‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 14 sur 42 · DE LA MONNAIE · texte numérisé non relu

DE LA MONNAIE

Rôle de la monnaie. Elle sert à faciliter les échanges. — Définition. Inconvénient des définitions erronées. Jusqu’à quel point la monnaie est la commune mesure des autres valeurs. — Qualités d’une bonne monnaie. — Motifs qui ont fait choisir l’or et l’argent comme matière première des monnaies. Ganses de la stabilité relative des métaux précieux. — Considérations sur la baisse probable de la valeur de l’or dans l’avenir. — Il ne peut exister de rapport fixe entre la valeur de l’or et colle de l’argent. — Inconvénient d'une loi qui fixerait ce rapport d’une manière invariable. — Nécessité de choisir un métal comme étalon unique. Dilficullé de ce choix. Moyen d’obvier à cette difiicullé. — Double cause de la valeur des monnaies. Valeur du lingot. Rapport do I offre à la demande. — La valeur des monnaies métalliques ne diffère jamais sensiblement de celle du lingot dont elles sont faites. — Monnaies de billon. Moyen d’en éviter les émissions excessives.

On a vu (chap, VI, de l’échange) combien sont grands les avantages que 1 humanité doit a l’échange , mais ceux-ci ne sciaient réalises que fort incomplètement, si l’échange ne consistait que dans le simple troc entre produits ou services de valeurs égalés. Cette parfaite égalité des valeurs entre clioscs échangeables se rencontre si rarement que l’échange en serait extrêmement borné si 1 on n’avait recours à un moyen qui, tout eu le compliquant, le rend possible dans tous les cas. Ce moyen consiste dans l’emploi d’un intermédiaire d’une espèce de marchandise qui convient à tout le monde et dont la valeur, assez

stable, et bien connue, peut se fractionner jusqu’à égaler celle des plus minimes services.

L’échange se décompose alors en deux opérations distinctes, une vente et un achat, et l’intermédiaire est la monnaie.

M. Michel Chevalier définit ainsi la monnaie : « La monnaie est nn instrument qui, dans les échanges, sert de mesure, et par lui-même est un équivalent, «

On a souvent prétendu que la monnaie est le signe représentatif de la valeur : c est là une erreur grave et qui peiit amener de fâeheuses conséquenees ; un signe représentatif n’a pas de valeur par lui-même, il l’emprunte tout entière à la ehose qu’il représente.

Tel est par exemple un billet de banque, simple morceau de papier qui ne vaut quelque chose que parce qu’il donne à celui qui le possède le droit de recevoir la valeur qu’il représente. Il en est autrement de la monnaie; celle-ei ne eonfère aucun droit à sou possesseur, qui n obtient d’autres objets en retour que lorsque la monnaie est par elle-même l’équivalent de ees objets. La vente et 1 achat ne sont autre ehose que des cas particuliers de 1 échange , dans lesquels la monnaie est un des objets échanges; or, la condition essentielle de l’éehange, e’est que les objets échangés, monnaie ou autre ehose, soient d’égale valeur. Comme le dit M. IVIichel Chevalier , la monnaie pour pouvoir servir d’instrument des échanges, doit donc être par elle-même un équivalent.

La monnaie sert aussi de mesure des valeurs, mais seulement parce que l’usage général que l’on en fait, et l’habitude que l’on a de recevoir ses revenus, ou la rémunération de ses services en monnaie, fait que 1 on est plus familiarisé avec sa valeur qu’avec celle de toute autre marchandise; qu’il nous est plus facile, par exemple , de comparer la valeur d’une marchandise quelconque en francs qu en liti'es de blé, ou en mètres de calicot. Mais la valeur de la monnaie ne peut pas servir de terme de comparaison absolu pour les autres valeurs ; cela est impossible, car il n’existe aucune chose dont la valeur soit entièrement fixe!

Plusieurs conditions sont nécessaires pour qu’une monnaie soit un intermédiaire convenable et commode des échanges.

