CHRYSIS
minant en pointe. Crochets des tarses simples. Abdomen subcylindroïde, à ventre plus ou moins concave, formé de trois segments apparents, le troisième à sommet très-variable, soit entier, soit sinué, soit angulé, soit muni d'un nombre variable de dents.
Les Chrysis forment de beaucoup le genre le plus nombreux en espèces des Chrysidiens. Les mâles ressemblent tout à fait aux femelles: on reconnaît celles-ci à l'oviscaple, toujours un peu visible. Il y a près de cent espèces en Europe, dont plus de cinquante en France. D'autres sont d'Egypte, d'Asie Mineure, d'Algérie et du Maroc, de Guinée, d'Afrique australe et du Cap, des Indes orientales, de .lava, de Madagascar, des États-Unis, de la Havane, de la Guyane, du Brésil, du Chili. Une des espèces les plus communes dans toute l'Europe est C. ignita, Linn., de 7 à 12 millim. (pi. Lxxvr, 9 a, antenne; 9 b, mandibule; 9 e, lèvre inférieure et palpes). La tête est bleue, avec la face verdàtre, le thorax bleu et souvent nuancé de vert doré, avec le prothorax portant une tache centrale ronde et deux taches triangulaires d'un bleu foncé, les écailles bleues ou d'un vert doré; les ailes médiocrement enfumées ; les pattes verdàtres, plus rarement bleuâtres; l'abdomen d'un doré cuivreux, avec le troisième segment muni de quatre dents. Cette Chrysis est un pseudo-parasite carnassier des larves des Odynères et des Osmies. 11 y a çà et là, comme l'avait déjà reconnu Linna^us, de trèsgrands sujets, dépassant en dimensions l'Abeille domestique. On rencontre C. ignita très-abondamment partout sur les palissades, les murs, les feuilles et les fleurs, les troncs exposés au soleil, dans toute l'Europe et l'Asie Mineure, jusqu'au fond de laLaponie et du Finmark: ainsi à Alten, près du cap Nord. Latreille dit avoir vu souvent la femelle guettant la sortie du Philanthe apivore hors de son terrier pour s'y introduire et poursuivre fréquemment la femelle de celui-ci. Walckenaer l'a vue entrer dans le trou du Cerceris ornata et lui jeter du sable, probablement pour l'étourdir. Elle s'introduit surtout dans les nids des Osmies et des Odynères, c'est-à-dire indifféremment chez des Apiens et chez des Fouisseurs. Nous citerons encore C. bidentata, Linn., espèce commune en France, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, se prenant surtout dans les clairières, de 9 à 11 millim., très-reconnaissable par l'abdomen, dont les deux premiers segments sont d'un doré cuivreux, et le troisième bleu en totalité, et C. cijanea, Liim., des mêmes pays, dont tout l'abdomen est d'un bleu verdàtre, aussi pronoucé que celui de la tête et du thorax. C. bidentata a, comme C. ignila, le dernier segment apparent quadridenté, et il est tridenté chez C. cyanea.
Le genre Parnopcs, Fabr., a quatre segments apparents à l'abdomen du mâle et trois seulement chez la femelle, à cela près du même aspect. On reconnaît tout de suite ce genre à son labre très-apparent et surtout à une trompe arquée, noirâtre, subcornée, au moins aussi longue que
la moitié du corps. Les tarses, très-épineux dans les deux sexes, ont les crochets simples et sans pelote. Il y a dans TEurope méridionale une belle et rare espèce, le P. carneiis, Rossi, de 10 à 12 millim., à tète et corselet verts et chagrinés, à mandibules d'un brun rouge, les ailes hyalines à nervures noires, les cuisses vertes avec le reste des pattes d'un testacé rougeûtre, l'abdomen avecle premier segment vert comme le thoraxetlesautresd'une couleur de chair rougeàtre.C'estdansles terrains sablonneux qu'il faut chercher cet insecte, car la larve vit en pseudoparasite dans les nids du Bembex rostratus, Fabr., et l'on peut le rencontrer partout où vit ce Crabronien, ainsi aux environs de Paris. Il y a trois autres espèces de Parnopes d'Egypte.
