‹ Traité élémentaire d'électricitéChapitre 123 sur 130 · Siphon recorder. — Sir W. Thomson a remplacé le · texte numérisé non relu

Siphon recorder. — Sir W. Thomson a remplacé le

galvanomètre à miroir par un instrument inscripj:eur tout aussi rapide, auquel il a donné le nom de Siphon recorder. Il se compose d'un cadre rectangulaire très mobiles [fig. 812), placé dans le champ d'un fort électro-aimant AB; une masse de fer doux f occupe l'espace vide laissé au milieu du cadre et augmente l'intensité du champ dans la région

occupée par le fil. Le cadre est soutenu par une suspension bifilaire ; il tend à tourner dans un sens ou dans l'autre, suivant le sens du courant qui le traverse; ses mouvements sont très brusques

TÉLÉGRAPHIE ÉLECTIIIQUE. 417

et très nets, l'amortissement étant considérable. Il entraîne avec lui un tube de verre très lin en l'orme de siphon c, dont une extrémité plonge dans un réservoir d'encre et dont l'autre est très voisine d'une bande de papier déroulée par un mouvement d'horlogerie. Pour éviter le frottement du siphon sur le papier, l'encre est électrisce par une petite machine électrique et crachée sur le papier par suite de la répulsion

t u V w X y z compris Fis- 3i3.

électrique. La figure '3i3, qui représente l'alphabet, donnera une idée de la manière dont fonctionne l'appareil.

402. Téléphone. Phonographe. — L'expérience de tous les jours montre que les vibrations sonores qui se propagent dans Tair peuvent se transmettre à un miheu solide et que celui-ci peut à son tour restituer à l'air, sous leur forme primitive, les vibrations qu'il a reçues. C'est ainsi que la parole peut être transmise très distinctement et sans altération à travers un mur.

Quand le milieu solide a la forme d'une lame suffisamment mince, les vibrations produisent des déplacements très sensibles de la surface. C'est ce que met bien en évidence le phonographe d'Edison {fig. 3i4) : la plaque vibrante m porte un style, qui inscrit tous ses mouvements sur une feuille d'étain mobile ; en faisant repasser l'extrémité du style pat" les mêmes traces, on force la lame à répéter tous ses mouvements antérieurs, et à rendre à l'air, à l'intensité près, les vibrations qui avaient produit ces mêmes mouvements . ^ouvi^Kï. —-Èlecbncité. 27

Fis.

403. Téléphone de Bell. — Dans le téléphone de Bell, une plaque mince en fer M [fig. 3i5) est placée à une petite distance en avant d'un barreau aimanté A dont l'extrémité est entourée d'une bobine de ûl fin B. Tout mouvement de la plaque modifiant l'aimantation du barreau fait varier le flux

Fiff. 3]

qui traverse la petite bobine; les courants induits qui en résultent vont passer dans la bobine d'un appareil identique au premier, modifient l'aimantation du barreau correspondant et déterminent dans la plaque des mouvements identiques, à l'intensité près, à ceux de la première.

Le système est parfaitement symétrique, par suite réversible. En réalité, les deux appareils transmetteur et récepteur constituent deux machines à courants alternatifs identiques dont la première fonctionne comme génératrice, la seconde comme réceptrice; la période varie d'un instant à l'autre, mais est identique pour les deux à chaque instant.

404. Microphone. — Les courants mis en jeu dans le téléphone de Bell sont extrêmement faibles, ils ne dépassent guère quelques cent-millièmes d'ampère « On a beaucoup amélioré la transmission en substituant aux courants induits le courant d'une pile. C'est ce qu'on réalise au moyen du microphone d'Hughes.

Un crayon de charbon A, taillé en pointe [fig. 3i6), est en contact avec deux pièces de charbon, C et C, fixées à une planchette MN. Le charbon fait partie d'un circuit formé par la pile V, le fil de ligne et le téléphone récepteur. Sous l'ac-^

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE.

lion du courant permanent, le téléphone ne parle pas, mais tout déplacement imprimé au charbon, changeant la résistance du circuit et modifiant l'inlensité, entraîne un déplacement de la lame du téléphone.

L'expérience montre qu'en parlant devant l'instrument, les vibralions communiquées à la planchette et par celle-ci au charbon sont transmises par le courant à la lame téléphonique de manière à reproduire la parole avec la plus grande netteté.

405. Transmissions téléphoniques. —Dans le téléphone, qui est un appareil à transmissions rapides, on devait s'attendre à une influence considérable des effets de propagation. En appliquant la théorie qui rend si bien compte de la transmission dans les câbles, on arrive à ce résultat, dans le cas d'un mouvement vibratoire, que l'effet électrique se propage dans le ûl d'un mouvement uniforme avec une vitesse qui dépend de la durée de la période. Or, on sait que les mouvements complexes qui correspondent à la parole articulée peuvent être considérés comme résultant à chaque instant d'un certain nombre de mouvements sinusoïdaux simples de période différente ; si les effets électriques correspondants se propageaient avec une vitesse différente^ ils subiraient une espèce de dispersion dans le fil et ne se superposeraient plus à l'arrivée. Le timbre et l'articulation seraient profondément modifiés. L'expérience montre qu'il n'en est pas ainsi. La cause en est probablement à la rapidité même des vibrations qui font entrer en jeu un élément qui n'avait pas à intervenir dans la transmission télégraphique relati-

4â0 APiPLICÂTIONS.

vement très lente, savoir les effets de self-induction, lesquels agissent en sens contraire de la capacité.

Quoi qu'il en soit, l'expérience montre que, dans des conditions convenables d'installation, la conversation peut s'établir d'une manière parfaite à de grandes distances, entre Paris et Marseille par exemple, à plus de 800 kilomètres. Ces conditions sont d'employer pour la ligne du cuivre et non du fer (279) et de ne pas se ser^vir de la Terre, mais de deux fils, en ayant soin de les enrouler sous forme d'une double hélice pour annuler les actions inductrices extérieures. La ligne ainsi établie peut même être utilisée simultanément pour les transmissions téléphoniques et télégraphiques. A chaque extrémité, on met le récepteur téléphonique et le récepteur télégraphique en dérivation l'un par rapport à l'autre, et pour empêcher que les courants télégraphiques n'agissent sur le téléphone et que les courants téléphoniques ne se perdent en partie par la dérivation télégraphique, on insère des électro-aimants dans cette dernière et des condensateurs dans celle du téléphone, de manière à augmenter la self-induction de l'une et la capacité de l'autre. On ralentit ainsi et on émousse pour ainsi dire les signaux télégraphiques au point que les mouvements qu'ils impriment à la membrane du téléphone ne puissent plus donner de son ; et quant aux courants téléphoniques^ la dérivation télégraphique leur oppose, par les effets de self-induction, une résistance fictive telle qu'ils passent tout entiers dans leur propre dérivatiom.

Page 1