Ces conditions sont :

1° Que la matière dont la monnaie est faite soit un corps simple, afin qu’on ne puisse pas le composer par la combinaison d’autres éléments, ni l’imiter ou le falsifier facilement ;

2® Il faut que cette matière soit inaltérable par les agents atmosphériques, et par la plupart des agents chimiques, afin qu’elle ne se détériore pas entre les mains de celui qui la possède ;

3® Elle doit être à la fois assez malléable pour recevoir les empreintes les plus délicates, et assez dure pour que ces empreintes, une fois reçues, puissent résister longtemps aux chocs et au frottement ;

4® Elle doit être indéfiniment divisible et de telle manière que la somme des parties conserve la même valeur que le tout avait avant la division, afin que l’on puisse partager l’unité monétaire en un grand nombre de subdivisions ;

5® La matière dont la monnaie est faite doit avoir une grande valeur sous un faible poids, et un petit volume, afin que celle-ci soit facile à transporter, à manier et à compter ;

fi® La valeur de cette matière doit être aussi stable que possible, c'est à dire qu’elle ne doit pas être susceptible d’éprouver de grandes ni de so'ddaines variations, car celles-ci porteraient une profonde atteinte au crédit, et feraient que nul n’oserait échanger de la marchandise contre de la monnaie, s’il n’était certain d’avance de pouvoir à l’instant même acheter d’autres marchandises avec cet argent , ce qui tendi-ait à paralyser les échanges au lieu de les favoriser.

Pour être converties en monnaie, les matières qui possèdent les qualités que nous venons d’énoncer, doivent être circonscrites d’une empreinte qui en fasse aisément recomraître la

pStéerdelon garantie suffisante de sa

OU d'alférp T ^possible de rogner

ou d altérer la monnaie ainsi cireonscrite. ^

Panni toutes les substances connues jusqu’auiourd’luii l’nr ces .«a., a

pour corris*er oedpfnnf i ^ ooJige,

de cuivre. ’ ^ 5, à 10 p. c.

que l'o» en demande, qnanlilés an »;! ^ ““

rapport à l’énorme masse existant d par

cmréehe le prix de l’or et de l’a!l,l d>- “'''=“'“‘““- Ceci

variations. Il en est autrement desmarchl d^dont 1,’’™'''"“ mat, on est rapide, comme le froment par e.xemple “ 0^^^^ peu de chose une année après la récolte ^

S’il y a pénurie l’année suivante, comme il ne reste nas d’ ce lant ponr y remédier, le prix hausse rapidcmen If I s il survient une récolte surabondante laVffî. U' a ’

l-exoès de la production s,m la eonsonr’mition 0 . de !’!!!!,?" en fait immédiatement baisser le prix ; ’ ^ «e 1 exporter,

2» Quand on découvre de nouveaux gisements de precieux, cette decouverte enrichit l i i ^<^taux

e.vploite; celle-ci co, .sommant et achetant alorTÏ

de toute nature, augmente l’activité des échLges, el°md

nécessaire une plus grande quantité de monnaie pour les effectuer. La même cause fait que l’on achète plus de bijoux : ce notable accroissement de la demande des métaux précieux tend donc jusqu’à un certain point à contrebalancer l’excès de l’offre ;

3“ Lorsque , malgré cette circonstance , le prix des métaux précieux s’abaisse, il en résulte une dépréciation de la monnaie qui fait qu’elle ne peut plus acheter autant de marchandises; elle devient alors insuffisante pour effectuer tous les échanges, et il faut en accroître la quantité, ce qui augmente la demande de métaux précieux dans une proportion d’autant plus forte que leur abondance est plus grande. La demande d’or et d’argent qui se fait pour les bijoux, la vaisselle, la dorure, l’argenterie, etc., est aussi eu raison inverse du prix de ces métaux. Enfin certaines exploitations cessent de produire des métaux précieux quand la valeur de ceux-ci ne couvre plus les frais de production ;

5o Pour l’argent il est une autre cause qui jusqu’ici a rendu difficile une rapide baisse de son prix ; c’est que ces gisements sont ordinairement des filons étroits et verticaux, d’une exploitatiou lente et difficile, et ces minerais très pauvres exigent un traitement métallurgique compliqué. Enfin, la plupart des mines d’argent sont situées dans des contrées où il est difficile de pourvoir à l’entretien d’une population nombreuse.

