DE LA RICHESSE
Les diverses interprétations du mot richesse ont donné lieuà de graves erreurs en Économie politique. Dans le langage commun ce mot signifie abondance de' biens; les Économistes ont eu le tort de changer cette signification sans se mettre d’accord sur celle qu’il faut y substituer. Ainsi Adam Smeth donne le nom de richesse aux utilités que l’on possède ou à tout ce qui peut servir à la satisfaction de nos besoins. Pour lui ce mot est absolument synonyme d’utilité. J. B. Say au contraire, dit que l’on est riche en raison des valeurs dont on dispose ; la richesse n’est donc pour lui qu’une chose relative, un rapport comme la valeur dont elle se compose, et l’on est riche quand, ayant fait beaucoup d’efforts en vue de surmonter des obstacles qui s’opposent à la satisfaction de nos besoins, on peut prétendre A obtenir de la société d’autres services ou d’autres satisfactions en échange de celles que ces efforts peuvent lui procurer. Dans son sens absolu, le mot richesse signifie donc la somme des utilités dont peut jouir la société ; dans un sens restreint, il signifie la part de ces utilités à laquelle chacun a droit en raison des services qu’il a rendus dans le milieu social, ou de l’utilité onéreuse qu’il a créée par ses efforts et qu’il peut offrir en échange de ceux d’autrui.
1 Ijlxt une distinction entre les richesses, il admet la richesse naturelle et la richesse sociale ; ce qu’il nomme richesse naturelle, c’est de l’utilité gratuite, ce qu’il nomme richesse sociale est de l’utilité onéreuse.
Il y a un grave inconvénient à faire du mot richesse ou de 1 expression « richesse sociale » le synonyme du mot valeur, car la richesse ou la somme des utilités est susceptible d’accroissement ou d’extension ; la valeur ne l’est pas puisqu’elle n’est qu’un rapport qui ne peut s’accroître dans un sens qu’à la condition de décroître d’autant dans le sens opposé .
Posséder plus de richesses veut dire posséder les moyens de
salisfaire plus de besoins. Posséder plus de valeurs signifie avoir le droit d’exiger de la société plus de seiTices en échange de ces valeurs. Mais si la société ne dispose pas d’une plus grande quantité de services, à quoi sert le droit de disposer d’un surplus qui n’existe pas?
Accroître la richesse est donc avantageux ; accroître la valeur, si c’était possible ne servirait à rien.
Quelques économistes (méritent-ils ce nom!) parmi lesquels il faut ranger M. de St. Chamans, méconnaissant le but véritable de la science qui consiste à indiquer les moyens de satisfaire la plus grande somme de besoins avec la moindre somme d’efforts, ont voulu créer une Economie politique à part qu’ils intitulent la Science de la Richesse en prenant ce mot comme synonyme de valeur.
Selon eux la richesse naturelle ou l’utilité n’étant le produit d aucun travail, ne donnant lieu à aucun échange ni naissance à aucune valeur, doit être bannie de la science, laquelle ne doit s’occuper que de ce qui tend à accroître la somme des valeurs dont dispose la société.
Ceci admis, la richesse se composant de valeurs, celles-ci étant le résultat d’efforts et se proportionnant à ces efforts, qui à leur tour sont rendus nécessaires par les obstacles ou les difiicultés qui s’opposent à la satisfaction de nos besoins, la valeur et la richesse aussi se proportionnent à ces obstacles et à ces difiicultés; or comme la tendance naturelle de l’homme est d’applanir les les obstacles et de surmonter les difficultés, et par cela même d anéantir de la valeur ou de s’appauvrir, les gouvernements chargés de présider au bien-être des peuples doivent veiller avec une constante sollicitude à créer des obstacles artificiels à mesure que disparaissent les difficultés natm'eUes devant le génie des hommes.
Cette tâche de multiplier les obstacles, incombe naturellement aux gouvernements qui doivent dès lors user de toute leur autorité pour empecher les peuples de substituer de l’utilité gratuite
a de Futilité onéreuse, qui dans ce système constitue seule la richesse des nations.
Les ^ moyens les plus efficaces pour arriver à ce but sont
1° d entraver le plus possible le développement intellectuel et moral des peuples;
2» De nuire à l’accroissement du capital par des impôts excessifs, et d’amoindrer même le capital existant par des guerres et des dépenses publiques exagérées ou inutiles;
3» d’entraver la liberté de l’échange entre les nations, ce puissant véhiculé d’utilité gratuite par des prohibitions et des entraves douanières.
Dans ce système, la guerre, les impôts et les emprunts excessifs, le luxe le plus effréné, l’incendie même, en détruisant le capital’ forcent les hommes à accomplir de grands efforts pour satisfaire leurs besoins, et, par conséquent, à créer beaucoup de
Quelque absurde et barbare que puisse paraître uue telle eone, surtout lorsque ses couséqueuces sont poussées à leurs limites extrêmes et soûl exposées sans voile ni précautions oraoires cependmt, elle a été admise avec quelques adoucissements et quelques menagemeuts par la plupart des gouvernements de 1 Europe qui ont vu, eu elle, le mojeu d’accroître leur influence sur les peuples eu se rendant plus indispensables.
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branehes de 1 activité Lumame, fait que chacun s’applaudit de la disparition des obstacles qui s’opposent à la satisfaction de ses propres besoins, mais voit avec regret et même avec terreur se
sréfi-rrtf !‘î““ '*■ V l’occasion d’oiirir
ses efforts a la société et d’eu être rémunéré de ce service.
en creutcle”*! des masses
en ce qui concerne leurs véritables intérêts et eu ce qui constitue
es vrais principes de la justice, ont fait prévaloir jusqu’à notre
époque 1 absurde et malfaisante théorie de l’obstacle s,^ la vérité des principes de 1 Économie politique. '
fausses n ' l’engouement pour de
fausses Ib oncs, puisqu’il suflit d’admettre que la prospérité des
peuples dépend de l’impossible multiplicatl des vlurs pour ■>00™' Tes par la prodigalité, la
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