‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 74 sur 192 · CHAP. II. PHENOMENES MONETAIRES · texte numérisé non relu

CHAP. II. PHENOMENES MONETAIRES

alternativement drainés des pays biraétallistes au cours du XIX* siècle.

La théorie quantitative et la loi de Gresham reposent sur des observations initiales exactes. Toutefois, elles ne suffisent pas pour interpréter les phénomènes monétaires. La dernière, ' en effet, dans sa formule laconique, constate les conditions dans lesquelles s’effectuent certains mouvements monétaires plutôt qu’elle n’en donne l’explication. Quant à la première, elle constitue, le plus souvent, une application trop abstraite de l’idée de l’offre et de la demande pour fournir une explication exacte et précise des phénomènes envisagés.

IVous allons voir, en effet, que les phénomènes monétaires ne sont pas seulement des phénomènes relatifs à la valeur de la monnaie, mais aussi, le plus souvent, à \a conversion d'une monnaie dans une autre monnaie, et, parlant, au rapport d’échange qui s’établit entre elles. H ne suffit donc pas d’envisager la quantité de la monnaie que l’on considère pour expliquer les fluctuations de sa valeur ; il faut encore rechercher par rapport à quoi cette quantité varie : si c’est par rapport à l’ensemble des marchandises, ou plutôt par rapport à une autre monnaie ; et, dans ce cas, il faut encore rechercher qu’elles sont les circonstances qui déterminent la quantité des monnaies à échanger.

Ce sont ces facteurs fort complexes que nous allons essayer de mettre en relief dans l’inlerprélation des trois grandes catégories de phénomènes monétaires indiquées plus haut (I).

(1) On trouvera une expression remarquable des principes classiques, d’ailleurs renouvelée par l’emploi de la méthode mathématique et par une utilisation fort ingénieuse des données statistiques, dans l'ouvrage de M. A. Acpetit, Essai d'une théorie générale de la monnaie, th. Paris, 1901. — Sur la critique de la théorie quantitative et surtout de certaines de ses formules, voir l’article de M. Mongin, La monnaie et la mesure des valeurs, dans la Rev. d'éc. polit., 1897, p. 144, et aussi B. Nogaro, Le rôle de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitative, th. Paris, 1904, et B. Nogaro, Contribution à une théorie réaliste de la monnaie (Rev. d'éc. polit., oct. 1906) ; enfin les Principles of Money, de Laughlin, précieux surtout par une bibliographie très abondante et par de nombreux graphiques relatifs aux variations des prix, et l’article de H. E. Barrault, Les théories antiquantitatives de a monnaie. (Rev. d’hist. des doctrines écon. et sociales, 1910, n* 3).

PART. II

ORCCLATIO.X

§ 3. - L'explication positive des phénomènes monétaires

contemporains.

1* U tmclwnnement du bimélailisme. - fondant les Irois premiers quarU du xu- siPcIe, le lumélallisme, adopté par un asser grand nombre de ualions d’Europe et d’Amérique, a

foDclionné d une façon régulière à l’intérieur de ces nnvs et a eu outre, véritablement dominé les relations monétaires inter-

Le maintien, — du moins dans la plupart des pays bimétalhstes - du rapport légal adopté à l’origine peut être, en luimeme, considère comme un phénomène notable, si l’on tient compte, qu’l n’avait été établi primitivement que comme un expédient, et que ses créateurs le considéraient, pour des raisons théoriques, comn.e irréalisable. La possibilité, pour les particuliers, de se procurer des pièces d’or contre des nièces d argent, ou inversement, suftit toutefois à expliquer que les

échanges aient continué à s’etîectuer à l’intérieur du pays sur

les bases du rapport légal primitivement adopté.

Mais il reste à rendre compte de plusieurs autres catégories de phénomènes relatifs au fonctionnement du bimélailisme Le sont : l» La prime alternative, pour le change extérieur et e drainage alternatif des deux métaux dans les pays biinétallistes ; 2° La fathle amplitude de cette prime et la stabilité

approximative, en dehors des pays bimétallistes, des cours respectifs des deux métaux (1).

