SAVANES ET STEPPES
Dans l'Amérique septentrionale , se déroulent à perte de vue d'immenses prairies, qui forment un océan de verdure. Elles ne sont peuplées que de nombreujL troupeaux de bisons. Beaucoup d'entre elles s'étendent le long des rivières ou de la mer : celles-ci sont périodiquement inondées par les cataclysmes que causent la saison des pluies. Un grand nombre de ces savanes sont semées de bouquets d'arbres , qui forment comme de petits bois percés à jpur. On comprend que ces arbres appartiennent tous à l'espèce aquatique. Dans les savanes qui bordent la mer fleurit le palétuvier , le seul arbuste qui prospère dans les eaux salées. Les rivages de la Caroline , de la Géorgie et des Ftorides , semblent ainsi tapissés de bosquets flotlans.
L'éternelle verdure des savanes s'harmoniant avec l'imposante magnificence des forêts primitives et la sauvage exubérance des marécages, forme un des
principaux caractères des grands paysages d'Amérique. C'est en se pénétrant des beautés de cette nature ample et vierge qu'on peut comprendre le génie et les ouvrages de Cooper.
Les steppes sont de vastes plaines , les unes absolument stériles, les autres semées de bouquets de bois , et quelquefois couvertes d'herb.»ges plus ou moins touffus. Ces dernières ont quelque chose de l'aspectdes savanes. iMaisen général le pâturage en est moins riche, et les troupeaux n'y trouvent point de nourriture toute l'année. Quelques steppes présentent de nombreuses masses d'eau saumâtre , ou même des lits de sel qui ne seniblent avoir été déposés là que par des eaux qui depuis ont disparu. La plus grande steppe connue est celle de Baraba (Sibérie-Sud), qui a 250 lieues sur 60.