CASTNIA
court, bien prononcé, comme chez beaucoup de Rhopalocères, plus ou moins mucroné à l'extrémité, laquelle est en outre garnie d'une très petite houppe soyeuse, plus ou moins visible; les palpes sont courts, à trois articles couverts de poils écailleux; l'abdomen, cylindrico-conique, se termine chez les mâles par un petit pinceau anal et chez les femelles par un petit ovidiicte saillant, ce qui semble indiquer (jue les chenilles doivent vivre à rintérieur des \égétauv, comme celles des Castnies et des Sésies; les pattes antérieures sont courtes, avec les jambes munies d'une épine aiguë, les tarses épineux, avec le premier article très long ; les ailes entières, garnies d'écaillés assez grossières, les inférieures pourvues d'un frein comme chez les Castnies. On compte jusqu'à présent une dizaine d'espèces de Synemon décrites ou figurées, qui ont toutes les ailes inférieures jaunes avec des fascies noires. La plus ancienne espèce connue est le S. Sophia, White, des environs du port du Roi-Georges, et qui fut d'abord prise pour un Hespérien.
Le genre Coronis, Latr., a été fondé pour de beaux papillons, généralement ornés de riches couleurs, qui habitent l'Amérique chaude (Mexique, Colombie, Brésil intérieur). Les antennes sont assez épaisses, distinctement renflées avant le sommet, à articles évasés et munis d'un poil court à leur bord interne. Les palpes sont très développés, ascendants, ayant le second article hérissé de longs poils sur la tranche, le troisième très long, nu, filiforme, puis subspatulé et coudé sur le précédent. Spiritrompe longue et robuste. Pattes toutes semblables et assez longues. Ailes veloutées, assez épaisses, les supérieures à bord interne convexe, ornées de deux bandes distinctes, les inférieures munies d'un frein long et sétiforme, terminées au bord inféro-externe par une queue courte, en forme de spatule obtuse, ces ailes inférieures ornées, le plus souvent, d'une bande de couleurs vives ou tranchées, et bordées à l'extrémité terminale de taches noires à peine ocellées. .\bdomen sans lignes distinctes. Dans ce genre Coronis, nous citerons C, Leachi, Godart, du Brésil (province du Saint-Esprit) et du Mexique, espèce répandue dans les collections, et que nous représentons pi. Lxxxvii, fig. 3. Les ailes antérieures, d'un gris nébuleux, ondées de noir, sont traversées par une bande sinueuse noire extérieurement doublée de blanchâtre, avec un prolongement de même couleur vers le bord externe; les ailes inférieures, que ne traverse pas de bande colorée, sont brunes, comme le corps, avec frange jaunâtre et une tache blanche contre le bord, au sommet. Ajoutons, dans ce même genre Corunis, C. Ercnus, Boisduval, du Venezuela et de Colombie ; C. Egina, E. Blanch., du Brésil, etc. Nous indiquerons encore spécialement une très rare espèce des environs de Cayenne et de Surinam, et aussi de la province du Saint-Esprit (Brésil), anciennement figurée sur un mâle, le C. Orithea, Cramer, de 60 millimètres d'envergure, dont le fond des ailes est d'un brun noir, les supérieures traversées par deux bandes d'un rose carné, les inférieures avec une grande tache discoïdale
'J.SO LÉPlDOPTkuiiS.
semi-lunaire, d'un bleu azuré vif, continuée par une bande d'un carné YÏoiatre, qui va rejoindre l'angle anal, ces ailes inférieures terminées par trois lunules noires, surmontées de violet, entre l'angle anal et la queue, celle-ci ayant l'extrémité d'un blanc terne.
M. Westwood (1) place le genre Coronis, dont il a cru devoir changer le nom en celui de Coronidia, dans la famille des Uranidœ (notre tribu des Uraniens) et dans le groupe B des Sematuridœ. Il en décrit vingt espèces qu'il divise, pour les collections, en quatre sections : 1" ailes postérieures h bandes bleues, ex. : C. Orithea, Cramer, C. Hyphasis, Hoppffer, du Mexique, C. Hysndrus, Hoppft'er, du Mexique et du Brésil, etc. ; 2" ailes postérieures à bandes rousses, ainsi -, C. Egina et d'autres nouvelles du Brésil, de Colombie, du Nicaragua, du Guatemala, de Bogota; 3° ailes postérieures à bandes fauves, telles C. Japef, Boisd., du Brésil, C. Ducatriœ, Schaufuss, du Venezuela, C. Echenais, Hoppfl'er, du Mexique, du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade, C. Biblma, Westw., du Nicaragua et du Venezuela; W ailes postérieures sans bandes, ex. : C. Leachi, Godart, et Evenus, Boid. M. Westwood a figuré la chenille à seize pattes d'un Coronis voisin de Orithea, et sa chrysalide avec spiri- Irompe saillante, fourreaux alaires plissés et éperon caudal.
M. Guenée {Species des Lépidoptères, 1857, t. IX, p. 16) avait déjà réuni au genre Coronis, dans une même famille, celle des Sématurides, le genre Sematura, DoAman, ayant la plupart des caractères ùg?, Coronis, notamment les palpes si remarquables, mais dont les antennes sont minces, à articles très peu distincts, à renflement peu sensible et à pointe à peine arquée, qui ofl'rcnt un toupet frontal velu, aplati en dessus, le thorax déprimé, rayé en longueur, ainsi que l'abdomen, celui-ci court, cyiindro-conique dans les deux sexes, les pattes longues et grêles, les ailes minces, à dessins et couleurs analogues aux deux paires, traversées par des lignes fines et sans bandes principales, les supérieures triangulaires, entières, prolongées au sommet chez les mâles, les inférieures à frein développé, fortement dentées, terminées par une longue et large queue, étalée en; spatule ou en raquette et marquée de deux grands yeux complets. Les Sématures sont de très grands papillons, propres aux diverses contrées de l'Amérique méridionale, oifrant le gris, le brun etl'ocracé comme principales couleurs ; leur aspect est phaléniforme (Urapteryx, rwarinia, etc.), et rappelle à la fois les Uraniens et les Phaléniens. M. Westwood a ch;uigé le nom du genre en celui de Manidia.
L'espèce la plus anciennement connue est le S. Lunns, Lin., du Honduras et du Brésil, de grande taille, 75 millimèli'cs d'envergure,
(1) Observations on tlic Urmudir , a faiiiily of fjepidopteroiis Insecte, witli a Synopsis of ihc. Family nnd a Moridi^rapli of Coronid/n, (nin of llio Genora of wtiicli it is compose! {Trtins. af llu- Zixi!, Soi\, I. \, part. l'2, 1S79, p. ,')07, riyco A pi., 2 iioiics, 2 roloii(''es).
.t:co(;era. 2S1
avec los ailes d'un brun de terre d'ombre clair, traversées par une multitude de lignes fines et ondulées, d'un roux ocreux, les inférieures pi'ofondément dentées, avec une longue et large queue, spatulée en dedans, ornée de deux ocelles noirs et terminée par un dessin en forme de crosse noirâtre, avec une liture blanche et d'où naît un filet noir qui borde toute la partie interne de la spatule. On signale plusieurs autres espèces de Sématures, ressemblant beaucoup à la précédente et qui n'en sont peut-être que des races, suivant M. Guenée.
iNous terminerons par deux genres anormaux, dont nous ne garantissons nullement la véritable position; s'ils se rapprochent des Castniens par le caractère des antennes, ils ressemblent aux Zygéniens sous d'autres points de vue, et Hoisduval les y réunit dans sa Monographie des Zygénides, 1829 (p. 11 et 13). I.e genre Hecatesia, Boisduvai, présente des antennes hérissées, à articles assez distincts jusqu'à la massue fusiforme terminale rappelant celle des Nymphales, à palpes très velus, à articles peu distincts, ne dépassant pas le chaperon, avec le dernier article très court, la spiritrompe roulée en spirale au repos, le thorax très velu, les ailes très bombées et comme voûtées par leur bord antérieur, se couchant au repos sur le corps. L'unique espèce est 1'//. fenestrata, Boisd., de l'Australie méridionale, a\ec une large tache ransparente le long de la côte, offrant une forte duplicature à son rebord costal. L'autre genre est le suivant :
i£€iOCF.n.%, Latreille. — Antennes fusiformes, renflées au milieu au moins chez les mâles, dépourvues de houppe écailleuse à leur extrémité. Palpes dépassant le chaperon d'une manière remarquable, ayant le second article très velu, garni de poils fascicules réunis en une sorte de bec. Ailes un peu eu loit dans le repos, entièrement couvertes d'écaillés, sans taches vitrées, les supérieures triangulaires. Jambes couvertes d'écaillés allongées. Un pinceau de poils à l'extrémité anale ûr. l'abdomen des mâles, manquant chez les femelles.
Le type de ce genre, décrit par I.alreillc, est Y/E. Venulia, du r>engale. Les premières ailes sont d'un brun ferrugineux plus ou moins obscur, avec une bande blanche longitudinale, allant de la base au sommet, dilatée en son milieu eu un pclit angle, bordée par une ligne rouge et marquée de trois points de la même couleur; les ailes inférieures sont d'un jaune fauve avec une large bordure et une tache discoïdale d'un brun clair. Nous figurons, d'après Hoisdtival, pi. lxxxviii, fig. 2, la femelle d'une espèce très voisine, à bande blanche sans angle, VjE. Reclilinea, lîoid., de Sierra-Leone. Il y a, d'après (iuérin- Méneville, une troisième espèce du Sénégal, .i'. Menele, Cramer.
ÏKinu DES hepialiehs.
Antennes souvent trt-s courtes, moniliformes ou dentées. Palpes très petits. Spiritrompe nulle ou rudimentaire. Thorax bombé, squameux ou très velu, long et grêle. Ailes minces, allongées, étroites, les inférieures un peu moins longues que les supérieures, mais semblant taillées sur le même modèle ; cellule discoïdale des ailes supérieures divisée en trois aréoles, la supérieure plus courte; nervures du bord externe aboutissant au milieu de ce bord, la supérieure n'étant pas développée ordinairement; pas d'aréole entre les rameaux de la nervure composée antérieure. Abdomen cylindroïde et allongé, dépassant beaucoup les ailes inférieures. — Chenilles allongées, cylindriques, à fortes mandibules, souterraines et rongeant les racines des plantes. — Chrysalides allongées et cylindroïdes, épineuses sur les segments de l'abdomen.
M. Guenée donne à cette tribu, qui se compose surtout du genre llepialus, le nom d'înfrenatœ, parce que les papillons n'ont ni frein, ni spiritrompe, ni stemmates, et de Terricolœ, en raison des mœurs des chenilles décolorées et toujours souterraines; elles ne vivent pas à l'intérieur des racines qu'elles rongent, mais auprès, se logeant dans de longs tubes soyeux, allant de la racine à la surface du sol. C'est près de celle-ci qu'elles deviennent chrysalides dans une coque revêtue à l'extérieur de molécules de terre et tapissée intérieurement d'un tissu de soie mince et serré; cette coque est deux fois plus longue que la chrysalide et celle-ci peut y avancer ou reculer à son gré en faisant des ondulations au moyen des épines dont son abdomen est armée ; c'est ainsi qu'elle avance sa partie antérieure contre l'extrémité de la coque qui affleure au sol, de sorte que le papillon sort aisément au printemps. On serait tenté de croire que les Hépialiens ont les antennes toujours extrêmement courtes, comme cela a lieu dans la plupart des espèces d'Europe, et chez beaucoup d'exotiques; mais VAiantiades sordida, Hépialien d'Australie, qui est très voisin pour tout le reste de nos Hepialus Carnus, Velleda^ etc., aies antennes très longues et très fortement pectinées.
3IRPI.%L,lic$, Fabr. — Corps assez grêle et velu. Antennes très courtes, parfois de longueur moyenne, toujours grêles, moniliformes ou dentées au côté interne dans les deux sexes. Palpes très courts et très velus. Pas de spiritrompe. Corselet long et velu. Ailes toujours longues, étroites, peu robustes, elliptiques ou lancéolées, en toit dans le repos. Abdomen grêle, comme vide chez les mâles, très long chez les femelles. — Chenilles à seize pattes, grêles, allongées, offrant chacun îles segments de leur abdomen garni de petites épines très courtes dirigées en arrière, qui les rendent rugueux au toucher.
HEPIALUS. 283
Les Hépiales adultes sont des insectes de couleurs peu brillantes, dont les ailes sont mal garnies d'écaillés, au point detre souvent à demi transparentes. Ces ailes, oblongues, obliquement découpées, ont en outre une conformation spéciale : leurs points d'insertion, sur un mCme côté du thorax, paraissent sensiblement plus éloignés entre eux que chez les autres Lépidoptères; en outre, les ailes inférieures, au lieu d'avoir le bord antérieur arrondi, l'ayant au contraire droit et môme évidé, il en résulte que, lorsque l'insecte a les ailes étendues, les supérieures touchent à peine les inférieures, de sorte que le papillon rappelle un peu les Libellules par son port d'ailes.
Les femelles sont très différentes des mâles, bien plus grandes, autrement colorées. Le corps est peu consistant, l'abdomen presque vide, surtout chez les mâles, ce qui ne les empêche pas d'avoir le vol soutenu et assez vigoureux. Les Hépiales volent toujours très près de terre, en tourbillonnant, surtout dans les prairies et dans les bois, et exclusivement le soir après le coucher du soleil ; dans la journée les papillons se tienneut cac^hés sous les plantes basses ou accrochés à quelque brin d'herbe.