Le premier phénomène n’était pas pour surprendre les esprits imbus de la théorie classique, et il semblait pouvoir s expliquer par la théorie quantitative. Le métal qui faisait prime devait être le moins abondant, celui dont la production se ralentissait; et, s il prenait la fuite, c’était en vertu de la loi de j.resham, ou, si l’on veut, par l’altraction même delà prime. Cependant, il est manifeste que cette explication est

de 18?4 à î’ P^‘ ''odes seulement :

1867 nrLp H ’ 1’ ^ ^ nouveau prime de l’argent, puis, à partir de 1867, prime de 1 or. - La prime de l’un et l'autre métal a toujours-

dl^l Période, très modérée, n’osciltant qu’entre un rapport

de 1 a 15 et un rapport de 1 à 16.

CHAP. 11. PUÉ.NOMÈXES MO.^ETAIUES

Iinsuftisante : en etîet, entre 1820 et 1850 — pendant la moitié environ de la période considérée — la production de 1 or a été s’accroissant beaucoup plus que celle de l’argent, et cependant c’est l'or et non l’argent, qui a fait prime (1).

C’est que le rapport de valeur entre les deux métaux n était pas, à vrai dire, déterminé par leurs quantités respectives, mais par la guanlilè disponible de chacun d eux relativement aux besoins résultant des échanges extérieurs,

Enetlet, la production de l’argent, se concentrait à Londres, — marché mondial de l’argent, établi dans un pays nionométallistb-or. Quand elle était plus que suffisante pour régler les dettes existant à l'égard des pays à monnaie d argent (principalement riade et les pays d’Cxtrême-Orient), le reste du stock d’argent était envoyé dans les pays bimétallistes (b rance, Etats-Unis, etc.), — puisque ceux-ci recevaient inditTérernmenl les deux métaux. Et quand ce stock d’argent était plus que suffisant pour payer les dettes de l’Angleterre à 1 égard des ' pays bimétallistes, les marchands d’argent de Londres, pour

se payer, prenaient de l’or, en échange, dans la circulation de ces derniers, — l'or seul étant admis à la frappe libre en An- I gleterre, et pouvant seul être définitivement converti en

I monnaie anglaise. L’or, ainsi recherché pour l'exportation,

faisait prime dans les pays bimétallistes.

Quand, au contraire, le stock d’argent qui arrivait des pays producteursà Londres ne suffisait pas àpayer la dellesà Cègard des pays à étalon d'' argent, il fallait envoyer de l’or dans les I pays biniélalliste et le faire frapper pour se procurer en échange

des pièces d’argent à exporter. (Vêlait alors l’argent qui était drainé, et qui faisait prime.

On voit donc que le drainage alternatif et la prime alternative des deux métaux dans les pays bimétallistes s’expliquent non pas, à vrai dire, par la production respective de l’or et de l’argent, mais à la fois par les quantités d'argc7il produites et

(1) Pour tous les renseignements statistiques relatifs aux métaux précieux et aux monnaies, on peut consulter le Rapport annuel du directeur de l'administration des monnaies et médailles de France. Mais ou trouve des renseignements beaucoup plus complets dans les deux rapports annuels du directeur de la monnaie de NVashiugtou, et surtout dans l’un d’eux, dont le litre exact est : Annual report of the director of the mint for the fiscal year.

PART. II

CIRCIILATIO.N

Bi !»' '!*k rtr® - la faible nmplitucle de la prime

el la elab.l.ld approx.malive, en dehors des pays bimé III, e"

des cours respeclifs des deux métaux — ’

...mant déplus près les circonstances dans l?sql!dle'"se îé‘

.ence de Lt.ons bl,uèl“, ;L,:sf „sX ' n";^:,^ .‘ji seu nietdl de régler leurs changes dans ,ies conditions de sla-

s"ourc"T"f T

enti:a"irl'T^"''Y"

t^neonange, dam la circulation df» cp aL a j.

navde^t'pas'de"'!»; po“r "mt'lu'r^''', '

qu Is n en pouva.eul tirer en l'envoyant en France et en 1 échangeant au lauxde U 15 I '2 contre de I’,,. n ’ valent, réciproquement le vendre plus cher qu' I n'™ eùuE d envoyer, au contraire, de l'or en France el de IV fdrrrranpèr pour se procurer des monnaies d’argent en échanire v'n la

fe“ méi“ure:7:::j,

du rapport légal dès pîéce7d"è ètivgèlit "èè,”" "plysT la réptLhUimlre'i™ è'"''i''' ~ l'l■d.lomène de

les causes, s'explique essentiellement par la dispèè tion t ce dial de choses. Depuis 1867. „„ était revenu à u'ue péilde de

Farpr-

Vot T' oct-noî. 7m.

