LIVRE IV
développement de la pensée Économique
de celte méthode, à résoudre par des formules mathématiques des problèmes que ne saurait résoudre le raisonnement déduc-
*'^ut”sans TOuloir contester que la méthode mathématique
puisse S’appliquer utilement à certains ‘
mie Dolitique.il ne semble pas que sonemplo suffise à écarter l’obiLtion que ses adeptes eux-mémes soulèvent contre la 'oéAode déductive en général. Il semble bien, en effet que IVxtrême complexité des phénomènes économiques invite, ei | tous caTàTpas faire uni place trop large à la déduction darjs rélaboràtion d« théories. L’esprit humain est ainsi fait que le raisonnement ne peut porter utilement que sur un petit nombre de données ; dL lors, pour élaborer des théories déductives, . il faut d’abord simplifier les hypothèses, ce qui conduit trop ^ souvent à les fausser, et à défigurer la réalité ; de plus, les e nrits déductifs, accoutumés à faire abstraction de ce q ü’ont pas en vue, sont fort enclins à nier implicilemenl 1 existence de tout ce qui n’est pas contenu dans leurs ormules.
Vi au total ils négligent tant de facteurs qui, dans la réalilt, agissent ou p^^ sur les phénomènes considérés, qu’on
ne peut génialemenl pas présenter les résultats de leurs theo ries comme scientifiquement démontrés (2). .
apf(*nse élécanle de'la m6lhode mathématique
' A de M Acpetit sur VŒuvre économique de Cournot
de métaphysique et de morale, 1905. Consulter aussi
M Bocvikr La méthode mathématique en Economie pohUque •étude de Mr .,901). Voir aussi Antonelu,
(extrait de Osomo, Théorie mathématique de l échangé,
i L^rcritique de la méthode mathématique, voir F. Simiand, La me-
'"^Vi Afinrip loniaue de l'Economie politique, trad franç., Giard et
1ère et ir,ueriuchungen über die }Iethode der Social-^
, Briere. - . ^ polémiques qui ont suivi dans les Jahrbilcher fur
fvissenschafte P . Thuciiv, Les méthodes en économie poli-
,,„è,e libre
tique dans L , . ^ jj. statistique considéré ici comme
r auxil aire^^
1 “ bic^sK, La Uaüstiqaa. s« diffcuUé,, m procédis. « r«uKal5 ;
^ «rc’àci a «é'ion ISSment iio.é par J.-D. Say daiis le P«ca«
' •■.irLiictif de son Traité d'économie politique. « Ils ont tiré, dit il,
ërpartol des disciples de Uicacdo, tontes les conséquences de leurs
les tendances scientifiques contemporaines
Ce n’est pas à dire que le raisonnement déductif ne tienne une place nécessaire en économie politique, comme dans toute science, ni que les efforts des théoriciens déductifs soient vains. Les économistes font de la déduction comme M. Jourdain faisait de la prose : ils en font à tout instant. Mais les déductions à longue portée no peuvent avoir de valeur scientifique que dans la mesure où elles permettent, par la simplification des hypothèses, dejposer les problèmes, de les c retourner », et d’en préparer la solution. Elles sont nécessaires, sans être suffisantes ; elles empêchent l’esprit de s’égarer dans le détail touffu de la réalité; elles fournissent des constructions provisoires, ou plutôt des échafaudages, qu’un labeur plus patient, fait de beaucoup d’observations combinées au moyen de déductions courtes, serrées, et conslammenl contrôlées, doit remplacer lôt ou tard par une construction solide et scientifique.
On peut espérer que l’économie politique, bientôt dégagée non seulement des conflits doctrinaux, mais aussi des conflits de méthode, saura désormais concilier et combiner tous les procédés d’investigation et de raisonnement que le progrès de la pensée met à la disposition de la science.
principes en faisant abstraction de tous les autres, et sont arrivés en effet à des résultats différents des cas réels, qui sont les conséquences de l'action combinée d’un grand nombre de lois. » Il conclut que cette méthode « n’est pas de notre siècle», et se réclame * de la méthode expérimentale de Smith. ».
Plus d’un siècle s'est écoulé depuis'que Say écrivait ces lignes. Mais, tandis que Sismondi et les historiens formulaient contre lui précisément les mômes griefs qu’il formulait contre Ricardo, l’économie déductive continuait à fleurir en Angleterre et ailleurs. Les déductifs acceptent d’ailleurs d’un cœur léger la critique qu’on leur adresse quand on leur reproche de .s’écarter de la réalité ; ils assurent que leur but n’est pas d’expliquer la réalité concrète, et qu’ils ont des visées plus hautes... Encore conviendrait-il que leurs théories ne fussent pas en contradiction avec les faits; et c’est bien à eux cependant qu’il conviendrait de le démontrer.
Par contre, les théoriciens déductifs ont souvent reproché, non sans raison parfois, aux adeptes de l’école historique de ne pas savoir poser les problèmes, et d’attacher plus d’importance à la description des menus détails de la vie économique qu’à l’élude des problèmes les plus généraux.