L'Lurope ne compte guère plus d'une dizaine d'espèces du genre Ilepialus, dont nous ne décrirons brièvement que les plus communes. La plus grande de beaucoup est VH. humulij Linn. Le mâle, de 50 millimètres d'envergure, a les quatre ailes d'un blanc argenté et sans taches, avec la frange d'un rouge fauve. La femelle, notablement plus grande, offre les ailes supérieures d'un jaune d'ocre, avec deux bandes obliques et la frange d'un rouge fauve, les inférieures d'un jaune obscur et l'extrémité légèrement rougeâtre. La chenille de l'Hépiale du houblon (pi. lxxxix, fig. 7), est d'un jaune roussâtre clair, avec la tête et le prothorax d'un brun fauve et les stigmates noirs très apparents. Cette espèce est septentrionale, assez rare aux environs de Paris, plus commune dans le nord de la P'raiice et dans le nord-est, Jura, Alsace, Uoubs, etc., au Mont-Dore, dans la Creuse, mais rare en Suisse, en Angleterre {the Gost.), en Allemagne, causant souvent de grands ravages dans les plantations de houblon, dont elle dévore les racines, rongeant aussi celles de la bryonc ou couleuvrée. La chenille passe l'hiver entre les racines et se chrysalide en avril dans une coque longue et cylindriqu(!, dont le bout postérieur n'est fermé que par quelques tils lâches. Le papillon paraît en juin et en juillet. — IJH. Lupulhms, Linn. syn. {Flina, SchiffermuUer), la Louvclte d'Lngramelle, (pi. xxxix, lig. 1), de 25 à 30 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un rouge jaunâtre obscur, avec deux bandes d'un blanc jaunâtre, obliques, sinuées, légèremenl bordées de noir, se réunissant au bortl interne et formant un V très ouvert dans lequel il y a un Irait blanc jaunâtre longitudinal; en outre une rangée marginale de points de même couleur ; ailes inférieures d'un cendré brunâtre, avec la frange plus claire ; corps d'un brun noirâtre ; antennes et pattes fauves. Femelle pareille
28^t LÊPIliOPTÈP.ES.
au mâle pour le dessin, mais ayant ordinairement le fond des ailes et le corps d'un cendré pâle. Chenille blanchâtre, à tête brune, vivant en janvier et février, puis en juin, entre les racines des Graminées, des Anter, des Virgaurea, s'élevant facilement dans des pots à fleurs où l'on plante des racines. Papillon commun en mai, puis en août, un peu moins, dans les prairies au crépuscule, existe en Angleterre {ihe Common Small Svift). — H. Silvinus, ]Ar\n., la Silvine d'Engramelle, espèce assez commune partout, the Orange Svift des Anglais, en mai, puis un peu moins en août, et quelquefois en octobre, volant le soir dans les prairies, les champs et les lisières des bois, variant beaucoup de coloration et de taille. Mâle de 32 à 35 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un rouge briqueté clair ou d'un brun grisâtre, avec deux bandes blanches obliques, très écartées vers la côte, presque convergentes vers le bord interne et embrassant un C blanc dont la convexité est en bas, plusieurs taches brunes le long de la côte et deux lignes en zigzag vers le bord externe; ailes inférieures d'un brun cendré sans taches; antennes ferrugineuses; corps de la couleur des ailes supérieures avec l'anus terminé par trois petits faisceaux de poils d'un rouge fauve. Femelle semblable au mâle mais plus grande que lui. Chenille s'élevant facilement comme celle de l'espèce précécédente, allongée, blanchâtre, à petits points noirs et à tête rousse, vivant pendant tout l'hiver et aussi en juin entre les racines des Graminées, de la sauge des prés, des carottes, des bryones, des valérianes, etc. — //. Hectus, Linn, espèce septentrionnale de France, d'Allemagne, d'Angleterre {the Gold Svift), la Patte en masse de De (iéer, r Hépatique d'Engramelle, 36 millimètres d'envergure chez le mâle; les ailes supérieures d'un brun roussâtre clair, avec deux bandes transverses obliques de taches nacrées, inégales, souvent interrompues et une rangée terminale de petits points d'un blanc nacré; les ailes inférieures d'un brun obscur quelquefois un peu roussâtre, avec la frange plus claire, parfois avec des taches allongées et argentées entre les nervures; le corps et les antennes d'un jaune roussâtre. Le mâle répand une odeur aromatique très prononcée. Femelle ayant les ailes supérieures d'un brun ferrugineux, avec les taches et les bandes obliques très variables et d'une couleur cendrée. De Gée? a donné à cette espèce le nom de Patte en masse parce que ses pattes postérieures offrent, au lieu de jambe et de tarse, une masse luisante et en forme de poire aplatie, s'articulant par le petit bouta l'extrémité de la cuisse. De Géer soupçonne que ces deux masses servent à tenir l'insecte en équilibre quand il vole. Sa manière de voler a, en efl'et;, quelque chose de singulier : il s'élève à environ 30 conlinièlres audessus du sol, et, à cette distance, il parcourt rapidement un espace très borné, allant sans cesse de droite à gauche et de gauche à droite. Si on le touche, il se laisse tomber et reste immobile en repliant ses pattes contre le corps. Comme le mâhs seul présente la singulière con-
HLPIAI.LS. — COSSliilNS. 285
formation des pattes postérieures que nous avons indiquée, je suis porté à croire qu'elle se lie plutôt à quelque particularité d'accouplement.
L'H. Hectus est une espùce beaucoup moins commune que les deux Hépiales précédentes et surtout plus localisée; elle vole en juin et juillet au coucher du soleil dans les bois et sur les lisières des bois, sur les bruyères, dont la chenille ronge les racines et les buissons, se trouve aux environs de Paris, dans le Doubs, Saône-ct-Loire et le Morvan (Constant), en Alsace, dans l'Indre, aux Brandes d'Ardentes, mais rare (Maurice Sand), etc.
Nous citerons seulement quelques autres Hépiales de France, qui sont des montagnes. Ainsi, //. Velleda, lliibner, des Alpes, tin juin et juillet, du Hoheneck, dans les Vosges, du Mont-Dore, en Auvergne, d'Angleterre (the Beautiful Svifly, H- Carjuts, Esper, espèce rare, prise en juillet à la Grande-Chartreuse, dans l'Isère, existant aussi dans la Gironde (Trinioulet); H. Ganna, Hûbn., des Pyrénées-Orientales (Canigou, le Verne!) et des Basses-Alpes, dans les prairies élevées de Malmorte, en juillet; îî. l'urcnaicus, Donzel, à ailes supérieures d'un brun noirâtre, semées confusément d'un grand nombre de taches blanchâtres, la frange brune, les ailes inférieures brunes, à frange blanche, la tête, les antennes et le corps bruns. La femelle, par un exemple de dégradalion que nous retrouverons chez d'autres Hétérocères, ne peut voler, n'ayant que des rudiments d'ailes plus ou moins grands, de même coloration au reste que chez le mâle. Cette espèce a été découverte en 1835 par M. Donzel, en juillet, sur la montagne de Cambrusdase (Pyrénées-Orientales), près Mont-Louis, vallée d'Eyna, à 2i00 mètres d'altitude, et se trouve aussi aux environs de la Preste et de Gavarnie.
P.irmi les Hépiales exotiques, on doit citer une très grande et belle espèce du Cap de Bonne-Lspérance, 1'//. I>?ihs, Cramer, à abdomen cylindrique très long, rappelant les grandes espèces de Fourmilions par la forme de son corps, la coupe de ses ailes supérieures et leur transparence; les ailes supérieures sont brunâtres, tirant sur le jaune et parsemées d'un grand nombre de taches d'argent de forme plus ou moins allongée; les inférieures sont rougeâlres, plus claires vers leur région moyenne, avec de longues nervures noirâtres très marquées.
Tribu des €OSSIi:K.S.
Cette tribu forme la légion des Liçjnivorœ de M. Guenée. Corps robuste. Abdomen dépassant de beaucoup les aihîs inférieures et terminé chez les femelles par un o\iscapt(î rétractile plus ou moins saillant. Antennes des mules peclinées sur une longueur variable, à lames épaisses et courtes; antennes des femelles crénelées ou à lames très courtes. Deux stemniates. Spiritrompe presque nulle. Ailes en loit au repos, avec frein rudimentaire chez les mâles. — Chenilles allongées,
plus ou moins déprimées, h mandibules fortes, vivant dans l'intérieur des végétaux, dans les tiges ou dans les racines, pourvues de quelques poils clair semés, implantés chacun sur un petit tubercule, et d'un écusson écailleu.v sur le prothorax. — Chrysalides longues, cylindroïdes, convexes du côté du dos, avec deux rangées transversales d'épines inclinées en arrière sur chaque segment de l'abdomen, dont elles font usage pour se mouvoir et se rapprocher de rouverlure qui doit donner passage à l'insecte parfait.
COSSIDES.
Front arrondi. Antennes des mâles pectinées dans loule leur longueur. Thorax arrondi, court et épais. Ailes supérieures à cellule discoïdalc traversée par une nervure supplémentaire et divisée en deux aréoles fermées: une aréole entre les rameaux de la nervure composée antérieure; deux nervures simples au bord intérieur. Abdomen gros et large. Un seul genre :
cossus, I''abr. — Antennes de la longueur de la tête et du corselet réunis, dentées dans les deux sexes et dans toute leur longueur du côté interne, bien plus fortement chez les mâles. Front et thorax à poils ras. Palpes cylindriques assez épais, couverts d'écaillés Thorax bombé. Ailes en toit au repos, nébuleuses, maillées de hachures blanchâtres et noirâtres. Abdomen et pattes squameux : pattes postérieures des mâles recourbées et munies de deux paires d'éperons; abdomen épais et peu allongé, avec la tarière de la femelle souvent saillante après la ponte.
Le genre Cossus ne comprend qu'un petit nombre d'espèces. Le type et la seule espèce importante est le Cossus ligniperda, Linn., le Cossus de Geoffroy, le Gâte-hois {the Goat Moth des Anglais), répandu dans toute l'Europe. Sa chenille a été prise près d'Alger dans le tronc d'un caroubier (H. Lucas). Le papillon, de 65 à 70 millimètres d'envergure, a les antennes blanches au côté externe et noires au côté interne dentelé; dessus de la tête et partie antérieure du thorax roussâtres, celui-ci étant en outre bordé postérieurement par une bande noire courbe, munie en avant de poils blancs. Ailes supérieures d'un gris cendré, blanchâtre par places, avec beaucoup de petites lignes noires, transverses et ondulées, en réseau plus ou moins confus, très marquées vers l'extrémité de l'aile; ailes inférieures d'un gris cendré, avec des lignes noires réticulées comme aux ailes supérieures, (iorps de la couleur des ailes, avec les incisions de l'abdomen blanchâtres, i'emelle semblable au mâle, mais avec les antennes moins dentées et l'abdomen Ici-miné par une tarière tubulée au moyen de laquelle elle dépose ses œufs sous l'écorcc des arbres. Les Cossus adultes se trouvent en juin et juillet sur les boulevards, dans les plantations et les vergers, sur le tronc de arbres qui bordent les routes. La chenille (pi. i.xxxix, fig. 3) est lui -
cossus. 2S7
santé, jaunâtre, avec les segments du dos largement couleur do brique. Elle vit dans l'intérieur du tronc des ormes, des saules, des bouleaux, des arbres fruitiers, des cliènes plus rarement, et excroc de graves dégâts, au point de faire périr les arbres ou de les affaiblir beaucoup, de sorte qu'ils succomberont ensuite aisément sous les attaques des Scolytiens (Coléoptères). Ces chenilles dégorgent par la bouche une liqueur acre, d'odeur forte et repoussante, et probablement destinée à ramollir les fibres du bois. Elles paraissent très sensibles à l'action de l'air, car si on les retire de leurs galeries, elles filent une sorte de toile pour se mettre à l'abri de son contact; cependant elles résistent très bien au froid, car le capitaine Xambeu en avait trouvées de gelées qui sont parfaitement revenues à la vie. La chenille du Cossus gâte-bois vit deux ans et mémo parfois trois; on peut l'élever assez bien avec des pommes coupées en deux. Elle se file, dans sa galerie ligneuse, une coque composée de fils de soie et de sciure de bois; comme toutes les chenilles endophytes, à l'époque de cette nymphose, elle se rapproche de la circonférence de l'arbre, en rongeant intérieurement l'écorce, jusqu'à n'en laisser qu'un très faible disque qui sert d'opercule à la galerie, et qui, tout en cachant parfaitement leur retraite aux regards, cède à la moindre pression et s'ouvre sans effort pour livrer passage au papillon dès qu'il est éclos. Les galeries de ces funestes chenilles ont quelqaeiois plusieurs mètres de long à l'intérieur des gros arbres ; aussi ne peut-on songer à les atteindre par les insecticides. Le seul remède efficace est d'observer les troncs'en passant la revue des arbres. Une sorte de sciure de bois encore fraîche par la sève écoulée frappe d'abord la vue, soit au pied de l'arbre, soit sur le tronc même. On introduit alors dans le trou d'où sortent ces débris un long fil de fer dont on a recourbé l'extrémité en hameçon; quand on a gagné le fond de la galerie, on retourne plusieurs fois le fil de fer sur lui-même, et l'on réussit toujours, soit à harponner la chenille et la tirer au dehors, soit à la tuer dans son repaire. Ce procédé réussit d'autant mieux qu'il est employé plus tôt et contre des larves encore jeunes, dans des trous peu profonds.
Linnœus et Eabricius prétendent que la chenille du Cossus gâte-bois était le ver que les Romains engraissaient avec de la farine et qu'ils servaient sur leurs tables comme un mets très délicat. Codarl fait observer avec raison qu'il y a là une fausse interprétation du texte de Pline, dont la dernière phrase signifie : ces vers rongeurs des arbres prennent tous la figure d'un Céraste (porte-corne) et ils font entendre une petite stridulation. Cela ne peut évidemment s'appliquer qu'à des larves de Coléoptères Cérambyciens, comme Ccrainhyx Héros ot Prionnx Coriariiis. De nos jours, les indigènes américains et même les créoles mangent encore des larves de Coléoptères analogues.
Il existe en Europe quelques autres espèces du genre Cossuf;, rares dans les collections et dont les adultes paraissent en juillet. Tels sont le C. Cœstrwn, Hubner, du sous-genre Hypopta, Hubner', de Dalmatie
et du midi de la France aux environs de Montpellier, mais très rare, et du même sous-genre, Ilypopta, le C. Thrips, Hubner, de la Russie méridionale. Citons encore C. Paradoxiis, Herr. Schœtfer ou Dcsertus, Fischer de Walheim, de la Russie orientale ou asiatique, et C. Terebra, Fabr., d'Allemagne. Nous représentons une espèce de l'Amérique -du Nord, le C. Macmurtrei, Boisd., femelle (pi. lxxxix, fig. 2), 65 centimètres d'envergure : corps noirâtre, garni d'écaillés grises par places ; ailes demi-transparentes, à écailles blanchâtres très petites et peu rapprochées entre elles, avec des stries transverses et irrégulières noires, la base plus grise, le bord antérieur des ailes supérieures et les nervures faiblement teintées de jaunâtre; antennes et pattes noires, ces dernières annelées de gris. Le long abdomen cyhndroïde de cette espèce rappelle plutôt les Zeuzera et surtout les Macrogaster que notre Cossus ligniperde.