(2) Voir au chap. précédent, p. 237.

CHAP. H. PHÉ.NOMÈ.NES MONÉTAIRE.?

prime de l’or, par suite de la diminution des besoins de réglement à l’égard des pays à étalon d’argent. Un afflux d’argent se produisit dans les pays bimétallistes — dans lesquels on écoulaitle surplus inutilisé de la production annuelle — .accompagné d’nn drainage corrélatif de l’or. \ partir de 1 873, l’aftlux de l’argent à frapper fut tel que les hôtels des monnaies s’en trouvèrent encombrés, et ne procédèrent désormais que très lentement aux frappes (I ) ; des perles d’intérêt très notables vinrent s’ajouter aux frais de conversion usuels de l’argent en or, el le cours de l'argent à Londres tomba au-dessous de la limite correspondant au i a[)porl de l à 1H. Là-desssus, les gouvernements des pays liimétallisles, qui redoutaient — à jiifte titre — un drainage conqdet de leur or, qui les eût mis au régime de l’étalon d’argent, ralentirent les frappes à partir de 1873, puis suspendirent la frappe Ubredel' argent (1876).

La frappe libre n’a jamais été reprise depuis lors, el ion comprend désormais qu’il soit tout à fait impossible de convertir, à un taux sensiblement fixe, le mêlai argent en or. Les conditions du marché de l’argent se sont trouvées radicalement changées, et le cours de ce métal, fluctuant désormais comme celui d’une marchandise quelconque, est tombé sensiblement à la moitié du cours correspondant à l’ancien rapport légal, pour ne se relever que tout récemment (2).

3° Les pays à monnaie déprécié*', les réformes monétaires et la théorie de la dépréciation. — La dépréciation du métal argent n’a pas alîeclé le cours des monnaies d’argent, dans les pays où la frappe libre a été suspendue, et où il existait un stock d’or amplement suflisant pour faire face aux besoins des règlements extérieurs ; celles-ci ont continué à s’échanger conformément au rapport légal ancien (I à 15 1/2 en France, dans l’Union latine et dans divers autres pays) dans les relations intéi ieures.

Mais la situation fut toute dilférenle dans les pays qui recevaient l’argent en paiement de l’extérieur, soit parce qu’ils continuaient à admettre ce métal à la frappe libre (Inde anglaise, par exemple), soit parce qu’ils acceptaient dans leur

(1) Voir DE Foville, La monnaie, p. 58.

(2) Voir L. PoLiER. La production de l'argent, et B. Raynaud, De la baisse de l’argent vis à-vis de l’or, dans Questions monétaires contemporaines.

PART. II

CIRCl’LATIO.N

(Ctoe)''°" élr, ingères (1) ou des lingots d'argent

"ans ces conditions, on comprend aisément, en elfel nue es débiteurs étrangers de ces pays à monnaie d'argent avaient toujours la ressource de se libérer en envoyant à leurs créanciers de l'argent aclieté au prix du marcbl l.es débiîe“s de I Par^emple, avaient toujours la faculté d'envoyer de I argent acheté à Londres jusqu’à l’iloiel des monnaies de Bombay, ou il était tranfornié en roupies, pour payer leurs créanciers. - Inversement, le» liabilants de»Vys à nonuaie d argent en la, eut réduits, lorsqu'ils „’avaien\ pas d’â"?™ moyen dérèglement, à vendre leurargenl on cours ,/u marché pour se piocurer I or nécessaire à leurs paiements extérieurs UcomsJuchmiÿesur les pays à étahn ifargru! suMlnécessairrmenl les fl uclualtons cl la baisse du métal argent.