Hyménoptères à abdomen pédicule entomopbagcs.
Les Hyménoptères des tribus qui vont suivre : Ichneumoniens, Braconiens, Évaniens, Chalcidiens et Proctotrupiens, sont compris sous la dénomination générale d'Entomophages ou Entomospheces. Ce sont, pour l'agriculture, et de beaucoup, les plus utiles de tous les auxiliaires zoologiques. Tous, en etfet, pondent leurs œufs, au moyen de la tarière, dans le corps même des larves des Insectes, rarement à sa surface {Ophion, etc.). Les larves nées de ces œufs vivent des tissus mômes de leurs victimes, se nourrissant d'abord du réseau graisseux et n'attaquant qu'en dernier lieu les organes vitaux essentiels. La larve ne parvient dès lors au plus qu'à l'état de nymphe, et l'insecte qui est le siège de ce pseudo-parasitisme interne se trouve par cela même condamné à mort et arrêté dans tout le développement futur de son espèce. Si nous ne rangeons pas les Chrysidiens dans ce groupe, bien que leur rôle harmonique soit analogue, c'est que leurs œufs, d'après ce qu'on sait de leurs mœurs, ne paraissent pas toujours déposés à l'intérieur même du corps des larves qui habitent les nids où les femelles viennent pondre. Ils peuvent être placés dans la pâtée mielleuse des Apiens et des larves qui en sortent, ne pas dévorer nécessairement toutes les larves du nidifiant, ou bien, chez les Euméniens et les Fouisseurs, les larves des Chrysidiens ne font peut-être leur proie que des insectes anesthésiés mis en réserve, ce qui permet la vie, ou de toutes les larves du Fouisseur, ou d'un certain nombre.
Tribu des ICHIVEUilOMlElVS.
Les Ichneumoniens comprennent les plus grandes espèces des Hyménoptères entomophages, celles par conséquent sur lesquelles notre attention se porte le plus. Ce sont des insectes agiles et défiants, très-
ICHNEUMONIENS. 9
prompts à s'envoler ou à fuir à la course quand on veut les saisir. Réaumur appelait les Ichneumoniens A/oHc/ies vibrantes^ parce que, chez presque tous, les antennes, organes d'odorat et d'audition, sont dans un mouvement de vibration presque continuel, indice d'insectes en quâte d'une proie vivante; cependant chez les Ophionides les antennes restent dans le calme. Certains Ichneumoniens ont été nommés Mouches à trois soies {Muscœ tripiles), à cause de la forme de leur tarière, quand elle est très-saillante et très-longue, parfois plus longue que le corps {Epliialti's, Rhyssa, certains M esostenm); on voit alors un filet central ou tube propre de la tarière, d'où s'écartent latéralement deux filets aussi longs, qui sont des valves. Ce caractère n'a rien de général et disparaît si la tarière devient trop courte. Elle ne dépasse pas la longueur du corps dans les Cryptus, et elle est souvent plus courte {Pimpla, et surtout lchn<iumon, Anomalon, etc.). Elle peut même devenir par sa brièveté à peine visible au dehors (la plupart des genres des Ophionides), et même paraître manquer (Peltastes, lUiger, ou Metopius, Panzer). Le nom des Ichneumoniens vient de celui de ce carnassier viverrien, la Mangouste ou Ichneumon, qui, au dire des anciens Égyptiens, s'introduisait dans le corps des Crocodiles pour le ronger et les mettre à mort.
