CHAPITRE VI
des
eîeets de l’ÉCHA-NGE
, J- - -«r> travail, et rutüisatioa plus Utilité de l’échange. — H permet __ Avantages intellectuels et
complète des dons de la nature. harmonie des intérêts. —
moraux de l’échange. - ^ , de Péchange sont prouvés par
Limite de l’échange. - Les t^J^tnitè pour les réaliser. - Absurdité
rinlensité des efforts que fait l corrélation qui existe entre
Le, besoins ^
néeessaixe “ . „ A loi est impossible de ponr-
sont si nombreux et SI vane . ^ d «l^tfaetit et mteffigent
voir à tous par son travail isoie , ^ u
l’avons vu préeédemment (ebap. III) pont Ainsi que nous 1 avon P ^ u^g [\ doit se borner
tirer le meilleur parti possi e e le travail qu’il
à n’en exereer qn’nn pet>t nombre, ‘ ^ee,
donnent de quoi satisfaire ses autres besoins.
Indépendamment des avantages de la division du travail qu ne peuvent se réaliser que par Técliange, celui-ci en a un lutn qm lui est propre, et qui consiste en ce que, par l’échange, un( quantité immense d’utilité est mise gratuitement à la dispos’itior de tout le monde, à la seule condition de rémunérer le travaii qui J a ajouté de l’utilité onéreuse.
Cette utilité gratuite que l’échange met à la portée de tous a une double origine :
Ce sont les natcriani ou les forces données par la nature
mais qui sont très inégalement distribués sur le globe, et nue
1 échangé repartit plus uniformément ; e’est ensuite la vaste
accumulation de connaissances et d’eupérieiiees . due au travail
des Beaerations antérieures, travail dont les fruits durables
nous ont ete légués gratuitement par eUes à la condition de nous les approprier par l’étude.
retÏÏ
fait Joui: « “mindJ^ dont il
terre” ‘’lrtr/' «a
terres coiitie des clous et des verres à vitres fabriqués par un
mdustnel de Charleroi. Où est l’avantage que erdeurL"
considérahlP dp i °°"«ste en une quantité
considérable de travail épargné, ou d’utilité onéreuse trans formée en ut ité trans-
en usant du premier moyen, il profite des matériaux propres a la fabrication des clous et du verre, que renferme le sol de la Belgique, de la chaleur du charbon nécessaire pour eu opérer la
transformation, et enûn, des connaissances acquises par l’mdus-
dans l’art de fabriquer du fer, des leurs ancêtres leur ont la seule condition de se les assimiler
triel belge et ses ouvriers clous et du verre; connaissances que légué à titre gratuit, sous par l’apprentissage.
Que de peines s’épargne le J avanais par cet échange ! s ii n y
avait pas eu recours, des années de recherches, d’études et de travaux auraient à peine suffi à lui procurer ce qu’ü obtient en échange d’une partie de sa récolte de café, qui représente, pour
lui, un travail de quelques jours seulement.
L’échange équivaut donc pour les individus ou les nations qui
le pratiquent, à une économie considérable d’efforts ou de travail pour un même résultat, ou plutôt, à une plus complété
satisfaction des besoins, à travail égal. ^
Mais les avantages de l’échange ne se bornent pas a ce seul résultat, en quelque sorte matériel, quelque grand qu’il soit ; on n’échange pas seulement des produits mais aussi des idées , et la jouissance commune et gratuite de celles-ci ; la diffusion généra e de l’immense fonds commun d’observations et d’expérience, du a la série entière des générations passées et du monde actuel, rend la plénitude de ses services et de son utilité en se communiquant à tons. L’échange entre les indivjdus et les peuples contnbue
donc puissamment aux progrès de la civilisation.
Par l’échange il s’établit un lien de solidarité entre les hommes et entre les nations ; leurs intérêts s’harmonisent entr’eux, tandis que dans l’isolement, ou par l’absence d’échange, ils sont
antagoniques. . . . j i
Quand deux peuplades sauvages voisines vivent de chasse sur
un territoire limité, si l’une de celle-ci s’accroît en nombre et en
puissance , eUe s’empare d’une plus grande quantité de gibier ;
il en reste donc moins pour sa voisine qui des lors sôuffre e
cette prospérité et est intéressée à l’entraver et à lui nuire. De là les guerres incessantes et meurtrières qui désolent les peuplades sauvages dont les territoires de chasse sont contigus ; de là aussi les profondes trames internationales qu’engendrent les systèmes qui tendent à entraver ou à empêcher les échanges
entre les nations (voir le chap, IX).
L’échange intervient-il dans les relations des hommes entr’eux, les choses changent entièrement de face. L’intérêt de chaque indindu, en sa qualité de producteur et de consommateur d’utilités, est que ceux qui lui achètent ses services, ou les utilités qu’il produit, soient disposés à en prendre la plus grande quantité, et aux meilleures conditions possible ; c’est ce qui aura lieu lorsque ses voisins seront nombreux, éclairés et riches, car alors ils auront de nombreux besoins, et beaucoup de moyens de rémunérer ceux qui leur en procure la satisfaction. Comme acheteur d’utilité , notre particulier aura encore de l’avantage à adresser sa demande à des personnes nombreuses, intelligentes et riches, qui pom-ront lui offrir une plus grande variété de services et qui disposent en outre d’une plus grande somme d’utilités gratuites, grâce à leurs capitaux et à leur instruction.
