‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 41 sur 192 · CHAP. I- — ECHANGES DE PRIX · texte numérisé non relu

CHAP. I- — ECHANGES DE PRIX

d’objets individualisés (chevaux, machines, etc.), ni, d’una façon générale, dans le commerce dedélail. Dans ce dernier cas notamment, le système de plus en plus usuel de la vente à prix fixe ne permet pas à l’acheteur de faire une contre-proposition au vendeur. Et, d’une façon générale, partout où il n’y a pas de marché proprement dit, les conditions de l’offre et de la demande ne sont pas assez connues des intéressés pour que Tunité de prix se réalise complètement : à un même moment, des produits identiques, sont vendus à des prix différents. Inversement, les prix ne varient pas autant d’un moment à un autre que sur un marché organisé. Mais il n’est pas exagéré de dire que, tant qu’il existe une concurrence des acheteurs et des vendeurs, les prix tendent à s’établir, d’une façon générale, comme il a été exposé ci-dessus (4).

b) Coût de production. — Endehors de la tendance à l’unité de prix dans un même état du marché, et de la variation du prix en raison des variations qui se produisent dans l’état du marché lui-même, l’analyse des conditions de l’échange sous un régime de concurrence aboutit à mettre en relief le rôle du coût de production dans la détermination des prix de concurrence. En effet, parmi les facteurs qui fixent les conditions de l’offre, il y en a un dont l’inlluence s’exerce d’uue façon particulièrement impérieuse ; c’est le coût de production, ou, plus exactement, le « prix de revient » (2), En effet, le producteur ne peut pas, sous peine de se ruiner, vendre, d’une façon durable, sa marchandise moins cher qu'elle ne lui a coûté; son coût de production constitue donc une limite minima aux conditions de l’offre. Et comme, d’autre part, la concurrence que se font entre eux les vendeurs tend plus ou moins à ramener les prix au niveau où il leur est possible de vendre, on a vu longtemps

(1) Pour plus de détails, consulter Colson, Cours d’Efionomie politique, livre I.

(2) Nous employons, conformément à la tradition, la formule de « coût de production », usitée dans la théorie économique ; toutefois, l’expression « prix de revient », employée dans les affaires, nous paraîtrait préférable, car elle correspond plus exactement à la réalité qui nous intéresse, savoir les dépenses de production, tandis qu’on peut être tentée d’englober dans la notion de coût de production la valeur du travail du chef d’entreprise lui-même : or, comme nous le verrous plus loin, la rémunération de son travail, qui est essentiellement variable, dépend précisément de l'écart entre le prix de revient et le prix de vente.

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