STYGIA, Draparnaud, Latr. — Corps robuste. Tète et corselet couverts de poils épais, un peu écailleux. Antenues assez courtes, bipectinées dans les deux sexes. Spiritrompe nulle ou très peu sensible. Palpes épais, écailleux, obtus, s'élevant un peu au-dessus du chaperon. Ailes en toit dans le repos, les supérieures oblongues, les inférieures arrondies et très courtes. Éperons des jambes postérieures très grands. Abdomen long, gros, velu, garni de crêtes de poils sur les côtés et sur le dos, terminé par un bouquet de poils chez le mâle et en pointe obtuse chez la femelle.
L'espèce type de ce genre est le S. Australis, Drap., ou Tcrebellum, llubner, de 20 à 24 millimètres d'envergure dans les deux sexes. Mâle, (pi. LXXXIX, fig. h a), h ailes supérieures brunâtres, variées de gris blanchâtre, avec une bordure noirâtre, de largeur moyenne, rétrécie vers l'angle anal, la frange brunâtre, entrecoupée de gris roussâtre ; antennes brunâtres, avec la tige d'un gris jaunâtre ; tête, collier et thorax de la couleur des ailes supérieures ; abdomen d'un gris brunâtre, garni de poils d'un gris jaunâtre assez longs et formant des espèces de crêtes de chaque côté et un bouquet étalé à l'extrémité. Femelle (pi, lxxxix, fig. h), différant du mâle par ses ailes supérieures d'un jaune roussâtre ou d'un jaune fauve, plus ou moins variées et mélangées de brunâtre, avec la tête, le collier et le dessus du thorax entièrement fauves; ailes inférieures noires, avec une tache blanche, sub carrée sur le disque ; abdomen fauve sur la région dorsale, noir en dessous, avec des crêtes latérales et un bouquet de poils à l'anus de la même couleur. La chenille est glabre et d'un blanc livide, avec la tête et les trois anneaux Ihoraciques roussâtres, paraissant cornés comme la tête, les paltes nierabraneuses très courtes : elle vit dans les tiges et les racines de ÏEchiuin Ualicum. La Stygie australe est une espèce méridionale assez commune eu certaines années, aux environs de Monipellier, en juin cl juillet;
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elle doit remonter par places plus au nord, car elle a été trouvée, mais très rare eu juillet dans le Cher, près de Bourges (Maurice Saud).
In genre voisin des Stygies est le genre Eudauria, Hoisd., avec les antennes bidentées dans les mâles, biciliées chez les femelles, la tète et le corps très velus, la spiritrompe nulle, les palpes velus, très courts. le thorax assez large, les ailes courtes et arrondies, en toit dans le repos» ral)tlomen de la femelle plus long que celui du mAle et terminé par une tarière saillante. I/espèce qui forme ce genre, trouvée d'abord en Hongrie, est 17:. Ulula, Borckausen, syn. : Pantherina, Hubner, de i2'2 à 25 millimètres d'envergure, la tète et le thorax d'un gris olivâtre, ayant les antennes brunes, avec la tige blanchâtre, les ailes supérieures d'un gris olivâtre avec des taches blanches éparses ou pi us ou moi nsconfluen tes, lesailes inférieures d'unbrun grisâtre, les franges des ailes entrecoupées de gris et de blanc, labdomeu velu et d'un gris jaunâtre. Cette espèce, qui serait peut-être mieux placée dans les Cossides que dans les Zeuzérideas, été rencontrée en France, dans la Provence et dans le Var, dans la Charente, près de Bochefort (H. Delamain), près de Tours (Rambur); cinq exemplaires mâles ont été pris au réflecteur, à Nohant (fndre), par .M. .Maurice Sand, dans la première quinzaine d'août.
Zia'ZÉBlDI^S.
Tète avancée, saillante, velue, laineuse à la base des antennes ; antennes des mâles pectinèes jusqu'à la moitié environ, puis tiliformes, la partie liliforme égalant sensiblement en longueur la partie pectiiiée, cellule discoïdale des ailes supérieures divisée en trois ou quatre aréoles; deu.x nervures simples au bord interne, rameaux nervuraux très courts, la nervure simple antérieure confondue avec le bourrelet costal; les pattes postérieures n'ont qu'une paire d'éperons très courts.
ZIOIXIOR.^, L;itr. — Aiilt-nnes îles teiiicUe'; rilifonncs, mais garnies d'une substance colonneuse, surtout dans la partie iidéricurc; pulpes nuls; spiritrompe très courte, composée de diMix filets membraneux di.<joiuU ; thorax ovale; ailes supérieures longues, étroiles, à sommet aigu, les inférieures beaucoup plus courtes ; abdomen très long, surtout chez la femelle, où il se termine par une tarière puialue et cornée, saillante après la ponte.
L'espèce type de ce genre est le /. œs(:uli,\.\\\i\., ]d Cnquclle d'Engramelle, toujours assez rare, quoiqu'on la trouve partout en France, plus conunune dans le Midi. La chenille vit non seulement à l'intérieur du Ironc et des branches du marronnier d'Inde, mais aussi danH le tilleul, l'orme, le clièiu', le bouleau, le noisetier, le pommier et le poirier, le sorbier des oiseaux lît le lilas. /. (vsculi n été trouvé en juin, en Algérie, dans la province de Constantine, sur le tronc d'iui pistachier (IL Lucas). le Papillon, qui [laraît en juillet et août, se trouve volant le ciiiAui). m. — l'J
soir et au repos le jour, sur les troncs d'arbres dans les plantations, les parcs et les jardins; mâle, de Z|5 à 50 millimètres d'envergure, les quatre ailes blanches, avec une multitude de points d'un noir bleu aux supérieures, et de très petits points noirâtres aux inférieures, corps blanc, avec les pattes, les anneaux de rabdomen et six points sur le thorax d'un noir bleu ; la femelle, de 70 millimètres d'envergure, diffère du mâle par des points noirs beaucoup plus gros, par ses antennes simples et par l'aïuis prolongé en une tarière jaunâtre ; les œufs de Z. œsciili, d'un jaune nankin un peu roussâtre, sont très oblongs, sans dépression, également renflés partout ; le crin de la femelle est, comme chez les Cossus, en faisceau de soies nombreuses (Poey) ; chenille, pi. Lxxxix, fig. 6, d'un jaune un peu terne, avec un écusson noir audessus du prothorax et une série de points noirs verruqueux sur les anneaux, qui ont fait donner à l'espèce le nom de the Wood Léopard par les auteurs anglais; cocon et chrysalide comme chez le Cossus ligniperda, la chrysalide avec un double rang d'épines inclinées en arrière sur chaque anneau de l'abdomen ; les métamorphoses de cette espèce, qui sérail très nuisible si elle était plus commune, étaient représentées à l'Exposition universelle de Paris de 1878, dans la section anglaise de l'enseignement, par de beaux dessins coloriés de feu Andrew Murray. 11 y a quelques espèces exotiques de Zeuzera, qui ont de grandes analogies avec la nôtre; ainsi Z. Scalaris, Donovan, pi. i.xxxix, fig. 5, qui habite le Pérou, plus petite que Z. œsculi, offrant le thorax jaune, les ailes supérieures bordées en avant et en arrière de jaune fauve, avec des lignes noires imitant des échelons, les ailes inférieures entièrement blanches.
Un genre voisin, que beaucoup d'auteurs ne séparaient pas des Zeuzera, est le genre Phrafjmatœcia, Newmann, ou Macrogaster, IJuponchel. Les antennes du mâle sont largement pectinées dans leur moitié inférieure et filiformes pour ie reste, comme dans les Zeuzères, celles de la femelle très courtes, séparées et dentelées dans toute leur longueur, la tête et le corps velus, les palpes et la spiritrompe entièrement oblitérés, le thorax ovale, les ailes supérieures longues, étroites, à sommet arrondi, les ailes inférieures plus courtes, l'abdomen extrêmement long et cylindroïde, d'une longueur vraiment démesurée chez la femelle. L'espèce unique de ce genre est le P. arundinis, Hubner, dont la chenille endophyte vit et se transforme à l'intérieur des roseaux, surtout de VArundo Phraijmites. L'envergure est de o8 millimètres, la tête et le thorax d'un gris roussâtre, les ailes supérieures de la même couleur, parsemées d'atomes et de petits points bruns, les plus apparents vers l'extrémité, la frange entrecoupée de brun noirâtre, les ailes inférieures d'un brun roussâtre uni, avec la frange un peu plus foncée ; le long abdomen est aussi d'un brun roussâtre, moins clair que celui des ailes inférieures. Cette espèce si curieuse, et que nous engageons à rechercher dans les localités marécageuses et froides, est surtout de l'Allemagne
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du Nord et d'Angleterre, the Rced Léopard. Elle a été trouvée en France dans les marais, près d'Amiens, dans les marais qui avoisinent Saint- Quentin; l'adulte est assez commun en juin, près de Douai, sur les glacis et dans les marais, se prenant facilement à l'entrée de la nuit, au réflecteur, volant dans les roseaux à la façon des Hépiales, se rencontrant généralement accouplé pendant le jour sur les troncs des arbres qui bordent les marais.
On a longtemps placé dans les Cossiens, à cause de l'abdomen très allongé en tarière de la femelle, des petites espèces formant le genre Atychia, Hoffmansegg ou Chimœra, Ochsenheimer, et dont le type est A.funebris, Fcistbamel, du Languedoc. Ce genre est compris maintenant dans la petite famille des Alychides, de la tribu des Tinéiniens.
Tribu des SKSIEUîS.
• Front arrondi, ècailleux; deux stemmates; antennes linéaires ou fusiformcs, souvent renflées au sommet et terminées par un crochet, crénelées dans plusieiu's genres ou sous-geni'es ; palpes ascendants, <à trois articles, presque toujours distincts; thorax globuleux; ailes ordinairement diaphanes, très étroites, à sommet arrondi, pourvues d'un frein, en toit perpendiculaire au corps dans le repos; nervulation très spéciale (type : Sesia Apifonnis) ; aux premières ailes, nervure simple antérieure absorbée par le bourrelet costal ; nervure composée antérieure très rapprochée, composée postérieure droite, occupant le milieu de l'aile, la nervule épaissie en stigma, d'où naissent cinq rameaux simples, nervure postérieure confondue avec le bord interne ; aux secondes ailes, pas de nervure costale, nervure composée postérieure à deux rameaux seulement, deux nervures simples abdominales ; pattes longues et fortes, jambes postérieures munies de forts éperons, les pattes souvent garnies de faisceaux de poils, surtout les postérieures; abdo mcn cylindrico-conique, avec un pinceau anal ordinairement très de- Ncloppé, surtout chez les mâles. — Chenilles endophytes, décolorées, d'un blanc livide ou d'un blanc un peu lougeAtre, vermiformes, n'ayant le plus souvent que des pattes vestigiaires, sans corne caudale, à fortes mandibules, munies de deux plaques écailleuses , l'une sur le premier anneau, l'autre sur le dernier, ayant, en outre, quelques petits poils très clair semés, implantés chacun sur un très petit tubercule. — Chrysalides cylindrico-conoïdes, d'un roux jaunâtre ou brunâtre, pourvues le plus souvent de grands et longs fourreaux alaires, munies de dentelures ou d'épines recourbées en arrière sur les segments abdominaux.
Les Sésiens étaient rangés par les anciens auteurs dans le groupe des Sphinx, et particulièrement des Sphinx gazés, en raison del a orme des antennes; mais ces auteurs ne connaissaient pas les chenilles des
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Sésieas, doiil les mœurs cl les métamorphoses soûl toutù fuit diCTérenle (le celles des Spliingiens, et sont, au contraire, analogues à celles des Cossieus, car ces chenilles vivent à l'intérieur du tronc cl des branches des végétaux qu'elles rongent, surtout des arbres et des arbustes, et, pour certaines espèces, à l'inlérieur des racines; aussi il y a des espèces qui sont nuisibles aux plantations forestières et aux arbres fruitiers. C'est à l'intérieur des tiges que ces chenilles se construisent une coque de débris ligneux , associés par quelques fils do soie . et la chrysalide , prête à éclore, sort de ce cocon et même se hisse hors de la galerie ligneuse jusqu'à sa sortie, alin de rendre aisée la naissance du papillon ; ce manège s'accomplit, comme chez les Cossiens, à l'aide des spinules recourbées des segments abdominaux. Les Sésiens adultes ne volent que pendant le jour et surtout au soleil et avec vivacité, se posant toutefois fréquemment sur les feuilles et sur les tiges, plus que sur les (leurs; parles temps sombres, on les trouve appliqués sur les végétaux, et au repos comme pendant la nuit. L'aspect de ces papillons est tout à fait caractéristique, car leurs ailes, dépourvues presque toujours d'écaillcs, sauf au moment même de l'éclosion, excepté sur la côte et sur quelques nervures, les font ressembler à des Hyménoptères, au point de tromper les personnes peu exercées; aussi leur chasse CNige une attention spéciale, et beaucoup d'espèces, et surtout les petites espèces, sont peu répandues dans les collections, parce qu'elles échappent à la vue des amateurs novices. Cette ressemblance a été traduite habituelk'meiit dans les noms doiuiés aux Sésies par la terminaison formis ou Itarfuis pennis, ajoutée au nom d'un genre d'Hyménoptèrc ou de Diptère u!i même de iXévroptère, en raison d'une ressemblance plus ou moins [jrochaine. Ces insectes, surtout les nulles, sont très sujets à tourner au //(■«s en collection, ce qui arrive fréquemment aux espèces dont les ]ar\ es vivent renfermées à l'intérieur des tiges ou des graines, remplies de matières féculentes dont la transformation en graisse est bien connue dans le régime des animaux. Il y a des Sésies à abdomen partout également épais, comme Sesia Apiformis, Laphriœfurmis, Ilylœi formis, qu'on ne voit pas voler ni prendre de nourriture;, et ces espèces n'ont qu'une spiritrompe très courte. La plupart des Sésies volent au milieu du jour, restant au repos le matin et le soir; elles sucent le nectar des lleuis et se recherchent pour l'accouplement, le nectar étant plutôt pour elles une evcitation génitale qu'un véritable aliment. D'après Laspeyres, l'accouplement des Sésies a lieu pendant le jour et dure longtemps ; mais on ne sait s'il se prolonge le jour et la nuit, ou s'il ne dure que le jour seulement. Il est probable que les mâles périssent bientôt après l'accouplement et que les femelles survivent peu ù la ponte des œufs. Le moment de la joiu'uée auquel les Sésies sortent de leur chrysalide est avant midi, presque sans exception, et priiuipalement de grand matin, après le lever du stdcMl.