Les causes régulatrices de la valeur des métaux précieux que nous venons d’énoncer agissent eu sens inverse quand cette valeur augmente. La hausse du prix de ces métaux agit comme un stimulant pour la recherche de nouveaux gisements et pour faire reprendre l’exploitatiou de ceux qui ont clé abandonucs à cause de leur pauvreté.

Le haut prix de la monnaie fait qu’il en faut une moindre quantité pour effectuer les échanges, enfin on n’emploie plus autant d’or et d’argent pour la bijouterie et pour les autres usages de ces métaux.

Il faut bien se gardei de eroire eependant que les causes qui tendent a ramener l’équilibre entre l’offre et la demande des métaux précieux, y réussissent d’une manière si complète qu’il en resuite la stabilité absolue de leur valeur.

Il n en est pas ainsi; la plupart de ces causes ne commencent

meme à agir que quand cette valeur a déjà éprouvé une oscilla-

. tion, et tout ce qu’elles peuvent faire, c’est de la ralentir

et d’en diminuer l’amplitude, mais non de l’anéantir entièrement.

L expérience d’ailleurs, vient chaque jour confirmer ce fait que la valeur de l’or et de l’argent, quoique moins variable que celle de la plupart des autres marchandises, est cependant loin d etre stable^ elle-même. D’après plusieurs auteurs la valeur de 1 argent a baissé dans le rapport de six à un, environ, depuis le milieu du xvp siecle jusqu’au commencement du xix«, sous iiiflueuce de la découverte des mines d’argent de l’Amérique et particulièrement des riches gisements du Pérou et du Mexique par suite aussi du perfectionnement des procédés métallurgiques qui ont permis l’utilisation des minerais les plus pauvres dès lors sa valeur est demeurée à peu près statiomiaire à la suite des guen-es civiles qui désolent depuis ISIO les républiques de I Amérique espagnole.

Depuis quelques années la production de l’argent augmente

mais il s en fait une grande et continuelle expédition vers les

Indes occidentales, qui semble compenser au moins cet accroissèment de 1 offre.

^ Avant 1850, la valeur de l’or tendait quoique faiblement à s elever par rapport à celle de l’argent, mais vers cette époque elle a commence a baisser, et il est probable que cette baisse tant par rapport a la valeur de l’argent qu’à celle des autres marc andises va continuer dans une progression moins lente que celle qu elle a suivie jusqu’à présent.

La baisse de .aleur est due à la découverte successive de terrains aurifères très étendus eu Sibérie (1840); puis des riches

gisements de Californie (1848) et d’autres en Australie (1851). Depuis lors ces trois contrées ont versé dans la circulation une masse d’or que l’on peut évaluer à plus de quatre milliards de francs, quantité qui malgré les causes énoncées plus haut a fait baisser la valeur de ce métal. Deux causes qui cessent d’exister, ont contribué à retarder cette baisse ; la première c’est la quantité considérable d’or qui est demeurée dans le pays de provenance pour y satisfaire des besoins nouveaux; la seconde, c’est que plusieurs iialious, parmi lesquelles il faut compter la rraiice et les États-Unis d’Amérique, ont substitué l’or à l’argent dans leur circulation monétaire, ce qui pendant quelque temps a augmenté la demande d’or dans une très forte proportion, susceptible de faire équilibre à la production des contrées aurifères pendant plusieurs années.

Quoique la substitution de l’or à l’argent dans la circulatiou monétaire de plusieurs pays ait fait augmenter l’offre et diminuer la demande de ce dernier métal, la baisse de prix de celui-ci a été moindre que pour l’or. Cela semble résulter en partie de ce que certaines nations, telles que la Hollande, la Belgique, le Portugal et l’Iude anglaise ont adopté exclusivement l’argent comme étalon monétaire, et en partie de ce que la spéculation continue à faire des bénéfices sur les envois d’argent en Orient.

