‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 40 sur 192 · CIIAP. I. ÉCHANGES ET PRIX · texte numérisé non relu

CIIAP. I. ÉCHANGES ET PRIX

Les quantités demandées présentent naturellement une gradation analogue, mais en sens inverse, hdles diminuent si le prix augmente, les catégories d’acheteurs disposés à acheter devenant moins nombreuses ; elles augmentent dans le cas contraire.

On remarque aisément que, aux prix extrêmes, il ne pourrait se faire qu’un très petit nombre d’échanges, — faute de vendeurs pour les prix les plus bas, et faute d’acheteurs pour les prix les plus élevés. .Mais, à mesure que l'on s’éloigne de ces extrêmes, l’écart entre les quantités offertes et les quantités demandées diminue également. Ainsi, au prix de lo francs l’hectolitre, nous trouverions sans doute acheteur pour les 2.000 hectolitres présents au marché, mais nous ne trouverions par exemple que 500 hectolitres à vendre. Au prix de 25 francs nous trouverions sans doute une disproportion analogue, à cela près que ce seraient les acheteurs qui feraient défaut. Par contre, au prix de

10 francs, nous trouverions par exemple, 1.300 hectolitres à vendre, contre une demande de 1.700 et au prix de 21 francs une offre de 1.800 contre une demande de 1.500 seulement. La différence entre les quantités offerte et demandée, à ces prix intermédiaires, est beaucoup moindre.

Enlin, elle tend à s’atténuer jusqu’à disparaître par le jeu de l'offre et de la demande. En effet, sur les acheteurs qui forment une demande totale de 1.700 hectolitres au prix de

19 francs, il y en a un certain nombre qui ont atteint leur limite et qui se retirent, s’ils ne trouvent pas à acheter à ce prix; mais il y en a d’autres qui peuvent aller au delà, et ils le font, si le nombre d’hectolitres qui leur est offert à 19 francs ne suffit pas à satisfaire leur demande. D’autre part, sur les vendeurs qui mettraient en vente 1.800 hectolitres à 21 francs,

11 y en a qui ne veulent pas recevoir moins et se retirent. Il reste alors, par exemple, 1.600 hectolitres sur le marché, pour lesquels les vendeurs les plus exigeants se contentent de

20 francs. Il se peut qu’il reste une catégorie d’acheteurs assez nombreuse pour acheter ces 1.600 hectolitres à ce prix. En ce cas, le prix du marché est déjà établi.

Si, au contraire, l’accord ne se fait pas, il faut abaisser un peu le prix d’offre pour élargir la demande. xMais, certains vendeurs qui sont arrivés à leur limite minima, se retirent encore. Si, par suite de leur départ, la quantité offerte devient

^ ^ i*ART. II. CIRCULATfO>

désormais insuffisante pour satisfaire à la demande, c’est au contraire la concurrence entre acheteurs qui fait un peu remonter les prix, pour rappeler l’offre. Et les oscillations continuent ainsi, diminuant toujours d’amplitude, jusqu'à ce

qu un prix soit atteint, pour lequel les quantités offertes et les quantités demandées sont égales.

L^prix du marché auquel on finit ainsi par arriver est un prix à équilibre. Et l’on ajoute même, en empruntant rette expression à la mécanique, A'équilibre stable. Car, si un accident, tel qu’une erreur de cote, provoquait des transactions à un autre prix, l’action automatique de l’offre et de la demande suffirait à le rétablir. Si, en effet, le prix mentionné par erreur est supérieur à celui que comporte l’état du marché, les vendeurs qui n’ont pas atteint leur limite d’offre le feront baisser plutôt que de remporter leur marchandise. Si, au contraire, il

est inférieur à l’état du marché, ce sont les acheteurs qui le feront remonter.

.Mais, s’il est vrai, que pour un état donné du marché il existe un prix unique et nécessaire, il faut ajouter que toute variation dans l'étal du marché se manifeste par une variation correspondante du prix. Et nous verrons plus loin (I) que cette sensibilité du prix de marché est un des facteurs essentiels de 1 équilibré de la production.

Le cas, que nous venons d’envisager, de l’établissement du prix sous un régime de parfaite concurrence, tout en étant décrit d une façon un peu schématique, ne représente pas seulement une hypothèse idéale. Il correspond très approximativement (1) à ce qui se passe sur un marché organisé, et tout particulièrement sur une bourse (3), là où se vendent en grandes quantités des marchandises définies in genere (valeurs mobilières, grains, etc.), sous un régime de publicité parfaite.

II n’en est pas tout à fait de même dans les ventes isolées

(1) Cf. 3« Partie, L’équilibre de la production et les crises

(2) [/unité Je prix n’est toutefois pas absolue, et le prix coté est une moyenne des prix pratiqués pendant la séance.

(3) En effet, en considérant spécialement notre exemple du blé il

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