‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 93 sur 152 · SOURCES DE SOUFRE · texte numérisé non relu

SOURCES DE SOUFRE

Le long du Sourgout (gouvernement d'Orenbourg, en Russie ) , jaillissent dans un espace de sept lieues plus de douze grandes sources de soufre : elles ne gèlent jamais et déposent une matière sulfureuse si abondante qu'on y avait autrefois établi des exploitations de soufre, tfne autre souîce du même genre forme et alimente aune lieue du village d'Icbtoulkina , le Lac-de-Soufvt dont les eaux limpides laissent apercevoir des couclies de soufre jaune et olivâtre, tandis que l'atmosplière, à une demi-lieue de distance, est infectée d*une puanteur insupportable. Un ruisseau qui sort du lac roule des eaux si troubles et si blanches que les Russes, pour en peindre l'aspect , l'ont appelé Ruisseau de Lait.

LE GEISER ET LE STROK.

A la .tête des sources chaudes, il faut placer les sources chaudes jaillissantes. On en connaît plusieurs. La plus belle est celle qu'on nomme Geiser , en Islande ; elle &e trouve dans le voisinage de Skalholt. Son ouverture est de 19 pieds de diamètre ; le bassin dans lequel elle se répand en a 39.

L'eau qu'elîe lance s'éJève perpendiculairement à

un€ hautear de 100 pieds. La colonne liquide, environnée d'une épaisse fumée, que cause la chaleur Yolcaniquo, retombe sur elle-même, ou se termine par une belle girandole. Environ une quarantaine d'autres sources moins considérables se trouvent dans la même plaine , et autour du grand Geiser. Une de ces dernières, le Strok, s'élève plus haut que le Geiser , mais la colonne qu'elle forme a un diamètre moins fort. Deux autres s'élancent et retombent alternativement.

Les Islandais tirent partie des Geisers les plus chauds , pour y cuire les légumes, les viandes, les œufs, etc. , pour y laver leur linge , pour courber plusieurs instrumens de bois. Dans les sources moins chaudes , ils se baignent. Les vaches qui boivent de ces eaux donnent beaucoup de lait.

EAUX QUI S'ENFLAMMEi\T SANS ÊTRE CHAUDES*

On nomme plusieurs fontaines dont les eaux , sitôt qu'on les met en contact avec de la flamme, ou même avec des matières combustibles, brûlent avec la même activité que les huiles ou les liqueurs alcooliques. Tantôt elles contiennent des gaz inflammables, qui se sont dégagés des mines de fer, de cuivre , de zinc et d'étain , dissous par les acides muriatique et sulfurique ; tantôt les eaux se trouvent mélangées avec des bitumes , notamment avec du naphte et du pétrole , matières qui flottent à la surface de l'eau, et qui brûlent dans son sein.

A la première classe appartient le lac brûlant d'Islande , qui , probablement , s'est plusieurs fois enflammé de lui-même. Dernièrement on a décou-

Tert, dans la Caroline (Etats-Unis), une petite fontaine qui donne aussi du gaz hydrogène en quantité suffisante poar éclairer tout un village. Il a suffi, pour se procurer cet éclairage , d'établir quelques tuyaux de conduite de la source aux maisons particulières.

Dans la deuxième classe se rangent les fontaines bitumineuses. La plus célèbre de toutes , est celle de Balaghan, dans la péninsule d'Apcliéron ; elle fournit par jour 500 livres de napbte. Au reste , toute celte contrée, ainsi que l'Aderbaïdjan, est remplie de sources de naphte. Non loin des rives du Tigre , il se trouve aussi du bitume en telle abondance, que ceux qui sont chargés de le recueillir, en laissent échapper une partie. Ce bitume se rend au Tigre, flotte sur les eaux du fleuve, et dès qiie les navigateurs , dans leurs jeux , en approchent la moindre substance enflammée , il donne aux eaux Taspect fantastique d'une rivière de feu.

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