Il résulte évidemment de ce qui vient d’être exposé que les circoiistaiices qui influent sur la valeur de l’uii des métaux précieux n’agissent pas de la même manière ni avec une égale intensité sur la valeur de l’autre, et qu’il est dès lors impossible d’établir un rapport invariable entre ces deux valeurs, et d’adopter simultanément les deux métaux comme étalons monétaires d’uii même pays, c’est à dire comme mesure commune des autres valeurs, ainsi que cela s’est fait longtemps duirs beaucoup de pays, et que cela se fait encore actucllemeut en Prauee. Quand la loi monétaire qui fixe arbitrairement le rapport eufre la valeur des deux métaux servant de monnaie, laisse au débiteur le choix de se libérer envers sou créancier avec de l’or ou

avec de l’argent, le débiteur choisit toujours celui des deux métaux qu’il peut obtenir en échange de la moindre quantité de travail ; et l’autre métal n’étant plus employé comme monnaie est fondu ou exporté pour d’autres usages ; d’où résulte qu’une loi qui admet à la fois 2 métaux comme étalons monétaires, et qui fixe invariablement leur valeur relative, est une loi absurde et inutile puisque les faits en disposent autrement; elle est aussi nuisible en ce qu’elle compromet l’existence du crédit.

Puisqu’il est impossible de fixer d’une manière absolue le rapport toujours variable entre la valeur de l’or et celle de l’argent , il faut que chaque nation choisisse l’un de ces deux métaux comme étalon monétaire. Ce choix n’est pas facile, car si d’une part la valeur de l’argent semble plus stable que celle de l’or, CS dernier métal a sur l’argent l’avantage d’avoir sa valeur renfermée dans un moindre poids et surtout dans un moindre volume. Cependant le choix de l’un ou de l’autre de ces métaux comme étalon monétaire n’a pas une très grande importance, car le métal auquel on n’aura pas accordé le privilège de servir seul de matière première à la monnaie, pourra néanmoins être converti en lingots d’uii poids et d’un titre déterminés, circonscrits par une empreinte portant inscription du poids et du titre et la garantie du gouvernement qui les a frappés. La valeur de ces lingots pesés et titrés une fois pour toutes serait déterminée à des époques très rapprochées, par le rapport de l’offre à la demande, et portée à la connaissance du public. Ces lingots seraient alors une marchandise inaltérable, facile à transporter et à conserver, dont la valeur, moins exposée que toute autre à de brusques variations serait toujours facile à constater. Une telle marchandise deviendrait bientôt d’un usage aussi universel que la monnaie elle-même, dont elle ne différerait que par de légères et lentes variations do valeur, et surtout parce que nul ne serait forcé de les recevoir contre son gré, en paiement d’une créance.

La valeur de la monnaie a une double origine. Elle provient d’abord du lingot de métal précieux dont elle est faite, valeur à laquelle ou devrait ajouter les frais de monnayage; mais comme les progrès de l’industrie ont réduit ceux-ci à peu de chose, on n’en tient pas compte. La valeur de la monnaie suit done les variations de celle du métal dont elle est faite, sans qu’aucune loi ou aucun changement apporté aux noms des pièces de monnaie puisse les soustraire à cette variation.

La deuxième cause à laquelle la monnaie doit sa valeur est entièrement indépendante de la matière dont celle-ci est faite; elle résulte uniquement du service que la monnaie rend à la société eu facilitant les échanges. Cette valeur ne tend pas à s’égaler aux frais de production de la monnaie, elle dépend uniquement du rapport de l’offre à la demande qui s’en fait. Si un gouvernement ne mettait en circulation que la moitié de la monnaie nécessaire aux échanges, et s’il pouvait en même temps interdire toute importation de monnaie étrangère, et tout usage de papier de crédit dans les échanges, la valeur de la monnaie doublerait, quelle que fût la valeur intrinsèque de la matière qui aurait servi à la fabriquer. — De même si ce gouvernement émettait une quantité de monnaie double de celle que réclament les échanges, et s’il pouvait parvenir à empêcher que cet excédant de monnaie fut converti en lingots , ou exporté, ou bien , s’il fabriquait sa monnaie avec une matière qui n’aurait par elle-même qu’mie valeur insignifiante, comme le papier par exemple, la valeur de la monnaie baisserait de moitié, et dans le cas d’une monnaie de papier, l’excès de l’offre sur la demande pourrait faire descendre cette valeur à zéro. C’est ce dont les fameux assignats de la république française ont fourni en 1796 une preuVebien désastreuse pour ceux qui eu furent les victimes.

