LIVRE IV. — DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE ÉCONOMIQUE
Celle théorie de la Répartition, dont les prémisses paraissent aujourd’hui aussi contestables que les conclusions, a exercé une grande influence sur le développement de la pensée économique. Nous verrons plus loin qu’elle a fourni de notables arguments aux socialistes et aux adversaires d’une organisation purement individualiste de la production (Lassalle et la loi d’airain, Henry George et la nationalisation du sol).
Mais, tandis que, à l’étranger, on envisageait surtout les applications pratiques de cette large théorie tendancielle, en Angleterre on retenait surtout de Ricardo sa méthode. Renouant, par-dessus Adam Smith, la tradition de David Hume, Uicardo revenait, par l’emploi d’une méthode strictement déductive, à des théories tranchantes, exclusives, et auxquelles le petit nombre des idées considérées, que l’on retrouve à tout moment, permet de donner aisément la forme d’un système.
■ A cet égard, Ricardo reste, malgré la subtilité croissante des concepts et le perfectionnement des procédés de raisonnement, le véritable fondateur de l’Economie politique anglaise ; et son influence est telle que des contemporains, comme M. Marshall, se préoccupent encore conslan.menl de relier leurs concepts à ceux du vieux maître.
A côté de Ricardo, il convient de faire une place à un de ses contemporains, Thomas (1 /G6-1834), qui fut
pasteur, et professeur d’histoire fu collège de Haileybury. Mallhus a publié aussi en 1820 des Principes d' Economie politique, qui contiennent des vues intéressantes. Mais sa célébrité est due à son Essai sur le principe de la population, publié d’abord en 1798, d’une fai;on anonyme, puis en 1803, dans une édition beaucoup plus documentée, sous le nom de l’auteur (1).
Dans la première moitié du xix® siècle, les disciples immédiats de Ricardo forment une pléiade d’auteurs dont les noms sont encore souvent cités dans la littérature économique contemporaine : Mac Culloch (qui publie des Principes en 1823), le colonel Torrens, James Mill (Eléments d’économie poli-
(1) Sur la théorie de Mallhus, voir plus haut livre deuxième, 5® section, ch. Il, § 2. On trouvera d’ailleurs une excellente discussion de la formule relative à l’accroissement respectif de la population et des subsistances (progression géométrique d’un côté, et progression arithmétique de l’autre) dans le chapitre de M. Gide sur les Pessimistes (Gidk et Rist, Histoire des doctrines économiques).
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