‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 68 sur 152 · AUTRE MOYEN DE RECONNAITRE LES CONSTELLATIONS · texte numérisé non relu

AUTRE MOYEN DE RECONNAITRE LES CONSTELLATIONS

Trouver l'instant où une étoile désignée passe au nié ■ ridien.

Pour que la planche lî« donne une idée plus exacte des constellatioas qu'elle renferme et de leur position relative dans le ciel, on peut en réuuir les deux bords latéraux eu donnant à cette carte la figure d'un cylindre, d'une zone. Mais pour que l'analogie fût complète , il faudrait que la dimension fût très grande et permit à l'observateur de se placer au centre, après avoir monté cette zone sur un axe de rolatiôa et retourné à l'intérieur la face étoilée.

A l'aide de celte planche on peut trouver sans calcul

riieure du passage d'une étoile au méridien h. i' près, précision au moins égale à celle du cadran solaire. En jetant les yenx sur cette carte, on y reconnaît de suite par le moyen que nous exposerons bientôt, le lieu de î'écliptîqje qu'occupe le Soleil dont on détermine d*abord l'ascension droite, en lisant sur l'équateur à quel degré il correspond pour la date à laquelle il se trouve. Il suffira de partir du lieu du Soleil et d'aller à droite ou à gauche, suivant que l'étoile est à l'orient ou À l'occident du soleil ; de voir à quel degré d'ascension correspond l'étoile , et de compter combien il y a de degrés entre les cercles horaires des deux astres. Comme un degrépris surla divisiondu cercle vaut 4' detemps, que par conséquent i5o valent une heure; autant il y aura de fois î5p entre la position du Soleil et celle de l'étoile, autant d'iieures l'étoile passera au méridien avant le Soleil, si rlle se trou\e à l'ouest, autant d'heures plus tard que lut, »î elle se trouve à l'est de cet astre. Seulement il faut faire attention que le Soleil s'avance vers l'orient d'environ ioparjour,ce qui équivaut à io"de tempspar chaque heure de la journée, et que par conséquent sî le Soleil passe au méridien trois heures avant l'étoile, il aura déjà marché vers l'orient, il se sera déjà rapproclié de la première étoile de trois fois lo" ou 3o" lorsque celle-ci arrivera au même méridien. Et si nous supposons maintenant que l'étoile était à l'ouest du Soleil , comme dans ce cas elle est passée au méridien trois heures avant lui, celui-ci s'en sera déjà éloigné de 3o" lorsqu'il arrivera au méridien. Si l'on voulait connaître la différence en temps des ascensions droites de deux étoiles, on comprend aisément que les étoiles lie changeant pas de position les unes à l'égard des autres, il suffira de voir surla carte de combien de degrés elles sont distantes, pour savoir aussitôt à combien d'heures d'intervalle elles passeront au méridien du l'eu de l'observateur.

Maintenant fesons une application de ce que nous Tenons de dire, et cherchons la différence de deux passages nu méridien (ou différence de deux ascension» droites). On peut se dispetiscr pour cott« opération d^

ialiNiette méridienne. Que l'on trace nue ligne vertical* »ur une vitre, que Ton fixe une très longue aiguille au de* vant de cetteligne en la plantant dans la traverse du chassis d'une feuêtre , de telle sorte que l'ombre de lalguilla tombe un jour à midi sur cette ligne verticale; on est assuré que l'ombre tombera tous les jours à midi sur la / même ligne qui est avec l'aiguille dans le plan méridien (puisque ces deux droites déterminent ce plan méridien). Qu'un observateur place son œil dans l'alignement de la ligne et de l'aiguille j dès que l'étoile y passera, il pourra l'observer et noter l'heure qu'une horloge marque au même instant; et s'il répète la même observation pour d'autres ctolles en tenant toujours compte de l'heure à laquelle elles passent successivement au méridien, il aura déterminé, en temps, la différence d'ascension droite de ces divers astres^ et comme, ainsi que nous l'avons dit, une heure correspond à i5<» d'ascension droite, il déduira aisément cette dernière évaluation de la première. Il dira par exemple, telle étoile passe au méridien une heure après telle autre , Il y a donc entre elles i5o d'ascension droite de différence; une autre étoile y passe une heure qqarante minutes après, elle en est donc à 25o d'ascension droite, etc. ïï ne serait pas moins aisé de remonter des ascension* droites,connues en degrés, aux différences, en temps, du passage au méridien.

Si l'on veut connaître l'état du ciel à u:.5e époque désiguée, l'on cherche d'abord le lieu du Soleil: Il est clair que ce point passe à midi au méridien du lieu de l'observateur; puis partant du degré d'ascension droite que Ton trouve sur la carte, on procède vers la gauche; et à i5ode là on trouvera le cercle horaire qui, à une heure après-midi , se confond avec 1j méridien; i5o plus loin est le cercle horaire qui atteint le méridien à 2 heures , et ainsi de suite. On va jusqu'à c« qu'on ait rencontré l'étoile et reconnu de combien d© degrés d'ascension droite son cercle horaire est éloign© de celui du SoUil. Sur les cartes les lignes verticales marquées en points longs indiquent les lieux du Soleil.