L est ainsi que les pays à monnaie d'artent vinrent allonger constdérablenient la liste des lîtat» à monnaie dépréciée °

ciss { r 'i des pays où la

C’eï^ fd”" 't '“"'posée principalement de papier-maunaie,

avait éfé'^é ‘ ° 1' '"'“"''ee>d>le8, dont chacun

axait été érais à l or, g, ne en représentation d’une certaine

somme de monna,emétalligue, mais dont la valeur, au change

exleiieur s est progressivement abaissé au-dessous de cette

à le ri-*''" v“'’ f'"l'd"nt» de ces pays, n'ayant pas d'or à leu. disposition pour opérer leur» règlemeni;à l’e.xlérieur,

le change n g peut pas être l.milé par le gold point,

c est-à-dire par le» frais d’expédition de la somme dje en pièces ou en lingot» d’or. Il subit donc des oscillations déréglées. au cours desquelles il s’abaisse généralement très au-

méiir * “ pcuntive du papier-monnaie avec le

oddgories de pays à monnaie dé- P Cl e, I arriva (Jonc que les cas de dépréciation cessèrent rUe exceptionnels, et (|ue les rapports monétaires entre pays à étalons différents, au lieu d’ètre dominés et stabilisés par le bimétallisme se trouvèrent déréglé.s, par suite de l'absence de tou moyen d échange nonnal entre les pays qui disposaient cl un stock d or, et ne recevaient que de l’or, et ceux qui, au

dans la plupart des pays d’Extrême-Orient. ^

CIIAP. II. PI1E?10ME.\ES MONETAIRES

contraire, ne possédaient pas la seule monnaie internationale qui existât désormais : l’or.

Le problème de la dépréciation, qui attirait ainsi, d une façon toute particulière, l’altenlion des économistes, était précisément de ceux qui semblaient se résoudre par des principes très simples. En vertu de la théorie quantitative, une monnaie dépréciée était présumée surabondante, et le remède à la dépréciation semblait être dans la raréfaction progressive de la monnaie considérée. L’expéiience semblait, d ailleurs, confirmer cette conception : la dépréciation fantastique des assignats révolutionnaires était manifestement le résultat de la folle exagération dos émissions. — ht il n’est pas douteux que, dans ce cas, la surabondance de la monnaie donne une explication simple et à peu près suflisante de la dépréciation — .

Mais l’examen miuulieux des phénomènes de dépréciation contemporains montre qu’il s’agit de cas sensiblement différents, et plus complexes, ha dépréciation affecte souvent non pas une monnaie, mais l’ensemble d'un système monétaire (ainsi, en Espagne, où la monnaie intérieure d’argent ou de papier subissait une égale perle au change). Celte dépréciation ne se manifeste d’ailleurs d’une façon cer/nôie(l). qu’à l’occasion des paiements à l’extérieur, et en tous cas ne se mesure exactement que par la perle an change de la monnaie locale, ou, en d’autres termes, par la prime qu’il faut payer pour avoir de l'or ou des traites libellées en or. Elle a évidemment sa cause immédiate dans \' absence du stock (for qui serait nécessaire pour imposer aux fiuclualions du change la limite du gold point de sortie.

(1) On dit bien aussi que la dépréciation de la monnaie se traduit par une hausse générale des prix dans le pays : mais, si la dépréciation intérieure et la dépréciation qui se manifeste par la perle au change sont des phénomènes connexes, ce sont cependant des phénomènes parfaitement distincts : la perte au change contribue sans doute à la hausse des prix, surtout en majorant le prix des marchandises importées, et, par répercussion de bien d’autres marchandises. Réciproquement la hausse des prix intérieurs tend à paralyser le commerce d’exportation, si cette hausse n’est pas compensée par la prime que les exportateurs perçoivent en vendant leurs traites sur l’étranger audessus du pair. Mais il n’y a pas de corre.«pondance nécessaire entre le taux de la dépréciation intérieure et celui de la dépréciation extérieure. Voir la note 2 de la page 255).

PART, n, — CIRCULATION

pensèrent, conforn émenl aux iHèêr^L '""’ ''®

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rieure à l'ancienne, celle pari ^ S L T f 'égale est inféen Argentine, la «t^bili^atirl étSotée

piastre :>u lieu de cent), dans Tlnde^ 1^, centaros par

16 pence (au lieu de 27 parité anri^ ' \ ^ J'^upie a été stabilisée à

Tè» génèkla, s'ex;,it;lTp::T.rptS TT‘

ancienne, mais par le désir de ne nao m • revenir à la parité

à vendre leurs traites sur i’étrange^r avec'^unrfo?te°'^*^-^'‘“"’ permettre de maintenir leurs pri*. ^ ‘ *1® '^ur

iV-i.