Les Ichneumoniens à l'état parfait volent entre les herbes, les ronces, les feuillages, sur les haies et les lisières des bois, au-dessus des mousses et des plantes basses ; courent sur les talus, les palissades, les murs et même parfois dans les maisons. On les rencontre partout, en un mot, où ils peuvent trouver des chenilles, qui sont la principale nourriture de leurs larves. Ils aiment tous à fréquenter les (leurs en ombelles et à y séjourner. Il paraît probable qu'ils sucent du nectar pour se nourrir; cependant Gravenhorst n'ose l'affirmer complètement. Les femelles qui n'ont qu'une courte tarière de ponte se rencontrent principalement sur les feuillages, car elles cherchent des larves qui vivent à découvert; au contraire, celles qui portent une tarière longue ou très-longue se voient sur les murs, les palissades, les bois coupés et surtout les troncs d'arbres, ou volent autour. Jamais les femelles à tarière démesurée ne fréquentent les feuilles où les fleurs, mais toujours les tiges et les grosses branches, où leur instinct leur apprend que peuvent exister des larves parfois profondément cachées, dans les troncs, sous les écorces, dans des galles, dans des branches sèches ou les vieux bois perforés par des Coléoptères ou des Hyménoptères nidifiants. Quand une femelle a découvert une galerie, une fente, une galle, un nid, en un mot toute cavité où peuvent vivre des larves, elle s'accroche par les pattes antérieures au-dessus du tronc, soulève son corps et dresse son abdomen perpendiculairement, en même temps qu'elle insinue dans la cavité la tarière qu'elle tenait repliée sous son ventre. Le bout de la tarière perce le corps de la larve et y dépose l'œuf assez profondément pour qu'il ne reste pas dans la vieille peau, si la larve vient à muer. Qu'on sur-
prenne dans cette opération une femelle à'Ephialtes ou de lihyssa, elle a perdu toute crainte, se laisse toucher et déplacer avec les doigts, et même tuer sur place plutôt que de s'envoler. Dans le genre Opliion et genres annexes, la ponte est différente. Par un mécanisme analogue à celui des Clirysopes, la femelle pond sur la surface du corps d'une chenille un œuf en forme de fève, entouré d'une sorte de glu, qui s'étire en pétiole bientôt solidifié à l'air par relèvement de l'abdomen de l'insecte. Les larves écloses n'entrent pas en entier dans le corps de la chenille, mais se recourbent, leur région anale demeurant toujours engagée dans la coque de l'œuf portée sur son pédicule, tandis que leur bouche ronge continuellement le corps de la victime, jusqu'à l'entier développement de la larve. Quelquefois le pédicule de l'œuf est coudé (cerlains Tnjphon). Gravenhorst a vu que la femelle meurt quelquefois dans la ponte et que des œufs restent fixés sur l'abdomen de la mère parleurs pédicules, et les petites larves écloses et sans nourriture s'entre-dévorent. Hartiga vu de ces œufs pédicules passant par la tarière même. D'après Hruand d'Uzelle, les femelles d'icbneumoniens non fécondées déposent parfois des (laifs dans les chenilles, et celles-ci, bien que piquées, arrivent néanmoins sans difficulté à l'adulte, vu la nonéclosion de ces œufs stériles.
Quand on saisit les Ichneumoniens, ils ne cherchent jamais à mordre ; les femelles recourbent aussitôt l'abdomen en dessous, ainsi que lors de la ponte dans une larve, et la tarière sortie de ses valves se dresse avec des convulsions accélérées, comme pour piquer les doigts, ce qu'elle n'effectue que dans très-peu de genres, ainsi les Ophions. Quand elle réussit à percer la peau, la douleur est vive, mais momentanée, car il n'y a pas de venin versé dans la blessure.
On sait fort peu de chose sur l'accouplement des Ichneumoniens. De Geer dit avoir observé celui de VOphion luteum. Le mâle, très-impétueux et ardent, monte sur le dos de la femelle, qui reste toujours immobile; puis il recourbe son abdomen sous l'extrémité de l'abdomen de la femelle, et, pendant qu'il le fait mouvoir convulsivement et que les ailes frémissent, introduit son pénis sous le sixième segment. La copulation fut terminée au bout de cinq minutes. Gravenhorst n'a jamais pu voir cet acte sur aucune espèce, ni môme ses préludes, bien qu'il eût mis tous ses soins pendant trente ans à la recherche de cette observation, et vu peut-être vivants à l'état libre plus de cent mille Ichneumoniens. Des entomologistes lui ont transmis des notes qui meutionntuil des espèces surprises en accouplement, mais se taisent sur le procédé.
