CASTNIA
une aréole d'où sort un rameau qui meurt avant le bord interne ; existence d'un frein. Six pattes ambulatoires. Jambes robustes, à éperons développés. — Chenilles cylindroïdes, décolorées, vivant dans l'intérieur des bulbes ou dans le tronc des végétaux (Bananiers). — Chrysalides arrondies, non anguleuses, garnies de petites épines sur le bord des anneaux.
Les Castniens sont des Lépidoptères tous propres aux régions équatoriales. Ils volent pendant le jour, mais leurs ailes maintenues parle frein sont, au repos, inclinées en toit sur le corps, à la façon des Bombyciens. C'est une tribu ambi|,^u(', à cause de la massue des antennes, qui se lie à des mœurs diurnes; mais si ou ne la place pas à la fin des Rhopalocères, on est obligé de commencer par elle les Hélérocères. Les chenilles des Castniens ont été longtemps inconnues. M. C. Bar (op. cit., Ann. Soc. ent. de Fr., 1878, p. 16 et 38) a bien constaté leur manière de vivre à la Guyane, déjà indiquée par Boisduval , et a créé pour ce groupe la section des Endophytes, venant dans sa méthode après les Enroules (Hespériens;; elles restent soustraites à la lumière, rongeant l'intérieur des troncs et des stipes des Musacées et des Palmiers : mœurs pareilles à celles des chenilles des Cossiens et desSésiens, tribus peu éloignées des Castniens.
CASTMIA, Fabr. — Corps robuste, très épais. Antennes assez rapprochées à leur base, grandes, mais beaucoup moins longues que le corps, renflées vers leur extrémité en une massue prononcée et fusiforme, que termine à l'extrémité un petit crochet soyeux. Yeux très grands. Palpes ne dépassant pas le bord du ciiaperon, appliqués contre la face inférieure de la tète, grêles, avec le second article allongé et le dernier très petit. Thorax très épais, avec les ptérygodes ou épauleltes grands et allongés, couverts d'écaillés fort grandes, ainsi que la base des ailes et de l'abdomen, écailles qui imitent pu petit les plumes d'un oiseau. Ailes grandes et longues, les supérieures coupées obliquement à leur extrémité, les inférieures n'ayant pas de cellule discoidalc distincte. Pattes de la première paire courtes et grêles, celles des deuxième et troisième paires très fortes, ces dernières munies de quatre épines à leur extrémité et les autres de deux. Tarses aussi longs que les jambes, terminés par des crochets petits et arqués. Abdomen long et gros, renflé en fuseau, coiioïde au bout, souvent terminé par un court pinceau de poils.
Les Castnies appartiennent aux régions chaudes de r.\mérique méridionale, principalement aux Guyanes et au Brésil, s'avançant jusqu'au sud de celte grande région. Elles comptent un assez grand nombre d'espèces, toutes d'une taille souvent très grande et parées généralement de belles couleurs. On en connaît plusieurs espèces de[)uis longtemps, décrites et figurées dans Cramer: ainsi les C. Dœdulus, Pylades, Harmodhis, Lycus, Palatines, etc. Nons représentons le C. Acrœides, Gray, Boisd., du Brésil (pi. lxxxvii, iig. /j), espèce que Boisduval a placée
plus tard dans son genre Orthia. On dit que la chenille vit dans certaines espèces de Broméliacées. Le corselet et l'abdomen sont bruns en dessus, le ventre ayant les anneaux jaunâtres avec les articulations noires. Les ailes supérieures sont d'un brun jaunâtre avec bandes nuageuses brun^^tres, les inférieures fauves avec une large bordure noire lisérée extérieurement de jaune terne; les nervures des ailes des deux paires sont fortement marquées en noir. Gray a donné (Trans. entom. Soc. ofLondon, 1838, II, iliO) le Synopsis du genre Castnia, où il admet vingt-neuf espèces, avec la citation des travaux antérieurs, notamment de la Monoaraphip de Dalman (1825), qui n'en comptait que dix-sept espèces. Le nombre des espèces de Castnies est encore augmenté par les découvertes plus récentes, car Boisduval en décrit cinquante-trois du genre Castnia, réduit, dans son Species des Sphingides, Sésiides, Castnides, publié en 187Zi. Ce sont des papillons qui volent en plein jour à l'ardeur du soleil avec une grande rapidité, aimant à se reposer k plat sur la terre ou sur le tronc des arbres, comme des Catocala (Noctuéliens), et butinant à certaines heures sur les fleurs à la façon des Sphingiens. Les chenilles, de couleur rougeâtre étiolée ou blanchâtre, sont munies de petits tubercules, portant chacun un petit poil, très court, peu apparent, et d'une plaque cornée écailleuse sur le premier et sur le dernier segment. Armées de fortes mandibules, elles rongent l'inférieur de diverses espèces de Bananiers [Musa sapientium, paradisiaca, etc.), dans les bulbes des Orchidées, dans les Broméliacées, vers la racine ou dans les tiges des Cactus, etc. Lorsque arrive l'époque de l'éclosion, les chrysalides exécutent les mêmes manœuvres que celles des Sésies, se mouvant dans la galerie à l'aide des petites pointes qui garnissent le bord des anneaux, et avançant la partie antérieure vers l'orifice ménagé par la chenille, afin que le papillon puisse aisément sortir. Boisduval a ajouté au genre Castnia quelques genres, qui sont plutôt des sous-genres. 11 en est deux ayant les palpes très velus, apphqués fortement sur le front, non divergents, à articles indistincts, les antennes terminées par une petite pointe, sans houppe soyeuse. Ce sont les Ceretes (trois espèces du Brésil) et les Orthia, du Brésil, de la Guyane, des bords de l'Amazone. Les Gazera de Boisduval ont un aspect d'Héliconies, les antennes en massue allongée, terminée par une petite houppe soyeuse à peine visible, les palpes courts, de trois articles, dont les deux premiers confondus, le troisième très distinct, nu et pointu, l'abdomen cylindroïde, un peu plus long que les ailes inférieures; espèces de la Guyane française, du Brésil, de Guyaquil, de la Nouvelle-Grenade, de Panama, de (Colombie.
11 y a certains genres, de place fort incertaine, que nous rangerons après les Castniens. Tel est d'abord le genre australien Synemon, Doubleday, tout à fait anormal pour la nervulation, et qui paraît, dans une certaine mesure, représenter les (-astnies sur le vaste continent de l'Australie. Les antennes sont terminées par une massue en fuseau