CHAP. II. PHÉ>OMÈ>ES MO.^ÉTAlnES

essentielle est d’abord la suppression de la frappe libre, ou du régime de la monnaie pesée, ou encore la prohibition de toute introduction de monnaie étrangère, en ce qui concerne l’argent : car on enlève ainsi aux étrangers la faculté de se libérer au moyen de ce métal, et d’abaisser le cours du change au niveau d’un silcer point instable.

En outre, qu’il s’agisse d’un pays à circulation d’argent ou à monnaie de papier, il faut pouvoir fuurmr à ses habitants de l'or ou des traites payables en or à un taux fixe, et eu quantité suflisante pour tous les besoins des règlements extérieurs.

Cette condition peut être réalisée par l’introduction de gros stocks d'or dans sa circulation, ce qui implique un changement radical du système monétaire (c’est ce qui a été fait, par exemple, au Japon).

Elle l’est aussi bien par la remise aux particuliers de traites sur l'extérieur, vendues à un taux lixe, et couvertes, lorsque les nécessités de la balance des comptes l’exigent, par une réserve d'or, — accumulée soit dans le pays même, en vue d’une exportation éventuelle, soit à l’étranger. — (^esl le système du gold exchfinye slayidard, ou de la réserve d'or.

Dans les deux cas, la stabilité du régime monétaire dépend de l’équilibre de la balance des comptes ; puisqu’une balance des comptes trop longtemps défiçilaire aurait pour résultat de drainer à l’étranger l’or mis en circulation à l’intérieur du pa)'s, ou mis en réserve (1).

4° Les perturbations monétaires issues Je la guerre.

Les perturbations économiques résultant de la longue guerre de 1914 1918 ont considérablement accru le nombre des pays soumis, en fait, au régime du papier-monnaie. En dehors des Etats-Unis et du Japon, il n’est guère de puissance belligérante qui y ait échappé, et ce régime est, pour le moment, celui de la grande majorité des puissan ces européennes. Cepen-

(1) Pour plus de détails, consulter notamment les travaux déjà cités de MM. Ukboud, Ansiaux, et René Théry, et aussi de .M. Détibox, La question monétaire en Indo- Chine, Ih. Paris, 1907 ; M ^sson-Fure-stier Les caisses de conversion de la République argentine et du Brésil, Th. Paris 1912. Samuel Uosso, La caisse de conversion argentine Th. Toulouse 1916 ; Polier, La caisse de cont’crston argentine. (Revue d'éc. politique 1917 p. 81), SuBEBCA SEAUX, Le papier-monnaic, édition française, Giard et Brière, et enfin le grand ouvrage de M. Kemmkrer. Modem currency reforms.

— ClItCULATIO.N

l“ù -r*^™ fan „ou.

du papier-monnaie s'esl élabl'i‘’par°uitedë‘ir"'"'T ' cours forcé, el surlout de la „^?'l v , !'''“'-'l“'"al'On du

d'ailleurs, les a.o.tlc Z =

par. d’entre elle'] aurZnr:: f X :'r''l7; “''f;" T P'“‘ rance) qu’ils n'eussent i»-..: i i' '“'^ifarJs pour ia

a’ils u-avaieul élé .oui d’aT^ri ituZilwftf devaient donc disparaître. ^

Cependant, comme l’inconvertibilité rt»c t -Il . - r

pagnée d'émissions énormes l’idé . ’-i *’'**f'® ® ete acconi-

le cours du cl.anue el ié ™i u 1,'''! ““‘’i' “‘re

repris quelque crédil. Ou doit d’adieu “ émissions de lullels, en fournissanl de ? '“®''"“‘lre que ces paiement, ont dévelonné N dl' i movens do

compris celle des n.anhandises nmùrtélralôrs''''"‘‘''’ cours qu’à l’imérieurd’uii lerrifoi.e „ 1“®. " ayant