Plusieurs Ichneumoniens exhalent, quand on les saisit, des odcuirs variées. Parfois ce sont des odeurs d'acide acétique ou formi(|ue, ainsi chez le Pimpla instigalor, un des grands destructeurs des chenilles processionnaires du Ghèiu! ; quelquefois, au contraire, ce sont des odeurs de Uose ou de .lacinlhe.
ICHNEUMONIENS. 11
Le plus ordinairement les œufs déposés à l'intérieur du corps des larves donnent naissance à des larves apodes et qui ne font pas d'excréments. Elles sont molles, charnues, à peu prés cylindriques, avec les deux extrémités plus étroites, et portent sur les côtés des tubercules charnus. Leurs deux extrémités se courbent en général sous le corps. Elles ont des ocelles rudimentaires, deux petits crochets ou mandibuh^s, un labre charnu, et au-dessous une pièce charnue et trilobée, représentant les mâchoires et la languette. Une filière peu visible leur sert à se filer un cocon de soie où elles doivent subir la nymphose. Il a l'aspect d'un œuf, tantôt de couleur uniforme, blanche ou jaunâtre, tantôt orné de bandes brunes, ce qui est probablement dû à l'usage alternatif de glandes distinctes. La nymphe ressemble beaucoup à l'adulte, dont elle a déjà en partie les couleurs ; les pattes, les antennes et les ailes sont appliquées contre le corps. De Geer a remarqué que la tarière remonte chez la nymphe sur le dos de l'abdomen, dans les espèces à longue tarière, par une disposition transitoire, qui restera permanente chez quelques espèces de Chalcidiens (genre Leucospis).
Tantôt les larves quittent la peau émaciée et vidée de la chenille et se transforment au dehors ; tantôt elles subissent leurs métamorphoses sous cette enveloppe même. Enfin, souvent elles permettent la nymphose de leur victime et sortent adultes de la nymphe dans laquelle elles sont devenues nymphes à leur tour. En général, les Ichneumons sortent des chrysalides à l'époque de l'apparition normale de l'insecte parfait, ou même plus tôt ; Pierret a vu une fois l'inverse se produire, et un Ichneumon sortir au printemps d'une chrysalide d'Episoma chrijsocephalum, qui aurait dû se transformer l'automne précédent.
On voit surgir de la chrysalide un Ichneunionien au lieu du papillon qu'on attendait, ou un graïul nombre pour les petites espèces (ce qui arrive surtout pour la tribu suivante des Braconiens). Aussi les anciens auteurs, tels que Goedart, qui observèrent les premiers cesfaits, croyaient à une métempsychose ou à une métamorphose dans le sens des fables antiques.
Si les Fouisseurs apportaient à côté de leur progéniture des proies anesthésiées et déposées avant l'éclosion des œufs, les Ichneumoniens assurent encore bien mieux la luitrition de leurs petits en les introduisant dans le corps vivant même qu'elles doivent dévorer, l'n rôle harmonique considérable est dévolu à ces chétifs insectes : les carnassiers, augmentant progressivement en nombre, anéantissent presque tous les phytophages ; puis les carnassiers meurent de faim elles autres reprennent peu à peu la prédominance, et par suite les dévastations agricoles l'ecommencent. Il y a là un balancement contirmel. I-es Ichneumoniens et autres tribus entomophages sont la cause très-prédominante d(! la disparition, parfois pour longtemps, des insectes nuisibles, ainsi qu'on le constate souvent pour la Pyrale de la Vigne; les intempéries et les
Oiseaux insectivores n'ont qu'une action secondaire en présence du rôle capital des insectes entomophages internes.
