , Danieli ; il en était de même pourles contrées hors de 1 Europe, pour la Syrie, l’Egypte , la Thrace , par les recherches de Frœlicli , Vaillant , Zoëga , Cary , et autres savans renommés : Swinton , Barthélemy, Réland , ajoutèrent à ces précieuses notions celles qu’ils avaient retirées de l’étude des médailles hébraïques , phéniciennes ou d’autrès peuples de l’Orient, et la science nu mismatique prenait une extension qui en obstruait en quelque sorte les accès. Lepèr Labbe, Banduri , Hirch, composèrent es
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pÊ S MÉDAILLES en GÉNÉRAL. 21 5 hè u es numismatiques , où l’homme stu- $ l ° ^ eva it trouver un guide pour se diri- ^ eU3 ^ ng ges recherches ; mais la science s’ét en proportion de ce zèle , les monuteI1 ^nouveaux se multipliaient , les diffisem blaient s’accroître par la variété
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CU * des opinions et des systèmes , quand ^khel publia enfin sa Doctrina nummorum eteruw , ouvrage immortel , où , réunis- V toute la science de ses devanciers à la S 'em ie f ^ a élevé l’édifice numismati- S ur des bases immuables et en a distribué les diverses parties avec un ordre dide tous les suffrages; Rasche en avait r ainsi dire assemblé tous les matériaux dans son Lexicon rei nummariœ , qui parut à peipsick , en 1785 , et qui a eu depuis plusieurs supplémens. Quelques livres élémen-
taires avaient aussi vu le jour ; on connaissait ceux d’Erigus , Agostini , Frœlich , Zaccheria, Jobert, Patin et Ernesti; mais les Leçons d’Eckhel , détachées de son grand ouvrage, en 1778, firent presque oublier les autres, et ceux qui sont venus après lui, Millin , Avellino , etc. , se sont fait un de-
voir d’extraire leurs préceptes de sa D 0c . L mnc. |