Les œufs des Sésiens ont été l'objet des recherches de .M. Staudinger, Cet entomologiste dit n'avoir jamais trouvé ces œufs à l'air libre et n'a-
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voir jamais observé de ponte sur Jes Sésies (ju'il capturait ou qu'il faisait périr, quoiqu'il en ait observé trois cents écloses des chrysalides ; c'est par dissection interne qu'il s'est toujours procuré les œufs. I.eur surface paraît lisse à l'œil nu; mais on voit au microscope qu'elle est couverte de cellules irréguliîres à si\ angles, dont les séparations sont d'étroits sillons, et qu'on aperçoit tr^-s bien dans les œufs des Sesia Asiliformis et Philanthiformis, où ils sont colorés en brun. Quand ces œufs sont immatures, ils sont clairs et transparents ; à leur maturité, ils sont de couleur marron dans les S. Apiformis et Ifylœiformis, d'un brun tn'-s terne dans les N. Sphegiformis, Cidicifonnis et Forin icœformis, ia.uiie% chez S. Tipnlifurmiii, d'un noir fuginicux chez S. Philanthifonm's, enfin noirs dans la S. Asiiiformis. Ces œufs sont de forme ellipsoïdale de révolution, avec un grand et un petit axe. Leur nombre varie beaucoup .selon les espèces : 1000 à 1200 chez S. Apiformis, 500 chez S. Asiiiformis, 3r)0 chez S. Sphegiformis, 110 à 120 chez S. Hylœiformis, 150 à 200 chez .S'. Formicpformis et Culiciformis, 00 chez S. Tipulifirinis. La grandeur et le nombre des œufs semblent être en rapport assez direct avec la taille des espèces qui les pondent. Les œufs, d'un rouge brique, de .S. Apiftrmis s'ont de section un peu ovalaire avec une forte dépression au centre et quelques rides.
Les Sésiens ont presque toujours une plante alimentaire spéciale à chaque espèce ; ce n'est que très accidentellement qu'elles en changent, ù moins qu'il ne s'agisse d'espèces du même genre botanique. Les femelles ne déposent qu'un seul œuf ou un très petit nombre d'œufs à une place (lunuée d'une tige, et on comprend peu comment les jeunes chenilles, sortanc do ces œufs, peuvent percer des écorces souvent très épaisses et très dures ; les femelles sont dépourvues de tarières perforantes, et il est bien probable, surtout sur les arbres un peu âgés, qu'elles choisissent les points de l'écorce où il y a des fentes ou des blessures, permettant aux jeunes clienilles d'arriver plus aisément aux parties intérieures. Il y a des plantes, comme les Euphorbes et les Ronces, où la mort annuelle des sommités permet aux chenilles des Sésies de pénétrer facilement dans les parties inférieures et diuis les racines qui restent vivantes. Une fois qu'une jeuiu' clifiiille s'i'sl iiilrodiiilc dans la plante nourricière, elle se repait d'aljfn'd des parties les pins tendres situées entre l'écorce et le bois ; les chenilles de certaines espèces y passent toute leur vie, tandis que d'autres pénètrent dans lo bois même et dans la moelle pour se nourrir. La chenille r\acu(! les parties ligneuses non digéi'ées et en corrode d'autres ({u'cle, ne mange pas ; à la fin de sa croissance, elle doit se rapprociier de la surface et préparer la retraite de la chrysalide et une sortie facile pour le i)apillon. C'est pourquoi la plupart des chenilles de Sésies font, à li fin de leur vie, de très longues galeries sinueuses et peuvent aussi se rencontrer dans d'anciennes galeries où sont des débris de cocons des générations précédentes, ce qui est également le fait de beaucoup de chenilles de Tinéi-
niens. Les débris ligneux sont ou rejctés des galeries ou comprimés contre leurs parois; aussi voit-on partais des amas de sciure décelant la présence des chenilles à l'intérieur ; comme les chenilles des Cossiens, elles craignent l'accès de l'air et rebouchent les trous qu'elles percent pour se débarrasser de la sciure ; de môme aussi celles qui hivernent se préparent une tente soyeuse , où elles passent en tepos et sans nourriture la mauvaise saison; c'est avec les écussons du prothorax et du segment anal qu'elles tassent la sciure. Les chenilles de Sésiens font, en général, peu de dégâts, sauf, en certains cas, celles des S. Apiformis et Asiliformis; elles sont attaquées par les Entomophagcs, les espèces à longue tarière, introduisant leurs œufs dans le corps des chenilles, alors que leurs galeries sont encore peu profondes. Les espèces à courte tarière savent s'insinuer à l'intérieur des galeries; on voit souvent les Entomophagcs volant autour des troncs d'accès, soit pour y entrer, soit qu'ils en sortent après éclosion.
On peut, plus aisément que sur les chenilles, reconnaître le sexe futur des Sésiens sur les chrysalides, par l'observation de petites verrues qui sont au neuvième segment chez les mâles, au huitième chez les femelles. La durée de la nymphose dépend de la température du dehors, les éclosions ayant surtout lieu par les jours de chaleur et de soleil, étant au contraire retardées par les temps froids et pluvieux. D'après M. Staudinger, l'état de chrysalide dure ordinairement vingt à vingtdeux jours dans les Culicifùrmis et Formicœformis, ou parfois vingt-quatre à vingt-six. Une petite espèce, S. Tipuliformis, ne reste que dix-huit jours en chrysalide ; la plupart des grandes espèces, de vingt-six à trente -cinq. Toutes les chrysalides se retirent dans une retraite spéciale. Quand elles sont entourées d'une coque, c'est le plus souvent dans l'ancien domicile de la chenille; c'est rarement qu'on la trouve située en terre ou sous l'écorcc des arbres ou cachée dans la mousse. Quand la coque est dans la galerie, c'est à Pcxtrémité élargie de celle-ci, tout contre la couche la plus externe de l'écorce, dont une mince pellicule reste seule intacte. Si un accident brise cette pellicule ou si la chenille termine sa galerie en un point où manque l'écorce, l'ouverture extérieure est habilement fermée avec de la soie. La ccque est formée surtout de sciure, retenue par des fils de soie, aplanie et lissée intérieurement par une soie très blanche. Quand la coque est bien ferme, on peut la retirer en entier de la gfilerie , et c'est de cette espèce que sont les coques faites hors des tiges. Ces sortes de coques ont nue forme ovale, plus ou moins allongée. Dans les espèces qui ont des coques plus lâches, parfois on peut encore les enlever entières de la galerie; mais le plus souvent (dk^s sont repliées imparfailement selon leur longueur, dans une partie latérale, etsouvent fortement fixées aux parois par des fils, avec tampons de sciure en haut et en bas. Le S. Ciiiiciformis a une coque qui est foi'uiée au dcdiors de longs copeaux assemblés dans le sens delà longueur, avec des fragments ligneux plus
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petits en dedans; on ne peut retirer cette coque de la galerie, car n de ses parois longitudinales fait partie de la paroi même de la galerie. Le S. Hylœiformis ne fait pas de coque, mais s'établit, pour la nymphose, dans une cavité, fréquemment d'une très grande longueur, de la moelle des tiges sèches de la ronce ; cette demeure n'est pas consolidée par des fils de soie, mais les parois de moelle, très inégalement corrodées, sont étayées par de nombreux copeaux de bois. Le S. Hylœiformis peut, par cette raison, monter ou descendre dans la cavité, selon le péril imminent. Quand le papillon est bien développé à l'intérieur de la chrysalide des Sésiens, celle-ci, en se contournant, s'avance verticalement, le front en avant et rompt toutes les enveloppes qui la séparent du dehors, et il est rare que, dans cet effort, elle soit obligée d'abandonner la coque, car celle-ci est, le plus souvent, sous l'écorce mémo. Dans ce travail, les chrysalides se servent des étais ligneux internes, de leurs crochets anaux et surtout d'une extrême agilité. C'est ainsi que rapidement la chrysalide se hisse hors du trou, ne laissant dans la tige que ses segments postérieurs, retenus par l'élasticité de l'écorce violemment disjointe. La chrysalide ainsi sortie se repose de ses eiïorts par quelque temps de repos; puis le papillon procède avec célérité à rompre l'enveloppe nymphale.
lia plupart des espèces connues de Sésiens habitent l'Europe, l'Asie .MiuL'ure, l'Afrique boréale et l'Amérique du Nord; ils existent aussi, et probablement assez nombreux dans les régions équatoriales; mais les entomologistes voyageurs en rapportent peu, en raison de l'exiguïté de la taille de beaucoup d'entre eux, et parce qu'ils les confondent avec de petits Hyménoptères. Boisduval en décrit 172 espèces dans son dernier travail (Hétérocères, \8Tli), des diverses régions du globe. M. Staudinger en compte 15 espèces pour les environs de Berlin, 56 pour l'Europe et l'Asie Mineure; le catalogue plus récent de M. Depuiset, pour les Lépidoptères d'Europe, énumère 7:2 Se.sia, dans le sens le plus étendu de ce nom générique. Le dernier catalogue de M. Slaudinger, pour les Lépidoptères d'Europe, d'Afrique boréale et à peu près de la moitié de l'Asie attenant à l'Europe;, énumère 7;5 Sésiens. Les anciens catalogues Duponchel et Boisduval fixaient à US le nombre des Sésiés d'Europe. Les auteurs anglais, qui nomment les Sésiens jEgoridœ, en comptent 11 espèces dans les Iles britanniques, et la faune de Berce en décrit 22 pour la France. Le catalogue de M. Maurice Sand en indique 23. On consultera, pour la tribu des Sésiens, les travaux spéciaux suivants : .1. H. Laspeyres, Sasid' Europea' iconibus et ilescriptiunihus illustratœ, avec gravures sur cuivre. Berlin, 1801. Edw. Ncwmann, Munoi/raphia JEgeriarum Angliœ {Entom. Magaz., lome 1, p. 60). — Otto Staudinger. De Sesiis agri Berolincnsis (thèse inaugurale). Ik'rlin , 185^. ■ — lioitrage zur Festsetilung <ler bishcr bckcinnten Sesien-Arlen Europas uml lien angrdnzrnflen Asiciis (Strllin cnlomul. Zeilung, 1856, t. Wll, p. l/i5- 176, 192-22/1, 257-288, 322-008).
\ai grande uniformité de lype ne donne pas ;i faire d'autre genre pour les espèces européennes que le genre Sesia^ Fabriciiis, Laspeyres, dont les caractères sont ceux de la tribu des Sésiens. Nous n'aurons, d'après la ressemblance des espèces, qu'à en indiquer un petit nombre. Leur synnymie est confuse et fort difficile. Nous diviserons le genre en sous-genres, d'après M. Staudinger. Dans les trois premiers, TrochiUum, Scopoli, Sciapleron, Staudinger, et Sesia, Fabr., Lasp., l'article terminal de l'antenne est sétacé, tandis (ju'il n'a plus ce caractère dans le sous-genre liembecia, Hubner.
Le sous-genre TrochiUum a pour espèce type Sesia Apiformis, Linn , à laquelle le nom de Crabroniformis, que lui donne le catalogue de Vienne, convient beaucoup mieux, car elle ressemble par la taille et les couleurs à un Frelon et non à une Abeille. C'eèt le Crahroni forme et le Sircciforme d'I'higramelle. Dans ce sous-genre la spiritrompe est courte, les antennes du m<11e sont pectinées et brièvement ciliées. Le mdle a une envergure de 30 à àO millimètres, et la femelle de 35 à ^5. La tôte est jaune, avec les yeux d'un brun lioir, offrant une tache blanche sur leur côté interne, une tache jaune au côté externe, les palpes jaunes, les antennes noires, avec le dessous ferrugineux, le thorax d'un noir brun, avec quatre taches jaunes, deux à la partie antérieure des ptérygodes ; ailes transparentes, les supérieures avec les nervures, les bords et une tache discoïdale d'un brun ferrugineux en dessus, plus clair en dessous, les inférieures sans tache, la frange d'un brun obscur de part et d'autre; dans les individus qui viennent d'éclore et qui n'ont pas volé, les ailes sont saupoudrées d'écaillés très fugaces, d'un brun clair; cuisses jaunes en dehors, d'un brun noir en dedans, jambes ocracées les postérieures noires à la base, avec les éperons jaunes tarses ocracés; abdomen jaune, avec les segments 1 et à noirs et garnis d'un duvet brun, tous les autres bordés de noir; abdomen de la femelle plus gros que celui du mâle et sans brosse à l'extrémité. Cette espèce est du nord et du centre de l'Europe, des lies Britanniques, the Hurnet Moth, de toute la France. C'est notre plus grosse Sésie et la plus commune. L'adulte, qui vole peu, se trouve, de la fin de mai au milieu de juillet, sur les troncs des peupliers et des trembles, vers la base, car les trous de sortie, bien reconnaissables aux tampons de sciure mouillée de sève ui en sortent, sont toujours au bas des arbres. La chenille passe au moins deux hivers dans le bois de la partie inférieure des troncs ou dans les racines mûmes, et y creuse de longues galeries sinueuses, plusieurs chenilles pouvant habiter le même arbre. Le cocon est formé de particules de bois liées ensemble, l'intérieur longuement garni de lilsdc soie. On trouve ce cocon ou dans l'écorct! même de l'arbre ou en terre, tout auprès; la clirysalide, qui est brune, se forme, selon le climal, du milieu d'avril au milieu de mai. Comme il y a peu de peupliers qui , à un certainûge, n'aient quelque chenille à sa base, cette espèce cause parfois des dégâts sensibles dans les planlalidris de peupliers et de trembles,
SÉSIKNS. ÎOT
ses longues et profondes galeries affailjlissant la tige et l'exposant, en outre, à ùtre aisément brisée par un coup de vent. Hoisduval indique une variété très rare de cette espèce, S. Sirecifurmis, Esper., Lasp., ayant le corps entièrement d'un brun noir, avec deux grandes taches ■ jaunes sur le corselet. C'est non loin de cette espèce que vient se ranger une Sésie de l'Amérique du Nord, S. Asilipenis, Boisd., pi. xc, fîg. 3), mâle ayant le corps noir, avec les anneaux à ceintures jaunes et ferrugineuses, les antennes ferrugineuses à cils bruns, les ptérygodes d'un ferrugineux vif, les ailes transparentes, bordées de noir, avec la côte des supérieures lisérée de ferrugineux et une tache oblique de cette couleur vers le tiers antérieur, les pattes d'un jaune ferrugineux, les postérieures très longues. La chenille, trouvée en Géorgie (États-Unis du Sud), et figurée d'après Abbot (pi. xc, fig. 3,«), est d'un jaune blanchàlrc livide, avec la tète noire et trois lignes ferrugineuses longitudinales sur le prothorax, et vit sur le tronc du Populus monilifera ; la chrysalide (fig. 'ô, b) est mélangée de jaune pâle et de ferrugineux clair.
