‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 109 sur 152 · LES MALDIVES · texte numérisé non relu

LES MALDIVES

On donne ce nom à des îles situées à Fouest de rinde. Elles sont innombrables; mais telle est leur petitesse qu'on ne peut les habiter. Beaucoup d'entre elles ne sont que des bancs de sable, chaque jour submergés par le flux. Quelques-unes portent des arbustes et des herbes. La principale se nomme Malé. Tout cet arcWpel a' été divisé par la nature même en treize groupes qu'on nomme Atollons, séparés par des canaux si étroits et si dangereux que le plus intrépide pilote n'ose s'y hasarder.

MOIVTAGNES PERCÉES A JOUR.

Près de la Nouvelle-Zélande , s'élève un arc de rochers sous lequel les flots de la mer passent dans la haute marée.

Le Torghat, en Norvège , est percé d'une ouverture de 500 toises de long sur 25 de haut. A certaines époques de l'année , on voit le soleil à travers celle voûte.

Le Pausilippe, près de Naples , et la Pierre-Pertuis dans le Jura , offrent un spectacle de même genre ; mais ici l'homme a achevé ce qu'avait commencé la nature.

LES ALPES , ET PLUS PARTICULIÈREMEiVT LE MOWT -BLANC.

Les Alpes sont une chaîne de montagnes immense qui , sous des noms divers, s'étend en Europe des limites orientales de la France à la Turquie et à la Hongrie. Les plus hautes d'entre elles s'élèvent à des 8, 9, 10, 12, t4 mille pieds au-dessus du ni-

veau absolu de la mer. Tels sont, par exemple j^ dans les Alpes savoyardes, le mont Buet qui a 9,474 pieds; la Dent-du-Midi , à laquelle on en donne 9,500; le Mont-Cenis, 10,926; les Trois- Ellions, 12,000; le Mont-Iseran, 12,456; enfin le Mont-Blanc, 14,790. Quelques autres cimes rivalisent avec celles-là et ont, le Weisshorn, 13,800 pieds: leMont-Kosa, 14,579; l'Ortelspitze , 14,416 j le Gombin, 13,254; le Finster-Aarhorn , 13,224.

Au premier aspect , les masses énormes qui constituent cette chaîne présentent l'image du désordre. On croirait y voir autant de témoins et de vestiges de ces grandes convulsions auxquelles fiit en proie la nature lorsque la terre prit la forme que nous lui voyons aujourd'hui. Des pics inaccessibles couverts de neige , des pentes rapides qui donnent à quelques sommets la forme d'obélisques , des vallées entourées de hauts escarpemens , des rochers rongés par le temps et prêts à tomber de vétusté : tel est le tableau que présentent les chaînes alpines. Rien n'est plus imposant que le majestueux Mont-Blanc qui règne pour ainsi dire sur les montagnes qu'il domine , entouré d'autres sommets inclinés de son côté , et qui semblent lui rendre un majestueux hommage, comme on voit d'humbles sujets se presser autour de leur souverain pour le contempler î Comment ne point admirer le Cervin , dont la cime de serpentine s'élance dans les nues en forme d'obélisque triangulaire? Ce qui étonne le plus le géologue lui-même, c'est la disposition circulaire de quelques sommets. Le Mont- Eosa , par exemple , est composé d'une série non in-

lerrompue de pics gigantesques qui forment un vaste cirque de 3,000 toises de diamètre ou environ. La chaleur du soleil fait fondre la surface des amas de neige qui couvrent les cimes les plus élevées , et la transforme en glace. Ces glaciers sont souvent incliiiés et toujours divisés par de larges et profondes crevasses qui leur donnent les formes les plus variées et les plus bizarres. A l'approche du printemps, ils glissent tout entiers sur les pentes qui les portent, mais bientôt ils s'arrêtent. Le mouvement qu'ils ont éprouvé détermine des ruptures dont le bruit, rival de celui du toonerre, retentit au loin dans les montagnes. Les masses neigeuses auxquelles se communique la commotion éprouvée par J'air s'ébranlent et descendent. Quelquefois on en voit des portions peu considérables se détacher, rouler au loin comme des pelotes de neige , se grossir chemin faisant de tout ce qui, frappé par elles , s'agglomère autour d'elles, et défioilivement tomber avec fracas dans la vallée, où elles renversent des ponts ^ des habitations, des villages mêmes : c'est ce que l'on appelle des avalanches. Indépendam-^ ment de ce phénomène terrible, qui consiste dans la chute précipitée d'un bloc de neige, il faut distinguer la lente descente des glaces dans ces couloirs que forment Lis sinuosités irrégulières des montagnes. Le progrès des glaces quidescendent ainsi est de 12 à 25 pieds de long; et comme ce vaste monvement a graduellement entraiué des portions de rochers sur des plans inclinés de 10 à 12 lieues de longueur, et qu'à 18 pieds par année ces glaces seraient 9 siècles à s'avancer d'une lieue , on suppose

qu'il a fallu de 9 à 11 mille ans pour opérer ces im. raenses déplacemens. Quelque lents que semblent devoir être ces mouveraens , souvent ils sont appréciables pour l'œil. On a vu au commencement de ce siècle le célèbre glacier de Grindelwad , s'avancer de quelques pas. Un craquement affreux se manifeste en cet instant ; tout semble à la fois se mouvoir ; des rochers , en apparence solidement établis dans la glace , se détachent et s'entrechoquent ; des crevasses de 10 à 20 pieds de largeur s'ouvrent ; d'autres se ferment tout-à-coup , laccent à une hauteur considérable l'eau qu'elles contenaient ; puis tout rentre dans un repos et un silence profond qu'interrompent seulement lessifilemensdes marmottes.

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