CHAPITRE XXXIV
386. — Les applications qui forment l'objet des chapitres précédents utilisent l'énergie du courant électrique et la question qui prime toutes les autres est celle du rendement. La télégraphie fait partie de cette catégorie d'applications qui ne demandent au courant qu'un travail utile presque insignifiant, se réduisant la plupart du temps à mettre en jeu par une sorte de déclic d'autres forces mécaniques telles que l'action d'un poids ou d'un ressort ; elle se préoccupe avant tout de la rapidité et de la sûreté des transmissions.
387. Communication électrique entre deux points. — L'expérience a montré que pour relier électriquement deux stations A et B, il suffît d'un seul fil, à la condition qu'à la
station A le pôle de la pile qui n'est pas relié au fil de ligne, et à la station B l'extrémité du fil de ligne lui-même, communiquent à de larges plaques de cuivre enfouies dans un sol suffisamment conducteur. Les choses se passent comme si la terre servait de fil de retour.
On trouve à cette disposition un double avantage : une économie d'argent, le fil de ligne étant toujours la partie coûteuse de l'installation et une réduction de moitié dans la résistance du circuit, une bonne terre ne présentant jamais qu'une résistance insignifiante.
Un même lil suflit d'ailleurs aux transmissions dans les deux sens. 11 suffit que chaque station ait sa pile P, son transmetteur T et son récepteur R [fig. 3o()). La figure s'explique d'elle-même. Le récepteur peut être placé en H ou en R'. Dans le second cas, les deux récepteurs fonctionnent toujours en même temps, ce qui donne au départ un contrôle permanent des signaux envoyés.
388. Méthode duplex. — On peut même faire que les deux postes communiquent simultanément par le même fil. Une des dispositions employées est celle que représente la figure 3oi. Le récepteur est placé sur le pont d'un parallélogramme de Wheatstone dont les
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deux côtés a et a' ^>r " T<^ '
sont égaux et dont TTr^^T ^ ' ^ 1 .^/^ 11'
les deux autres côtés i '^^~l-, r~A^ i
sont formés d'une ^^ p| ic ci |p I*:^
part par la ligne et M
d'autre part par une LTl FI n r~l
résistance p en com- '— ' ^ ^. ^ lj i j
. ,. 1 Fig. 3oi.
mumcation avec le
sol. Si ces deux résistances sont égales, il est facile de voir qu'un courant émis par A ne passe pas par le récepteur de A, par suite de l'équilibre du pont, mais qu'il agit sur le récepteur de B et réciproquement. Trois cas peuvent se présenter : une seule clef est abaissée a la fois, fappareil fonctionne comme il vient d'être dit; les deux clefs sont abaissées à la fois, les deux récepteurs donnent le même signal, sous l'influence d'un même courant si les deux piles sont montées en sens contraire, sous l'influence du courant local, si elles sont montées dans le même sens, c'est-à-dire de manière à opposer leurs forces électromotrices ; enfin, une des clefs est abaissée tandis que l'autre est en l'air et ne communique ni à la pile ni au sol, le courant donne le signal voulu à la station réceptrice, mais il agit aussi sur le récepteur local ; seulement pendant un temps si court qu'il n'en résulte pas
d'inconvénient grave; d'ailleurs on peut obvier à cette difficulté par une disposition un peu plus compliquée que nous nous dispenserons de décrire.
Les condensateurs G adjoints aux résistances p servent à équilibrer la ligne réelle et la ligne fictive au point de vue de la capacité comme elle l'est déjà au point de vue de la résistance.
389. Lignes avec condensateurs. — On trouve souvent avantageux d'isoler complètement le fil de ligne en interposant à ses extrémités des condensateurs G (fig. 802). Quand on
abaisse la clef, la pile locale charge la première armature et la seconde s'électrisant par
pl
influence envoie dans la ligne T^ un flux de même signe que celui qu'aurait donné la pile. Ge liux charge la première armature du second condensateur qui, par le même mécanisme, Fig. 3o2. envoie un tlux toujours de
même signe à travers le récepteur d'arrivée. La ligne est ainsi soustraile à l'action des courants permanents qui en troublent parfois le fonctionnement. 390. Lignes aériennes. — Le fil ordinairement employé pour les lignes aériennes est un fil de fer galvanisé de 4 millimètres de diamètre. Sa résistance est de 10 ohms environ et sa capacité électrostatique de 0,01 microfarad par kilomètre. Le cuivre avait été abandonné à cause de son peu de ténacité et de son prix élevé; mais on y revient depuis qu'on fabrique des fils de bronze d'une ténacité comparable à celle du fer et d'une conductibilité presque égale à celle du cuivre.
Gomme le fil est dans un milieu absolument dépourvu de conductibilité (4), il suffit qu'il soit isolé aux points de suspension. On emploie généralement des isolateurs en porcelaine. Les supports donnent des pertes variables avec
l'état do l'atmosphère, et dont on peut juger par la diminution de résistance de la ligne. Si on appelle p la résistance de la ligne entre deux poteaux et pj celle de la dérivation offerte par
le poteau, il faut qu'on ait — > Soooo
Pi pour que la ligne puisse être considérée comme suffisamment isolée.
391. Lignes souterraines ou sousmarines. — Dans les lignes souterraines ou sous-marines, où le fil est en contact avec un milieu conducteur, une enveloppe isolante est nécessaire. Le fil conducteur, ou âme du câble, est formé d'un toron de sept fils de cuivre entouré de plusieurs couches de gutta-percha, puis d'une couche de jute et enfin d'une armature de fils de fer recouverts de chanvre [fig. 3o4). Le fil constitue ainsi dans son ensemble un condensateur dont la capacité est considérable.
Celle du câble français qui va dislande à Terre-Neuve a une capacité de G?, 2 2 par kilomètre avec une résistance de i"",62 pour la
Fie?. 3o3.
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Fig. 3o',.