CHAP. I. SOCIÉTÉS COOPERATIVES DE CONSOMMATION
naient après, avec une proportion s’abaissant, pour le premier de ces pays, à moins de 9 0/0 et pour le dernier à moins de 8 0/0 (1). La proportion est encore plus modeste pour les autres pays d’Europe. Pour les Etats-Unis, elle est insignifiante.
Le chiffre moyen des achats par tête de coopérateur, qui est un indice sérieux du zèle coopératif, présentait un tableau un peu différent : la Grande-Bretagne, venait en tête avec une mo5"enne annuelle de 713 francs, la Suisse apparaissait ensuite avec 435 francs, puis l'Allemagne avec 344 francs, la France avec 317 francs, la Belgique avec 278 (2).
On voit, par ces données, que l’importance de la coopération de consommation parmi les institutions économiques est très variable d’un pays à un autre. Cependant, il en est où elle tend à devenir un élément très notable de l’organisation économique contemporaine. Les groupements coopératifs paraissent d’ailleurs être en progrès constant dans tous les pays où ils ont pris naissance ; et leur importance ne se manifeste pas seulement par la proportion de la population qu’ils englobent, mais par leur développement interne, et par l’extension de leur activité à des domaines de plus en plus étendus.
Cette extension de l’activité coopérative résulte principalement de la constitution de fédérations puissantes, qui peuvent non seulement se substituer, pour une large part, au commerce de gros, mais encore aborder la production, pour satisfaire aux besoins des groupes adhérents.
En Angleterre, la ^Cooperative Wholesale society, société coopérative d’achat en gros, fondée à Manchester dès 1864, est une fédération d’achat, qui réunit aujourd’hui plus des deux tiers des sociétés de Grande-Bretagne, et faisait avant la guerre 700.000.000 (de francs) de ventes par an. Elle a un capitalactions de 40.000.000, plus 70.000.000 de capital emprunté,
(1) Cependant la proportion s’est notablement améliorée en France, le nombre des adhérents s’étant élevé de 865.000 en 1914 à 1.313.000 en 1918. Et il en a été de même dans beaucoup de pays étrangers. En Angleterre, le nombre des coopérateurs s’est élevé à 3.850.000 en 1918, en Allemagne à 2.850.000.
(2) Le chiffre d’affaires s’est également relevé en chiffres absolus depuis 1914, mais, étant donnée la hausse des prix, il n'atteste pas une augmentation proportionnelle à l’accroissement du nombre des adhérents : ce qui n’est, d’ailieurs pas surprenant, vu les difficultés de l’approvisionnement.