\,& sous-genre Sciapteron a été établi par M. Staudinger pour un petit nombre de Sésies qui ont les ailes supérieures opaques, les antennes terminées par un petit faisceau de poils soyeux, celles du mâle subpeclinées, longuement ciliées, la spiritrompe longue et épaisse. Le type est le S. Asiliformis, cat. de Vienne, VAsiliforme d'Kngramelle, syn. : Tabaniformis^ Rottenburg, Vespiformis, Westwood. Nous n'adopterons pas le nom de Tabam'formis, bien que le plus ancien, parce qu'il est inusité dans les collections et que l'espèce ressemble assez à l'Asile frelon et îiiillement à un Taon. Le mâle a de 21 à 31 millimètres d'envergure, la femelle de 25 à 36. Tète d'un noir bleu, avec un trait blanc devant les yeux et un collier jaune, les antennes d'un noir bleu en dessus, avec la base ferrugineuse eu dessous; thorax d'un noir bleu, avec un trait latéral et un point à la base des ailes supérieures jaunes; ailes supérieures opaques, brunes, avec les nervures et la côte bleuâtres en dessus, le dessous jaunâtre à la base et avec une petite lunule fauve peu distincte; ailes inférieures transparentes, à nervures et bords bruns, la frange d'un brun cendré; abdomen d'un noir bleu luisant, avec cinq anneaux jaunes chez le mâle, trois seulement chez la femelle, la brosse anale d'un noir foncé , avec petites lignes longitudinales jaunes, lui Italie, en Andalousie et dans le midi de la France, remontant, mais rare, jusqu'au Cher (Maurice Sand) , se trouve S. Rhingiœformis , Hubn., dont les auteurs modernes font en général une variété de l'espèce précédente; c'est pour Hoisduval une espèce bien distincte : ailes supérieures opa(iues, d'un gris brun, avec les principales nervures roussàtres, les inférieures transparentes, avec les nervures roussâfres et la frange brune, comme aux supérieures ; antennes ferrugineuses ; tète d'un noir brillant, avec ligne blanche au bord interne des yeux et collier jaune; thorax d'un noir brillant, avec six points jaunes; abdomen noir, avec les six premiers anneaux largement bordés de jaune, le sep-
lième noir au milieu, jaune sui* les côtés. Le S. Asiliformis offre une chenille qui passe deux hivers et vil dans le tronc, les branches et les racines du peupher noir, plus rarement dans le tremble, peutêtre aussi dans le bouleau. Elle ne fait pas de coque, mais se change en chrysahde, de couleur marron, dans une partie élargie de la galerie, dont elle ferme les deux bouts avec des tils de soie serrés, cette soie tapissant aussi plus ou moins l'intérieur. C'est en mai ou au début de juin que se fait la nymphose. L'adulte paraît en juin etvole en butinant sur les fleurs du seringat odorant et du troëne. L'espèce est assez commune dans l'Allemagne du Nord, en Angleterre, en Belgique, dans le nord de la France et aux environs de Paris. Je l'ai prise sur les jeunes peupliers de la forêt d'Armainvilliers et dans les alentours. Elle devient rare dans la France centrale, surtout au sud de la Loire. La race méridionale a les mêmes mœurs et vit dans les racines de peuplier. La chenille fut si commune, il y a quelques années, à la base des jeunes peupliers d"llalie, qu'elle fit périr une partie de ces arbres dans la forêt de Bondy, sur le bord du canal de l'Ourcq. Il y a quelques espèces exotiques du sous-genre Sciapteron.
Le sous-genre Sesia propre est de beaucoup le plus nombreux en espèces. Nous citerons surtout quelques espèces des jardins, pouvant accidentellement causer certains dommages à des arbres ou à des arbustes à fruit. C'est surtout près des plantes à Tintérieur desquelles vivent les chenilles que les amateurs auront chance de capturer les Sesia butinant sur les fleurs d'alentour, car les adultes volent vivement au soleil et ont une spiritrompe longue et épaisse. Les yeux sont grands et piriformes, c'est-;i-dire ovales et atténues en dessus, les ocelles grands, les antennes fu:^iformes, à bout sétacé, ayant chez le mule des dents plus ou moins apparentes, longuement ciliées, disparaissant au delà du milieu ; les ailes antérieures ont trois aréoles hyalines et deux bandes d ecailles, les pattes antérieures sont plus courtes que les médianes et les ;;ostérieures très longues ; l'abdomen atténué vers le bout et avec un faisceau terminal très long. Nous citerons S. Tipuliformis, Linn.; envergure, 15 à 20 millimètres dans les deux sexes; antennes d'un noir bleu, jaunâtres en dessus vers le bout; ailes supérieures transparentes avec les nervures, les bords, une large bande transverse et le sommet d'un noir bleu, avec des stries d'un doré bronzé; ailes inférieures transparentes, avec les nervures, le bord postérieur et un croissant près du milieu de la côte d'un noir bleu en dessus; tête noire avec deux petits traits blancs en avant des yeux et un petit collier jaune; thorax d'un noir bleu avec trait jaune sur les ptérygodes; abdomen noir, avec trois ceintures jaunes chez la femelle, quatre chez le mAle, et pinceau anal noir. Cette Sésic est une des plus communes; on la prend, soit au repos sur les troncs, soit butinant, en juin et juillet, sur les fleurs des Composées {Cirsiuni, Cardans, etc.). La chenille ne passe qu'un hiver et vit dans les rameaux du Croseillier rouge et s'y fait luic très longue galerie
SÉSIENS. 299
centrale, ne se nourrissant que de la moelle. Dans la galerie sont accumulés des excréments bruns et des granules boueux, qui ne sont pas rejetés au dehors. Elle construit sa coque à la fin d'avril, en mai ou au commencement de juin, selon les climats, et s'y change en une chrysalide jaune. Le plus souvent cette coque est formée par les parois mêmes de la galerie, ou bien de particules ligneuses très faiblement agglutinées, et toujours l'intérieur est garni de nombreux fils de soie. Cette clienille vit encore dans le Groseillier noir (Staudingor) et dans le iNoisetier (Boisduval). L'espèce se trouve dans toute la France et dans presque toute l'Europe, partout où l'on cultive les groseilliers; 8. Mijopœforinis, Borckausen, syn. : M ut Ulœ for mis, Laspeyres ; envex'gure do 18 à 22 millimètres, tète noire, avec deux traits blancs devant les yeux, antennes d'un noir bleu, thorax; d'un noir bleu luisant, avec une tache dorée de chaque côté de la poitrine, ailes transparentes, les supériiuires avec les nervures, les bords et une large bande transverse d'un noir bleu en dessus et d'un fauve doré en dessous, les inférieures avec les nervures et les bords d'un bleu violet eu dessus, d'un fauve doré en dessous, avec une petite lunule noire de part et d'autre; pattes noires ; abdomen noir, avec le segment h rougeàtre en dessus, noir en dessous, les segments Zi, 5, 6 argentés en dessous chez le mâle, la brosse anale d'un noir bleu, sans tache chez la femelle, avec le pourtour de l'anus blanc ou jaunâtre chez le mâle; chenille passant deux hivers dans les vieux pommiers et aussi dans les poiriers, se traçant une courte galerie dans les parties tendres du bois et se changeant à la fin de mai en chrysalide jaune, dans une coque placée dans une partie creusée de l'écorce, souvent près des nichées de Puceron lanigère, confectionnée avec un assemblage serré de débris d'écorce, tapissée de fils de soie à l'intérieur; selon Rlisson, la chenille trace volontiers sa galerie à l'entour et sur les bords des caries sèches, des parties coupées depuis quelques années, des endroits dénudés et de ceux où l'écorce est en partie détachée; adulte en mai, juin, juillet, selon le climat, des vergers, jardins, plantations, se posant sur les troncs dcs.ppmmiers et butinant sur les fleurs de seringat à l'ardeur du soleil; d'Allemagne, de Belgique, d'Angleterre, de toute la France; S. Culiciformis, Linn., de 22 millimètres d'(!nvergure chez le mâle, 20 à 28 chez la femelle, le corselet d'un bleu noir, avec une grande tache d'un fauve ronge de chaque côté de la poitrine, les ailes transparentes, à base rougeàtre, à bords et ner\ures noirâtres, la bande transverse des supérieures d'un bleu noir, avec une petite tache rouge, les inférieures avec une petite lunule noire; abdomen d'un noir bleu, avec le segment h entièrement rouge elle pinceau anal noir; chenille ne passant qu'un hiver, dans le tronc et les branches du bouleau et très rarement de l'aulne, se creusant une courte galerie, non seulement dans les parties tendres, mais aussi dans le cœur même du bois, se changeant à la lin d'avril ou en mai en uiu' chrysalide testacée dans une coque fixée d'un côté à la galerie et formée exté-
300 i.f-Pinoi>Tt:i;i:s.
rieurement de longues parcelles de bois, sans fils de soie; probablement par erreur, certains auteurs indiquent cette chenille comme vivant dans le pommier et le prunier; cette Sésie, des mêmes pays que la précédente, butine en mai et juin sur les fleurs du seringat odorant, de la bourdaine, etc. ; c'est une des Sésies les moins rares dans les bois à bouleaux des environs de Paris; S. Cynipiforrnis, Esper., syn. : Asiliformis, Rollenburg, jEstriformis, Rott., Vespiformis, Lasp., MeUiniformis, aberr., Godart; envergure de 17 à 23 millimètres, tète noire avec un collier jaune, thorax d'un noir bleu , avec deux lignes longitudinales jaunes on dessus et une grande tache jaune de chaque côté; ailes supérieures transparentes, avec les nervures et l'extrémité brunes et ime lunule disco'idale rouge, bordée intérieurement par une ligne noire, les inférieures avec les nervures, le bord postérieur et un petit arc au milieu de la côte d'un brun noir ; cuisses d'un noir bleu, jambes jaunes avec un anneau d'un noir bleu, tarses jaunes; abdomen noir bleu, presque tous les segments bordés de jaune postérieurement, le pinceau anal de la femelle jaune bordé de noir, noir chez le mâle avec les côtés jaunes; Allemagne, Angleterre, Belgique, toute la France, l'adulte en juin et juillet, dans les bois, assez commun près de Paris, butinant sur les fleurs du cornouiller sanguin et du fusain; chenille passant deux hivers, parfois dans les petites branches, le plus souvent dans les gros chênes tétamls ou étôtés, surtout dans leurs excroissances inorbides, se tenant seulement dans l'aubier et creusant au hasard sa galerie dans un faible espace, se façonnant une coque en parcelles ligneuses serrées, avec soie à l'intérieur, dans l'écorce même ou au dehors, sous les lichens et les mousses, et s'y changeant, en mai ou juin, en une chrysalide testacée ; S. Conopiformis, Esper., syn. : Nomadœformis, Lasp., syrphiformis, Hiib., de 20 à 22 millimètres d'envergure; tête noire, à collier jaune, antennes d'un noir bleu, thorax noir bleu, avec ligne jaune de chaque côté; ailes transparentes, les supérieures avec les nervures, les bords et une bande transverse d'un noir violet, le sommet d'un fauve doré de part et d'autre, les inférieures avec les nervures, les bords et une petite lunule d'un noir violet; pattes noires; abdomen d'un noir bleu luisant, avec trois ceintures jaunes chez la femelle et quatre chez le mâle, en outre, une ligne transverse jaune au-dessus du premier anneau, brosse anale d'un noir bleu; chenille dans le tronc des vieux chênes tétauds, se chrysalidant en mai; adulte en juin, sur le bois mort et les vieilles souches de chênes de l'Allemagne du Nord, mais très rare, non signalé en Angleterre, de Belgique et de plusieurs autres parties de la France, des environs de Paris, toujours assez rare ; S. Forrnicœformis, Easp., espèce rare en France, d'Allemagne, (rAiigleterre , de Belgique, l'adulte à rechercher dans les oseraies, butinant dans les bois, en mai, juin et juillet, sur les Heurs du cornouiller sauvage; 20 millimètres environ d'envergure, le corselet d'un noir-bleu, souvent sans taches; ailes a-ansparenles, les supérieures avec le sommet et l'o-
rigiiic de la cùle cuivrés, les nervures, les bords et uue étroite batulotrarisvcrse noirs, les inlérieures avec les nervures, les bords et une petite lunule noirs; abdomen d'un noir bleu, à pinceau anal noir, les segments /i et 5 (mâle) ou li (femelle) d'un rouge fauve; clicnille passant deux hivers au bas du tronc ou dans les racines de saule et de l'osier, d'abord dans les parties tendres, puis dans le cœur du bois ou de la racine, tixant aux parois de sa galerie une coque composée de parcelles de bois peu serrées, mais abondamment pourvue à l'intérieur de fils de soie, où elle se change en chrysalide testacée ; S. chnjsidiformis, I']sper., la plus richement colorée de nos Sésies; envergure, 18 à 20 millimètres, le corselet d'un noir bleu luisant, avec un point blanc à la base des ailes; ailes supérieures d'un rouge de minium, avec les bords et la tache transversale noirs, cette tache noire comprise entre deux taches vitrées, l'intérieure allongée et cunéiforme, l'extérieure plus petite et arrondie, les ailes inférieures transparentes, avec nervures et bordure noires et une petite lunule noire bordée de rouge minium; pattes noires, avec jambes d'un rouge fauve; abdomen d'un noir bleu avec derniers segments bordés de blanc en dessus seulement, la brosse anale comprimée chez le mille, noire avec le milieu d'un rouge ftiuve ; adulte en juin et juillet, butinant sur les fleurs de lavande, parfois assez commun près de Paris dans les prairies, sur les Heurs de carotte sauvage, très commun dans les jardins de Reiuies sur les fleurs de persil et d'oseille (Oberthur), manquant dans l'Allemagne, existant en Angloterre, en Belgique et dans toute la France; chenille dans les racines de VArlemisia cainpestris et du Rumex crbinis; S. Urocrriformis, Treitske, belle et rare espèce de grande taille, 2G millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un jaune ocreux translucide, avec la côte, les nervures et un trait noirs, ce trait entre deux taches vitrées, les pattes jaunes, l'abdomen noir, avec cinq anneaux jaunes, la brosse anale jaune en dessus, noire en dessous et sur les côtés; midi de rAllcmagnc et de la France, remontant plus au nord par places, en juin, près de Lyon (Millière), dans la Lozère (.). Fallou), en Saône-et-Loire, à Conches-les-Mines (Constant), dans le Cher, à §ainl-Florent (Maurice Sand).