Ce sont principalement les chenilles qui sont attaquées par les Iclineumoniens et aussi par les Braconiens; beaucoup de larves d'autres ordres que celui des Lépidoptères sont aussi leurs victimes, surtout celles des Diptères et des Hyménoptères, et les proies des Ichneumoniens ont encore plus de généralité. De petites espèces de Cryptus et d'Homifelcs viennent dans nos maisons, voltigeant souvent sur les fenêtres et les rideaux, et pondent dans le corps des larves de Ptines, d'Anobies, de Dermestiens, de Teignes, diminuant ainsi la multiplication des ennemis des bois de service, de nos provisions, de nos vêtements. Des larves de (Coléoptères, ainsi de Coccinelles, sont également leur proie. Celles des Névroptères peuvent nourrir des Ichneumoniens. Ainsi un Cryptus ne craint pas de percer de sa tarière, au fond de son entonnoir de sable, la redoutable larve du Fourmilion (1); celles des Aschnes et des Chrysopes ne sont pas à l'abri de leurs atteintes, et un Acœnites a été signalé sortant du cocon de Chrysopa vulgaris. Des nymphes peuvent être victimes des Ichneumoniens, car on a vu un Cryptus pondre dans des chrysalides de Papillons. Très-rarement, il est vrai, des insectes adultes sont percés par la tarière de ponte, ainsi des Charansons, entre l'abdomen et le bout des élytres. Des Articulés autres que les Insectes nourrissent dans leur intérieur des larves d'Ichneumoniens. On a vu des larves sortir du ventre des grosses Araignées de jardin, les Épeires, et se filer un cocon au centre de la toile de l'Araignée. Des Ichneumoniens des genres Ichneumon, Pimpla, Hemiteles, pondent dans les cocons à œufs des Araignées, et ces œufs sont mangéspar les larves, qui deviennent nymphes dans le cocon soyeux lui-même, de sorte qu'on en voit sortir des Ichneumoniens ailés au lieu des petites Araignées. Il y a des genres ou des espèces d'Ichneumoniens qui s'adressent toujours à la même espèce de victimes, semblant prédestinés à limiter la multiplication d'une espèce particulière ; il y en a beaucoup, au contraire, qui attaquent indifféremment des victimes très-diverses, préoccupés uniquement de chercher de la chair fraîche pour leur progéniture.
CaractèreH généraux. — Antennes sétacées ou filiformes en général, non coudées, rapprochées à l'inaction, souvent enroulées sur le sec, offrant, après le scape, qui varie dans sa forme et ses échancrures, deux articles rudimentaires, puis un fouet multiarticulé, de sorte que le nombre total d'articles varie de 18 à 60 (Gravenhorstj, parfois élargies et comprimées au milieu de leur longueur {Euceros, Grav.), rarement dentées (mAles de quelques Ichneumon, Cryptus et genres voisins), plus
(l) ]\o\u\ier, 0/iscrvatwn.t sur divers parasites (Ann. Soc. entom. France, 183^, t. III, p. 327). Cette note traite des Entomophages attaquant la larve du Fourmilion et divers Charansons adultes.
