DIFFÉRENCE DE POTENTIEL
BOULES. en un
ités électros.
en volts.
127 5oo
La distance explosive dans l'air est sensiblement la même pour l'étincelle proprement dite et pour l'aigrette. G'estce qu'on constate facilement au moyen de la machine de Holtz munie ou non des bouteilles qui augmentent la capacité de ses conducteurs (90). Sans les bouteilles, on a l'aigrette qui se produit d'une manière continue et la différence de potentiel entre les deux électrodes reste sensiblement constante. Avec les bouteilles les étincelles éclatent d'une manière intermittente, le potentiel va en croissant jusqu'à ce que l'étincelle se produise, puis il retombe sensiblement à zéro.
Quand on diminue la pression, la force électromotrice correspondant à une distance explosive donnée, diminue rapidement jusqu'à une certaine limite, au delà de laquelle elle remonte ensuite avec une rapidité extrême. Il y a donc une pression pour laquelle la résistance à la production de la décharge passe par un minimum. Cette limite varie d'un gaz à l'autre et même, pour un même gaz, avec la dimension du tube. Avec l'air, elle est environ de 3 millimètres pour les tubes larges. Enfin, la pression continuant à diminuer l'étincelle refuse de passer quelle que soit la force électromotrice. Il semble résulter de ce fait que la matière est nécessaire au transport de l'électricité et que ce sont les molécules mêmes du diélectrique qui leur servent de véhicule.
72. Effets chimiques de l'étincelle. — L'étincelle enflamme dans l'air les corps combustibles comme l'alcool, l'éther; elle enflamme les mélanges d'oxygène et de gaz combustibles comme l'hydrogène et ses composés, l'oxyde de carbone, etc. C'est sur cette propriété qu'est fondé l'eudiomètre. Dans l'eudiomètre, comme dans le pistolet de Voila [fig. 59) il suffît de faire passer une étincelle à l'intérieur du mélange détonnant. La tige DE est isolée et en même temps que Tétincelle part extérieurement entre le corps électrisé et la boule D, elle part intérieurement entre la boule E et l'armature A en communication avec le sol.
Une succession d'étincelles décompose l'ammoniaque en ses éléments; elle détermine la combinaison de l'azote et de l'oxygène dans l'expérience de Cavendish [fig. 60). Enfin les aigrettes ou effluves électriques trans-
Fig. 59.
Fier. 60.
forment l'oxygène en ozone. On produit ces effluves en garnissant deux lames de verre d'une feuille d'étain sur une face seulement; on rapproche les deux lames l'une de l'autre les faces nues en regard; en mettant les deux feuilles d'étain en communication avec les deux pôles d'une machine électrique ou d'une bobine de RuhmkorfF, on obtient entre les deux lames, une espèce de pluie de feu qui transforme partiellement en ozone l'oxygène interposé. La fraction transformée augmente quand on abaisse la température.
73. Effets physiologiques de l'étincelle. — Lorsque le corps fait partie du circuit que traverse une décharge, on éprouve une commotion qui, suivant l'énergie de la décharge, peut aller depuis une simple piqûre jusqu'à un choc foudroyant. Avec la bouteille de Leyde la commotion peut être ressentie simultanément par un grand nombre de personnes faisant la chaîne. La commotion est plus vive aux deux extrémités de ]a chaîne qu'au miheu.
L'expérience semble montrer que l'elîet physiologique varie comme l'énergie électrique de la décharge; ainsi on peut recevoir impunément des étincelles de 10 ou 3o centimètres provenant d'une machine électrique ordinaire, tandis qu'une étincelle de quelques millimètres seulement provenant d'une batterie de grande capacité ne serait pastolérable. De même, à masse électrique égale, ia décharge d'une cascade donne une secousse plus forte que celle d'une bouteille unique. Une autre circonstance intervient encore, c'est la durée de la décharge ; ainsi une batterie qui donnerait une commotion foudroyante dans les conditions ordinaires ne donne qu'une secousse faible quand on la décharge par l'intermédiaire d'une corde mouillée, laquelle ne fait que ralentir beaucoup la rapidité de la décharge.