‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 30 sur 42 · CHAPITRE XXllIi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXllIi

C0Î5S0MMAT10ÎÎS PRIVÉES,

■ • i.K rè-’ler - Consommations lentes reeom-

Préceptes qui doivent servir a h s re.ler. conseil. -Avantages des

mandées par 3ean-B. ^ o ' qui peuvent

privées,

rt rè Ve par les préceptes de l’écono.ie poht.,«e pro-

prement dite. organiser sa dépense selon ses

Toute personne sense PP„x-ci pour les réserver a

revenus, en distinguant avec soi^ d’assurance contre lé

un autre emploi, ce ^ ^-g des sources de ces

Kveirus, ou ce d Pappreutissage. Ceci déduit, le

comme celui de j’abord être consacre a se pro-

restant, ou le re«nu mt. dent d abo

curer le necessaire, ^ ^ ^ g^^pre-

'’V'‘irprVes“qui doivent contrebalancer les chances de “1 u n JlVma ce de mort prématurée, de vieillesse prolongée maladie,de cho J iatellectuelles ou des forees et

au delà de la d diminution des revenus ou

dtVfe»t'foreé des dépensesi puis, s’il reste un excédant

il peut être voué à Vulile ; si le revenu dépasse encore celte

limite, il peut servir à se procurer Y agréable.

Quand on a le choix, des dépenses auxquelles on peut se livrer,

J. B. Say recommande de préférer les consommations lentes à celles qui ont lieu rapidement : 1» parce que la jouissance en dure plus longtemps ou est plus souvent renouvelée ; 2» parce qu’il est plus facile de réduire ou de supprimer une telle dépense lorsqu’on la juge excessive, sans faire de sacrifices à son amourpropre ou à son crédit, car pour justifier cette réduction ou cette suppression de dépenses on peut alléguer que l’on a atteint le but que l’on s’est proposé en les faisant et que 1 on juge inu- • tile de les pousser plus loin ; comme par exemple quand il s’agit de meubles, de livres ou d’objets d’art, tandis que la suppres- • sion d’une dépense journalière fait supposer que 1 on est obligé de se priver d’une satisfaction que l’iiabitiide a rendue indispensable; 3» parce que, en cas de besoin, il est toujours possible de regagner une partie de la dépense en revendant les objets qui n’ont pi encore été entièrement consommés.

Florès-Estrada, dans son cours d’économie politique-éclectique, et Fourier, dans ses divers ouvrages, ont fait ressortir les avantages qui résultent des consommations en commun. 11 est bon noibre de services en effet qui, une fois payés, peuvent profiter à des centaines et même à des milliers de personnes à la fois, aussi bien qu’à une seule, et dont le prix, reparti entre tous, est réduit à fort peu de chose pour chacun. On peut citer comme exemples la sécurité produite par un gouvernement, dont les frais ne croissent pas en proportion de la population qui en jouit, l’enseignement oral, les concerts, les représentations théâtrales, les cabinets de lecture, les journaux et bien d autres encore. Nous citons à dessein ces nombreux exemples pour montrer que le principe des consommations en commun acclame comme une sublime invention par les disciples de louner, est connue à peu près depuis l’origine de la société, qui en a fait de tous temps des applications plus ou moins ingénieuses et utiles.

Mais il ne conviendrait pas de trop généraliser ces applications, qui s’étendront graduellement et spontanément comme une conséquence naturelle des autres progrès de la société ; en effet, il ne faut pas confondre le bon marché des consommations avec l’économie qui résulte de l’harmonie entre la satisfaction des besoins et la peine que coûte cette satisfaction. 11 importe peu que cette peine soit faible, si la satisfaction qui doit en résulter demeure incomplète. Certainement le régime des communautés religieuses, celui des casernes et des prisons est moins coûteux que celui dans lequel chaque ménage vit isolé, et cependant ü est une infinité de personnes qui ne manquent ni de connaissances économiques ni de bon sens, qui préfèrent le coûteux régime du ménage isolé à la vie en commun à bon marché, parce que celle-ci ne réalise pas pour eux la satisfaction du besoin d’indépendance et de ce que les Anglais appellent home-life ou du chez-soi. On ne doit donc admettre le principe de l’économie des consommations en commun qu’avec cette restriction, qu il faut avant tout que cette consommation soit librement consentie

par ceux qui doivent en profiter.

Il est même probable que c’est le manque de cette liberté

dans un grand nombre des cas auxquels ce principe a été appliqué, qui a retardé son adoption sur des bases beaucoup plus larges. C’est principalement chez les peuples qui, a cet égard, attendent toute organisation de l’impulsion donnée par une autorité supérieure et en dehors de la volonté commune, que ce principe si fécond a reçu le moins d applications.

Les consommations en commun ne sont pas seulement avantageuses au consommateur, elles le sont aussi au produeteur en ce\u’elles tendent à rendre ses bénéfices plus réguliers et plus assurés. En voici un exemple : quand il n’y avait encore d autre mode de locomotion rapide que la poste aux chevaux, ce moyen coûteux de transport n’était à la portée que d un très petit nombre de personnes, et les bénéfices des maîtres de poste étaient si précaires qu’ils ne consentaient à exercer cette pro-

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