Toutes les étoiles qui sont situées sur le même cercle horaire passeront évidemment en même temrji. an iiivr-

rjclien, et les constellations voisines de ce cercle seront alors visibles et de la manière suivante : Celles qui sont tracées surla carte (placée lebant au nord) vers la gauche ou à Pouest sont, dans le ciel, à la droite de l'observatenr tourné les yeux vers le sud, et ont déjà passé au méridien ; au contraire celles qui sont marquées à gauche du cercle horaire mérîdien,vont y entrer et sont placéesàgauclie du spectateur ou du côté de Torient. On peut même estimer parles degrés d'ascension droite qui les séparent, depuis combien de temps les premières ont quitté le méridien et dans combien de temps les autres y arriveront. En recourant ensuite aux planisphères polaires (au planisphère Boréal ou au plamisphère Austral suivant que l'étoile se trouve dans Tun ou l'autre ) , on y cherchera le numéro d'ascension droite du méridien actuel, et on tournera la carte de manière à avoir près de soi directement le rayon qui part de ce numéro et à pouvoir lire les noms des constellations qui en sont voisines, et cela dans le sens où ils sont écrits , non pas à l'envers. Le point du ciel qui se trouve actuellement au Zénith correspond à la section du rayon dont nous venons de parler avec un cercle décrit du pôle, comme centre, au moyen d'un compas dont l'ouverture serait égale au complément de la latitude du lieu de l'observateur. La latitude de Paris par exemple, est , en nombres ronds, de 4go ( en d'autres termes cette ville est à 49 degrés de l'équateur) ; et comme il y a 90 degrés de l'équateur au pôle, Paris sera donc éloigné de 41 degrés du pôle; ces 4 1 degrés complètent la distance du pôle à l'équateur, ou sont le complément de la latitude. Cet arc complémentaire est pour Paris, en nombres exacts, de 410 10'; ainsi en décrivant autour du pôle un cercle dont le rayon aurait 4îo 10' pris sur l'échelle de déclinaison on reconnaîtra de suite toutes les étoiles qui passent an Zénith de Paris. Aa moyen de réclielle de déclinaison ou de latitude, tracée sur les cartes polaires on décrirait tout aussi facilement le cercle Zénîtîial d»; tout autre lieu de la terre. Les constellations qui avoîsinent le pjôle Boréal prennent sous nos yeux toutes les positions autour de ce pôle. îa carte boréale montre leurs situations respectives à l'instant proposé.

Joignons maintenant un exemple à ces détails , prêtions Tépoque du 22 août à 9 heures et demie du soir, et fcherchoms Tétat du ciel à cet instant (nous supprimefons des fractions dont il faudrait tenir compte si Ton voulait opérer rigoureusement, mais qui ne feraient ici ^ue compliquer inutilement notre exemple). Chercîioiis d'abord le nom du mois, dans la ligne des mois placée sur le bord inférieur de la planche II*; puis remarquons des divisions et des chiffres qui indiquent , de cinq en cinq jours, le quantième du mois. Quand le mois a trente et un jours, l'espace qui se trouve entre le 25 de <?e mois et le i'^'" du mois suivant est plus grand et correspond à 6 jours au lieu de 5.

Nous trouvons d'abord le 20 août et un peu plus loin le 25: divisons en 5 parties Tespace qui se trouve entre ces deux dates et par la seconde division, ainsi obtenue, qui correspondra au 22 de ce mois, menons une ligne parallèle à celles qui sontponctuées sur notre z6ne. La ligne que nous mènerons ainsi Coupera l'écliptique et nous voyons qu'elle passe près de Régulus. Quand nous avons ainsi reconnu qu'à midi le Soleil était dans la constellation du Lion, près de Régulus, nous abaissons par cette étoile une perpendiculaire sur l'équateur ou cercle des ascensions droites, et nous trouvons que cette perpendiculaire tombe à peu de chose près sur le i5oe degré d'ascension droite ou X heures (exactement sur le i5ie degré et ip ou , en temps, snr 10 h. G').

Or, nous voulons savoir quelles étoiles passeront au méridien à 9 heures H2, heure que nous avons choisie; reculons donc vers la gauclie de 9 fois quinze degrés ou i35 degrés pour 9 h. plus 7 degrés et demi pour une demi-heure, ou en somme de 142 degrés. Le Soleil était déjà à i5o degrés; nous arriverons donc à 292 degrés d'ascension droite pourle cercle horaire de l'étoile, lequel correspond à XIX h. et demie environ. Les heures sont marquées en chîffresromains au-dessous de l'équateur, et correspondent, de i5 en i5 degrés aux divisions de ce cercle. En sorte qu'il y a 19 h, H2 que le point del'équinoxe du printemps T est passé au méridien ( on indique ainsi T l'équinoxe du printemps dans les cartes et ! les ouvrages d'astronomie). Nous devons rappeler ici