ICHNEUMONIENS. 13
grosses vers le bout chez beaucoup de Cruptus el dans les Jappa, en massue dans le genre Ilelwigia, Grav., nues ou pubescentes, rarement à poils hérissés, plus courtes que le corps chez la plupart des Ichueumoniens, de sa longueur chez quelqnes-uns, très-rarement plus longues. Tète peu proéminente, orbiculaire ou subovale en avant, le plus souvent un peu rétrécie vers le cou et à peu près de la largeur du thorax ; l'occiput plus ou moins émarginé à son application au thorax ; le Iront armé quelquefois d'une ou très-rarement de deux petites cornes ou saillies entre les anleimes; la face plane, parfois subconcave {Melopius), parfois tuberculéc [Exochus). Veux latéraux, plus ou moins proéminents, ovales ou suborbiculaires, parfois subréniformes par leur bord interne échancré contre les antennes {Heiwigia); trois ocelles en triangle entre le vertex et le front, d'un hyalin brillant. Labre le plus sou\ent caché par le chaperon, parfois saillant {Labium, genre voisin des Tryphon). Mandibules généralement épaisses et bidentées, élargies, surtout chez les Ophinn et Thyreodon. Palpes maxillaires de 5 articles, très-rarement de !x\ lèvre inférieure petite et cachée, avec palpes plus courts que les maxillaires, de k articles, très-rarement de 3, cette lèvre formant trèsrarement avec les mâchoires un prolongement en forme de bec {Ospnjnchotus). Thorax de longueur variant du double au quadruple de la largeur, rarement subcylindrique, souvent plus ou moins gibbeux, parfois subglobuleux, avec prothorax très-court, débordé en partie par le mésothorax, qui offre postérieurement une suture profonde derrière l'écusson, et métathorax plus ou moins rugueux, ponctué, rayé de lignes, ayant parfois sur sa face postérieure déclive deux ou même quatre tubercules obtus ou mucronés; écusson souvent subtriangulaire ou suborbiculaire, parfois tubercule (Trogus) ou avec un éperon dressé {Banchus), rarement transverse quadranguluire, avec les angles apicaux allongés en pointe [Metopiiisj, disparaissant peu à peu proportioimellement au degré d'atrophie des ailes dans les Pezomuchus. Ailes bien nervulées, les antérieures avec un stigma distinct, grand ou petit, troia cellules humérales allongées, partant de la base de l'aile, deux ou trois cubitales, deux discoïdales au-dessous des cubitales et deux cellule? postérieures au-dessous des discoïdales; cellule discoïdale externe toujours fermée, et par suite deux nervures récurrentes, tandis que chez les Draconiens il n'y a qu'une nervure récurrente, la seconde ou l'externe manquant, car la cellule discoïdale extérieure est toujours ouverte; seconde cubitale très-réduitc et de forme variable, dite Varéolej de caractéristique médiocre, car elle peut manquer et est aussi parfois très-petite chez certains liraconiens. Ailes inférieures à sept cellules, trois internes, nées de la racine de l'aile, quatre externes, situées au bord postérieur. Pattes toutes propres à la marche, les antérieures les plus courtes, les postérieures les plus longue?, tantôt longues et grêles, tantôt courtes et robustes, les postérieures parfois très-renflées, hanches parfois armées d'un fort calcar, les médianes ayant un tubercule
\(i HYMÉNOPTÈRES.
latéral aigu chez certains Ephialtes; cuisses grêles ou épaisses, surtout les postérieures, parfois eu massue (Exochus), très-rarement armées d'une épine ou d'une forte dent au bord inférieur {Oilo7itomerii,sy, jambes droites et allongées, les antérieures avec une épine apicale recourbée, les médianes avec deux épines droites et rarement une seule, les postérieures avec deux épines droites, ces jambes parfois plus ou moins courbées (certains Rhyssa) ; tarses filiformes et grêles, de cinq articles, le premier le plus long, les autres de longueur décroissante, le dernier avec deuv angles aigus recourbés, ayant entre eux une courte pelote obtuse, ces ongles ayant en dessous, dans les Opliions, des peignes très-tins, visibles à une bonne loupe. Abdomen variant de forme et de dimensions, cylindroïde chez la plupart, ou allongé ovale (Ichneumon^ Cryptus), ou fusiforme, ou plus ou moins comprimé {Ophioii), avec le bout le plus souvent tronqué ; chez d'autres, subconique ou graduellement rétréci vers le bout, ou déprimé (l'impla), et chez un petit nombre linéaire ou déprimé-orbiculaire ; segments au nombre de 7 ou 8, les 7 premiers stigmatifères, le dernier plus ou moins caché, souvent tout à fait obsolète, le premier ayant de chaque côté un petit tubercule pinson moins distinct, tantôt subsessile ou paraissant immédiatement adhérer au métatliorax par la brièvelé du pédicule, tantôt subpéliolé, tantôt enfin avec un pétiole étroit, linéaire ou filiforme, soit droit, soit arqué et descendant vers la partie inférieure du métatliorax, auquel il s'insère, ce premier segment et parfois le second rugueux, avec des points, des cicatrices et deux ou quatre lignes longitudinales ; segments 2, 3, /i avec une impression de deux lignes dorsales obliques dans les Ghjptus et d'une ligne transversale chez cerlains Hanchus, presque tous les segments dans plusieurs genres de Pimples plus ou moins incisés transversalement ou subtuberculés.
