CHAPITRE IX
MACHINES ELECTRIQUES.
84. Théorie générale. — On peut donner le nom de machine électrique à toute source continue d'électricité ; celles dont nous nous occuperons en ce moment peuvent se ramener à deux types, les machines à frottement et les machines fondées sur l'influence ou machines à induction.
La théorie générale des unes et des autres est très simple et peut se résumer en quelques mots. Considérons un conducteur creux isolé tel que le cylindre de Faraday (12V Nous savons qu'un corps quelconque électrisé introduit dans l'intérieur du cylindre peut céder toute sa charge à la surface extérieure, quelle que soit celle qu'elle possède déjà; si le corps est conducteur, il suffit du simple contact ; s'il est isolant, il suffit que le cylindre soit muni de pointes intérieurement. Dans tous les cas, le corps est retiré à l'état neutre et l'opération peut être recommencée indéfiniment.
Le corps peut être électrisé directement par frottement ou d'une manière indirecte, par influence ; on a, suivant le cas, une machine à frottement ou à induction.
85. Organes essentiels. — Dans l'une et l'autre circonstance la machine se réduit à trois organes essentiels, l'un qui produit l'électricité, un autre qui la transporte, le troisième qui la recueille : un producteur, un transmetteur, un collecteur. L'énergie communiquée au collecteur est fournie par le travail effectué contre les forces électriques quand on transporte le transmetteur depuis le producteur chargé d'é-
lectricité de signe contraire qui l'attire jusqu'au collecteur chargé d'électricité de même signe qui le repousse.
86. Loi de variation de la charge. — L'accroissement de charge du collecteur peut se faire de diverses manières ; elle croît comme les termes d'une progression arithmétique si le transmetteur apporte à chaque opération la même quantité d'électricité; mais, particulièrement dans les machines à induction, on peut la faire croître suivant les termes d'une progression géométrique. Il suffirait, par exemple, dans le cas du cylindre, de prendre comme inducteur le cylindre luimême. Soit A sa charge à un instant donné et mA celle qu'il développe par influence sur le transmetteur; l'opération terminée, celle du cylindre sera (i+m)A, le transmetteur prendra alors une charge m (i + m)A et celle du cylindre sera (i + mfk après la seconde opération, (i -\-rnfPs. après la troisième et ainsi de suite, en faisant ahstraction bien entendu de toutes les causes de déperdition.
Le plus souvent on accouple deux machines de manière qu'elles donnent des électricités contraires et que l'inducteur de chacune d'elles soit en communication avec le collecteur de l'autre. On se rendra compte de la mêm-e manière de l'accroissement progressif des charges.
Théoriquement, que la machine procède par addition ou par multiplication, aucune limite n'est imposée à la charge et par suite au potentiel que le collecteur peut atteindre. Pratiquement, cette limite correspondra aux décharges disruptives qui se produiront, soit sous forme d'étincelles entre le collecteur et les conducteurs voisins, soit sous forme d'aigrettes dans l'air. Cette limite ne dépendra que de la forme des conducteurs, dans lesquels il faudra éviter les angles et les formes trop aiguës. Dans les temps humides, quand la déperdition par les supports devient considérable, la limite est atteinte quand, dans chaque unité de temps, le gain est égal à la perte et cette limite est évidemment d'autant plus basse que la déperdition est plus grande.
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Quoi (|iril en soit, la machine a la propriété de maintenir entre deux conducteurs une difïerence de potentiel constante pour chaque condition donnée et est par suite une véritable source d'électricité.
Après ces généralités, il ne nous reste plus qu'à dire (|uelques mots des machines les pUis employées.