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CHAPITRE VI

Revenus en monnaie et revenus réels

§ 1. — Les revenus en monnaie, les mouvements généraux des prix et le

coût de l’existence.

La pari qu’obtiennent les individus participant à l’aclivité économique dans l’ensemble desrichesses produites ne dépend pas seulement de leurs revenus en monnaie, mais aussi de ce qu^ils peuvent se procurer avec cette monnaie. Depuis longtemps déjà, on a pris l’habitude de distinguer le salaire en argent, ou salaire nominal, et le salaire réel, c’est-à-dire le revenu en nature de l’ouvrier, tel qu’il résulte à la fois du salaire reçu et du coût actuel de V existence. On doit faire, à vrai dire, la même distinction entre le revenu nominal du capitaliste préteur ou du chef d’entreprise, et leur revenu « réel », tel qu’il résulte du rapport entre le taux de l’intérêt ou la moyenne des profits d’une part, et d’autre part le coût de l’existence.

Le coût de l’existence dépend du niveau général des prix ; cependant la notion de variation dans le coût de l’existence ne se confond pas tout à fait avec celle de mouvement général — ou moyen (1) — des prix. 11 ne suflit plus ici d’envisager la variation moyenne, que peut fournir une simple opération d’arithmétique, appliquée indistinctement à l’ensemble des prix ; il faut tenir compte de la nature des marchandises et des services dont le prix a changé, et de leur place respective dans la consommation. Ainsi, il se peut qu’à une hausse du prix du blé, de la viande, du poisson, des œufs, du sucre, etc,, corresponde une baisse dans le prix

(1) Sur la signification des mouvements généraux des prix, voir plus haut, p. 126 et suivantes.

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