Les couleurs des Ichneumoniens offrent certaines règles de distribution. Chez la plupart des Cryptius et genres voisins, chez certains Ichrieumon et beaucoup de Joppa, un large anneau blanc ou d'un blanc jaunâtre existe vers le milieu de l'antenne, parfois incomplet ou interrompu à la face inférieure de l'antenne, surtout chez les femelles et non chez les mâles (beaucoup de Cryptus et à'Iclmenmon), ou à l'inverse, parfois même, selon M. Westwood, devenant individuel dans les femelles, manquant ou apparent chez la même espèce, selon les sujets. Le corps est le plus souvent nu et brillant, parfois couvert de poils hérissés ou subsoyeux par des poils couchés, surtout pour la tête et le thorax, rarement rugueux ou couvert de points profondément imprimés (Metopius) ou çà et là aciculcs (plusieurs Bassits). Beaucoup d'espèces sont colorées de roux et de noir, souvent plus ou moins peintes de blanc, parfois entièrement rousses ou entièrement noires. La tête est unicolore ou bicolore, rarement (h' trois couleurs, avec la face plus ou moins peinte de blanc. Le thorax est parfois lavé d'une couleur rousse ou peint de jaune clair, le plus souvent marqué d'un ou deux points blancs à la racine des ailes; l'écusson blanc
ICHNEUMONIENS. 15
chez beaucoup d'espèces ; les pattes d'une, deux ou trois couleurs, jamais entièrement noires, avecles cuisses antérieures toujours plus pâles eu dessous.
Les caractères sexuels externes des Ichneumoniens sont souvent douteux dans les espèces où la tarière de ponte des femelles est entièrement cachée. Les mâles ont parfois des peintures plus élégantes delà lêle, du thorax et des pattes, peuvent manquer de l'anneau blanc antennairc, avoir l'abdomen plus grêle que les femelles (la plupart des Cryptuscl Pimpta), ouïes antennes plus épaisses (plusieurs Cryptus), ou au contraire plus grêles dans certains Ichneumon. (Juand la tarière sort naturellement au bout de l'abdomen des femelles, la distinction devient au contraire certaine. Si la tarière de ponte est longue, elle est d'ordinaire portée droite au repos dans la direction du corps ; quand elle est courte ou à peine saillante, elle est souvent dressée plus ou moins obliquement-
Cetle tarière semble au premier abord formée de trois pièces : les deux latérales sont les valves ou organes protecteurs de la tarière proprement dilc au rei)()s et la recouvrent d'habitude ; ce sont des demi-cylindres (l(jutla convexité est tournéeau dehors, et qui forment en se réunissant sur la ligue moyenne un étui logeant la tarière. Ces valves, lors du vol, dans les très-longues tarières, s'écartaut en divergeant du tube central ; celui-ci ou tarière propre, homologue de l'aiguillon, offre lui-même trois pièces, un tube externe ou cylindre incomplet (gorgeret) recevant dans une cannelure de sa face inférieure deux soies roides (spicules de M. Westwood), dentées à l'extrémité et qui sont des instruments de perforation. Ces spicules et le tube incomplet qui les loge forment en se réunissant un cylindre incomplet par où passent les œufs. La tarière est donc destinée à leur créer un passage, les spicules agissant comme les lames d'une scie et le fourreau à la façon de la mèche d'un vilebrequin ou d'un foret, c'est-à-dire des outils qui trouent le bois, la pierre ou le métal. Quand une femelle d'ichneumonien, a vu Réaumur, perce une branche ou le mortier dur de quelque nid d'Abeille maçonne, les valves protectrices n'entrent pas dans le travail, elles restent tantôt recourbées sous le ^ entre, tantôt étendues eu ligne droite. L'insecte exécute deux