pas le moyen do les paver I=>1 ' „n fournissent

émissions-onl permis d; ,i;Ir' ,7 ‘‘7 1'"^'^*

continuer à im|iorler des nroduds 'l"”, 1'“'' “‘‘scqueiit de par la perte au chau -e elîlm^ë P"* '»aioré

tribuer à prolonger le déficit de l7hT P“

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analyse, l’excédent prolon^ deV ^n ''“‘•"ièro

bilisalion des stocks d’or mn’T '™P‘^"a.ions,jointà l’immo. el cet excédent d’u7porülio„, i

de la poursuite de la guerre un '"'l ''7 '^“"‘^'*ion nécessaire 11 u’y a d’ailleurs pas7u de corïé'l r' '’“x

-seusiblemen.amélil-:à"réZ:-

d.'^" farce n’a pas été ordddlem.n, pr„.

naiit le moyen de fade de'" arancés r^i'or' en don-

liter 1 organisation de leurs industries erdv fT de faci-

beaucoup plus complète les ressources du d’une façon

diminuer la valeur des importations n.cp ■ contribuer à

porter des matières premières et d 1 mar'p^

des produits fabriqués, beaucoup plus Seu^'"''’"’

= ff

tt

CHAP. II. PIIÉ.XOMÈ.XES MONETAIHES

de nouvelles et très notables émissions. Et si l’on a pu, en considérant simultanément le montant des émissions et les cours du change de divers pays, notamment a\ngleterre, France Italie, à un même moment (lin 1919, par exemple), constater que la perle au change était plus élevée dans ceux d’entre eux où la circulation monétaire s’était le plus accrue, on ne saurait tirer de cette conslalalion une conclusion certaine, car la balance respective des dettes et des créances sur l’étranger, de pays comme l’Angleterre, la France, l’Italie, ainsi que les conditions inégales dans lesquelles ces pays obtiennent des crédits, suffit à expliquer les différences enregistrées.

La « dépréciation » intérieure de la monnaie qui se manifeste par la hausse général© des prix reste un phénomène absolument distinct de la dépréciation extérieure, attestée par la perle au change. Sans doute cette dernière agit-elle sur le niveau général des prix et parlant sur la dépréciation intérieure en provoquant la hausse des marchandises importées et même exportées (i). Mais la réciproque n’est pas vraie : la dépréciation de la monnaie intérieure par rapport aux marchandises n’exerce pas d’action directe sur le change (2), parce

(I) Ainsi, 011 a signalé en France que la hausse de certains prix sur le marché intérieur était provoquée par la demande de pays qui se procurant à bon compte les francs, dépréciés par rapport à leur monnaie, n’hésitaient pas à offrir des prix très élevés en francs.

(i.) Nous ne méconnaissons pas la possibilité d’une action indirecte • car, si l’on admet que l’accroissement de la circulation fiduciaire est une cause essentielle de hausse des prix, donc de dépréciation intérieure on doit admettre aussi que l’équilibre des échanges avec l’étranger sê rétablit plus difficilement si les prix intérieurs sont élevés. Mais il 8 agit là d’une influence englobée parmi celles qui agissent sur la balance commerciale. Il est certain que, si l’on se préoccupe de stabiliser les changes à une parité déterminée, il faut tenir compte du pouvoir d achat de la monnaie intérieure : si le taux de stabilisation ne tenait pas compte de la hausse des prix intérieurs, les exportateurs ne trouveraient pas dans la prime avec laquelle sont vendues leurs lettres de change sur 1 étranger la compensation nécessaire pour leur permettre de soutenir la concurrence sur le marché mondial. Cependant cette considération ne suffit pas à justifier la théorie récente d’après laquelle le cours du change serait déterminé par la - parité des pouvoirs d’achat » ■ les auteurs qui la soutiennent font le raisonnement suivant • si lé niveau des prix est actuellement deux fois plus élevé en France qu’en Angleterre, le cours de la livre, qui était, au pair d’avant guerre, d environ .5 fr., doit être aujourd’hui de 50 fr., et pas davantage ; en effet, il vaut la peine pour un importateur français de payer la livre

PAIIT. 11. CIKCILATIOA

que la'monnaie intérieure (papier-monnaie), ne sert en aucune açon de nio}en de règlemenl à l'élranger (1).