Uran. 3

que les astronomes prennent le passage de l'équînoxe du printemps au méridien pour point de départ de leurs salculs. Quand on aura trouvé le igi^^o degré , on y ferapasserune ligne perpendiculaire à réqua^euret toutes les étoiles querencontrera cette ligne seront siir un même méridien. "Nouas nrons pour Texemple proposé Taspect suivant du ciel :

Le méridien traverse Antinous, l'Aigle, la Flèche et le Cygne; auprès , à gauche, on voit le Capricorne, le Dauphin; à droite, la Lyre, Ophiucus. Un peu à gauche sont le Verseau, le Petit Cheval, les Poissons, Pégase ; enfin Andromède, Persée et le Bélier. A Toccldent, au contraire , sont : Le Sagittaire , Hercule, la Tête du Serpent, la Couronne et le Bouvier. Si l'on se tourne vers le pôle, la Petite et la Grande Ourse, séparées par la queue du Dragon , sont à gauche; à droite sont Cassiopée et la Chèvre; enfin le Zénith correspond à peu de distance de Q du Cygne.

Cet exposé offre un moyen commode de reconnaître les constellations sans le secours des aliguemens et même lorsque le temps est un peu nébuleux. Faisons remarquer encore que le spectateur tourné vers le sud a l'orient à sa gauclie. Que la zone (planche II), étant étendue sur une table et orientée comme une carte géographique, le haut vers le nord, lui offre les constellations dans un sens inverse, c'est-à-dire l'orient à droite. D'ailleurs , comme le corps de l'observateur est obligé de faire un demi-tour chaque fois que ses yeux quittent le cîel pour se reporter sur la carte et réciproquement, il s'habitue en un instant à ce renversement et à Hre y pour ainsi dire, dans cette contre-épreuve, comme s'il voyait l'image des étoiles réfléchies dans de l'eau.

Afin de rendre les recherches moins longues , nous donnons ici un tableau (i) des aspects du ciel sous la latitude de Paris, à 9 heures du soir, pour le ler de cJiaque mois , en nous bornant aux principales constellations. Puisque chaque mois, les étoiles, à cause de 1 illusion que produit le mouvement réel'de la terre vers l'Orient, pemblcnt s'avancer vers le couchant de 3oo,qui correspondent à 7. heures; si l'on veut avoir cet aspect pour

(l) Voyez ce tableau , pages 40 et 41.

«ne heure quelconque, ii suffît de chauger de mois: €*est aiusl, par exemple, que riiémîspbère céleste est le même au ler août, à 9 heures du soir , qu'au ler septembre à 7 heur^^s, qu*au lei octC'Jjre à 5 heures, qu'au 1er novembre à 5 heures du soir, et ainsi de suite, en reculant de 2 heures pour chaque mois. Dans un demimois la portion de révolution céleste, quoique très sensible, est de peu d'importance pour notre objet, puisqu'il n'est pas question ici d'avoir la situation précise des étoiles, que les cartes peuvent d'ailleurs donner.

Des Horoscopes. — L'écliptique est coupée en deux points par l'horizon ; l'un , qui est à l'Occident, se couche; l'autre, à l'Orient, se tève : c'est V Horoscope.' Le milieu entre ces deux points . celui qui correspond au méridien ou à 90** de Thorizon , s'appelle le lYonagé" sinie , du mot latin nonagesimus, quatre-vingt dixième. La superstition qui persuada que les événemens humaîus sont liés aux phénomènes célestes et ramenés ])ériodiquement avec eux , fit croire que le point de l'écliptique qui se lève lors de la naissance d'un enfant devait présager sa destinée future. Cette erreur rendit célèbre ce point qu'on nomma rHoroscope, de deux mots grecs qui signifient examen de l'heure ( sous-entendu de la naissance). On étudia aussi le lieu du soleil dans l'écliptique , le point où ce cercle coupe le méridien, etc. L'Astrologie judiciaire cvwt y voir autant dMndices d'un avenir certain.

Le célèbre Tyclio-Brahé avait la fol la plus aveugle dans ces chimères , et ses œuvres sont un mouumeut déplorable des travers d'esprit dont les plus grands hommes ne sont pas exempts. On n'est plus surpris que ce savaut ait rejeté le mouvement de la terre lorsqu'on sait qu'il fut le jouet des plus bizarres* superstitions, et qu'il était opiniâtre daus ses sentimens. Son ami Kepler, le plus grand des astronomes, fit uussi des almanaclis à prédictions, mais du moins il n'y ajoutait pas foi, et déplorait le malheur de se voir réduit à la nécessité de saciifier à ce goût de son siècle pour conserver l'emploi qui le faisait subsister.

Catherine deMédicis, livrée à cette erreur, avait fait bâtir la colonne de niutel de Soissons pour y consulter ïcs astres ; ou voit encore cette colonne au sud-est de la Halle au hîé de Paris , à Inquelie elle est adossée.

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