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CHAPITRE PREMIER

L’entreprise et l’association de production.

§ I. - L'entreprise indivMeelle et l'entrepriee familiale.

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CHAP. 1. — l’e>TREPR1SE PRIVEE 47

nisation intérieure, et sa place dam la vie économique est déterminée uniquement par sa participation aux échanges (1).

Mais c’est, au total, un type plutôt exceptionnel ; l’entreprise qualifiée d’individuelle est fréquemment, comme nous allons le voir, tout au moins familiale ; et l’étude de l’entreprise implique celle des divers modes à' association qui peuvent

la constituer.

Il suffit, en effet, à défaut d’une connaissance approfondie de nos mœurs, de considérer l’organisation juridique de la famille pour constater qu’elle constitue, à certains égards, un groupement économique. Et, sans même relever que des considérations d’ordre économique ont souvent une influence déterminante dans la constitution de l association conjugale, on se rend compte aisément que la communauté de l’existence et la présence, dans le groupe familial, d’individus en fias âge implique, pour le moins dans la consommation des biens, un communisme qui en fait une véritable unité économique. De plus, l'homme, la femme, et souvent aussi les enfants adolescents ou adultes, se répartissent généralement les tâches selon leurs aptitudes, de manière à pourvoir aux besoins communs.

Cependant, il ne s’ensuit pas nécessaiiement qu’ils constituent une même entreprise. Ainsi, lorsque la femme se livre aux travaux du ménage, ou qu’elle accomplit au dehors une besogne distincte de celle du mari, on ne saurait dire que le groupe familial, dansson ensemble, forme une entreprise. Par contre, cela est vrai, lorsque les membres de la famille coopèrent habituellement à une œuvre de production commune, en vue du marché. C’est le cas, de nos jours, de beaucoup de petites exploitations agricoles, industrielles et commerciales ; le paysan, l’artisan, le petit boutiquier accomplissent très fréquemment leur lâche professionnelle avec l’aide des membres de leur famille.

On a pu croire que, arec les progrès réalisés par la grande entreprise par rapport à la petite, cette modalité de 1 association économique tendrait à disparaître. Il u y a, cependant, rien de moins assuré. Car si, par suite de causes techniques, le métier recule souvent devant la grande ou moyenne industrie, et si la situation de la petite exploitation paysanne e^t assez

(1) Voir Assiacx, Essai d'un$ élude analytique et synthétique de l'entreprise (lier. d’éc. pol., 1903, p. 193).

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48 PART. I. CO’DiTIO.N'S GÉNÉRALES RE LA PRODUCTION

variable selon les pays (1), le petit commerce, où les membres Je la famille travaillent très souvent ensemble, paraît se déveopper assez généralement : épiciers, boulangers, bouchers, iharcutiers, laitiers, débitants d’alcool pullulent à vue d’œil ’

ît ce sont précisément des professions où la femme travaille Jresque toujours à côté du mari (2).

§ 2. - Le groupement de l’entrepreneur et des salariés.

L’entrepreneur agit très fréquemment avec le concours de ialariés, c’est-à-dire d’individus qui travaillent sous sa direcet, avec les capitaux dont dispose l’entreprise, en échange c une rémunération convenue d’avance. Les services récifs roques que se rendent l’employeur et l’employé ont bien les caractères généraux d’un échange ; mais il y a entre eux quelque chose de plus : c’est l’organisation du travail à l’intérieur de l’entreprise, qui, seule, produit pour le marché. Ainsi, Eiôme si les salariés ne sont pas, au point de vue juridique, b !S associés (3) de leur patron, personne ne saurait nier la r ialité du groupement économique qu’ils forment avec lui ; ce groupement est assurément l’un des éléments les plus caract( ristiques de toute entreprise de quelque importance. A lui

st ûl, il constitue l’un des types les plus habituels de l’en/rep ’ise collective (4),

(1) Voir plus haut, les chapitres relatifs à l’inhuence de la technique sur 1 organisation de l’agriculture et de l'industrie.

(2) Voir plus loin, le Commerce, 2* partie, ch. préliminaire.

3} Cette thèse a toutefois été soutenue dans un curieux ouvrage de M Emile Chatelam sur La nature du contrat entre ouvriers et enlrevreneii-t ..ur la nature juridique et économique du lien qui existe entre le salarie et le chet d entreprise, on peut consulter aussi l’introduction de M. Lh. Uist a la traduction de l’ouvrage de David Schloss sur les

Ml des de rémunération du travail. Quant aux modalités du salaire voir le 2e livre : Répartition. ’

4/ On peut voir aussi, dans une certaine mesure, une association comportant la coopération à une œuvre de production commune dans

le groupe formé par le propriétaire rural avec un métayer ou même un fermier. •'

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