Le sous-genre Uetubccia présente l'article terminal des antennes non sétacé, les antennes du mâle bi pcctinées et ciliées. Le type est une espèce toujours rare, S. IfyUvifunnis, Lasp., (jui \ole de juin à août dans les jardins et dans les lieux où croissent des Ronces, en Allemagne, en Itcl-ique, en France; envergure, 2o à 28 nnllimètres chez le mâle, 28 à o2 chez la femelle; tète d'un noir bleu, avec deux légers tiaits blancs devant les yeux, antennes d'un noir bleu, avec reflet plus ou moins [)ourpré ; thorax d'un noir bleu, avec une ligne et un point jaunes à la base de chaque aile supérieure; ailes supérieures d'un liune brun eu dessus et d'un fauve rougeâlre en dessous, avec les nervures noiràlres et une bande transverse noirAtrej séparant deux taches vitrées, l'interne
allongée, l'externe arrondie; ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la frange d'un brun noir des deux côtés; pattes partie d'un n(jir bleu, partie roussfitre, avec tarses jaunes; abdomen d'un noir bleu, avec tous les anneaux bordés de jaune en arrière, la brosse anale jaune, avec quelques poils noirs mêlés. La chenille de cette grande Sésie ne passe qu'un hiver dans les racines du framboisier (Staudinger) et aussi de la ronce (Boisduval) ; elle ronge d'abord les parties tendres de la racine, puis passe dans les parties internes et dans les renflements; vers le mois de mai, elle monte à l'intérieur mortifié de la tige et y creuse une longue cavité, où, sans tissu soyeux, elle se change en une chrysalide de couleur marron.
Tribu des ISPHIMGIEMIS.
Antennes presque toujours rigides, prismatiques ou arrondies extérieurement, et ayant la face interne excavée ou creusée en sillon, et le bord supérieur du sillon très souvent crénelé ou garni de lames courbes plus ou moins longues, l'extrémité de l'antenne finissant par une pointe souvent réfléchie, quelquefois velue; chaperon saillant, recouvert de poils écailleux très denses; palpes larges, contigus, appliqués exactement sur le front et couverts de poils écailleux très serrés, leurs articles, surtout le troisième, à peine distincts dans la plupart des genres; spiritrompe de longueur très variable, selon les genres, quelquefois démesurée {Sphinx, Macroglossa) , très courte dans un genre {Smerinthm) ; thorax très robuste, en raison des puissants muscles alaires qu'il contient ; ailes de consistance très solide, en toit incliné dans le repos, les supérieures étroites, elliptiques, allongées, marquées ordinairement vers leur milieu, sous la côte, d'un stigma plus ou moins apparent, lorsqu'il n'est pas absorbé par la couleur du fond, les inférieures beaucoup plus courtes, pourvues généralement, et surtout chez les mâles, d'un crin {retinaculum) entrant dans un anneau chitineux du bord inférieur de la base des ailes supérieures (système du frein); nervulation normale rappelant celle de plusieurs familles très distinctes et éloignées les unes des autres, la nervure simple antérieure et la nervure composée antérieure parallèles, rapprochées de la côte et quelquefois comme soudées par approche; abdomen très gros, aussi large à la base que le thorax, allongé, cylindroconique, terminé tantôt en cono obtus ou très aigu, parfois par un petit pinceau de poils, parfois aplati en dessous, et alors terminé par une large brosse de poils écailleux, étalés en queue d'oiseau [Macro- (jlossa). — Chejiilles glabres, cylindiùqucs, allongées, légèrement et peu à peu renflées postérieurement, munies pi'esque toujours d'une corne dressée et recourbée en arrière sur l'avant-dernier segment ou quelquefois d'un petit écusson lenticulaire qui en tient lieu. - Ghrysa-
SPHINGIENS. 30/i
lides lisses, cylindro-coniques, pourvues d'une pointe anale plus ou moins prononcée et plus ou moins rugueuse, olïrant parfois le fourreau de la spiritrompe saillant et détaché {Sphinx).
La tribu des Sphingiens est très naturelle et hors série par beaucoup de caractères, notamment la nervulation. Elle correspond au genre Sp/tmcc de Linnœus, ou plus exactement à ses Sphiiiyes Injitimw. Ce nom, emprunté à la mythologie, vient de l'attitude que prennent souvent certaines des chenilles de la tribu, notamment celle du Sphinx ligustri, Linn., relevant la tête et les premiers anneaux, et restant ainsi longtemps immobiles, dans la posilion du Sphinx de la fable, arrêtant les passants par sa terrible énigme. Avec les Castniens, les Sésiens et les Zygéniens, la tribu des Sphingiens constituait les anciens Crépusculaires de Latreille, division abandonnée depuis assez longtemps, car elle n'ofTre aucun caractère anatomique distinclif et parce que beaucoup de ses espèces volent pendant le jour. Les Sphingiens forment la légion des Prismalicornes de M. Guénée. Ce sont les Lépidoptères doués du vol le plus puissant et le plus soutenu, lié à la plus forte température individuelle et au plus grand excès de température du thorax sur l'abdomen qui aient été constatés chez les Insectes. Cela est en rapport, non seulement avec l'énergie musculaire du vol, mais avec la forte taille des Spliingiens, dont la minorité des espèces n'offre que la dimension moyenne des Lépidoptères, la plupart figurant parmi les grands papillons ; il en est, môme dans nos régions, qui, par l'élégance des formes et la richesse du coloris, peuvent rivaliser avec les Lépidoptères exotiques. Certaines espèces se transportent souvent à des distances considérables, ainsi de l'intérieur de l'Alriquc sur la plus grande partie de l'Europe, et forment, par ces migrations, des colonies permanentes ou momentanées, loin de leur patrie première. Soit qu'ils volent le jour, soit qu'ils volent le soir ou un crépuscule, ce qui est le cas du plus grand nombre des Sphingiens leur vol peut rivaliser avec celui de beaucoup d'oiseaux granivores ou insectivores. Ils se reposent rarement et se soutiennent dans les airs, sans s'arrêter, par un mouvement rapide des ailes autour du corps, de sorte que l'œil, par la persistance des impressions lumineuses sur la rétine, éprouve la sensation d'une surface confusément élargie (vol stalionnaire de Slraus-Durckheim); en même temps, ils plongent leur longue spiritrompe jusqu'au fond de la corolle des fleurs pour en extraire le nectar dont ils se nourrissent. On entend alors, très distinctement pour les grandes espèces, non pas un bourdonnement, à la façoti des Diptères et surtout des Hyménoptères, mais un frémissement produit par le vol; il y a exception pour les Smérinthes, dont les femelles ne volent presque pas et les mâles peu et faiblement; par ce caractère et par d'autres cette famille de Sphingiens se rapproche des liombycicns. Les chenilles des Sphingiens sont presque toutes très belles; on peut même dire que celle du Deileyhila Nicœa et celle du Deilephila euphor-
30/l LÉIMUOI'TtRES.
6/a', par exemple, pour prendre une espèce commune, attirent les yeux des personnes les plus indilTérentes par la vivacité et l'éclat de leurs couleurs, comme vernissées chez la seconde, riches colorations qui sont rares chez les chenilles. La plupart ne sortent que la nuit pour prendre leur nourriture; il en est cependant quelques-unes qui se tiennent à découvert pendant toute leur vie sur les plantes, où on les trouve sans heaucoup de peine, car leurs dimensions les rendent très visibles. Pour se métamorphoser, elles s'enterrent, le plus souvent, sans filer de coque, à quelques centimètres de profondeur et à peu de distance des végétaux qui les ont nourries ; parfois la chrysalide est entourée d'une coque très grossière, formée de parcelles de terre ou de débris de végétaux, liés ensemble par des fds de soie; les glandes à soie sont très peu développées chez les chenilles des Sphingiens. La durée de la nymphose est très variable, selon les espèces et parfois pour la même espèce; on en voit éclore au bout de douze à quinze jours, tandis que d'autres chrysalides passent tout l'hiver sous terre, ou même ne donnent Tinsecte parfait qu'au bout de plusieurs années.
Les Sphingiens se rencontrent dans toutes les régions chaudes et tempérées de la terre, manquant dans les parties très froides. Boisduval en indique plus de 500 espèces dans son livre, incomplet malgré sa date récente (187/j); le catalogue de M. Depuiset inscrit 33 Sphingiens pour l'Europe; il yen a ili dans le catalogue des espèces anglaises de British Muséum, et 2isont décrites pour la France dans la Faune de Herce, en y comprenant deux hybrides. Certaines espèces de France ou d'Angleterre sont accidentelles, venant de loin et principalement dans les années chaudes, ne se reproduisant pas ou donnant seulement une génération. Ces faits curieux sont une conséquence du vol si puissant des Sphingiens.
ACHÉRONTIDES.
Les caractères de cette famille sont, en même temps, ceux de son genre unique.
ACIlEROil'TIA , Ocbsenhcinier. — Tête large. Yeux gros et saillanls, très brillaiils i)cndant la vie. Anleiines relalivenient très courtes, droites, renflées an milieu, finement striées transversalement du côté interne, recourbées à leur extrémité en un petit crochet prononcé. Spiritrompe large, épaisse et très courte. Palpes épais, séparés à leur extrémité, dépassant à peine le cbaiicron. Thorax roliusle, large, suhovale, portant en son milieu l'empreinle, plus ou moins nclle, d'une Irte de mort, avec un double collier bien marqué et les ptérygodes peu distincts, l'allés courtes, robustes, les antérieures très poilues chez les mâles, avec les cuisses é|iineus('s et les jambes terminées par une grifl'e très [prononcée. Ailes supérieures entières (!t lancéolées, les inférieures arrondies à l'angle anal. Abdomen ovalaire, légiremeril aplali, terminé en pointe obtuse. — Chenilles très gross(!S, cjUndroïdes, marquées de chevrons sur le dos et de
ACHEI'.O.NTIA. .^05
hanilcs obliques sur les eûtes, avee une corne i^renuo et rucailleusc sur le onzième anneau. — Chrysalides allongées et d(''iuin]ées sur la iioilrine, avec une pointe anale un peu hirurquée.
I/espùce ly[)e de colle famille est le célèbre Sphinx à têlp de mort., V.irhewntia Alroiuis, Liun., de 110 à 1/|0 inillimètres d'envergure; anletaies noires en dessus, avec le bout d'un beau blanc; spiritrompe large et courte, d'environ 1 centimètre; thora.v d'un brun noir, sablé de bleuâtre, avec une grande tache médiane d'un gris plus ou moins blancbiltre, marquée de deux points noirs qui lui donnent une certaine ressemblance avec une tète humaine osseuse; ailes supérieures d'un brun noir, saupoudré d'atomes bleuâtres, avec les nervures ferrugineuses à l'extrémité, deux raies blanchâtres transverses, étroites et ondulées, avec la partie entre la raie externe et le bord mélangée de grisâtre et de ferrugineux, des lignes noirâtres ondulées traversant le milieu de l'aile, une petite toufTe de poils fauves à l'origine du bord interne, une petite tache circulaire et blanche à l'extrémité de la cellule discoïdale; ailes inférieures d'un jaune d'ocre assez vif, avec deux bandes transversales noires, l'antérieure plus étroite formant un coude vers l'angle interne de l'aile, la seconde rapprochée du bord et se prolongeant en noir sur les nervures; dessous des quatre ailes d'un jaune d'ocre, avec deux bandes transversales noires; pattes noires, garnies de poils jaunes aux cuisses, les tarses anuelés de blanc; abdomen d'un jaune foncé, ayant une large bande dorsale, longitudinale, d'un blo'i cendré pâle, coupée par six anneaux noirs qui font le tour du corps.
Le fait très curieux que présente cet énorme papillon, c'est le cri aigu ot plaintif que font entendre les deux sexes. L'organe sonore est placé (le chaque côté du corps, h la base de l'abdomen, et consiste en une membrane entourée d'une tonll'e de poils étoiles qui entrent dans un mouvement de rotation autour de leur point d'inserlion (juand l'insecle fait entendre son cri un peu sinistre. On comprend qu'en joignant A cela le lugubre emblème du corselet, il n'en faut pus da\aiitage pour effrayer les gens crédules. \in Bretagn.c^pays enclin aux superstitions, un curé décrivit, en 1730, l'Atropos, dans un juuiiial du Icnius, comme un animal de la plus funèbre apparence; en l'oli, une apparition abondante de ce papillon coïiu:idail, dans le même pays, avec une épidémie très meurtrière. Le papillon fut accusé d'en être la cause, et M. de Pontchartrain en envoya le dessin à l'Académie des sciences. Héaumur dit à propos de sou aspect : « Il n'eu a pas fallu davantage au peuple timide, toujours disposé à adopter des présages funestes, pour juger que c'était ce papillon ([ui portail la mort, ou au moins qu'il était venu aimoncer les maladies falales qui régnaient. » Au dire du docteur J. Franklin, on croit, dans les campagnes de l'Angleterre, que l'Atropos est en rapport avec les sorcières, et va murmurer à leur oreille le nom de la personne pour laquelle la tombe est près de s'ouotiuiui. m. — 20
vrir. A l'île Bourbon, où ce papillon est extrûmcment commun pendant toute l'année, il porte le nom A'aille; les gens lIu peuple et beaucoup de créoles le regardent comme un insecte fort dangereux; ils croient que, lorsqu'il entre dans une chambre, il peut aveugler les personnes qui s'y trouvent; aussi l'en cliasse-t-on par tous les moyens. En France, l'A. Atropus adulte paraît à la fin de septembre, en octobre et jusqu'au milieu de novembre, volant lourdement après le coucher du soleilet entrant volontiers dans les appartements, attiré par les lumières ; on en voit quelquefois en mai et juin, provenant de clr^ysalides retardées qui ont passé l'hiver; la plupart des chrysalides hivernantes se dessèchent et périssent, au moins dans les éducations en captivité.