Cet individu est donc intéressé à ce que ses semblables prospèrent, puisque ce n’est qu’à cette condition qu’ils peuvent se multiplier, s’éclairer et s’enrichir. Il en est entièrement de même entre nations : par l’échange, la prospérité de l’une réagit sur celle de l’autre ; on obtient à bas prix, ou en échange de peu de travail, les produits d’une nation qui a reçu en partage beaucoup de dons naturels, et qui sait en tirer bon parti à l’aide de ses capitaux et de son intelligence. On gagne aussi à offrir ses services à une nation qui peut bien les payer.
Les nations comme les particuliers , sont donc intéressées à leur commune prospérité , et l’échange , par les intérêts qu’il crée, tend à faire pratiquer ce principe de morale : « Aimez-vous, aidez-vous les uns les autres. «
L’écffange a pour effet de diminuer la somme d’efforts néces-
saires pour arriver à une satisfaction donnée ; mais l’échange lui-même eoûte un effort, ou tout au moins une perte de temps, c’est à dire d’un élément de la vie et du travail.
Quand l’effort nécessaire pour accomplir l’échange est égal ou supérieur à l’effort épargné par celui-ci, il cesse d’être avantageux, et l’on renonce à recourir à ce moyen d’obtenir de 1 utilité gratuite.
Les avantages inhérents à l’échange sont tellement considérables que pour les réaliser on s’impose parfois de grands efforts. Ainsi les Américains et les Indiens envoient du coton brut en Europe pour le faire manufacturer, et ce coton retourne chez eux sous forme de tissus ; parce que les Américains et les Indiens trouvent tant d’avantages à profiter de la gratuite qui résulte pour eux de l’abondance des capitaux, de la force motrice et de l’aptitude des Européens au travail manufacturier, que, pour en jouir, üs n’hésitent pas à supporter les frais de l’échange qui consiste en un double transport de marchandises
entre l’Europe et l’Amérique ou l’Asie.
Les fabricants de tissus de coton de l’Écosse envoient des
calicots écrus en Suisse pour les faire imprimer en couleurs, et les étoffes imprimées retournent en Ecosse. G est que les fabricants écossais trouvent avantage à utiliser 1 aptitude spéciale des Suisses pour l’impression sur tissus meme au prix d’un double transport des étoffes entre la Suisse et
l’Écosse. . ,
Les fonderies de cuivre des environs de Swausea en Angle-
terre reçoivent du inmerai de ce métal d’Espague, du Cap de Bonne-Espérance, du Chili et même de rAustralie ; cela resuite de ee que le combustible minéral et le capital sont abondmts en Angleterre et rares dans le pays d’on proviennent ces minerais et surtout de la très grande habilete que les fondeurs angiais ont acquise à réduire ces minerais en cuivre par les prLdés les plus économiques. Ceci motive les frais considérables que supportent des minerais franchis aiit de si grau
distances, avec un poids très supérieur à celui du cuivre provenant de leur réduction. J 1 ,,, ,
Pendant bien longtemps le principe si fécond de 1 échangé entre les nations a été méconnu, et un égoïsme national étroit et faux a opposé mille entraves à la liberté des échanges (voir
les chapitres XI et XXVIII) . ^
Aujourd’hui encore une grande partie de ces obstacles artificiels continue de subsister, en même temps que, par une meüleure entente de leurs véritables intérêts, les peuples font d’immenses efforts, et s’imposent de grands sacrifices pour aplanir les obstacles naturels qui s’opposent à la facilité des échanges de nation à nation. Tandis que 1 on consacre le travail de plusieurs millions de bras à percer des tunnels à travers 1p<ï montae’nes. à creuser des canaux à travers les isthmes pour
nations et à faire disparaître les erreurs économiques et ta préjugés égoïstes qui opposent à la liberté des échangés
riprps SI difficiles 9. früiïicliii - , rt 1
Par l’échange, les besoins d’un seul étant satisfaits par e
travail de plusieurs, cet échange impUque division du travail, qui, à sou tour exige 1 association des vaiUeurs. Il résulte de là que l’échange n’est pas possible sans l’existence préalable de la société qui de son côté a pour pnnci-
Dale raison d’être récliange. ^
Enfin, la société ne peut exister, l’échange et, par conseque la division du travaü ne peuvent avoir heu, naissance expresse d’un droit de propriété sur les fruits
‘“ce! quatre choses, la société , le droit de «’
et la di^siou du travail sont donc essentiellement corrélatives et
ni petit exister l’une sans l’autre ; tout ce qui tend a nun nn libre et complet développement de 1 une de ces choses mlhe "Itence dettes les autres, et être contraire au
bien-être de rhumauité.