"î issue de la guerre se prolonge

q 11} ait, pour la plupui t des pays ci-devant belligérants^

aucune perspective prochaine d’un i^tLr spontané verïS aucune mesure sérieuse ne paraît avoir encore été envisagée

driiosUütér partie de la période

dïpoLi In V Vf T" C'édits dont il

leurs . la Banque, jouant ainsi, en (ait. le rôle d’une caisse de

conversion a pu conten.r les Ilucluations de nos chanV Tal

d étroites limites et IWlicacité d’un mécanisme co mu sVs ainsi trouvée confirmée (3). ^

'•'«tilués, l’excéilenl de noire delta à I extérieur n a pu èire éij.iil.bié que par dea crédita au

Angleterre, si 25 francs ne lurcoHe, t nas s

cVtotoTsœ^ fis “;;iL^raTqsfr ^

bourse se règlent selon ces principes Mais il s’a-it arbitrages de chandises cotées, dans les deux pays cV éT

que l'on peut se procurer à la fois dans' les deux pays

international a, en dehors de cette hvnmi a ^ ^ commerce

procurer des marchandises Vue îe nav?imân r

ne possède pas en quantité suffisante On peut dVnVéVV a7nVnr"’l''“ payer à un taux de change très ditféreni L w amené a les

'' n'i Lot" P°"ra’bâse ‘

capté comme ooe traite sur e novri '’ »»-

suivant Tétât du change Mais il iTest m ^*^**^*^®' prime ou perte

(2) S.guatous cepeudtm la pt i, .Trèl"n“rS„“";

grec en matière de change (voir IJre eis V« , “ f “''«nemenl

e/.aoje. 3 »ol,. Pari, iào) et la cri imt T 'T '

changes. Voir sur ce sujet ; Ch Blaxkart n Institut des

des Weltkrieges. Zurich. ' ' ’ ^^^isenpolitik wàhrend

(3) En Allemagne, la Reichsbank, en prenant en m«inc i

changes est parvenue aussi par une politimiP . ^ des

changes allemands pendant la guerre bien iu’elip contenir les

lités analogues. ^ ®^t pas des faci-

ClUP. II. PIIÉ.XOMÈ.NES MONÉTAIRES

jour le jour, crédits ouverts par des spéculateurs qui con* sentent à racheter des traites en francs tirées de leur pays sur la France, eu escomptant une amélioration future de notre change (1). On peut, en tenant compte de l’expérience acquise, être assuré qu’une stabilisation des changes (qui n’implique pas nécessairement le retour immédiat au pair) peut être obtenue, indépendamment de toute réduction de la circulation fiduciaire, si des crédits suffisants, et suffisamment prolongés, sont accordés par les pays créditeurs aux pays débiteurs, et si ces derniers disposent chacun d’un organe central pour les «. distribuer (2). Au total, les circonstances paraissent conduire à une adoption générale du régime du gold exchange standard ou de la réserve d’or (3).

(1) Voir sur ce sujet les remarquables études de M. DécAiips, notamment Le crédit international et la crispe du change {Journ. des écon. 16 avril 1920). Il faut cependant noter des mesures accessoires : restriction des importations, contrôle de l’exportation des capitaux, dont il sera parlé plus loin.

(2) Voir B. Nogaro, Pouvons-nous stabiliser nos changes ? dans la revue l’Acfion nationale, juin 1920 ; et Les dettes extérieures de guerre et les réglements internationaux, dans la Revue économique internationale, juillet 1920.

(3) Sur ce sujet, voir B. N'ogaro, Vers un régime monétaire nouveau dans le Monde nouveau, avril 1920. Consulter d’autre part Otto Hey.v,

Unser Geldwesen nach dem Kriege, qui préconise l’adoption de la €loldkernwàhrung , et, dans le même sens, un article de C. A. Verrij.n Stuart dans V Economie journal, mars 1919.

Sur l’état actuel des systèmes monétaires, on trouvera des renseignements précieux dans un volume édité par le secrétariat de la Société des Nations, sous le titre : Régimes et circulation monétaires d'aprèsguerre.

Nogaro

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