La chenille de l'Atropos se reconnaît tout d'abord à sa grosseur, car c'est la plus forte chenille que nous ayons en Europe. Elle a la tête verte, avec un trait noir latéral, et offre, le plus souvent, un fond jaune pointillé de noir verdâtre sur les côtés, avec les anneaux de h à 10 inclusivement ornés de sept bandes obliques bleues, teintées de violet et lisérées de blanc, qui, en se joignant sur le dos, forment autant de chevrons parallèles entre eux, et dont les pointes sont tournées vers la région anale; sur le sommet du onzième anneau est une corne jaunâtre, rocailleuse, c'est-à-dire hérissée de tubercules coniques qui se touchent par leur base, inclinée en arrière, puis recourbée en avant à son extrémité qui fait le crochet ou la queue de chien; les pattes écailleuses sont noires, les pattes membraneuses verdâtres, avec la couronne noirâtre. Cette chenille a, en outre, des livrées variables; les chevrons peuvent être pourpres ou violets sur fond jaune, ou bien tout le fond vert avec chevrons d'un vert plus foncé et bordés de jaune antérieurement; enfin, dans une variété rare et qu'on trouve, dit-on, spécialement sur le jasmin, le fond est d'un brun feuille morte, avec deux lignes dorsales serpentantes d'un brun noirâtre ponctué de blanc, la corne d'un blanc jaunâtre, les anneaux thoraciques de couleur de chair, avec une bande dorsale et des taches latérales d'un noir verdâtre. La chenille de l'Atropos se rencontre, de la fin de juillet au milieu d'octobre, au moins dans la moitié septentrionale de la France, sur diverses plantes, l'olivier, le lilas, les jasmins jaune et blanc et surtout les Solanées, comme le liciet, l'alkékenge, la morelle doucearaère, la tomate, la pomme de terre. En 1853, en Allemagne, les chenilles à' A. Atropos, qui ordinairement ne s'attaquent qu'aux feuilles de la pomme de terre, se portèrent exclusivement sur celles du tabac {Nicotiana tabacum) et détruisirent un grand nombre de pieds de cette plante. Les papillons de 1733, dont parle Réàumur, provenaient de rheuilles ayant vécu sur des Solanées indigènes spontanées, car, à cette époque, la pomme de terre n'e>cistait en Fraiu;e que dans quelques jardins et n'était pas encore cultivée en champs; mais dejjiiis la "Tande culture de cette Solanéc, c'est surtoitt sUr ses feuilles qu'un rouve la chenille de l'Atropos. Parvenue à toute sa croissance, elle
ACHERONTIA, SMÉRINTHIDES. 307
s'enfonce profondément en terre et subit sa nymphose dans une coque terreuse à ,r;rains agglutinés, et l'adulte paraît ordinairement de quatre à six semaines après. La chrysalide est d'un brun marron luisant, plus clair sur les fourreaux des aiies^ allongée et déprimée ou aplatie, dans sa partie antérieure, cylindrico-conique postérieurement, avec les incisions des anneaux légèrement chagrinées, les stigmates très appanuits et une pointe à la partie anale, noire, rugueuse et très finement bifurquée. Le meilleur moyen qu'ont les amateurs de se procurer le Sphinx à tête de mort, c'est de ramasser sa chrysalide en oclobre, en suivant les femmes qui arrachent les pommes de terre.
Les étés secs et chauds, dans notre climat, sont plus favorables à la multiplication de la chenille de l'Atropos que les étés froids et humides, ce qui prouve bien l'origine australe de cette espèce, qui n'est pas indigène, mais originaire de l'Asie indieime et de l'Afrique. Elle nous est apportée, dans les années chaudes, par les vents du sud et du sud-est, s'accouple dans notre climat et donne une génération en automne, tandis qu'en Afrique et en Asie elle paraît sans interruption. Ce migrateur est commun dans le midi de l'Europe, mais devient rare au nord de Paris et s'avance parfois jusqu'en Angleterre. La chenille commet des dégâts dans les cham[)s de pomme de terre, mais seulement dans les localités méridionales, où elle est abondante. C'est également dans le Midi que le papillon est, en certaines années, fort nuisible aux ruches d'Abeilles. 11 y entre pour se gorger de miel, épouvantant les Abeilles, dont l'aiguillon est impuissant contre son corps à peau épaisse et comme recouverte d'un duvet laineux.
Il existe deux autres espèces exotiques d'Achonmtia, ressemblant toutes deux à l'A. Atropos. L'une est VA. Styx, Westwood, beaucoup plus commune au Bengale qu'A. Atropos, et faisant entendre un cri plus aigu, malgré sa taille plus petite; sa chenille dévore dans les jardins les feuilles des aubergines et du lilas {Syrinçja Persiea). L'autre espèce, un peu plus grande que l'Atropos, est VA. Satanas, Boisduval, moins commune que VA. Styx, et dont la chenille \it sur le tabac, aux Indes, à Java, à Bornéo, aux îles Philippines.
SMÉUINTHIDES.
La tribu des Smérinthides est formée de Lépidoptères qui établissent un passage entre les Sphingiens et les Bombyciens, surtout avec les Srricaria. les Endromis, dont la chenille a la corne caudale. Les adultes ont les antcniu's souvent grosses et fortement dentées chez les mâles, et là spiritrompe dans les deux sexes très courte et généralement trt)p peu développée pour servir à l'alimenlalion. Les papillons sont d'ordinaire lourds et volant à peine, surtout les femelles, et on les trouve souvent accouplés, soit dans les éducations captives, soit sur les troncs d'arbre en liberté. C'est pur les chenilles et par h; mode de nymphose
que les Sinériiithides se rattachent au\ Sphingiens. Les chenilles sont munies d'une corne sur le onzième anneau, et ont, en particulier, la tête le plus souvent triangulaire et la peau chagrinée et rugueuse. Les chrysalides se font en terre, à peu de profondeur.
Un genre d'Australie, à spiritrompe très courte, élahlit le passage des Smérinthes auv Achéronties, dont Latreille ne le séparait pas. C'est le genre Brachyglossa, Latr., dont les chenilles ont la tète triangulaire, les adultes avec des ailes larges, les supérieures sinuées à l'extrémité, les inférieures colorées en jaune plus ou moins intense. Trois espèces de très grande taille : H. Trianiiulnris, Donovan ; B. Australasiœ, IJonor.; />. Banksiœ, Boisd. Le genre Smerinthus est le plus important de la famille.
SMERIH'THUS, Ochsenlieimer. — Antennes flcxueuses, peu renflées au milieu, fortement dentées en scie ou crénelées au cùlé interne, surfont chez les mâles, où elles sont aussi i)lus épaisses. Tête petite et retirée sous le thorax, avec le chaperon étroit et peu avancé. Yeux petits et peu saillants. Palpes très courts, velus, écailleux, ne dépassant pas les yeux et n'atteignant pas le chaperon. Spiritrompe presque nulle ou rudimentaire. Thorax globuleux, 1res velu, avec le collier et les ptérygodes peu distincts. Ailes de forme assez variable, les inférieures généralement dépourvues de frein , les supérieures falquées , dentées, sinueuses ou quelquefois entières, les quatre ailes à plat au repos, le' supérieures débordées alors par les inférieures. Abdomen cylindrico-conique et dont l'extrémité se relève un peu, dans les mâles seulement. — Chenilles ciuigrinées, ornées de bandes latérales obliques, atténuées antérieurement, à tète triangulaire. — Chrysalides cylindrico-coniques, avec une pointe anale simple.
Les Smérinthes sont des papillons d'un vol lourd et faible après le coucher du soleil, qu'on prend aisément au repos pendant le jour sur les troncs d'arbres. Les chenilles vivent toutes sur les arbres, du moinspour les espèces d'pAirope et celles d'Amérique du Nord à chenilles nues, surtout sur les Salicinées, puis les Drupacées et les lUmacées. Elles se métamorphosent en terre très peu profonde ou sous les mousses au pied des arbres et sans former de coques. Le genre Sincrinthus est le plus nombreux en espèces de la famille des Smérinthides, car Boisduval eu décrit 38 ; il habite les deux continents, mais il est plus répandu dans les régions tempérées que sous la zone inlertropicale.
Nous indiquerons d'abord les quatre espèces de France, dont deiiv surtout sont communes et dont les trois premières se trouvent aussi en Angleterre: S. popiUt, Linn.; le Si)liinx à ailes dentelées, Geoffroy; le Sphin.c Ja pcupUcr, Engramelle; envergure, l^i millimètres, de coloralion très varia])le, tantôt grise ou gris ])ruu, tantôt roussAIre, gris lilas» certains exemplaires passant au rouge clair, avec des bandes et deS raies transverses, ondulées, })lus ou moins foncées, l'espace médian des ailes supérieures ordinairement plus formé et décoré à l'exlrémité de
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lacollule discoïdalc trim jjoint blanc, plus ou moins oblong; ailes iiilV'rieures ofFrant à la base un grand espace ferrugineux, beaucoup moins garni de duvet que le reste de la surface; thorax et abdomen de la couleur des ailes; l'emelle ordinairement moins foncée que le mâle, avec les raies transverses souvent presque enliérement effacées; adulte assez commun partout, plus au nord qu'au midi de lllurope, et qu'on trouve souvent appliqué contre les troncs et même accouplé en mai et juin; puis, pour nue seconde éclosion, en août et septembre ; près de Douai a été (rouvé un hermapbrodite bi latéral de cette espèce ; on a également observé un accouplement «aiwre/ entre S. populi, femelle et S. Ocellatus mâle, et, en captivité, entre S.populi femelle et S. tiliœ, mâle; chenille principalement sur les peupliers et sur le tremble, parfois sur le saule, le bouleau, à rechercher surtout en septembre, tombant facilement quand on ébranle l'arbre, d'un beau vert pomme pointillé de jaune, avec sept lignes obliques également jaunes de cbaque côté du corps, la dernière aboutissant à la corne, qui est rugueuse, jaunâtre en dessus, rougeùtre en dessous, les stigmates blancs, bordés de rouge fauve, les pattes écailleuses entrecoupées de jaune et de rose, les membraneuses vertes, avec un trait arqué fauve ou orangé, la tête verte, encadrée de jaune, avec les mandibules roses; par variété, trois ou quatre rangées de taches ferrugineuses de chaque côté du corps, une autre d'un vert presque blanc, à lignes obliques à peine indiquées, souvent ornée de deux rangées latérales de points roses, se trouvant toujours sur le peuplier blanc, par suite d'une imitation de couleur protectrice; chrysalide d'un noir terne, avec la pointe terminale très aiguë et lisse à son extrémité, enterrée au pied des arbres, celle de juillet donnant son papillon six semaines après, celle de l'automne passant l'hiver et ne doiniant h; papillon qu'en mai de l'année suivante; nue variété N. trcmultr, Fischer, très rare dans les collections, se trouve aux environs de Moscou S. tilùp, Linn., le Sphinx du tilleul, Geolf., Engr., variant beaucoup pour la coloration ; fond des ailes supérieures tantôt d'un gris blanchâtre ou d'un gris rosâtre, tantôt chamois ou d'un fauve un peu rosé, ou même d'un rouge bri(}ueté, l'extrémité toujours olivâtre dans toutes les variétés et lisérée de ferrugineux, sur le milieu deux taches supérieures d'un vert olive foncé ou d'un brun roux, parfois réunies, parfois réduites à une ou même manquant; ailes inférieures d'un brun roux plus ou moins clair, avec une bande transversale noirâtre; thorax de la couleur du fond des ailes supérieures avec une raie dorsale et les ptérygodes de couleur olive ou brune, selon les variétés, M. Lesueur a obteiui a Paris, d'éclosion, >S. tiliœ mâle, ayant les ailes supérieures grandes et bien développées, les inférieures, par une ectromélie symétrique, réduites à deux moignons raccornis de 1 à '2 millimèties. Adulte commun dans toute l'Iùirope et surtout dans les parties tempérées, de la lin de mai à la fin de juin, parfois en septembre, de seconde éclosion, sur les promenades, contre les troncs des ormes et des tilleuls, abondant même
dans l'intérieur de Paris . Chenille plus eltilëe antérieurement et à tète plus petite que celle des S. populi et Ocellatns, ayant la partie anale surmontée d'un écussoa granuleux,, de l'orme ovale, d'un blanc violàtre au centre, d'un jaune orangé sur les bords, la tète et le corps d'un beau vert pomme, chagriné de jaune, avec bordures jaunes à la tôte, sept lignes obliques jaunes sur le corps, parfois bordées de rouge, dont la dernière se réunit à la corne du pénultième anneau, celle-ci rugueuse, bleue en dessus, jaune en dessous, les stigmates orangés, les pattes thoraciques de couleur carnée, les pattes abdominales vertes, avec la couronne d'un rouge brun; vivant sur le tilleul et principalement sur l'orme, aussi sur le catalpa et peut-être le châtaignier, du milieu d'août à la fin de septembre, se rencontrant souvent parles chemins lorsqu'elle descend des arbres pour se métamorphoser en terre, et changeant alors souvent de couleur pour prendre une teinte un peu vineuse. Chrysalide finement chagrinée, d'un brun terreux, plus allongée que celle de S. populi, avec la pointe anale bifide et garnie d'épines jusqu'à son extrémité, enterrée à peu de profondeur au pied des ormes et y passant l'hiver, offrant par sa recherche facile le meilleur moyeu de se procurer le papillon; S. Ocellatus, l^inn., le Sphinx demi-paon, Ceoffr., Engram., de 80 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un gris rougeâtre ou violàtre, avec des lignes transverses ondulées légèrement obscures et trois espaces bruns irréguliers et une tache annulaire brune à l'extrémité de la cellule discoïdale; ailes inférieures d'un rouge carmin plus on moins vif, avec l'extrémité lavée de gris brun et le milieu marque d'un grand œil bleu, à prunelle et iris noirs; œil lié à l'angle anal par un large trait noir; thorax de la couleur des ailes supérieures avec une large bande brune, longitudinale, élargie à la base en forme de T renversé ; abdomen d'un brun grisâtre, plus foncé sur les côtés. Ce Smérinthe demi-paon existe dans toute la France, sans qu'on le prenne en abondance nulle part; il est aussi de la plus grande partie de l'Europe, d'Angleterre, d'Algérie (H. Lucas). C'est un charmant insecte qui le dispute aux papillons diurnes par l'élégance de ses dessins et l'éclat de ses couleurs ; on le trouve au bord des prés, dans les Qscraies, les jardins. Sa chenille vit sur l'osier, les saules, principalement le saule pleureur, le pommier, l'amandier, le pécher, et aussi le prunellier et l'aubépine; elle est aisée à découvrir, car elle dépouille entièrement de ses feuilles le rameau qu'elle habite. Le plus ordinairement l'espèce éclôt en mai et juin, de chrysalides qui ont passé riùvcr; dans les années chaudes et dans le Midi il y a nue seconde éclosion en août, et on retrouve des chenilles en septembre. Chenille ta^ltô^ d'un vert pomme, tantôt d'un vert ghiuque, mais toujours pointillée de blanchâtre, avec sept lignes blanches sur les flancs de l'abdomen, et deux sur les côtés du thorax, qui manquent toujours chez la chenille du S. populi, la corne caudale bl,cue ù la base, avec l'extrémité verte ou blanchâlre, U^s pâlies écailleuses légèrement rougeâlres, les
SMIiRlNTHUS. 311
puttes membraneuses du mOme veii que le corps, avec la couroune violàtre; ordinairement parvenue à toute sa taille dans le courant d'août, elle s'enfonce en terre pour se chrysalider. Celles qui vivent sur les vieux saules ne prennent pas la peine d'en descendre pour la nymphose et deviennent chrysalides dans le détritus dont la tûte de ces arbres est presque toujours remplie. Godart fait remarquer que pour réussir à bien conserver les chrysalides de cette espèce, il faut les mettre dans de la terre de bruyère, qui convient d'ailleurs beaucoup mieux qu'aucune autre pour toutes les chenilles qui doivent s'enterrer et qu'on élève chez soi; la chrysalide est finement chagrinée, d'un brun marron foncé, avec la partie anale arrondie et terminée par une pointe courte et obtuse; elle passe l'hiver et l'adulte éclôt à la fin de mai, parfois en septembre, pour des sujets hâtifs. Des amateurs allemands ont réussi à obtenir en captivité l'accouplement des S. populi et Ocellatus, et à élever les chenilles dont sont nées des adultes hybrides tenant de l'une et de l'autre espèce.