mouvements : l'un de haut en bas, dans lequel les spicules dentelés scient: laii- Ire de rotation, dans lequel leur fourreau troue. Dans les deux sexes, deux petits appendices velus, d'uncseule pièce, sont attaches àlaplaque anale uu arceau supérieur du huitième segment abdominal. Chez les mâles, hi tarière est remplacée par l'appareil d'accouplement, et l'on remarqiu' chez eux, surtout dans lesOphionset genres voisins, deux valves ordinaire ment triangulaires, représentant l'arceau inférieur du huitième segment Le système nerveux des Ichneumoniens présente trois ganglions thoraciques, dont le troisièmi; oll're trois paires de noyaux, c'est-à-dire résulte d'une fusion de trois ganglions de la larve; la plupart ont si\ ganglions abdominaux simples (Ld. Brandt). Les Ichneumoniens ont longtemps été réunis à lu tribu suivante,
celle des Draconiens, et Nées ab Esenbeck faisait de ces derniers ses Ichneumonides adjoints (Nées ab Esenbeck et Gravenhorst, Conspectus genérum et familiarum Ichneumonidum, iriActa Acad. naturœ curiosorum, t. iX, 1818). Plus tard Gravenhorst (1829; établit définitivement la séparation de ses Ichneumonides propres, qu'il divise en un grand nombre de sous-familles. BruUé a réduit le nombre de celles-ci d'abord à quatre {Hist. natur. des Hyménoptères, 18Zi6), d'après les caractères tirés de la forme déprimée de l'abdomen, de la longueur du pédicule et de celle de la tarière, en prenant comme types des familles les genres Pimpla, Ophion, Cryptus et Ichneinnon, avec des genres de passage, comme les Banchus, Xorides, etc. Il a abandonné ensuite ces caractères, et a pris comme dominateur le caractère tiré de l'aréole ou petite cellule du milieu de l'aile antérieure. Il établit d'abord deux séries parallèles principales avec correspondance des genres, dans lesquelles existe l'aréole, soit réellement, soit virtuellement, c'est-à-dire qui reparaît si l'on complète par la pensée la nervure externe. Elles ont pour types les genres Ichneumon et Cryptus d'une part, Pimpla, Tryphon et Ophion de l'autre, et se rangent sur les côtés d'une série intermédiaire {Xylonomus, Xorides, Crypturus), où l'aréole manque typiquement, sans qu'on puisse la rétablir, série centrale dont les autres forment comme les ailes. De même les Hyménoptères sont un centre de série entre les ordres masticateurs et les ordres suceurs, car leurs organes buccaux sont intermédiaires entre ceux des deux autres séries. Des groupes anormaux sous certains rapports servent de transition entre les deux séries principales, et entre celles-ci et la série intermédiaire (1).
Aujourd'hui où l'emploi des séries parallèles n'est plus aussi en [faveur qu'il y a une trentaine d'années, nous diviserons les Ichneumoniens, d'après le Catalogue de M.Léop.Kirchner (1867), en cinq familles : Ichneumonides, Cryptides, Triphonides,Ophionides et Piinplides.
ICHNEUMONIDES
Tète transversc. Ecusson plan ou convexe ; aréoles le plus ordinairement à cinq angles. Abdomen convexe et pétiole, à pétiole assez court ; tarière cachée ou seulement un peu sortie.
Icn.lîKl.'HO.l, l>inn. — Tête courte. Yeux convexes, proéniiiiciits, ovales, parlois subréniformcs un peu en dedans. Antennes de longueur et d'épaisseur médiocres, subnioniliformes ou subsctacécs, ordinairement plus grêles et plus droites dans les mâles que dans les femelles, chez lesquelles elles s'enroulent d'iiabiludc plus ou moins après la mort. Mandibules bidentécs à l'extrémité.
(1) Brullé, Etudes zoologiques sur la famille des Ichneumonides (Mémoires de l'Académie de Dijon, 1856, p. 171 et 258).