Iv ous avons supposé qu’un gouvernement pouvait empêcher

complètement l’exportation ou l’importation des monnaies , ou

leur conversion en lingots, ainsi que l’emploi du papier' de

crédit comme intermédiaire dans les échanges. Mais comme

cette hypothèse purement théorique n’est pas réalisable eu fait

1 resuite de la liberté d’importation des monnaies et des métaui

precieux, de la faculté de fondre la monnaie en lin<>-ots et de

substituer l’usage du papier de crédit à la monnaie, que celle-ci

ne vaut jamais que très peu plus ou très peu moins qu’un lingot

de meme métal, de même poids et de même titre, car si die

vaut moins, par suite d’un excès de l’offre sur la demande

excedant est aussitôt fondu ou exporté jusqu’à ce que les.

pro ts de ces opérations n’en compensent plus les frais. De

meme,^ si la demande de monnaie dépasse l’offre, pour éviter

encherissement de l’unité monétaire, on substituera l’emploi de

signes représentatifs en papier, à la monnaie réelle. L’excédant

de 1 offre sur la demande est donc une cause de dépréciation et

par conséquent de perte qui agit sur la monnaie comme sur'les autres marchandises.

Il resuite de là que pour éviter une semblable perte une nation ne doit conserver, et ne conserve chez elle, en effet que strictement la quantité de monnaie métallique dont elle a besoin pour effectuer ses échanges ; Mais comme il a existé et quil existe encore malheureusement un préjugé très lé' pandu, d’après lequel le but piiiicipal du commerce doit cou- Siater a importer le plus de monnaie et de métaux précieux quil est possible, nous consacrerons le chapitre suivant à

numauH/'”^"®'’ «« « f-n«tes à

On ne peut pousser très loin la subdivision des monnaies d’or ou même d’argent , sans avoir des pièces trop petites et trop légères pour être commodes à manier et à compter.

Pour obvier à cet inconvénient, on fait de la monnaie de cuivre, de bronze ou de billon, destinées à des objets de peu de valeur, ou à former l’appoint de sommes plus fortes.

La valeur du cuivre ou du bronze étant assez faible, si on donnait aux pièces de monnaie faites avec ces métaux , une valeur nominale égale à leur valeur réelle , elles seraient trop pesantes et par conséquent, d’un usage incommode. Aussi leur attribue-t-on toujours une valeur nominale beaucoup plus élevée que celle du lingot de métal dont elles sont faites, et les gouvernements qui les émettent se fondent sur le besoin qu’a le public de cette monnaie pour en maintenir la valeur au taux nominal. Mais comme ces gouvernements réalisent un bénéfice considérable sur la fabrication des monnaies de cuivre et de bronze, il arrive presque toujours que l’offre exeède la demande, ce qui force les commerçants au détail , à échanger avec perte cette quantité excédante contre de l’argent ou de l’or. Le moyen d’éviter l’excès des émissions de monnaie de cuivre ou de bronze, c’est que le gouvernement qui les émet soit toujours disposé à les échanger sans perte contre la monnaie légale d’or ou d’aigent, chaque fois que quelqu’un en aurait de trop. De cette manière, le gouvernement serait promptement averti par de nombreuses demandes d’échange, de l’excès de ses émissions, et aucune dépréciation ne serait à craindre.

On nomme billon une monnaie dont l’argent est allié à une forte proportion de cuivre, afin de pouvoir donner aux petites coupures un volume suffisant pour les rendre maniables. La plupart des gouvernements renoncent aujourd’hui à l’emploi de cette espèce de monnaie, parce que les personnes peu éclairées

les confondent facilement avec des pièces d’argent d’une valeur plus élevée, et parce que la contrefaçon au moyen de certains alliages analogues est à la fois facile et lucrative. La Suisse et les États-Unis ont remplacé le cuivre et le billon par une monnaie en alliage de Nickel, d’un usage très commode.

La différence de dimensions et l’indication de la valeur en gros caractères suffisent pour prévenir la confusion avec, les monnaies d’argent.

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