‹ Traité élémentaire d'économie politiqueChapitre 5 sur 57 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

sulte un dommage pour tous les autres, et réciproquement, que ce qui favorise un de ces intérêts agit en même temps et par cela même à l’avantage de tous.

Enfin, quoiqu'il soit bien constant que la misère et la plupart

. des autres maux qui aflligent la société ont pour causes essen- tielles l’ignorance et les mauvaises passions ou le manque de mos

ralité, et qu’il n’est possible d'y remédier que par un long et persévérant travail de la société entière, il n’est presque personne encore qui n’attribue ces maux à des vices d’organisation sociale, tels que le droit individuel de propriété, la tyrannie du capital, la forme de salariat donnée à la rémunération du travail des ouvriers, etc., et plus souvent encore à ce que l’État n’a ni des attributions assez étendues ni un pouvoir suffisant pour assurer sans peines et sans efforts le bien-être universel. De là ces nombreuses utopies selon lesquelles une réorganisation sociale, d’après tels ou tels principes communistes ou s0cialistes, mettrait immédiatement l'humanité en possession d’une somme illimitée et inépuisable de bien-être. Selon d’autres, ce résultat si désirable serait obtenu par la substitution la plus complète possible de l'initiative et de l’activité sociales, représentées par l’État, à l’initiative et à l’activité individuelles. Nous avons cru utile de combattre ces dangereuses théories en leur appliquant l’infaillible criterium de la vérité économique. En conséquence, nous avons consacré une partie importante de ce travail à la démonstration de la légitimité et de l'utilité du droit de propriété, à la réfutation des théories communistes, socialistes et interventionistes, et à la recherche des limites qu’il convient de poser à l'intervention de l’État dans tout ce qui peut demeurer du domaine de l’activité privée; en partant de ce principe que les hommes ont d'autant moins besoin d’être gouvernés qu’ils savent mieux se gouverner eux-mêmes, c’est à dire qu’ils savent mieux respecter les droits d'autrui et faire. respecter leurs propres droits.

Telles sont les principales considérations qui nous ont guidé

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