Le dernier Smérinthe de France, beaucoup moins répandu que les trois autres, est le .S. quercus, catal. de Vienne ; le Sphinx du chêne d'iùigramellc, ayant le corps et les ailes d'un roux clair, les inférieures assujetties aux supérieures par le frein, qui manque chez nos autres Smérinthes, le crin de la femelle en faisceaux de poils peu nombreux, très courts. Les ailes supérieures, irrégulièrement dentées, sont marquées de trois lignes transversales ondées de brun, avec un trait marginal brun surmonté d'un gros point noir à l'angle interne; les ailes inférieures, d'un roux clair, offrent vers l'angle anal un espace irrégulier d'un blanc jaunâtre, suivi d'une petite tache brune. L'adulte a deux générations par an, en mai, puis en juillet, les chrysalides de septembre provenant de la seconde génération passant l'hiver. Il se rencontre dans diverses parties de la France, principalement méridionales, près de Montpellier, en Provence, et dans les Pyrénées-Orientales; il a été pris en outre dans les Vosges, près du Ballon, peut-être même près de Paris. Fnfîii les marchands le re(;oiveiit assez communément de Hongrie et d'Autriche. La chenille vit sur divers chênes, O^ercfw rohur, Auslriaca^ ilcx ou chêne vert, sur ce dernier arbre dans le midi de la France. Elle est d'un vert très clair est chagrinée de blanc, avec sept bandes obliques jaunâtres, le bord de la tête liséré de jaune orange, les stigmates et les pattes écailleuses d'un jaune d'ocre, les membraneuses vertes avec l'extrémité jauniltre, la corne du onzième anneau rugueuse et un peu jaunâtre, avec l'extrémité noirâtre. Cette chenille se trouve en juin, puis en août et en septembre, et descend en terre, sous la mousse du pied des chênes, pour donner, sans coque, une chrysalide d'un brun cuivreux, avec la pointe anale bien prononcée, les yeux et les antennes très en relief. Les amateurs indiquent la chenille du S. Quercus comme très (lifn( ile à élever.
L'Amérique du Nord présente une série de Smérinthes du ijpe de
notre S. Ocellatus. Nous trouvons, aux environs de New-York, le S. Ashjlus, Drury, présentant les ailes antérieures entières pointues au bout, (l'un brun ocracé pâle, avec dos lignes ondées, les unes noirâtres, les autres d'un gris blanchâtre, les inférieures fauves avec le bord obscurci et un œil bleu sans pupille, fortement cerclé de noir; corselet et abdomen d'un brun ocreux avec une petite raie dorsale brune sur ce dernier; les deux sexes pareils. Nous représentons cette espèce pi. xc, flg. 2, par une variété lo, Boisduval, offrant les ailes inférieures d'ini fauve un peu rougeâlre.
SPHINGIDES.
Les Sphingiens de cette famille se trouvent dans les deux continents; leur caractère le plus remarquable est une spiritrompe de longueur démesurée, dépassant souvent beaucoup celle du corps, et une puissante organisation alaire, qui leur permet de se transporter au vol à des distances considérables ; ils ne se montrent en activité que le soir, vers le coucher du soleil; les chenilles ont la tète arrondie et la peau lisse, jamais chagrinée, une corne en général sur le onzième segment, et sont le plus souvent ornées de bandes latérales obliques. Ces insectes sont des deux continents et surtout des régions chaudes,
SPHl.^X, Linn. — Antennes légèrement flexueuses, de la longueur de la tête et du thorax réunis, renflées au milieu, unies dans les femelles, plus fortes clicz les mâles et striées transversalement en manière de râpe du côté interne, terminées par un petit crochet. Chaperon large et proéminent. Yeux gros et saillants. Palpes épais et écailleux, réunis à leur extrémité et débordant le chaperon. Spiritrompe épaisse et d'une longueur analogue à celle du corps. Thorax très robuste, large et bombé, avec les ptérygodes très développés. Ailes supérieures de texture épaisse, entières, longues et lancéolées, l'appareil du frein très accentué. Pattes robustes et courtes. Abdomen long, cylindrico-coniques ; presque toujours rayé de bandes annulaires ou transversales ou marqué de tache, alérales jaunes. — Chenilles cylindroïdes, peu atténuées antérieurement, de couleur verte ou quelquefois brunâtre, la tète arrondie, nianiuées ordinairement de bandes latérales obliques et munies généralement, sur le onzième segment, d'une corne recourbée en arrière, le plus souvent lisse et aiguë, quelquefois granuleuse ou chagrinée (S. Rustka, Cramer), offrant quelquefois, mais très rarement, une petite crête épineuse sur les premiers anneaux (S. solani, Boisd.). — Chrysalides cylindrico-coniques, de couleur obscure, allongées, terminées par une pointe plus ou moins rugueuse, oflVant en général la gaîne de la spiritrompe plus ou moins séparée de la poitrine.
l.e genre. Sphinx, dans ses limites aciuelles, comprend, dans l'ouvrage de IJoisduval (t87/i), plus de soixante espèces des deux mondes et d'AusIralie (.S. nisuarhui', Wallicr). Taudis que l'Europe entière n'en (■()Mi[)reud (|ue (rois espèces, on peu! dii'e (jue l'.Ymèrique du Nord est
SPFIINX. -IKi
la patrie par excellence des Sphinx, puisqu'il y en a plus de vingt espèces dans les États-Unis, sans compter celles qui restent à découvrir dans les régions encore peu peuplées, et par suite non explorées, de ce vaste territoire. Les Sphinx ont une chaleur propre considérable en rapport avec un vol rapide et brusque après le coucher du soleil; pour les plus gros on sent entre les doigts la chaleur de leur corps frémisgant. Ils butinent sur les fleurs à corolles les plus profondes, dans lesquelles ils enfoncent leur longue spiritrompe. Le crin des femelles est en faisceau, très nombreux (Poey). Les chenilles vivent soit sur les arbres et arbustes, soit sur les plantes basses, et se métamorphosent en chrysalide dans la terre sans former de coques.
Les trois espèces européennes appartenant à la série des Sphinx à abdomen annelé, existant toutes trois eu France et dans les lies IJritan niques, sont : S. convohndi, Linn., le Sphinx a cornes de bœuf de Geoffroy, le Sphinx du liseron d'Engramelle, de 100 à 110 millimètres d'envergure ; antennes blanchâtres en dessus, cendrées en dessous ; spiritrompe démesurée, atteignant parfois 70 millimètres; ailes supérieures des mâles d'un gris cendré, marbrées de brun sur le disque, rembrunies aux angles anal et apical, sans taches brunes chez les femelles, avec des petites veines noirâtres dans les deux sexes, les inférieures d'un gris luisant avec trois bandes noirâtres; ailes en dessous d'un gris cendré, avec double raie transversale noirâti'e; thorax d'un gris cendré; abdomen annelé alternativement de noir et de rouge rosé, avec une bande longitudinale grise divisée par une ligne noire, le premier anneau noir bordé de roussâtre en arrière, le premier anneau rouge bordé de blanc en avant, les autres anneaux souvent lisérés de blanc. Les œufs, dans le corps de la femelle, sont d'un beau vert clair. On a observé un S. convolvuli complètement hermaphrodite bi latéral par les ailes, les antennes cA l'abdomen, mâle à gauche, femelle à droite. Chenille à nombreuses variétés se ramenant à deux types, l'un à fond vert, l'autre à fond brun; dans le premier type, le plus souvent, la tète est d'un vert un peu jaunâtre avec des raies noires; il y a sept bandes obliciues noires de chaque côté, un peu bordées de blanc, la dernière aboutissant à la corne, lisse, jaune ou ferrugineuse, à bout noir; eu outre, sur le dos, deux raies longitudinales noires, peu marquées, et diverses taches noires, pattes écailleuses noirâtres, les membraneuses vertes, à couronne grise ; stigmates couverts de taches noires orbiculaires; chaperon ou bout de l'anneau anal d'un jaune orangé; dans le type à foiul brun, les bandes obliques sont d'ordinaire plus brunes, souvent avec une raie latérale d'un jaune paille, les stigmati'S bordés de blanc et placés sur des taches brunes orbiculaires, la tète d'un fauve pâle, avec des lignes noires, les pattes écailleuses noirâtres, les membraneuses de couleur carnée, avec la couronne grise, la corne entièrement noire, le chaperon anal d'un jaune orangé. Chrysalide d'un brun marron clair, avec la gaine de lu spiritrinupe très longue,
détachée de la poitrine, arquée en anse et à demi roulée en spirale à son extrémité. Le S, conviilvuli est réellement, comme l'Atropos, une espèce exotique, se montrant, dans les années chaudes, commun en août et septembre, nous arrivant par les vents du sud et ne donnant qu'une ou deux générations, les chrysalides formées à l'arrière-saison et passant l'hiver n'éclosant pas d'habitude dans le centre et le nord de l'Europe, éclosant en partie, en mai et juin, en Espagne, en Italie et dans l'extrême midi de la France ; le papillon est très abondant et paraît toute l'année en Algérie et Afrique et dans les Indes orientales. D'après r>oisduval, le vol puissant de cette espèce l'a répandue dans les îles de la Polynésie, ainsi à Taïti et à la Nouvelle-Zélande, où la chenille vit surlaT^aLiaiic {Convolouliisbatatas); dans ces deux îles la taille de l'espèce s'est notablement réduite. Le S. convolvuU vole au crépuscule dans les jardins, principalement en septembre, aux environs de Paris, recherchant les fleurs de pétunias, de belles de nuit, etc., curieux à contempler^ butinant à distance et lançant dans les corolles profondes sa longue spiritrompe, avec un bourdonnement qui s'entend de loin; on rencontre, en juillet et août, sa chenille, qu'il faut chercher après la moisson, principalement sur le liseron des champs [Convulvulus arvensis), dont elle consomme de grandes quantités; elle est difficile à trouver, car elle se tient cachée pendant le jour au pied de la plante, trahie aisément du reste par la grosseur de ses excréments ; elle vit aussi sur diverses Convolvulacées des jardins, comme Convolvulus trkolor et Ypomea coccinea, et plus rarement sur le liseron des haies {Convolvulus sepium), et s'enterre pour se chrysalider ; le mâle du S. convolvuU répand une forte odeur musquée, sécrétée par des glandes unicellulaires placées inlerieurement des deux côtés du premier segment de l'abdomen et en rapport avec deux toufTes de poils disposées dans un sillon situé à la réunion des arceaux supérieur et inférieur de ce segment, toutîes de poils qui se relèvent et s'élargissent quand l'insecte émet son odeur (1); S. ligustri, Linn., le Sphinx du ?m'ne, de. Geoffroy et d'Engramelle, de l'envergure du précédent, dans les deux sexes, les ailes supérieures d'un gris rougeâtre, veiné de noirâtre, avec le milieu et le bord interne d'un brun assez foncé, et au bord externe deux lignes blanches flexueuses réunies près du sommet; ailes inférieures roses avec trois bandes noires transversales; dessous des ailes d'un gris roussâtre, avec une bande noirâtre commune; thorax d'un brun noirâtre, grisâtre au milieu, d'un blanc rosé sur les cùtés; abdomen annelé alternativement sur les côtés de noir et de rose foncé, ayant sur le dos une bande longitudinale brunâtre avec une ligne noire au milieu, la face ventrale blanchâtre, avec trois lignes noirâtres longitudinales. Chenille ne variant pas, d'un beau voit pomme, avec sept bandes obliques, violettes aulérieurement, ])lanches postérieurement,
(1) JoiiruMl /(^ NaliirnUsle, !"• mai 1880, p. 210.