C0>D1T10>S OÉ>ÉRALES DE LA PRODUCTION
Cette indécision s’explique, d’ailleurs, par les caractères techniques de la production agricole. « D’abord, il n’est pas possible du moins dans les vieux pays — de créer de toutes pièces une vaste exploitation agricole, comme on crée une grande usine ou un grand magasin ; la grande culture ne peut
sesubstilueràla petite quepar des agrandissement territoriaux,
pardes usurpations sur un sol déjà occupé et exploité en petits lots; or, des obstacles de tout genre, tenant à la nature des lieux, à l’espèce des cultures, à l’état historique delà propriété et aux diflicultés des transmissions, entravent à la fois les modifications de l’exploitation agricole et c^lle de la propriété, qui ont entre elles des liens étroits » (1).
En outre, la grande exploitation agricole n’a pas sur la petite la supériorité technique du grand établissement sur le petit établissement industriel. Sans doute, la grande exploitation peut bénéficier d’une direction plus éclairée, d’un outillage plus puissant, d une division du travail rationnelle, et d « avantages multiples dans les achats de matières, les ventes de produits, les transports, les conditions du crédit, etc. j>. Et tous ces avantages se réunissent <t en fait, dans certains grands domaines de 100 à 300 hectares, comme il s en trouve dans le nord de la France, qui se consacrent à la culture des céréales, de la betterave, etc. (1) ». Ces grandes exploitations fournissent, dans certains cas, un rendement en
nature et un revenu en argent proportionnellement plus élevés que les petites.
Cependant, en dehors de 1 Angleterre, pays de grande culture, les pays où les statistiques indiquent le plus fort accroissement du rendement à l’hectare sont des pays où domine la petite culture : Belgique, Hollande, Danemark. C'est que la nature des travaux agricoles ne permet pas de donner à l’outillage un emploi continu, ni d’opérer une division du travail rigoureuse. La continuité des soins et surtout le zèle du petit exploitant, quand il est propriétaire, compensent souvent les avantages de la grande exploitation, et assurent même une
(représentant d’ailleurs 61 0/0 des terres cultivables, abstraction faite des forêts) appartient à la propriété paysanne (1 à 40 hectares) exploUée par le propriétaire seul ou aidé d’un petit nombre de salariés. (Voir La petile propriété rurale en France. Enquête monographique 4908- 1909, publiée par le ministère de l’agriculture. Iinp. nat.)
(1; Cf. Bourgüin, op. cit., p. 206.
CHAP. III. 'technique et AGRICULTURE 43
i supériorité décisive au petit cultivateur dans certaines cultures qui exigent un travail minutieux (dans les cultures maraîchères et fruitières, celle du tabac, etc., parfois aussi dans l’élevage) (1). Enfin, comme nous le verrons plus loin, les petits exploitants ruraux sont souvent arrivés, beaucoup mieux que les petits entrepreneurs urbains, à s'assurer, par 1 association, les principaux avantages techniques et commerciaux de la grande exploitation (2).
En résumé, la situation respective de la grande et de la petite culture, depuis qu’elles font l’objet d’études précises et approfondies, ne confirme en rien la conception — émise un I peu hâtivement par certains écrivains, socialistes pour la plu- I part, — d’une tendance à la concentration, analogue à celle I que l’on peut constater dans l’industrie (3).
§ 2. — L’industrialisation de l'agriculture et la « loi du rendement moins que proportionnel ».
On a remarqué depuis longtemps que le développement de l'outillage dans l’exploitation du sol se heurtait à un obstacle technique; et cette observation a été formulée sous la dénomination de « loi du rendement moins que proportionnel » ou « du rendement décroissant ». Il s’agit dune remarque très simple et très générale : quand on affecte des capitaux sous lorme d’engrais, machines, etc., à un fonds de terre, le rendement de ce fonds peut être d abord au moins proportionnel à cet investissement de capitaux . si, par exemple, un champ d’une valeur de 2.000 francs rapportait un revenu de 100 francs, un supplément de dépenses de 1 .000 francs destiné à l’améliorer (engrais, labour, etc.) peut porter le revenu à 150 francs, ou plus. Mais, il vient un moment où l’affectation de nouveaux capitaux à ce champ devient moins
(1) Voir notamment; Souchon, La proj.riélé paysanne; Augé-Laribé, Grande ou petite’ propriété? Th. Montpellier, 1902 ; P. Caziot, La Terie à la famille paysanne. — Daniel Zolla, Le développement de la petite prO" priété rurale {Journal des Economistes, mars 1920).
(2) Voir p. 52. . .
(3) Sur la concentration et la doctrine de Karl Marx, voir livre quatrième : Le développement de la pensée économique.
?art, I.
co>DiTio>s Générales de la prodectioa
de’:: --eue, car .e
francs de plus affectés à notre diminue. Ainsi, mille
encore son revenu de 50 francs • mai^^I peut-être
mentera plus irrende^'t -ug.
fait bien connu de tout cultiva'teur
de roulement pour exnloiter ««« ♦’ ‘ faut un certain fonds certain point, il se senU^tr^ i d’un
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de terre ne chercherait jamais à i-a’“' morceau
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