CHAPITRE P
Du Mouvement diurne des JE loi le s.
La première impression produite par l'aspect du mouvement diurne ou journalier du ciel ( du mot latin diurnus, qui dure un jour, c'est-à-dire une nuit et un jour proprement dit) porte à ccr^clure que tous les corps célestes accomplissent leur révolution dans une commune période dont la durée est d'un/owr ou de 24 heures. Mais si nous observons, avec des insîrumens précis, les passages successifs des astres au-dessus de notre tête', nous trouvons des différences qui ne peuvent être imputées à des erreurs d ^observation. Toutes les étoiles, il est vrai , mettent le même intervalle de temps entre leurs passages successifs par le nnh^idien , ou par tout autre plan vertical ; mais cet intervalle }''est pas celui de ^om:^ passages consécutifs du soleil ^ il se trouve sensiblement phis court, n'étant que de 23 h. .'ÎS' X^\ au lieu de 21 heures telles que les marquent nos horloges ordinaires. Nous somlîTcs amenés de la sorte à distinguer deux jours dificrcns, un jour sidéral {(\\\ mut latin sirJuSy sideris^
jislre, étoile, mot qui a «loiiiié l'adjectif français sidéral) et un jour solaire; et si, au lieu du soleil, nous observions la lune , nous trouverions uu troioième jour beaucoup plus Ir.Tig que les deux autres, puisque sa durée moyenne serait de 24 h. 54', comptées en temps ordinaire, c'est-à-dire en temps solaire^ attendu qu'il a b'.en fallu accommoder le temps aux réapparitions du soleil, puis'Tue toutes les relations de la vie sont liées aux retours suc- (^essifs de cet astre.
En nous conformant aux apparences, supposons pour un moment cpie (fisf. i ) la terre soit en S, le soleil en T, une étoile t.*.i Z, située ta midi dans le même pi m vertical ou méridien que le soleil; puis supposons que l'étoile et 1(; soleil niûrcbent vers le couchant ou dans le sens de la /lèche; l'étoile sera revenue à son point de départ (en 23 h. 56' 4^''), tandis que le soleil ne sera encore arrivé qu'en B. U iiîi fLUidra encore 3' 55'', ou 24 h. , pour achever son cercle et correspondre au même point T. Nous verrons pins tard, et nous l'avons déjà dit dans VyJstronomie^ que c'est la rotation (tournoiement, roulement) de V\ terre sur son axe ( pour ainsi dire sur son essieu ) et sa progression (s i marche) en sens inverse de la flèche cjiii produit ces apparences. Il favulrait , pour être dans le vrai, mettre la ter.v en T, le soleil en S, en laissant l'étoile en Z ( fig-. 2).
Et comme toutes les étoiles s'accordent unanimement à assigner au jour sidéral exactement la même dnvée de 23 h. 55' 4", comme elles reviennent toutes les 23 heures 56 minutes 4 secondes correspondre au même point du ciel, nous ne saurions hésiter à regarder cette période comme celîe d'une révolution de la teire autour de son axe. SI le soleil et la lune font exception à cette loi générale , c'est que leur natvue est diffôrente , ou qu'ils ont avec nous d'autres lelations cjue les étoiles.
\idi culminafion (du lati.n cuhnen , culmmls , faite , sommet, le point le plus élevé ) ou passage de chaque étoile au méridien de l'observateur est l'un de ces phénomènes qu'on nomme réguiièremeiU
périotliqiies : aussi îcs astronomes font-ils choix des passages des étoiles fixes les plus brillanles et Jes plus convenablement placées, pour s'assurer de la mesure du temps, ou, ce qui revient au même, pour s'assurer de rexactitude de leurs horloges.
Comme les étoiles sonlfioces et que c'est le mouvement de notre planète qui produit l'illusion du mouvement de l'ensemble de la voûte étoilée , le mot de passage au méridien n'est pas exact , puisque les étoiles ne viennent pas percer le plan du méridien , et que c'est au contraire le plan du méridien du lieu où s'est placé l'observateur qui va trouver successivement toutes les étoiles dans l'espace d'une révolution diurne ou d'un jour.