CHAP. II. LE MECA.MSME DU CREDIT
écouler ses titres (1) ; en outre, en France tout au moins, il a une clientèle obéissante'dans les caisses d’épargne et autres établissements publics (2).
Mais, que l’émission soit faite par des banquiers ou par l’Etat, les procédés en usage se ramènent à un petit nombre, dont les trois principaux sont les suivants : la souscription publique ; la vente de gré à gré aux guichets ; la vente directe en bourse.
1° Le procédé de la souscriptio?i publique consiste à offrir les titres au public, à un jour donné et à un prix déterminé. Les souscripteurs s’inscrivent avant le délai fixé ; et si le montant des souscriptions dépasse le chiffre de l’emprunt, on procède à une répartition des titres parmi les souscripteurs, selon des bases indiquées au préalable. L’opération, eflectuée dans ces conditions, a l’avantage d’ètre brève. Si ce sont des banquiers qui emploient ce procédé pour émettre un emprunt qu'ils ont pris ferme, ils n’immobilisent que fort peu de temps leur capitaux, à condition toutefois que l’opération réussisse. Si c’est l’Etat qui agit ainsi pour son compte, il évite, en principe tout intermédiaire. Mais l’Etat s’expose à ce qu’une partie des souscriptions soient faites par des banquiers ; et les banquiers émetteurs, qui emploient le même procédé, s’exposent à ce qu’une partie des souscriptions soient faites par des spéculateurs. Dans les deux cas, il n’y a pas de classement immédiat ; les intermédiaires que l’on aura voulu écarter revendront les titres à un prix supérieur à celui de l’émission ; puis, si les acheteurs déünitifs font défaut, l'émetteur sera amené à racheter des titres pour éviter la baisse.
Four ces raisons, les banquiers préfèrent souvent écouler les titres qu’ils ont pris en charge dans des ventes de gré à gré effectuées aux guichets des agences, ou par l’intermédiaire de démarcheurs qui vont trouver la clientèle à domicile. L’émis-
(1) De même, et pour les mêmes raisons, les compagnies de chemins de fer françaises peuvent émettre des obligations sans intermédiaires.
(2) L’Etat, cependant, a eu souvent recours aux banquiers, soit pour prendre ferme ses emprunts, soit pour les écouler moyennant une commission ; et ce procédé n’est pas nécessairement plus onéreux. Sur ce point, consulter Paul Leroy-Beaulieu, Traité de la science des finances, et aussi les divers ouvrages cités plus haut.
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sion se fait plus lentement, l’immobilisation des capitaux est un peu plus longue; mais le classement est définitif, et le prix de vente peut être supérieur à celui que donnerait le procédé de la souscription publique.
I) une façon assez analogue, l’Etat émet souvent des titres en les écoulant progressivement à ses acheteurs réguliers, tels que les caisses d’épargne.
3® La vente peut aussi être faite directement en bourse: c’est un procédé employé' pour les fins de placement, ou pour les introductions de titres déjà cotés sur des bourses étrangères (1).
Les banques ne se bornent pas à intervenir dans l’émission des valeurs ; les titres une fois sur le marché, elles ont souvent intérêt à en soutenir le cours, soit parce qu’elles en ont un lot important dans leur portefeuille, soit pour éviter le discrédit qui frappe une maison, longue les valeurs qu’elle émet viennent à se déprécier brusquement. Cela les conduit souvent à racheter des titres récemment émis, l’augmentation des achats devant provoquer une hausse, ou tout au moins enrayer la baisse. Les banques ont cependant un procédé indirect pour contribuer à maintenir les cours, sans avoir à engager beaucoup de capitaux : c’est de placer une partie de leurs disponibilités en reports sur les valeurs qu’elles veulent soutenir. En effet, les capitaux placés en report permettent aux haussiers qui veulent maintenir leur position de se faire reporter à meilleur compte, et facilitent ainsi le mouvement de hausse. — Inversement, une banque qui s’intéresse à un mouvement de baisse peut mettre des titres à la disposition des vendeurs disposés à reporter.
§ 6. — Les marchés financiers.
Il existe, d’ailleurs, entre les banques de toutes catéo-ories et la bourse des valeurs tout un ensemble de rapports très complexes, dont l’influence, jointe à la situation économique
(1) Sur l’emploi de ces divers procédés et les critiques qu’ils suggèrent, on peut consulter l’ouvrage, capital en le matière, de M. André
E. Sayoüs, Les banques de dépôt, les banques de crédit et les sociétés finan~ êiéres, 2* éd. Paris, 1907.