‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 126 sur 152 · GROTTES A STALAGMITES ET A STALACTITES; ANTIPAROS ET ARC Y- SUR-CURE · texte numérisé non relu

GROTTES A STALAGMITES ET A STALACTITES; ANTIPAROS ET ARC Y- SUR-CURE

La grotte d'Anliparos ( Archipel de Grèce) a longtemps passé pour la plus belle du monde, soit à cause de sa grandeur, soit à cause de l'amas de stalagmites dont elle est tapissée. « Une caverne rustique invite vos pas , mais bientôt d'horribles précipices se présentent ; on s'y glisse au moyen d'un cable; on s'y coule sur le dos le long des rochers, on franchit sur des échelles de longues crevasses ; enfin , on arrive dans la grotte. » On est alors à 300 brasses de ï)rofondeur depuis la surface de la terre. La grotte paraît avoir 40 brasses de hauteur sur 50 de largeur. Tournefort , botaniste célèbre, qui a laissé une description détaillée de cette grotte, crut y voir un jardin de cristal, et prétendit y avoir acquis la preuve complète de la végétation des pierres.

Les grottes d'Arcy-sur-Cure , dans le voisinage de Vermanton (Yonne) , le disputent à la caverne d'Antiparos. Elles se composent d'un grand nombre de salies qui communiquent entre elles par des passages étroits et même si resserrés qu'on ne peut les franchir qu'en se glissant à plat ventre. L'une d'elles renferme un petit lac dont la profondeur est inconnue , mais toutes sont ornées de stalactites disposés en festons , en cascades immobiles , en colon-

îiades , en tuyaux d'orgue qui , frappés légèrement , produisent des sons que les échos intérieurs répètent au loin en en modulant les variations. Il y a cette dififérence entre les stalactites et les stalagmites , que y devant leur naissance les unes et les mtres à des eaux imprégnées de matières calcaires , les premières, bientôt durcies, restent suspendues aux voûtes de la caverne sous la forme de glaçons , tandis que les autres , tombées à terre , représentent des vases, des végétaux, des animaux ^enfin, tout ce que l'imagination en veut faire. Gomme on ne pénètre dans les sombres cavités des grottes qu'éclairs p ar des flambeaux , on comprend combien il est naturel de prendre ces belles concrétions calcaires pour du cristal de roche.

LABYRINTHE DE CORTYIVE.

Des modernes ont pris ce bel ouvrage de la nature pour un vaste monument de l'architecture naissante. C'est tout simplement un antre immense qui, par mille détours semblables à des rues souterraines, se prolonge et s'enfonce dans une colline du mont Ma. Une infinité de roules ne mènent qu'à des culs-de-sac, mais une allée principale, longue d'environ 1,300 pas, conduit à une grande et belle salle qui est au fond du labyrinthe : elle est haute de 7 à 8 pieds , lambrissée d'une couche de rochers et très- sèche. Il est probable que les Cretois qui, originairement, habitaient des cavernes, avaient agrandi le labyrinthe, ou l'avaient rendu , soit plus commode, soit plus régulier. Aujourd'hui les chauves-souris seules vont chercher un refuge dans celte grotte.

CAVERNES D'A J^ELSBERG , E3\ CARNIOLE.

Les cavernes d'Adelsberg sont célèbres par leurs beautés pittoresques et par la découverte du Proteus afiguineus , animal singulier qui vit dans les eaux, complètement privé de lumière , et qui porte à la fois des poumons et des branchies. 11 existe deux cavernes, celle de la Magdeleine eî la Grande-Caverne découverte depuis peu. On s'introduit dans ces salles souterraines par un passage obscur et bas, qui conduit sous un dôme immense dont on peut à peine, \ la lueur des flambeaux, distinguer la voûte et les îôtés. A ses pieds et au bas du roc sur lequej on ist arrivé , on entend le brait d'une eau courante lont on n'aperçoit les. ondes que lorsque les guides )nt fixé des flambeaux de distance en distance sur m léger pont de bois qui traverse le fleuve souterain. On descend alors un escalier taillé dans le roc, >n traverse le fleuve sur ce pont fragile, on remonte >ar un escalier taillé dans l^bord opposé, et on irrive au petit temple , voûte peu vaste ♦ dont le oit et les côtés sont couverts de stalactites des ormes les plus bizarres et les plus variées. Sur le aur de ce temple sont gravés les noms des voj^aeurs qui Tout visité. En le quittant , on se rend k a salle du tournoi, en passant par la boutique du harcuiier. Ce dernier endroit, fort bien nommé, st une énorme masse de stalactites qni descendent u sommet d'une petite voûte ; un guide passe par errière ces stalactites, et la lumière, en se monanl à travers les interstices, de la pierre calcaire, ffre à Toeil une multitude de figures en pierre rç-

présentant naturellement des saucisses , des jambons, des cervelas, etc. La salle du tournoi est une vaste chambre dont le sol est couvert d'un sable fin très ferme et tiès uni. Cette salle est ovale , et les côtés forment une sorte d'amphithéâtre. En la quittant , on suit de longs passages et des cavernes qui toutes offrent quelque chose de remarquable. Dans Tune s'élève un gros pilier qui , quand on le frappe, donne un son semblable au.tintement d'une grosse cloche ; dans une autre est une énorme colonne naturellement cannelée. Une troisième présente un vase posé sur un pilier de peu de hauteur, et qui est constamment rempli jusqu'aux bords par une eau limpide et froide comme la glace , qui distille de la voûte et y tombe goutte à goutte. En quittant tous ces détours, on arrive enfin au grand rideau, la plus belle stalacti%3 de la caverne ; ici la pierre calcaire descend de la voûte d'une hauteur de 20 pieds , en formant plusieurs ondulations élégantes et une foule de plis gracieuic Ce rideau , d'une très faible épaisseur, est d'une blancheur extrême et bordé par le bas de raies rouges , dues à un peu d'oxide de fer, qui en suivent tous les contours; lorsque les guides passent derrière avec leurs flambeaux , l'effet de lumière est admirable , et on peut à peine se figurer que ce rideau transparent ne soit formé que de pierre calcaire. A quelque distance du rideau, la caverne se divise en deux branches, dont l'une est terminée par un bloc de pierre qui porte le nom de Grand Autel ; la seconde a été très rarement visitée ; elle s'étend à une distance considérable , et on est arrêté par un étang qui n'a point

été franchi. Les sentiers de ceUe caverne sont en général assez larges pour le passage de trois personnes ; mais la route qu'on suit quand on a passé le rideau offre un chaos de rochers et de stalactites brisées qui rendent la course fort pàiible. En revenant on repasse par toutes les chambres et on traverse le fleuve souterrain , qui n'est autre que la Laibach , laquelle , en s'élevant dans la plaine audessus d'Adelsberg , entre dans la montagne, et, après un cours souterrain assez long , reparaît au au jour au pied de la montagne, près de la petite ville de Planina.

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